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25 mars 2016 5 25 /03 /mars /2016 14:51

 

 

Au commencement du mois d'août dernier j'ai passe quelques jours à Collinée, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Loudéac, et j'ai eu la bonne fortune d'avoir pour guide notre aimable collègue M. J.-B Colleu, pour visiter les allées couvertes, les menhirs, les camps, enceintes et mottes, et les tumulus de cette région et même pour fouiller en sa compagnie deux de ces derniers. M. Colleu possède une collection particulièrement intéressante, étant exclusivement locale; presque tous les objets qui la composent ont été trouvés par lui ou par des gens du pays dans les six communes du canton : Collinée, Langourla, Le Gouray, Saint-Gilles-du-Méné, Saint-Gouéno, Saint-Jacut-du-Méné et quelques uns dans les communes limitrophes. Cette collection renferme 107 haches polies de toutes dimensions, depuis 0 m 045 de longueur à 0 m 260, en roches très variées : diorite, granit, serpentine, jadéite, quartz, schiste et autres roches, les unes du pays, les autres étrangères comme le silex. Huit très beaux casse-tête en pierres diverses dont la description a été donnée dans les Bulletins de la S. P. F , t. XII, 1915, p. 315 et 419; t. XIII, 1916, p. 230-236. Trois brunissoirs. Plusieurs poignards et autres objets en silex taillés parmi lesquels une belle lame de 0m19 de longueur. L'âge du bronze est représenté par deux petites haches plates (Bull. S. P. F , t. IX, 1912, p. 601 fig.). Une hache à talons avec anneau latéral (Fig. 1) trouvée isolément, en 1913, dans le Cap-barré de la Ville-es-Geais, en Saint-Gouéno; elle mesure 0 m 136 de longueur, 0 m 030 de largeur au tranchant ; c'est la seule hache morgienne trouvée dans le canton, mais elle est d'un type assez fréquent en Bretagne. Une belle épée avec fragment de poignée (Bull. S P. F., t. X, 1913, p. 533, fig.). Une pointe de lance à douille (Bull. S. P. F., t. X, 1913, p. 680). Enfin deux cachettes de haches en bronze à douille : l'une trouvée, en 1891, au hameau de la Maçonnais, commune de Langourla, sur la lisière du bois de Coèlan, non loin du Vieux-Chatel, enceinte fortifiée, se composait de 44 haches semblables (Fig. 2) de 0 m 135 de longueur et 0 m 035 de largeur au tranchant; elles sont épaisses, le tranchant n'a été ni martelé, ni aiguisé. L'autre cachette, découverte en 1898, sur les terres de la ferme de la Parentelais, commune de Saint Gouéno, ferme située de l'autre côté du ravin en face du Сар-barré de la Ville-es-Geais, Ville-es-Licux, comprenait des haches du même type et de même dimension que celles de la cachette de la Maçon nais. On n'a pu exactement en déterminer le nombre, M. Colleu n'ayant pas recueilli la totalité des pièces dont le poids était de 4 kilos. 500. L'âge du fer est également représenté par des poteries et divers objets. Le paléolithique n'a pas encore été trouvé dans le canton de Collinée, malgré les actives recherches de M. Colleu. Sur la route de Collinée à Loudéac, au Ca-de-Lessard, à 500 mètres environ à vol d'oiseau du Сар-barré de la Ville-es-Geais, nous avons fouillé un petit tumulus situé à une cinquantaine de mètres de la route, au tiers supérieur de la pente très raide qui la domine sur la gauche. Sur le sommet de ce tumulus, composé de terre mélangée à quelques pierres, se trouvait primitivement un bloc que probablement les bergers faisant paître leurs troupeaux dans cette lande déplacèrent et firent rouler sur la déclivité du terrain. A 0m 60 de profondeur, au centre du tumulus, nous avons rencontré une couche noire de 0 m 03 d'épaisseur et environ 0 m 50 de diamètre formée de cendres et de très petits débris d'os et de charbon, reposant sur un lit d'argile battue déposé sur le sol naturel. Nous n'avons rencontré aucun objet en pierre ou en métal, aucun tesson de poterie, aucune trace d'oxyde de fer attestant la présence d'objets de ce métal. Nous avons fouillé, quelques jours après, le tumulus de la Ville-es- Avallées, en Saint-Vran. Ce tumulus de forme ovale a 20 mètres de longueur sur 16 mètres de largeur, sa hauteur n'est plus que de un mètre environ à la partie centrale, car il est situé dans un champ cultivé depuis plusieurs années. Nous avons trouvé, au centre, sur le sol naturel, la même couche de cendres avec débris d'os et de charbon, que dans le premier tumulus que nous avions fouillé, sans aucun objet travaillé par Thomme. Cette couche de cendres se trouvait entre deux lits d'argile battue. De très nombreux tumulus de 8 à 10 mètres de diamètre et de un à 2 mètres de hauteur se voient sur les pentes de la Motte Dolo, commune de Saint-Gouéno, où se trouvent les restes d'un camp ancien et, à l'extrémité, les traces d'une motte féodale. M. Colleu a fouillé une douzaine de ces tumulus, il a aussi fait des recherches dans un autre tumulus de très grandes dimensions, au lieu dit les Grandes pentes, commune de Collinée. Ces fouilles ont donné les mêmes résultats que celles des deux tumulus indiquées ci-dessus. Malgré l'absence complète de restes d'industrie humaine, je pense que ces tumulus datent de l'âge du fer. Le mode de sépulture et l'incinération complète des cadavres semblent l'indiquer. De plus des mines de fer existent dans ce canton, elles ont même été exploitées à Corbilan il y a quelques années, et l'on retrouve, à proximité des tumulus, des scories de fer et des restes de hauts fourneaux, aux environs des sources surtout. Grâce à notre secrétaire, mon ami Charles Géneau, M. Chablay, préparateur de chimie au P. C. N., a eu l'obligeance d'analyser des cendres provenant du tumulus fouillé au Ca-de-Lessard. Cette analyse a donné les résultats suivants : Humidité 12,3 0/0. Sur matière sèche : Cendres 81 0/0. Matière organique 19 0/0. Fer et alumine en quantité notable. Pas de Carbonates. Pas de Phosphates. Les allées couvertes des Côtes-du-Nord, que j'ai visitées, ne diffèrent guère de celles du bassin de la Seine, mais elles sont en général plus longues et les blocs de pierre formant les supports et les tables sont beaucoup plus irréguliers, cela tient à la nature de la roche probablement. Dans les environs de Paris les monuments sont construits en grès et en calcaire, ceux de Collinée sont en granit ou en schiste. Ces sépultures violées à diverses époques sont en mauvais état et l'on ne peut plus voir actuellement la disposition de l'entrée. On n'y trouve que rarement quelques débris d'ossements humains, le terrain ne permettant pas leur conservation ; 1 mobilier funéraire est très pauvre. Sur la commune de Saint-Gouéno se trouve l'allée couverte de la Carré, mesurant 8 mètres environ de longueur, à peu près complètement ruinée, les tables et les supports ayant été presque tous enlevés comme matériaux de construction. M. Colleu a fouillé jadis le fond du monument ; il n'a trouvé ni ossements humains ni débris de poterie, mais un seul objet, une jolie pendeloque formée d'un petit galet percé d'un trou de suspension. Les recherches que nous avons faites en avant de cette première fouille ne nous ont rien donné. J'ai visité, près du village du Gouray, l'allée couverte des Meùrtiaux de 20 mètres de longueur, elle n'a pas été complètement fouillée. L'allée couverte du Rocher, commune de Saint-Jacut-du-Méné avait 15 mètres de longueur, actuellement il ne reste plus que quelques supports d'un des côtés qui servent de limite entre deux propriétés. M. Colleu y a recueilli quelques débris de poteries néolithiques et d'âges plus récents.

 

 

Menhir du Perfaux à Saint-Vran

 

Près du village de Perfaux, commune de Saint-Vran, se trouvent trois menhirs : un renversé d'une longueur totale de 5 m 50 sur 2 m 10 de large; le second à 200 mètres environ à l'ouest mesure 5 m 10 de hauteur au-dessus du sol, 2 m 25 de largeur et 1 m 40 d'épaisseur; le troisième a 6 m 60 de hauteur au-dessus du sol, 3 m 50 de large et 2m30 d'épaisseur. A 20 mètres de ce dernier menhir se trouve une grande roche plate couverte de cupules de diverses dimensions situées sur le dessus et sur les parties verticales. A Saint-Jacut-du-Méné, près du hameau de la Touche on rencontre deux menhirs, l'un debout de 4 m 80 de hauteur, 2 m 20 de largeur et 1m15 d'épaisseur, l'autre, situé à 8 mètres au Sud a été renversé, sa longueur totale est de 4 m 80. Dans la même commune se trouve un bois traversé par un ruisseau qui descend en cascades au milieu des rochers. A trois mètres environ de ce petit cours d'eau une grosse roche porte d'après la légende du pays l'empreinte du pied de Gargantua. On remarque en eflet sur la partie supérieure une cavité rappelant la forme d'un pied humain, mais je la considère comme naturelle et non faite par l'homme. J'ai du reste la même opinion pour la plupart des empreintes de pied qui ont été signalées et que j'ai vues sur place. Le canton de Collinée renferme d'autres monuments mégalithiques, mais je ne parle que de ceux que j'ai pu visiter. M. Colleu les a décrits dans les Bulletins de la Société d'hmulation des Côtes-du- Nord, 1897. Je tiens en terminant cette courte note sur cette partie si intéressante des Côtes-du-Nord à exprimer à notre collègue M. J.-B. Colleu ma bien vive reconnaissance.

 

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Published by poudouvre
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