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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 13:10

 

Roiantdreh, était au cours du IXe siècle une de ces puissantes dames qui exerçait la charge machtiernale sur les paroisses primitives bretonnes de Plebe Maëlcat, plebe Motoriac et Seminiaca Plebs (voir les paroisses primitives Bretonnes, page n° 3). Nous avons eu à maintes reprises l'occasion d'évoquer cette personne, descendante du roi Judicaël, elle est donnée à travers ette charte émanant du Cartulaire de Redon, fille de Louwenan, et veuve du Comte Combrit, et à la mort de son fils Ewen, s'étant retrouvée seule avec ses filles, elle eut recours à adopter comme héritier de tout son bien, le roi Salomon de Bretagne (voir Arthur Le Moine de La Borderie : Examen chronologique des chartes du cartulaire de Redon, page 2. Seconde partie).  Voici l'acte daté de 869 :   Cum enim legalitet liceat unicuique nobilium derebus suis propriis, seve de haereditate propria facere quidquid voluerint aut quemliber personæ commendare, aut quemlibet in filium super eam adoptare ; idcirco Roiamt-dreh Lowenani filia, post mortem filii mei Even orbatam ac destitutam auxilio filiorum meorum me cemens, adii venerabilem principem Salomonem, ipsumque quasi proprium filium & ex came mea genitum super totam meam hærediratem recepi, tam super hoc quod in propria potestate nunc teneo, id est, Seminiaca plebs, & quod habeo in plebe Motoriac, & quod in plebe Maëlcat, quam super illud quod jure hæreditario mihi deberur, ita ut ille post mortem meam inde habeat potestatem donandi, vendendi, possidendi, commutandi, tam ipse quam filii ejus post se à generatione in generationem. Et quam din vixero ipse me custodiat ac deffendat super hoc quod teneo, & post mortem meam toutm recipiat, nisi quantum illi placuerit filiabus meis, id est sororibus ejus dare. Factum est hoc in Pago-trans Silvam, in nuncupante Bidoën regante Karolo Rege, ipso Salomon dominante Brittaniam, Ratuili Episcopo super Episcopatum Sancti Machutis, Festieno Episcopo super Episcopatum Sancti Samsonis. III, Kal. Deçembris III. Feria, coram multis nobilibus viris qui viderunt & audierunt, quorum ista sunt. nominal. Signum Roiantdreh quae tunc ipsum Salmodem in filium proprium recepit. Signum ipse Salomonem qui receptus est. Morvaten Abbas testis. Maëneleu testis… A travers cet acte daté du 29 septembre 869, figure le nom d'une paroisse : Bidoën, mais aussi le nom de divers personnages. Outre la dite Roiantdreh et le Roi Salomon qui signent, sont également mentionnés Festinianus, qui fut sans doute vers l'an 859 le premier Archevêque de Dol  (voir La Métropole de Dol) et Ratwilis, alors évêque d'Aleth, siège depuis transféré à Saint-Malo, Ratwilis est probablement l'auteur de la Gesra sanctorum Rodanensium. Il fut évêque de la Cité d'Aleth (actuel Saint-Servan) de l'an 866 à l'an 872. C'est à lui que le Roi Salomon, accorda ce qu'il avait reçut de Roiantdreh, en cette partie de son royaume désignée Pago-trans-sylvam, ou Pays au delà de la forêt, contrée devenue successivement le Poutrocoët, puis le Porhoët. De cette époque date le rattachement du fief de Saint-Malo-de-Beignon au siège épisopal devenu au XIIe siècle, Saint-Malo. C'est en son château de Bidoën, que le roi Salomon reçut Ratwillis, l'évêque d'Aleth. C'est sans nul doute à l'emplacement de ce château que fut aménagée à la fin du XIe siècle la résidence d'été des évêques d'Aleth, puis de Saint-Malo ici à Saint-Malo-de-Beignon. Dès lors, à maintes reprises, au fil des siècles, la modeste paroisse sera liée à ces évêques qui se succédèrent sur le trône épiscopal de Saint-Malo.  Martin était sur le siége épiscopal d'Alet en 1054 et tenait au parti de l'archevêque de Tours, contre les prétentions de celui de Dol, relativement a la métropole de Bretagne. On ne sait quelle année fut le terme de sa vie : cependant ce dut être entre l'an 1056 et 1061. S'il fallait en croire dom Taillandier, il y eut schisme pendant près de soixante ans dans l'église d'Aleth , après la mort de Martin. Selon cet auteur, et quelques autres écrivains de mérite, l'évêché en question fut alors partagé en deux portions ; de sorte qu'un second siège fut établi a Saint-Malo de Beignon, petite ville ou gros bourg a dix-sept lieues au sud d'Aleth : mais nous croyons avoir démontré sans réplique, dans notre Grand ouvrage, que cette prétendue séparation n'est qu'une fable provenue de ce que nos pontifes, errans ça et l'a, selon que nous. l'avons dit, et du reste richement possessionnés à Beignon, se qualifièrent quelquefois à cette époque évêques de ce lieu, comme ils s'intitulaient également évêques d'Aleth, évêques de Saint-Malo évêques dans le Porhoét, etc. Après l'emprisonnement de la duchesse Constance de Bretagne en 1198 (voir ducs de Bretagne au Xe & XVe siècle, page n° 10), Le Baud raconte que les barons bretons se réunirent à Saint-Malo-de-Beignon et proclamèrent pour leur duc le jeune Artur. Il semble bien qu'il y ait un écho de Ces faits dans le récit de Guillaume de Newbridge qui nous montre les grands seigneurs bretons, après avoir refusé de reconnaître Richard comme tuteur de son neveu, emmenant le jeune prince dans l'intérieur de la Bretagne. Certains érudits intervertissent ici l'ordre des faits et placent l'assemblée de Saint-Malo-de-Beignon avant l'emprisonnement de Constance, mais il n'est guère vraisemblable que les barons aient agi de la sorte tant que leur duchesse était au milieu d'eux, tandis que celle réunion est une réponse toute naturelle à l'emprisonnement arbitraire de Constance par Richard. M. Trévédy a essayé de justifier cette interversion en faisant remarquer que Le Baud ne donne pas le titre de vicomte à Alain de Rohan, dont il signale la présence à cette assemblée, ce qui indique, dit-il, que son père vivait encore et que par conséquent 18 réunion de Saint-Malo de Beignon est au plus tard de 1195 ; mais cet argument, pour être décisif, supposerait chez Le Baud une précision que ce chroniqueur est loin de posséder toujours. Parmi les autres seigneurs dont la présence est mentionnée à la même réunion se trouve un Amaury de Montfort que M. Trévédy a pris pour un seigneur de Monlfort-sur-Meu. Il y a là une erreur certaine. Comme nous l'apprend M. l'abbé Guillotin de Corson, le seigneur de Montfort sur-Meu qui vivait à celte date s'appelait Guillaume. Il n'y avait à ce moment qu'un seul Amaury de Montfort : c'était un baron français, . Le 29 mai 1260, Guillaume de Lohéac accorda à Nicolas de Flac, évêque de Saint-Malo, et à ses successeurs à perpétuité, pour leur manoir épiscopal de Saint-Malo de Beignon, l'usage de chauffage et de maisonnage dans la forêt de Paimpont. L'évêque, en vertu de ce droit, avait la faculté de commettre, à son choix, un homme pour désigner aux charpentiers les pièces à abattre; et ce montreux, lors de l'enlèvement était tenu seulement de souffler dans ung cornichet que l'on peust ouir d'aultant loing que l'on peust hucher, afin d'avertir les forestiers de venir voir, s'ils le jugeaient à propos, que tout se passait sans fraude. Cet usage fut d'abord plenier dans toute la forêt: mais dès l'an 1464, il n'avait déjà plus lieu que dans les endroits appelés Coulon et Trémelin ; et par sentence du Ie 1er septembre 1634, il fut réduit à 110 charretées seulement de bois à feu par année, et à 6 charretées de merrain pris dans le canton de Trégouët, proche Beignon. Divers autres arrangemens furent encore faits depuis: et enfin, les 23 et 25 mai 1759, MM. de Farcy et d'Andigné accordèrent à M. Fogasses de la Bastie, évêque de Saint-Malo, qu'à l'avenir ils lui feraient délivrer sans frais, et à ses successeurs, par chacun an, outre 50 cordes de bois toutes ûchées et dressées, 8 charretées de bois d'oeuvre formant ensem ble 200 pieds cubes bien équarris ; ce qui fut confirmé par arrêt du 20 novembre suivant. Lorsque, le 19 mai 1653, cette forêt fut vendue par Henri de la Trimouille, pour la somme de 220 mille livres, aux deux familles ci-dessus, elle valait au moins un million, parce qu'elle était alors toute en grand bois, et qu'elle n'avait pas moins de 12 à 15 lieues de circuit. C'est encore aujourd'hui la plus vaste de toute la province: elle contient 3 mille arpens en futaie, et surtout en taillis. 

 

Sentence arbitrale du duc de Bretagne Jean le Roux entre l'évêque de Saint-Malo, d'une part, et de l'autre Olivier de Kergoët, et ses complices, qui avaient pris et pendu, à Saint-Malo de Beignon, deux hommes de l'évéque.

 

(1341, 23 Juillet.)

 

 

Universis présentes litteras inspecturis vel audituris Jobannes, dux Britannie, salutem in Domino. Noveritis quod cum venerabilis pater episcopus Macloviensis nobis denunciasset quod Oliverius de Kaergoyt, armiger, senescallus tune temporis Guillelmi de Lolicac, militis, et sui complices duos homines mansionarios dicti episcopi ceperaut in feodo dicti episcopi, uoum videlicet in evraiterio Sancli Mactovii de Bedano et alium in villa dicti loci, et quod ipsos suspenderat vel suspendi fecerat et confitente quod ipsos dictis locis ceperat : quare supplicabat nobis idem episcopus ut hoc emendari faceremus : tandem compositum fuit coram nobis inter dictum episcopum et dictum Oliverium, présente dicto Guillelmo de Loheac et in hoc expresse consenciente tam pro dicto Oliverio quam pro suis complicibus qui composicionem inferius annotatam voluerint observare, quod dicti Oliverius et alii complices predicti, qui banc composicionem voluerint observare, accèdent personaliter ad loca ubi sunt corpora, ossa vel reliquie suspensorum et exinde cadem defferent, vel quod supererit de eisdem, ad cymiterium superius nominatum, ad diem et horam sibi a dicto episcopo assignandam. Tenentur insuper acccdere personaliter ad quamlibet ecclesiam cathedralem tocius ecclesie Britannice cum litteris dicti episcopi, et in qualibet earumdem processionem publicam facere in brachis et camisiis, virgas in manibus defferentes et se modo solito de eisdem verberari facientes, et secum referre litteras testimoniales dyocesiani cujuslibet ecclesiarum predictarum vel officialis earumdem in signum processionum perfectarum, si possint eas habere. Tenetur etiam dictus Bialotus, qui dictos homines suspendit, reddere dicto episcopo quadraginta libras monete currentis pro expensis dicti episcopi in prosequcione dicti negocii faclis, quas cidem episcopo per dictum nostrum adjudicavimus, cum se super dictis expensis supposuerint dicto nostro : de quibus solvendis dictus Guillelmus de Loheac se conslituit principalem debitorem dicto episcopo coram nobis, videlicet viginli libris ad instantcm Andegavinam, et aliis viginti libris ad mediam Quadragesimam proximo subsequentem. Preterea tenetur dictus Oliverias jurare, tactis sacrosanctis Evangeliis cum tricesima vel vicesima manu ad voluntatem dicti episcopi et requisicioncro, apud Sanctum Maclovium de Bedano, infra mensem a tempore submonicionis ipsius episcopi, quod in contemptum dicti episcopi vel Macloviensis ecclesie dictos homines non cepit vel capi fecit. Juravit etiam idem Oliverius quod dicto episcopo aut ecclesie Macloviensi contra jus non forefacict in futurum. Dictus autem Willelmus de Loheac concessit coram nobis quod occasionc capeionis, suspencionis, aut ejus quod actum fuit de predictis hominibus, nichil juris, possessionis, aut dominii in feodo dictorum episcopi et ecclesie Macloviensis réclamât, nec per se nec per alium in posterum reclamabit, et de hoc tenetur idem Willelmus dicto episcopo patentes litteras suas dare. Istam autem composicionem in quantum ad eum pertinet juravit idem Oliverius se servaturum et de cetero contra eam non venturum. Predictis autem a dicto Olivcrio in quantum ad ipsum pertinent integratis, est dictus Oliverius a nobis et dicto episcopo super hiis quitus, jus capiendo et faciendo aliis conquerentibus de premissis, si qui duxerint conquerendum. In cujus rei testimonium et munimen,eidem venerabili patri Macloviensi episcopo, ad peticionem dictorum Willelmi et Oliverii, présentes litteras sigillo nostro dedimus sigillatas. Datum die Veneris in festo béate Marie Magdalene, anno Domini millesimo ducentesimo sexagesimo primo

 

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Published by poudouvre
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