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18 avril 2016 1 18 /04 /avril /2016 05:17

 

Les charges relevées jusqu'ici contre Grumellon ne présentaient pas la gravité nécessaire pour justifier l'ouverture d'une instruction criminelle. Sa conduite pouvait peut-être paraître équivoque, mais il était impossible de préciser une accusation contre lui. La situation changea à son désavantage dès le 8 septembre et les dépositions de plusieurs témoins l'accusèrent formellement d'avoir pratiqué l'espionnage au profit des Anglais sur la rive gauche du, Guildo, en Saint Pôtan. Jean Chevalier « dépose très bien connaître le N Grumellon de la paroisse de Saint-Lormel depuis plusieurs années, et que le vendredi 8e de septembre dernier, jour de la nativité de la Sainte Vierge, étant le déposant sous les armes à garder le Guildo en Saint-Pôtan, il vit environ les 8 à 9 heures du matin ledit Grumellon qui était monté sur un cheval ou jument bai et passa du côté de Saint-Pôtan au côté de Créhen, sans savoir le déposant d'où ledit Grumellon venait, et n'avoir autre connaissance, si ce n'est que par le bruit public il a ouï dire que ledit Grumellon avait servi d'espion aux Anglais. » Toussaint Cordon vit l'accusé sur la . rive gauche du Guildo, mais il place ce fait au 9 septembre et non au 8. « Le samedi suivant, dépose-t-il, environ les 5 à 6 heures du matin, le déposant vit ledit Grumellon qui était dans le cabaret du Guildo en St Pôtan, à boire, duquel le cheval ou la jument était attaché à une moye de fagots proche ledit cabaret, après qu'il eût bu, il monta son cheval ou jument et fit chemin vers Plancoët, sans le déposant savoir autrement ou ledit Grumellon s'en alla.

 

 

 

 

Le déposant se rappelle que tant que ledit Grumellon fut dans ledit cabaret les Anglais qui étaient du côté des Carmes ne firent feu que vers le bois Du Val, et aussitôt le départ dudit Grumellon ils firent un feu des plus vifs tant sur ledit cabaret qu'aux environs. » François de Kergu apprit « des soldats Garde-côtes de sa capitainerie qu'ils avaient vu ledit Grumellon le samedi matin 9 septembre dans le cabaret du Guildo boire une chopine de vin et qu'ensuite ledit Grumellon avait passé en la paroisse de Créhen où étaient les Anglais, et a le déposant ouï dire par le bruit commun que ledit Grumellon était un mauvais sujet. » Le témoin oublie, fait regrettable, de citer les noms des miliciens garde-côtes près desquels Grumellon s'attabla au cabaret. François Rebillard a appris de Fçois Lucas demeurant au village de Lumesson en Pluduno que « J. Grumellon était allé le samedi 9 du même mois de septembre au matin par le petit port de la Nouëtte à celui du Guildo faire une ronde... et était allé repasser par le même port de la Nouëtte, et rendu avec les Anglais qui étaient du côté" de Créhen... » François Lucas, propriétaire du cabaret « du Petit-Cerf » ou l'accusé entra pour boire, connaît Grumellon depuis plusieurs années « il fut surpris, dit-il, environ les 8 heures du matin d'apprendre de plusieurs Gardes-côtes qu'il venait de donner une demi-chopine de vin audit Grumellon... qui étant sorti de l'auberge était monté sur sa jument et avait fait chemin vers le passage de la Nouëtte... Dit le déposant qu'il n'avait pas remarqué ledit Grumellon en son auberge, parcequé l'embarras qu'il avait par la grande quantité de Gardes côtes et autres particuliers à servir ne lui donnait pas le temps de les considérer pour les reconnaître, et n'avoir autre connaissance. » Grumellon nia tous ces faits avec la plus grande énergie, et s'attacha à réfuter les dépositions des témoins par des réponses aussi précises que l'accusation portée contre lui. Notons ses répliques à Jean Chevalier et à Fçois Lucas; elles résument tout son système de défense. « L'accusé dit que les dépositions et le recollement de Jean Chevalier sont faux et que le jour mentionné dans ses dépositions et recollement l'accusé était vêtu seulement d'une veste de ras fleuri qu'il a actuellement sur lui et que le jeudi 7 au soir il fut emprisonné au presbytère de Saint-Lunaire par les Anglais où ils le gardèrent toute la nuit et d'où ils le firent sortir le vendredi aux environs de 10 heures du matin et le conduisirent au vieux château du Guildo où ils arrivèrent environ les 6 heures du soir avec toute la troupe, et que le Né Pougié était avec lui accusé, mais qu'il se sauva à ce qu'il a appris depuis, vers le soir, qu'il reconnut encore pour prisonniers avec lui le Né Jean Bézard, sacristain à ce qu'il croit de la paroisse de Saint-Lunaire, et plusieurs autres dont il ne se rappelle plus le nom, qu'au surplus, le recteur de Saint-Lunaire et plusieurs autres dont il ne se rappelle plus le nom et son neveu peuvent attester que l'accusé était prisonnier en son presbytère le jeudi au soir 7 septembre dernier et qu'il n'a jamais servi d'espion aux Anglais. » Grumellon nia également avoir franchi le Guildo le samedi 9 septembre. « L'accusé, répond à Fçois Lucas que ses dépositions peuvent être véritables, mais qu'il n'a point bu de 1/2 chopine de vin chez le témoin, ni attaché sa jument à la moye de fagots qui était proche de la demeure dudit témoin, ni fait chemin vers le passage de la Nouëtte le jour mentionné dans la déposition du témoin puisque le vendredi 8 septembre dernier il était gardé par plus de 50 soldats dans le vieux château du Guildo lesquels l'auraient tué en se laissant tomber par partie de plaisir sur lui qui était couché par terre- sans un officier qui les fit cesser, et que le samedi du même mois aux 9 heures du matin ils le transférèrent au couvent du Guildo où il fut emprisonné avec le Sr de la Renardière, capitaine garde-côte de la paroisse de Bourseul et Joseph Lemasson, que les Anglais au moment de son arrestation l'avaient pris pour un officier garde-côte qui allait les espionner.

 

 

 

 

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Published by poudouvre
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