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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 12:08

 

 

Grumellon servit-il de guide aux Anglais au moment du passage de l'Arguenon? Tel est le dernier point de l'accusation, et le plus important à éclaircir. François Rebillard l'un des défenseurs du Guildo fit faire un feu continuel sur les Anglais dans la matinée du 8 septembre : « et le déposant pendant le feu aperçut depuis les Carmes du Guildo jusqu'au haut de leur jardin un homme monté sur un cheval ou jument bai, vêtu d'un justaucorps brun, veste rouge, ayant les cheveux noirs attachés par derrière, lequel il a appris par le peuple être le Né Julien Grumellon. » Louis Lemasson aperçut le même personnage à 3 heures de l'après-midi : « II vit sur une hauteur qui est vers SaintJacut 4 cavaliers anglais à la tête desquels était un particulier qui était aussi monté sur un cheval ou jument, lequel était vêtu d'un surtout ou justaucorps brun et d'une veste rouge, ayant les bords de son chapeau rabattus sur les yeux, qui descendirent ladite hauteur et parurent vouloir se rendre au passage des Quatre- Vaux pour surprendre le déposant et autres de sa compagnie, qui pour lors crurent que ledit particulier vêtu en brun était le Né Julien Grumellon de la paroisse de Saint-Lormel... sans cependant le déposant pouvoir assurer que ce fut ledit Grumellon... Ajoute qu'il ne fit pas d'attention à considérer ledit cheval ou jument pour savoir de quel poil il était... » Toussaint Cordon était à la défense du Guildo le 8 : « II aperçut parmi les Anglais environ les 4 à 5 heures du soir un particulier qui était monté sur un cheval ou jument bai qui a paru au déposant semblable à celui sur lequel Grumellon était monté lorsqu'il était venu à Saint-Cast, ainsi qu'il est dit ci-devant, et ledit particulier était vêtu d'un surtout ou justaucorps brun, d'une veste et d'une culotte rouges, son chapeau rabattu sur le dos, et plusieurs Garde côtes, aussi bien que le déposant, et le Sr Masson, le jeune procureur de Matignon, crurent que ce particulier était le même Grumellon dont est mention ci-devant. » Ges témoignages étaient écrasants pour l'accusé. Gomment douter de son identité? ne se présentait-il pas à l'instruction : « vêtu d'un justaucorps de peluche brune et d'une veste de drap fleuri à fond rouge de petites fleurs, garnie de boutons de poils de chèvre rouge, culotte d'étoffe brune, bas de laine lie de vin? » Bref, avec les vêtements dont Rebillard et les autres témoins l'avaient vu habillé. D'autre part, d'après son interrogatoire sa jument « était de poil bai clair, les crins et les jambes noires aussi bien que la queue. » Les magistrats instructeurs, forts de ces éléments de preuves espéraient confondre l'accusé. Il tira très habilement parti de ces témoignages pour prouver son innocence. -Interrogé si les Anglais arrivant proche du village du Sabre il n'alla pas vers eux, et s'il ne leur offrit pas ses services, soit comme espion ou comme guide, et si pour lors il n'était1 pas vêtu d'un surtout ou justaucorps brun et d'une veste et d'une culotte rouges?

 

-Dit qu'auparavant que les Anglais fussent à portée du village du Sabre son beau-frère Né Pierre Loue, laboureur au village de la Lande Saulnier, lui avait dit que pour se rendre avec plus de vitesse à sa jument, il fallait qu'il lui eût donné son justaucorps, ce que le répondant fit, et sondit beau-frère lui a dit depuis qu'il l'avait emporté à la maison du canta (sic) proche Nozaret, avec ses effets pour se sauver, et lorsque les Anglais l'arrêtèrent il n'était vêtu que de la veste dont il est actuellement vêtu et d'une culotte de pareille étoffe que sadite veste qui sont l'une et l'autre de raz fleuri, et que sondit surtout ou justaucorps brun dont il est actuellement vêtu ne lui a été apporté par sondit beau-frère que plusieurs jours après qu'il eût été mis aux prisons de la ville de Saint-Malo. Conteste au surplus les faits de l'interrogation. »

 

- Interrogé si depuis qu'il fut arrêté par les Anglais et qu'il en fût relâché il n'avait point été en sa demeure avant que les cavaliers de maréchaussée l'arrêtassent pour l'amener aux prisons de Saint-Malo et comment il s'est pu faire qu'il ait été si longtemps sans justaucorps?

 

-Dit que la nuit du samedi au dimanche il s'était échappé des Anglais au Guildo en Saint-Pôtan et se rendit la même nuit chez le Né Jacques Courbé du village de la Ville Moussard en la paroisse de Saint-Lormel où il trouva le Né Charles Leblanc, beau-frère dudit Courbé qui étaient à se chauffer, et où le répondant se réchauffa; le matin du dimanche il alla chez le Né Jacques Poullinc du même village et à l'heure de la grande-messe, il se rendit au bourg de Saint-Lormel et assista à la grande-messe, passé de quoi il se rendit en sa demeure et y resta jusqu'à ce que des cavaliers de maréchaussée vinrent l'arrêter et le conduisirent aux prisons de Saint-Malo. » Ces réponses très nettes offraient aux magistrats tous les moyens de vérifier facilement la sincérité des moyens de défense de. l'accusé. Grumellon fut ensuite questionné sur la fâcheuse ressemblance qui existait entre sa jument et la monture du prétendu traître aperçu par plusieurs témoins dans les rangs ennemis. -Interrogé si lorsque les Anglais tentèrent de débarquer au passage du Guildo il n'était pas mêlé parmi les Anglais et si pour lors il n'était pas monté sur sa petite jument grise, et si ladite jument ne fut pas blessée d'un coup de mousquet? -Conteste tous les faits de l'interrogation, et dit que sa jument était de poil bai clair, les crins et les jambes noirs aussi bien que la queue, et que depuis l'arrêt de sa personne il ne monta plus sa jument, qu'il se rappelle que le Sr de la Mettrie, gentilhomme de la paroisse de Trégron, ayant été par les Anglais arrêté, comme ledit Sr était monté sur un beau cheval gris blanc, le piéton qui avait d'abord monté sur la jument du répondant fit descendre ledit Sr de dessus son cheval et ledit soldat l'ayant monté dit audit Sr de monter sur ladite jument s'il eût voulu, ce que ledit Sr de la Mettrie fit, et après quelque chemin ledit Sr dut trouver l'occasion de s'échapper ayant abandonné ladite jument et s'étant caché, et depuis l'évasion des Anglais le répondant a appris des Nés Julien Bertin de la paroisse de Pluduno, et Pierre Posset du village de Gesnebault paroisse de Saint-Lormel, qui étaient allés sur la grève le lendemain de la bataille de Saint-Cast, qu'ils avaient rencontré ladite jument qui était morte sur la grève. »

 

-Interrogé ce que devint sa jument?

 

-Grumellon persiste dans son système de défense et invoque à l'appui de ses dires le témoignage de Jean Bézard du bourg de Saint-Lunaire et d'un autre particulier de la même paroisse, ses compagnons de captivité. M. de la Ghoue de la Mettrie a laissé un récit de son séjour forcé parmi les Anglais. Il fut privé, dit-il de son excellent cheval et monté sur une haridelle. La jument de Grumellon, abandonnée pendant de longues heures à la porte des cabarets et nourrie au pré, nous paraît répondre au portrait de la monture de rencontre de ce gentilhomme. Tous les autres détails donnés par l'accusé sont d'ailleurs rigoureusement exacts, et sa bonne foi sur ce point donne une certaine autorité à l'ensemble de ses réponses. Il avoua enfin, sans aucun subterfuge le seul fait qu'il soit possible de retenir à sa charge dans toute la procédure.

 

-Interrogé s'il n'indiqua pas aux Anglais un gué pour passer à Saint-Pôtan, et s'il n'était pas pour lors monté sur un cheval anglais dans la grève de QuatreVaux?

 

-Conteste au tout les faits de l'interrogation, et dit que lorsque les Anglais voulurent passer à Saint-Pôtan, ils vinrent environ les 2 heures de l'après-midi du samedi prendre Joseph Lemasson qui demeure à la métairie du Guildo et qui était du nombre des prisonniers, et le firent marcher devant eux pour leur servir de guide; une colonne de piétons anglais le suivirent, puis vint un officier anglais qui fit au répondant et au Sr de la Renardière de la paroisse de Bourseul marcher devant lui, leur ayant commandé de se joindre et serrer l'un et l'autre, tellement que leurs épaules eussent été jointes, en leur disant que si les Français, eussent tiré ils auraient tué des Français, et en cet état ledit Sr de la Renardière et le répondant marchèrent devant cet officier jusqu'au bout de la grève du: Guildo vers Saint-Pôtan où il trouva l'occasion de s'échapper... »

 

-Autre réponse à la même question :

 

-« ...Environ les 2 heures de l'après-midi les Anglais forcèrent Joseph Lemasson de la métairie du Guildo de leur montrer le chemin de Créhen à Saint-Pôtan, et un officier anglais prit le répondant et le Sr de la Renardière de la paroisse de Bourseul et leur commanda de marcher devant lui, ayant l'un et l'autre les épaules serrées en disant : « Les Français tueront les Français. » et se rendirent ainsi du côté de Saint-Pôtan où les Anglais mirent le feu dans les maisons et dans cet intervalle le répondant s'échappa et se cacha dans un sud (sic) où il resta fort longtemps jusqu'à ce. que les Anglais ne pouvaient plus le voir à cause de l'obscurité. »

 

-Interrogé ce que devint le Sr de la Renardière et le susdit Joseph Lemasson?

 

-Dit qu'il ne sut pour lors ce qu'ils étaient devenus, mais qu'il apprit que les Anglais les avaient conduits à leur flotte

 

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Published by poudouvre
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