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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 18:01

 

 

L'importance qu'avait Guérande au IXe siècle, fit croire à M. de la Borderie que cette ville était « une fondation des Bretons qui, sous Nominoë, débordèrent au sud de la Vilaine et s'établirent dans l'espèce de péninsule comprise entre cette rivière, le bas cours de la Loire et la mer ». La science archéologique ne permet pas d'accepter une telle hypothèse. C'est que, des fouilles faites dans l'intérieur de la ville, il résulte que l'origine de Guérande doit être reculée de trois siècles environ. Les travaux de reconstruction de l'église Saint-Aubin, opérés il y a une trentaine d'années, et des fouilles faites en 1899, on amené la découverte de monuments du plus haut intérêt qui révèlent d'une façon indubitable l'existence de la ville à la fin du VIe siècle. L'un de ces monuments est un sarcophage de granit, conservé aujourd'hui dans la crypte de l'église, composé d'une auge recouverte d'un couvert en batière décoré de croix pattées, de cercles et d'imbrications. Sa forme et son ornementation dénotent un monument de la fin du VIe siècle. Ce sarcophage chrétien ne peut être celui d'un homme vulgaire, mais d'un personnage important, d'un chef militaire ou d'un évêque. De plus, sous l'espèce de déambulatoire qui termine le choeur de l'église Saint-Aubin, existent, sous le dallage, les substructions d'une construction semi-circulaire de 1m 95 de diamètre. Les murs épais de trente centimètres, sont faits de petits moellons assez régulièrement taillés en petit appareil, reliés par un mortier blanc composé de chaux, de sable et de coquilles d'huîtres. Dans cette construction singulière, M. Maître crut reconnaître « les restes d'une habitation civile qui fut utilisée pour l'érection du premier oratoire». Pour accepter cette hypothèse, il faudrait supposer ou bien que l'établissement du premier temple fut bien postérieur à la fondation de la ville, ou bien que cette construction circulaire n'était que le reste d'une villa gallo-romaine. La première explication est en contradiction formelle avec les habitudes des chrétiens de cette époque. Lorsque ceux-ci s'établissaient dans une région. ils commençaient par construire un temple autour duquel ils érigeaient leurs demeures. Il n'est pas possible aussi de voir dans le monument circulaire, les restes d'une habitation gallo-romaine il n'a aucun des caractères des constructionsde cette époque. Cette construction faisait plutôt partie d'un ensemble de monuments, ou même d'un monument unique, dont les substructions furent retrouvées en 1875 par M. Muterse qui a recueilli et conservé des briques et du mortier offrant la même composition que celui qui servit & la construction circulaire. La brique n'a nulle apparence des terres cuites romaines, mais ressemble singulièrement aux briques que substructions de l'église de Guérande antérieures au Xe siècle, l'ouest des églises c'était une règle invariable. Or, d'après la disposition des ruines découvertes sous l'église de Guérande, le baptistère supposé se trouverait à l'Est. Mais d'autre part, l'exiguité de ce monument peut laisser croire à l'existence d'une absidiole d'un petit monument, trop peu considérable pour avoir servi d'église, mais répondant aux plans connus des premiers baptistères isolés Un baptistère seul aurait été édifié en premier lieu, en attendant la construction d'une église rendue bientôt nécessaire par l'accroissement de la population. De plus, on ignore et des fouilles, impraticables, pourraient seules le démontrer s'il n'existe pas, à l'est du monument circulaire, les substructions de nouvelles constructions. La question d'orientation, en supposant l'édification successive d'un baptistère et d'une église, put être, du reste, rendue inobservable par suite de l'on retrouve dans les ruines mérovingiennes il en est de même du mortier. On se trouve ici en présence des restes d'une église chrétienne, peut-être d'un baptistère destiné a l'immersion des catéchumènes et ceci est corroboré par l'existence d'une source à cet endroit. Comme tous les baptistères mérovingiens, celui de Guérande était édifié à proximité d'une nappe d'eau destinée & l'alimenter. Cependant, la disposition de l'ensemble des substructions peut laisser place à d'autres hypothèses. On sait, en effet, que les baptistères primitifs étaient placés à l'ouest des églises c'était une règle invariable. Or, d'après la disposition des ruines découvertes sous l'église de Guérande, le baptistère supposé se trouverait à l'Est. Mais d'autre part, l'exiguité de ce monument peut laisser croire à l'existence d'une absidiole d'un petit monument, trop peu considérable pour avoir servi d'église, mais répondant aux plans connus des premiers baptistères isolés Un baptistère seul aurait été éditié en premier lieu, en attendantla construction d'une église rendue bientôt nécessaire par l'accroissement de la population. De plus, on ignore et des fouilles, impraticables, pourraient seules le démontrer s'il n'existe pas, à l'est du monument circulaire, les substructions de nouvelles constructions. La question d'orientation, en supposant l'édification successive d'un baptistère et d'une église, put être, du reste, rendue inobservable par suite constructionsparticulières qui forcèrent à déroger à la règle générale. Les baptistères primitifs étaient de petites constructions généralement octogonales, dans lesquelles se trouvaient une piscine ou cuve destinée aux baptêmes,et un autel pour la célébration des offices religieux.Un ou plusieurs côtés de ces constructions se terminaient en cul-de-four. C'est bien la disposition des substructions de Saint-Aubin. Mais la présence de substructions différentes, sous la nef et le choeur, obligent à croire qu'il existait, à une même époque, deux monuments religieux, l'un, un baptistère édinë à l'origine, l'autre une église construite à l'ouest pour répondre aux nécessités du culte. L'architecture et la disposition de ces monuments primitifs ne peuvent être précisées. Du baptistère, la partie en cul-defour est seule connue. De l'église, quelques débris de murs en petit appareil sont parvenus jusqu'à nous. Sans doute des fouilles méthodiques permettraient de lever le voile qui cache les origines de ces monumentsantiques. Sous le choeur de Saint-Aubin, elles feraient connaître si le sarcophage de granit était isolé. Si l'on arrivait à prouver qu'il provient d'une crypte, les origines de Guérande s'éclaireraient d'un jour singulier car un sarcophage ainsi placé ne saurait être que celui d'un saint ou d'un très grand personnage. La présence même de ce sarcophage construit en pierre aussi dure que le granit et recouvert de sculptures que les artistes de l'époque gravaient d'habitude sur des pierres tendres comme le marbre ou la pierre blanche, prouve assez qu'on se trouve en présence du tombeau d'un homme placé bien au-dessus du vulgaire. Ses caractères attestent la fin du VIe siècle, et ces données archéologiques sont renforcées par les faits historiques.

 

 

 

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Published by poudouvre
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