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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:17

L'appel aux armes. La duchesse Jeanne de France.

 

 

 

 

Margot triomphait trop tôt. Elle allait trouver dans la duchesse de Bretagne, Jeanne de France femme de Jean V, une antagoniste dont l'énergie en cette circonstance fut tout à fait digne des deux grandes Jeannes du XIVe siècle Jeanne de Penthièvre et Jeanne de Montfort. La duchesse était à Vannes quand elle apprit l'attentat des Penthièvre contre le duc. Dès le lendemain (le 16 février 1420) elle convoqua le conseil du duc et les principaux seigneurs présents à la cour. Dans ce conseil elle rendit une ordonnance appelant aux armes tous les Bretons, particulièrement tous les nobles et tous les vassaux astreints par leurs fiefs au service militaire. Pour lever, dresser, former les troupes qui répoudraientà cet appel, elle nomma le vicomte de Rohan lieutenant-général du duc absent dans toute la Bretagne et, sous lui, capitaines généraux, en basse Bretagne le comte de Porhoët son fils et le sire de Guémené, en haute Bretagne, le sire de Châteaubriant et le sire deRieux.En même temps la duchesse convoqua les Etats généraux du duché pour le 23 février. Du 16 au 23 février, Vannes se remplit de seigneurs, de prêtres, de bourgeois venant de tous les coins de la Bretagne exprimer à leur souveraine leur indignation contre l'attentat, leur résolution de tout faire pour le venger et délivrer le duc. Le 23 février, les trois Etats étaient là au grand complet. La duchesse se présenta devant eux avec ses deux fils, l'aîné François, héritier du duché âgé de dix ans, l'autre son puîné Pierre qui avait deux ans à peine. Elle n'eut pas besoin d'un long discours en quelques mots elle rappela l'odieuse trahison, le péril du duc, et adjura ses fidèles Bretons de voler à son secours elle y emploierait sans compter tout le trésor amassé pendant la minorité de Jean V et, si ce n'était assez tous ses joyaux. « Et en ce disant tenoist la dite dame duchesse ses deux fils, qu'elle montroit aux prelats, aux barons, aux gens des bonnes villes, et plouroit (dit Le Baud) moult tendrement.» Tous les assistants émus, indignés, enthousiasmés, jurèrent de s'employer corps et biens à la délivrance du duc. Les contingents militaires ailluèrent immédiatement aux lieux de rendez-vous, non seulement les contingents féodaux, mais aussi les volontaires des paroisses, jaloux de prendre part à cette campagne. Une tradition, recueillie par Pierre Le Baud qui avait connu des témoins de ce grand mouvement national, porte le chiffre total de cette levée à 50.000 hommes. On s'est récrié contre ce chiffre et en eflet, à cette époque, en Bretagne, il était bien difficile de former, de faire manoeuvrer, surtout d'armer, d'approvisionner une armée aussi considérable. En outre on a les chiffres précis des contingents de troupes régulières fournies dans cette circonstance par quelques régions de la Bretagne, j'entends, en hommes d'armes, archers, arbalétriers – et de ces chiffres il semble résulter que le total de l'armée régulière dut monter à environ dix-huit mille hommes, ce qui est pour ce temps un très beau nombre. Mais cette armée, comme nous le verrons, ayant opéré sur divers points de la Bretagne pour prendre les diverses places des Penthièvre, vit successivement, partout où elle se portait, les gens des paroisses se joindre à elle contre l'ennemi qu'elle assiégeait, et ainsi, successivement mais non simultanément, il put bien y avoir une quarantaine de mille hommes à prendre part dans des conditions diverses à cette campagne. En tous cas on peut dire qu'à l'appel de la duchesse la nation bretonne, moralement, se leva comme un seul homme pour flétrir, rejeter et condamner d'un même coeur l'odieux attentat. Mais la duchesse ne s'en tint pas là. Voulant mettre à la tête de ses troupes un chef illustre, dont le nom fût un gage assuré de victoire, elle pria le roi d'Angleterre de permettre à Arthur, comte de Richemont, son prisonnier depuis Azincourt, de venir prendre le commandement de l'armée bretonne destinée à délivrer le duc Jean V, frère de Richemont, Elle envoya des ambassadeurs au dauphin pour lui donner des explications, adoucir son ressentiment, obtenir au moins de lui la neutralilé. Aux Espagnols, aux rois de Navarre et de Castille, liés depuis longtemps à la Bretagnepar des alliances et des traités de commerce, elle envoya demander du secours. Mais elle s'appliqua surtout, par ses envoyés, à persuader aux nombreuses compagnies bretonnes servant alors en France de revenir momentanément prêter à la cause du duc le secours de leurs armes et elle obtint de ce côté d'importants résultats 

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Published by poudouvre
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