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24 avril 2016 7 24 /04 /avril /2016 06:41

Les débuts de la lutte.

 

 

 

 

Il y eut donc bientôt sur pied une belle force, une belle armée, pour délivrer le duc. Mais le délivrer, comment ? On ne savait même pas où il était, la duchesse qui le faisait activement chercher par des agents secrets, n'avait rien appris de certain. Restait la ressource, en attendant mieux, de punir les coupables, c'est-à-dire d'enlever aux de Blois l'apanage de Penthièvre perdu par leur félonie, et d'abord de prendre leurs places Avant la fin février, Lambale leur capitale était assiégée, serrée de très près. Quand les Penthièvre apprirent ces nouvelles, ils devinrent fous de colère. Ils avaient compté évidemment que, le duc pris, leur parti relèverait la tête en Bretagne. Par malheur ce parti était mort, et dans leur apanage même personne ne bougea. Pour apaiser le terrible orage amassé contre eux, ils employèrent d'abord un expédient un peu trop puéril. Il y avait à Châteauceaux un varlet, c'est-à-dire un page, qui ressemblait un peu à Jean V on lui mit les bottes, la robe du duc, on lui banda les yeux, on le jeta dans une barque qui descendit le fleuve, on le conduisit de la sorte jusqu'à la Loire on dit à tout le monde que c'était le duc que l'on allait noyer; puis, comme ce jeune homme ne reparut pas à Chàteauceaux, on envoya des gens à Nantes répandre le bruit qu'on avait effectivement retiré de la Loire, sous une souche de saule, le cadavre de Jean V. On croyait que l'armée formée pour délivrer ce prince, le sachant mort, se dirait qu'elle n'avait plus rien à faire et se disperserait. Comme si au contraire, dans ce cas. elle n'eût pas eu à coeur de poursuivre plus que jamais sa campagne pour tirer vengeance de ce crime. Cette farce grotesque n'eut d'ailleurs aucun succès et ne trompa personne. Alors, tout naturellement, c'est sur le pauvre duc, toujours prisonnier à Châteauceaux, que l'orage tomba. Un soir, Olivier de Blois et son frère Jean sire de Laigle, couverts de leurs cuirasses, hérissés de dagues et d'épées, entrent tout à coup a grand fracas dans la prison de Jean V et lui mettant tous deux le poing sous le nez, lui crient que si le siège de Lamballe continue, ils lui feront immédiatement « voler la teste de dessus les espaules. Que s'il veut la conserver, il lui faut de suite écrire aux chefs de l'armée bretonne l'ordre formel de lever ca siège et de laisser en paix les autres places de Penthièvre sans quoi la duchesse de Bretagne ne reverrait la tête de son mari que plantée sur une pique au sommet du donjon de Chàteauceaux. Le duc écrivit tout ce qu'on voulut et donna au messager chargé de cette lettre, pour en mieux garantir l'authenticité, une petite chaîne d'or qu'il portait habituellement sur la peau pour suspendre son Agnui, chaîne dont, bien entendu, le comte de Penthièvre, lors de sa prise, l'avait dépouillé, mais qu'il consentit à lui remettre momentanément en cette occasion. Kermelec, l'un des serviteurs du duc et comme lui prisonnier à Châteauceaux, fut chargé de porter aux chefs bretons cette chaîne et cette lettre. Sous peine de mettre le duc en péril, il lui fut enjoint de revenir à Chàleauceaux rendre compte de sa mission et reprendre sa prison. Il partit pour la Bretagne vers le 5 ou 6 mars. Huit jours après, et avant son retour, Margot de Clisson fit sortir le duc de Châteauceaux, craignant sans doute que son séjour en ce lieu, necessairement connu en Bretagne par la mission de Kermelec, n'attirât sur cette place l'effort de l'armée bretonne. Le duc et son frère Richard furent conduits vers la mi mars de Châteauceaux à Vendrines, où Olivier de Blois leur prodigua encore les injures et les plus cruelles menaces, puis de là à Nuaillé près de la Rochelle, enfin jusqu'à Saintes, en plein pays français, à près de cinquante lieues des bords de la Loire. Vers la fin de mars, on le fit remonter vers le nord, on l'enferma au chàteau de Saint-Jean d'Angeli, où il passa les deux mois d'avril et de mai. Nous l'y retrouverons plus tard. Jean de Kermelec eut beau exhiber aux chefs de l'armée bretonne les lettres du duc ordonnant de cesser le siège de Lambale, il eut beau représenter les dangers que faisait courir à la vie de Jean V la continuation de la guerre le siège ne fut pas interrompu. Car nul ne doutait que les ordres du duc n'eussent été extorqués par la violence. Quant au reste, la conduite des Penthièvre avait soulevé chez tous les Bretons, dans toutes les classes, une telle indignation, que rien n'en pouvait arrêter l'effet on voulait, quoi qu'il en pût advenir, prendre du crime sur les coupables une éclatante justice En l'absence de Richemont, que le roi d'Angleterre n'avait pas voulu lâcher même momentanément, l'armée bretonne était commandée par les quatre capitaines-généraux, entre lesquels Alain de Rohan comte de Porhoët, comme fils du lieutenant-général du duc, semble avoir occupé le premier rang. Lambale se rendit au commencement de mars, et ses fortifications furent démolies aussitôt par Fouquet Renart. Guingamp, investi avant la reddition de Lamballe, capitula le 5 mars, mais ne fut pas démoli, Jugon, la Roche-Derien, Chàteaulin-sur-Trieu,la Roche-Suhart, toutes places et châteaux bien fortifiés furent pris sans grande résistance en mars et avril. Le château de Broon se défendit plus longtemps, il tenait encore le 8 mai, mais il avait déjà capitulé sous condition d'un certain délai, car la duchesse ce jour-là en ordonnait la démolition dès qu'il serait rendu. C'est Charles de Monfort, seigneur de Frinodour, qui eut l'honneur de cette conquête, on lui avait laissé le soin de ce siège avec un foit détachement, pendant que le reste de l'armée bretonne se dirigeait vers la Loire. Les Penthièvre, exaspérés par la prise de leurs places et la perte de leur apanage, avaient voulu prendre des représailles sur le comté Nantais, et de Châteauceaux ils dirigeaient contre la frontière bretonne de fréquentes incursions, dans lesquelles ils faisaient de grands ravages. La duchesse de Bretagne n'hésita pas à répondre à ces insolentes provocations elle ordonna le siège de Châteauceaux. Giosse et difficile opération, car la place passait pour imprenable. Mais là se trouvait, on en était sùr, Margot de Clisson, la première cause de cette guerre, l'auteur véritable de cette odieuse conjuration, et si l'on pouvait prendre Margot. tout serait gagné du même coup l'on finissiail la guérie et l'on recouvrerait le duc.

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Published by poudouvre
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