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6 mai 2016 5 06 /05 /mai /2016 20:50

 


 

 

 

Les armoiries quasiment effacées de du-Guesclin

« d'argent à l'aigle bicéphale éployée de sable becquée et membrée de gueules, à la cotice du même » 

 

 

Le même socle avec reconstitution des armoiries du Guesclin

 

 

Dans son guide du voyageur publié en 1857, Jean Bazouge évoque cette colonne inaugurée en 1841 sous le gouvernement de Louis-Philippe Ier, sur les ruines du château de la Motte-Broons, berceau du fier capitaine. Notre guide précise qu'autrefois quand un régiment passait sur cette route, arrivés au pied de la colonne, les tambours battaient aux champs, et les troupes voyageuses faisaient une halte d'honneur, en témoignage de patriotique admiration. Arrêtons nous aussi dans ces lieux où s'écoula l'enfance du célèbre batailleur. Sous les ondulations du terrain au milieu duquel apparaît le monument érigé au « héros breton » gisent les dernières pierres du château de ses pères rasé en 1616 par ordre des États de Bretagne. Rien, plus rien de cette demeure sur le sol herbeux et bossué comme celui d'un cimetière. De jeunes arbres poussent autour de la colonne, qu'une balustrade en fer défend : c'est là toute la décoration du monument. Il semblerait que ce fut au retour de son expédition en Egypte, que le Croisé Guillaume de Broons, quintisaïeul du connétable, abandonna la motte castrale au profit d'un castellum que du-Guesclin fortifia considérablement quand il reçut sa charge de chef des troupes au royaume de France. Suite aux guerres de la Ligue, sur ordre des États de Bretagne, répondant aux vœux de la régente Marie de Médicis, la Motte Broons subit le démantèlement de ses défenses. Il est vrai que les alliés du duc de Mercoeur avaient détenu ce point stratégique. Toutefois, ainsi que le souligne Noël Brouard, c'est très certainement le donjon situé sur les arrières de la Grand-Place de la ville de Broons, aux abords de la Rue de la Glacière qui fut démantelé et détruit (voir histoire de Broons, page n° 10). Ce qui n'exclue pas que la maison-forte de la Motte-Broons ait été aussi dépourvue de ses éléments défensifs, d'où le dédommagement versé au possesseur du lieu à cette époque : Messire de Ville-Blanche. Des éléments « renaissance » provenant du lieu sont visibles au hameau de Brangalo (voir histoire de Broons, page n° 6) on sait qu'ils provenaient de la Motte-Broons. Puis le chastel de la Motte Broons fut abandonné, et l'antique forteresse tomba alors en ruines. Selon le témoignage de voyageurs au cours du XVIIIe siècle, des restes impressionnants étaient encore visibles. A la fin du règne de Louis XVIII, en 1822, une première souscription fut lancée à échelle locale afin de financer un monument dédicacé au connétable, mais la souscription ne fournit pour la seule commune de Broons que la somme de 166 fr. 20, une autre lancée à l'échelle de la Bretagne ne donna pas davantage de donation ! c'est dire si le fameux héros breton laissait indifférent. Le Conseil général des Côtes du Nord décida alors de financer la réalisation du monument, et étrangement les Broonais alors, souhaitèrent un monument digne de celui de Dinan, dût-il coûter 6.000 francs ! En 1830, le renversement de Charles X, le projet fut enterré, puis le 15 février 1834, le terrain était acheté semble-t-il par la famille d'Orléans en vue d'aménager la colonne, soit un lot d'une superficie de 2.640 m2 pour une façade de 66 mètres. Ce lot avait été prélevé sur la parcelle de la Rivière -probablement les anciens fossés du château. C'est sous le règne de Louis-Philippe Ier, le fils du fameux « Philippe égalité » que la colonne allait être inaugurée. Louis Philippe s'étant s'emparé de la couronne vacante, c'est par pure propagande, qu'il relança l'idée d'un monument dédicacé au fameux connétable -plus tard, en 1870, la Pucelle d'Orléans allait à son tour devenir symbole d'un autre régime tout aussi pitoyable. Louis-Philippe n'était guère apprécié en Bretagne, il y était regardé comme un simple usurpateur. Quand au monument, il aurait dû en principe être érigé au cours de l'été 1840, mais les retards enregistrés, ce n'est que le 15 octobre que le monument fut dressé. En 1810, Charles Rolland Néel de La Vigne, alors maire de Dinan avait présidé en sa cité, à l'inauguration du cénotaphe mis en place en l'église St Sauveur afin de recevoir le coeur de du-Guesclin -où du moins ce qui en restait après la révolution. Il avait convié son confrère de Broons pour l'évènement (voir Souvenirs de Néel de Lavigne Charles-Rolland, ancien sous-préfet de Dinan : voyage à Guenroc). Le même personnage devenu sous-préfet reporta l'inauguration de la colonne du-Guesclin au cours de l'année 1841, en effet en période hivernale, les jours étant courts et le temps incertain, la saison morte aurait nuit à la sollennité de la fête. Haute de 10 mètres, pour un poids avoisinant les onze tonnes, la colonne avait été réalisée en granit monolithique et provenait d'une carrière de St Pierre de Plesguen. C'est donc un périple de près de cinquante kilomètres qui fut parcouru par le convoi militaire; parti de St Pierre de Plesguen la procession arriva au Pont du Château à Broons où se déroulèrent les animations similaires à celles données à Dinan, 31 ans plus tôt. Yves Miriel était alors maire de Broons. Pour la circonstance, la stèle avait été entreposée sur des canons tirés par trente-six chevaux. Quarante peupliers d'Italie entouraient la colonne à l'origine, mais depuis, les tempêtes en ont éliminé quelques uns, il en reste une dizaine. Un temps propriété de la Communauté religieuse Joachim Fleury, le champs voisin  a révélé des antiquités liées au lieu dont un fragment des clef, quelques monnaies du XVe siècle, dont un gros à la fleur de lys ainsi qu'un sceau portat un écu d'azur à trois de têtes de lévriers, coupées d'argent et colletées de gueules ; ce sont les armoiries des Milon, seigneur de la Ville-Morel. Autour de cet écusson on lit : S. DE CONTRAS DE LA VILLE MOREL (ce dernier renseigneiment fut founit par M. de Corson, à la Société Archélogique d'Ille et Vilaine).  Un projet de modeste musée fut un temps envisagé puis tomba vite dans l'oubli.

 

 

Des peupliers, ces sentinelles veillent au repos du héros

 

 

Détail du bulbe couronnant la stèle

 

 

Du-Guesclin alias du-Guarplic,  de Guesquin

une famille bretonne

aux probables origines norroises !

 

 

Aucune certitude sur la date de sa naissance et pour cause, les registres paroissiaux de Broons ne remontent pas au delà de 1556, seuls ceux de Givry en Saône et Loire couvrent la période allant de 1303 à 1357. 

 

 

La seule date dont on soit certain.

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Published by poudouvre
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