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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 12:15

 

 

Milieu de dépôt

 

 

Tant dans les formations ordoviciennes (Formations du Grès armoricain et de Saint-Germain sur-Ille) que dévoniennes, les structures et figures sédimentaires observées (chenaux, structures madrées à lenticulaires, oeillées, lamines ; rides d'oscillation, ripple-marks, rill-marks, ..., sont fréquemment présentes dans des dépôts marins peu profonds. Ceci vient s'ajouter à l'existence de certains faciès particuliers :

 

- les niveaux à dragées et galets phosphatés des siltites grossières ordoviciennes (Formation d'Andouillé) et dévoniennes (Formations de Touvra et de Bosquen). Des faciès comparables ont été récemment étudiés (Le Menn & al., 1976 ; Paris, 1979) et interprétés comme résultant du remaniement synsédimentaire de dépôts immédiatement antérieurs. - les niveaux à oolithes chloriteuses généralement considérés comme indices de faible profondeur et de phase transgressive.

 

- les passées microconglomératiques déjà citées.

 

- les "copeaux" et petits galets argileux remaniés dans les niveaux gréseux de la Formation de Saint-Germain-sur-Ille. Les faunes reconnues dans ces divers niveaux confirment l'interprétation donnée à partir des faciès et figures sédimentaires. Les formes benthiques (Crinoïdes, Brachiopodes, Trilobites, Bivalves, ..) où les deux premiers groupes prédominent, se rencontrent souvent en "poches" ou lits d'accumulation post-mortem analogues à ceux que l'on rencontre actuellement en milieu littoral. La présence,dans certains niveaux argileux (Formation de Bosquen), de débris végétaux flottés (Psilophytales), parfois de grande taille (plusieurs décimètres) malgré leur fragilité, incite à voir dans ces faciès des dépôts en zone côtière peu éloignée d'une zone émergée.

 

 

Les roches éruptives

 

 

Parmi les roches éruptives présentes dans cette région occidentale du Ménez-Bélair, seuls les filons basiques et l'orthogneiss de Rouillac ont été étudiés en raison de leur importance structurale.

 

 

Les filons basiques

 

 

Ils sont principalement localisés dans le Briovérien qui borde au Nord le Synclinorium paléozoïque, mais également présents à l'intérieur de celui-ci (dans le Dévonien) et à sa bordure sud (zone de contact entre l'unité d'Eréac et le Briovérien).

 

 

 

Les filons basiques dans le briovérien

 

 

 

Ces filons se rencontrent essentiellement au Nord du Paléozoïque, près de Broons, Sévignac et Trémeur (carte h.t.1, Fig. 3), ainsi qu'en bordure du massif granitique de Moncontour. Au Sud du Paléozoïque le seul filon mis en évidence, est situé entre les massifs dioritiques de Saint-Jacut-du-Méné et de Lanrelas. La mesure des directions d'épontes des filons montre que le champ filonien figuré (carteh.t. 1) est loin de présenter l'uniformité que Barrois et Lebesconte (1894) supposaient. Les volcanites basiques intrusives se présentent en filons d'épaisseur variable, allant de quelques mètres à une dizaine de mètres; comme au Fief-aux-Ecoliers (Est de Broons). Comme Sagon (1976), dans son j'utiliserai le terme de diabase pour désigner ces roches. L'état d'altération de celles-ci interdit des déterminations pétrographiques précises; toutefois plusieurs types pétrographiques peuvent être distingués d'après la taille du grain de la roche et la proportion relative des feldspaths et des autres constituants : diabase à grain fin (inframillimétrique). Généralement verdâtres, assez sombres, homogènes et cassantes. La texture est intergranulaire ; de très nombreuses lattes de plagioclases (100 y environ) enserrent de petits grains de pyroxène. Au Nord-Est du Gouray, la surimposition du thermométamorphisme développé par le granite de Moncontour, s'exprime par l'apparition d'amas millimétriques de chlorite (biotite chloritisée) : ces faciès correspondent à des métadiabases. diabases à grain moyen (millimétrique) Ce type pétrographique a été observé en de nombreuses localités au Nord-Est de Broons (Sud-Est de Linée ; Sud de La Noë-Derval ; Ville-au-Borgne ; Le Fief-aux-Ecoliers). Texture subophitique à ophitique - Plagioclases : lattes de Labrador (?) de 600 à 1 000 ou 2 000 p, très souvent altérées - Pyroxènes : ouralitisés, en proportion supérieure ou égale à celle des plagioclases. Leur taille est variable -Quartz xénomorphe -Minéraux accessoires : ilménite squelettique. diabase à gros grain (centimétrique) Elles sont visibles de manière ponctuelle à l'Est de Broons (Sud et Sud - Sud-Ouest du Fief-aux-Ecoliers). Texture plutôt de type intergranulaire, parfois poecilitique - Plagioclases : lattes centimétriques de Labrador. Le pourcentage en volume est variable selon les échantillons mais il est supérieur à celui du pyroxène (augite) - Minéraux accessoires : quartz xénomorphe ; ilménite à bordure de leucoxène. Certains échantillons montrent des minéralisations (pyrite) en plages atteignant 5 mm (La Ville Ory : Est de Broons).

 

 

Les filons basiques dans le dévoniennes

 

 

Des filons basiques existent dans les Formations de Touvra (Sud de Broons) et de Bosquen (Cadeno au Sud-Est du Gouray). Barrois et Lebesconte (1894) ont cartographié deux filons de "porphyrites micacées (Xy2 ou y2) dans les "schistes et calcaires de Néhou" et à la limite de cette formation et du grès de Gahard, au Sud de Broons. En fait ces roches correspondent probablement à des lamprophyres dont les caractères pétrographiques ne peuvent cependant être précisés, vu leur état d'altération. Dans ce secteur les filons sont plus nombreux que ne l'indiquent les cartes antérieures et se rapportent à plusieurs types pétrographiques. Par ailleurs ces filons présentent une orientation analogue à celle des failles directionnelles affectant le Paléozoîque (cf. 4ème Partie). Les relations avec 1' "encaissant" sont dans l'ensemble mal connues : à Clin-Julien cependant (Fig. 27), dans la Formation de Touvra, deux filons orientés N 110 sont obliques par rapport à la stratification et à la schistosité. Dans la carrière de Pont-du-Breuil, les volcanites sont également sécantes dans les grès. Plus à l'Ouest (Les Chantirots : Nord-Est de Collinée) des roches comparables se recontrent dans les schistes de la Formation de Bosquen (carte h.t. 1). Les roches hypovolcaniques les plus fréquentes dans le secteur de Touvra, correspondent à des diabases verdâtres à grain moyen et à texture doléritique, parfois subophitique et même poecilitique. Les lattes de plagioclase (% d'An non déterminable) atteignent 2 à 3 mm. Elles enserrent des pyroxènes (augite) ou de la chlorite et parfois du quartz. Quelquefois les pyroxènes englobent des feldspaths. On note comme minéraux accessoires de l'apatite (assez abondante) et des minéraux titanés (ilménite). Elles sont données ici à titre indicatif vu leur caractère ponctuel. Pour les éléments majeurs on notera la faible teneur en Si02, la richesse en TiOZ, CaO, Fer total, caractères correspondant à ceux des basaltes. Comparativement aux diabases en "sills" dans le Dévonien (d2-3 : Siegenien inférieur à Eifelien ?) du Synclinorium de Châteaulin (Sagon 1976, p. 184), les teneurs en Ti02 et Na20 sont voisines, la teneur en alumine est intermédiaire entre les valeurs extrêmes données par cet auteur. On observe de même une pauvreté en KZO. Si l'on remplace ces données dans le diagramme de Kuno (1960), Si02/Al203/^20 + K20 ou dans le diagramme AFM, ces diabases se situent dans le domaine des basaltes de séries tholéïtiques. Pour les éléments traces, on remarquera les teneurs élevées en Ti, Sr et Zr qui sont un peu comparables à celles de dolérites albitisées de Bolazec (Maillet, 1977). Ces données sont cependant insuffisantes pour que l'on puisse en tirer des conclusions plus précises. Un autre faciès est observable dans la carrière de Pont du Breuil (Sud de Broons). Ce sont des roches jaunâtres souvent altérées, à grain fin et texture doléritique. Les plagioclases en lattes atteignent 1 500 p et les pyroxènes sont déstabilisés. La mésostase est difficile à caractériser. Le quartz xénomorphe, cristallisé secondairement, peut atteindre 250 p. On note la présence de nombreux minéraux opaques. D'assez nombreuses vacuoles (350 y à 1 mm), à coeur parfois occupé par de la chlorite (paillettes enchevêtrées) et à cortex constitué de quartz finement cristallisé, pourraient correspondre à d'anciennes bulles gazeuses ? A ce type peuvent être rattachées les volcanites vacuolaires visibles seulement en indices isolés (Le Fros : Sud-Est de Broons : Fig. 23 ; Clin-Julien : Nord-Est d'Eréac ; Cadeno : Nord-Est de Troherneuf ; Fig. 24). Ces roches très fines, verdâtres, sans texture définie, sont surtout caractérisées par de nombreuses vacuoles millimétriques à centimétriques parfois comparables à celles de Pont du Breuil et vraisemblablement de même nature.

 

 

Filons basiques au contact carbonifère briovérien

 

 

Ces roches sont très localisées et n'apparaissent qu'à la bordure sud du Groupe d'Eréac, en contact faillé avec les formations briovériennes. Au Sud-Est du Gouray (Rohée) (Fig. 24) d'anciennes excavations sont ouvertes dans une roche verdâtre, schistosée, à grain fin où de petites taches vert-foncé, accompagnent de fines baguettes blanchâtres peu visibles. Mésostase : quartz en petits grains (recristallisation) - petits granules de calcite - feutrages d'actinote. La texture n'est plus visible en raison de l'écrasement et de l'altération de cette roche. Cristaux : plagioclases saussuritisés - très nombreuses amphiboles (ouralite) provenant de la transformation rétromorphique de pyroxènes - quartz xénomorphe - nombreuses baguettes d'apatite - minéraux opaques nombreux. Anoelyée. chimique (Tabl. 13 a-4 et 13 b-4) Une seule analyse a été réalisée. Les conclusions qui en découlent ne doivent donc être considérées que comme purement indicatives. La teneur en Si02 (< 50 est faible. On remarquera de plus la très faible teneur en K20 (<0,01) et le caractère très calcique de cette roche (CaO > 10 %) qui se place dans le domaine des séries tholeïtiques (diagrammes A.F.M. et de Kuno, 1960). Les fortes teneurs en Ti02 et MgO caractérisent un matériel peu évolué, proche des tholéîtes à olivine (M. Carpenter, communication orale). Pour les éléments-traces (Tabl. 13 b-4) divers diagrammes peuvent être utilisés afin de connaître les affinités de ces roches : ainsi, à titre indicatif, dans le diagramme Ti (ppm) = f (Cr ppm) (Pearce, 1976), ces volcanites se placeraient dans le champ des basaltes de rides océaniques. Dans le diagramme de Floyd et Winchester (1975) [Ti02 = f (Zr/P205.104)], ces roches sont dans le domaine des basaltes tholéîtiques. Ces roches avaient été notées comme porphyroîdes (y4) sur la feuille de Pontivy (2ème édition) ; et les auteurs de cette carte (Pruvost & al., 1959) les rapportaient à des rhyolites ou andésites écrasées (porphyroîdes au sens de de Lapparent, 1909). En fait, ce faciès doit être rapproché des diabases à grain fin, schistosées, décrites par Sagon (1976, p. 276-277) (= anciens "schistes doléritiques" ou "schistes diabasiques") dont les teneurs en Si02, Na20, CaO sont assez comparables (Sagon 1976, p. 300 - analyses M.850 et M.987). On constate des différences de direction entre les filons intrusifs dans le Briovérien généralement subméridiens, et ceux rencontrés dans le Paléozoîque, plutôt Est-Ouest. L'absence d'analyses chimiques pour les diabases intrusives dans le Briovérien interdit une comparaison géochimique avec le matériel présent dans le Paléozoîque.La comparaison entre les volcanites situées à la bordure sud du Groupe d'Eréac et celles qui sont intrusives dans le Dévonien, montre que les deux types de roches possèdent un chimisme assez comparable tout au moins pour les éléments majeurs ; les éléments-traces présentant des différences notables. Ces données sont insuffisantes pour déterminer si ces filons constituent un seul ensemble ou des ensembles distincts. Les observations de terrain apportent toutefois quelques éléments ; vers l'Est, dans la région de Bécherel, les filons basiques ne s'observent que dans les terrains briovériens et les granites cadomiens et n'ont jamais été rencontrés dans les formations paléozoîques ni dans les granites varisques. Cette constatation serait plutôt en faveur d'un système filonien post-cadomien et anté-arénigien. Rien ne s'oppose à une telle interprétation pour les filons d'orientation subméridienne,observés ici dans les terrains briovériens au Nord du Paléozoîque. En ce qui concerne les filons d'orientation grossièrement Est-Ouest, situés dans le Paléozoîque, on peut préciser que leur mise en place est postérieure à l'Emsien (intrusion dans la Formation de Touvra) et antérieure aux dernières structurations varisques (filons fracturés et affectés par la schistosité). Elle se situerait au cours du Dévonien moyen ou supérieur, ou du Carbonifère anté-westphalien.

 

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Published by poudouvre
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