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18 juin 2016 6 18 /06 /juin /2016 18:51

Le groupe d'Eréac

 

 

A la bordure sud du synclinorium, entre les formations du Paléozoïque inférieur (Ordovicien à Dévonien) et le Briovérien, prend place une unité sédimentaire particulière : le Groupe d'Eréac. Celui-ci est caractérisé par le développement de volcanites et de volcanoclastites, et par une structuration beaucoup mieux exprimée que dans le reste du Paléozoïque (Fig. 23, Annexe 2 et partie structurale). Le terme de Groupe est adopté ici car cet ensemble réunit des faciès sédimentaires (schistes, grès, quartzites), des volcanites et des volcanoclastites d'origines variées. Si certains types ont pu être individualisés cartographiquement (volcanites et volcanoclastites), les relations existant entre ces différents faciès restent mal connues. Ainsi dans cette région située au Sud de Rouillac et s'étendant de Collinée jusqu'au Sud de Broons, les feuilles de Pontivy et Rennes à 1/80 000e ne se raccordent pas de façon cohérente (Fig. 2). Diverses interprétations ont en effet été retenues par les auteurs successifs (Barrois, 1890 ; Pruvost & al., 1959). La feuille de Pontivy (1ère édition), ne comporte pas de terrains carbonifères à la bordure sud de la Forêt de Bosquen, alors que dans la 2ème édition (Pruvost & al., 1959), dans cette même zone apparaissent des porphyroîdes dinantiennes (y4) et des schistes de Châteaulin (hv). Ces auteurs considèrent ces terrains comme les équivalents orientaux du Carbonifère reconnu dans le Bassin de Châteaulin. Pour la feuille Rennes, Barrois cartographie sous le symbole ay3 un ensemble constitué essentiellement de "porphyroîdes" en alternance avec des schistes et arkoses qu'il considère comme homologues du Carbonifère des régions plus orientales (Bas-Couyer près de Saint-Germain-sur-Ille). L'interprétation cartographique retenue ici diffère en partie de celle des auteurs antérieurs : la large bande de schistes et quartzites située au Sud de Rouillac, et rapportée avec doute au grès de Saint-Germain (Barrois, 1894), est notamment placée dans le Groupe d'Eréac.

 

 

 

Conditions d'observation

 

 

 

L'étude de la bordure méridionale du Paléozoïque (carte h.t. 1) est difficile : les conditions d'affleurement sont médiocres et l'altération souvent très marquée. De plus les relations entre volcanites, volcanoclastites et faciès sédimentaires sont rarement visibles ; seuls deux affleurements montrent un contact faillé entre des rhyolites et des schistes, au Val de Jugon (Nord d'Eréac) (Fig. 23) et à la Motte du Parc (Ouest de Troherneuf) (Fig. 24). Des déformations importantes perturbent et masquent les caractères originaux des faciès observés. Cette homogénéisation entraîne une convergence de faciès qui interdit souvent d'apprécier la nature originelle, sédimentaire ou éruptive de certaines roches. Enfin, l'état de structuration interdit toute évaluation de puissance pour cet ensemble. L'épaisseur de 1 000 mètres indiquée par Barrois (1894) puis par Barrois et Lebesconte (1894) ne paraît pas très significative. Les faciès sédimentaires : les schistes à chloritoîde et roches associées Ils affleurent tout au long de la bordure sud du Paléozoïque, depuis Collinée (la Haie du-Sillon) jusqu'au Sud de Broons (Queloscouët, LaVille-Allouët, Le Fros (carte h.t. 1 et Fig. 23). A l'affleurement ces sédiments se présentent comme des alternances plus ou moins régulières de schistes sombres et de passées siliceuses claires d'épaisseur variable (centimétrique à pluridécimétrique). Ces divers types de roches ne sont pas sans rappeler certains niveaux des schistes et quartzites de Plougastel connus à l'Ouest dans les gorges du Daoulas (Sagon, 1976). Les schistes, sombres et durs, sont assez grossiers (Tabl. 12A). Ils représentent le faciès dominant et sont caractérisés par la paragenèse : quartz + muscovite + chloritoîde + chlorite. Le quartz se présente en grains à bords dentelés ou très anguleux, et en sous-grains (quelques dizaines de y). La muscovite apparaît en lamelles flexueuses disposées dans la schistosité. Quant au chloritoîde, il existe sous forme de baguettes isolées (50-200 p) ou groupées en rosettes. Ces baguettes sont disposées parallèlement ou obliquement par rapport à la schistosité principale. Le chloritoîde est parfois présent en quantités importantes dans les schistes (La Morgandais au Nord-Est d'Eréac) Ci:). La présence de ce minéral au sein de la paragenèse citée précédemment, indique qu'un métamorphisme épizonal a affecté l'ensemble de ce secteur. Des passées siliceuses grises (blanchâtres en surface), centimétriques, apparaissent de manière discontinue et soulignent les microplissements à l'intérieur des schistes. Pétrographiquement ces faciès sont proches d'arénites fines recristallisées (microquartzites) à grains de quartz étirés (orientation préférentielle) et sous-grains. Dans l'analyse chimique (Tabl. 12). les éléments comme Mn, Mg, Ca, Na ... n'ont pas été dosés. Cependant s'ils existent ceux-ci doivent être représentés par des quantités infinitésimales puisque Si02 et Al203 constituent la quasi-totalité de la roche. Ceci confirmerait en particulier l'absence apparente de feldspaths constatée lors de l'analyse pétrographique. D'après cette composition chimique anormale et dans le contexte volcanique du Groupe d'Eréac, ces passées pourraient représenter des niveaux de cherts siliceux recristallisés. Des grès quartzites en bancs décimétriques, parfois boudinés, accompagnent aussi les schistes à chloritoîde. L'analyse pétrographique de ces arénites quartzeuses est donnée dans le Tableau 12 C. Localement des grès fins verdâtres à lamines sont visibles au Nord-Est d'Eréac (carrière de Rouaudel). Ce sont des wackes quartzeuses (Tabl. 12 B) dans lesquelles les grains de quartz arrondis ont parfois un cachet volcanique (golfes, aspect craquelé) ; d'autres quartz sont étirés et soulignent le plan de débit. Ils sont accompagnés par de rares feldspaths altérés. Ces sédiments, sans tri granulométrique, possèdent une bonne maturité de composition mais une médiocre maturité de texture.

 

 

 

Les Volcanites

 

 

 

Sous le nom de "porphyroïdes" Barrois (1894, p. 221) désignait des schistes séricitiques stratifiés, plus ou moins compacts, à cristaux de feldspath et de quartz. L'origine volcanique de certaines porphyroïdes déjà préssentie par cet auteur (1900) a été précisée par de Lapparent (1909), qui y voyait d'anciennes roches volcaniques secondairement modifiées. Dans le Massif armoricain le terme de "porphyroïdes" a été utilisé dans un sens général pour désigner des roches à phénocristaux de feldspath et de quartz, dont l'origine volcano-sédimentaire ou effusive était mal précisée (Cogné, 1960 ; Ters, 1972 ; Chauvel & al., 1975 ; Boyer, 1976). Dans la région étudiée, par rapport aux schistes à chloritoîde, les volcanites et volcanoclastites paraissent plus localisées. Ces roches souvent profondément altérées, affleurent assez mal, aussi leur importance est-elle vraisemblablement sous-estimée. Quelques observations ponctuelles (puits situés dans la zone déprimée sans affleurement, au Sud de Launay, carte h.t. 1) n'ont montré que des volcanites ou volcanoclastites et viennent conforter cette supposition. Ces faciès sont essentiellement visibles dans les secteurs d'Eréac (Fig. 23) et de Troherneuf (Fig. 24)

 

 

 

Les rihyolites

 

 

 

Elles sont visibles près du Tertre (NE d'Eréac) (Fig. 23) à proximité des schistes à chloritoîde qui ont subi les mêmes déformations (cf. 3ème partie). Ces roches siliceuses verdâtres, satinées et schistosées, ont un aspect rubané et contiennent des phénocristaux de feldspath et de quartz millimétriques. Mésostase : quartzo-sériciteuse, très finement cristallisée. La séricite constitue de longues fibres flexueuses. Phénocristaux : quartz volcaniques (jusqu'à 350 y), quartz éclatés et étirés plurimillimétriques - feldspaths totalement pseudomorphosés, non identifiables. Ce faciès fortement tectonisé rappelle les "blaviérites" du Synclinorium de Laval qui correspondent à du matériel rhyolitique (coulées et tufs associés, cf. Plaine, 1976). Ces rhyolites existent également plus à l'Ouest où elles dessinent cartographiquement des "bandes" peu épaisses, d'une dizaine de mètres, fortement tectonisées (Troherneuf, La Chênaie, Le Fournil, Saint-Maleu, Rouaudel). A partir de ce type principal, on peut distinguer quelques variantes : A la Deuve, Saint-Maleu, La Ville Guéneu (Fig. 23) affleurent des "rhyolites porphyriques". Ce sont des roches grises à verdâtres, parfois violacées, à passées phylliteuses sombres et à très nombreux phénocristaux de quartz et feldspaths millimétriques. Des rhyolites à faciès ignimbritiques sont observables à la Motte-du-Parc (Ouest de Troherneuf : Fig. 24). Ce sont des roches claires très siliceuses, à débit planaire bien marqué, dans lesquelles des fuseaux sombres évoquent les structures flammées des rhyolites ignimbritiques. En outre quelques phénocristaux, quartz volcanique, feldspaths, y sont identifiables. Les phénocristaux feldspathiques correspondent à des plagioclases albitiques, et à des feldspaths potassiques subautomorphes généralement maclés carlsbad, plus ou moins albitisés. Microscopiquement la mésostase est essentiellement quartzo-sériciteuse. La recristallisation est importante. De véritables structures de flammes (structures axiolithiques) n'ont toutefois pas été reconnues. Ces rhyolites à faciès ignimbritiques sont accompagnées par un faciès contenant des structures de dévitrification (sphérolites feldspathiques atteignant 1 mm). Au Nord-Ouest de la Deuve (Fig. 23) s'observent des faciès comparables mais plus altérés et plus tectonisés.

 

 

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Published by poudouvre
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