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25 juin 2016 6 25 /06 /juin /2016 12:25

 

 

 

 

L'Orthogneiss de Rouillac

 

 

 

A proximité du village de Rouillac, affleure un petit massif anciennement considéré comme constitué par une variété, gneissique (vjx) du granite à grain moyen de type Vire (yx) (Barrois, 1894 ; Barrois & Lebesconte, 1894). Il correspond en fait à un orthogneiss dont les caractères structuraux seront étudiés plus loin (3ème Partie, étude structurale). Ses limites cartographiques ne peuvent être tracées avec précision en raison du recouvrement par des limons et de l'importance de l'altération (ancienne sablière de Haut-Rouillac). Des affleurements temporaires ont cependant permis d'observer ce faciès sur plus d'une centaine de mètres à La Gomberdière et Haut-Rouillac (Fig. 28). Cette roche de grain moyen à fin, claire à brunâtre, présente selon les échantillons, une texture grenue porphyrique ou microgrenue. Les phénocristaux parfois centimétriques (Fig. 42), sont représentés par des feldspaths souvent altérés : feldspaths potassiques parfois perthitiques et plagioclases entièrement séricitisés. Le quartz est toujours présent en quantités importantes. Certains grains évoquent des quartz "volcaniques". La muscovite et la biotite déformées constituent des "passées" phylliteuses. La biotite est chloritisée (par altération météorique ou rétromorphose ?). On observe parfois des amas de petites chlorites. Comme minéraux accessoires l'apatite est accompagnée de zircon. L'association minérale observée : quartz + feldspaths + biotite + muscovite, est celle d'une roche granitique à deux micas, par la suite orthogneissifiée. Les relations entre l'orthogneiss de Rouillac et les formations sédimentaires dévoniennes ont été vues en deux localités. A La Gomberdière (Fig. 28A) comme au Nord de Champ du Puits (Fig. 28C), le contact avec les schistes dévoniens (à quartz, muscovite, chlorite, chloritoïde), est de nature tectonique. Aucun minéral caractéristique d'un quelconque thermométamorphisme ne s'observe dans le Dévonien, contrairement à l'interprétation de Barrois (1894, p. 223) et à la représentation cartographique de Barrois et Lebesconte (1894). Des volcanites basiques complètement altérées existent au Nord de Champ du Puits (Fig. 28C), mais leurs relations avec l'orthogneiss sont inconnues. Par contre à La Gomberdière (Fig. 28A), des diabases assez sombres à grain relativement fin, hachent littéralement l'orthogneiss. Leur texture est doléritique intersertale. Ces diabases présentent les mêmes caractères pétrographiques que celles de Touvra qui sont intrusives dans le Dévonien. Les teneurs (Tabl. 13 a-2, 13 b-2) en éléments majeurs (Si02' CaO, Fer total) comme les teneurs en Ti et Zr sont également comparables à celles des diabases de Touvra (Tabl. 13 a-13 b-3) ; dans le diagramme de Pearce (1975), l'ensemble de ces roches se place dans le champ des basaltes de rides océaniques. Les diabases situées dans le Dévonien (d2-3) Synclinorium de Châteaulin (Sagon, 1976) diffèrent par des teneurs plus faibles en TiCL, CaO, NaZO + KZO. Différentes hypothèses peuvent être envisagées en ce qui concerne la nature et l'âge de cet orthogneiss, tectoniquement isolé au sein du Paléozoîque. - Il pourrait s'agir d'un batholite à tendance microgranitique en liaison avec les manifestations volcaniques d'âge carbonifère inférieur (Groupe d'Eréac). L'existence de quartz à "cachet volcanique" et l'apparente importance de la matrice (peut-être d'origine tectonique) iraient en ce sens. - On pourrait également rapprocher ce "massif" des granitoîdes du Méné, dont les caractères pétrographiques et structuraux sont voisins (Carric IYI Chantraine & al., 1979, p. 20-23) et dont les âges radiométriques indiquent une mise en place à l'Ordovicien. Toutefois dans leur partie orientale, la plus proche de Rouillac, ces granitoïdes (Saint-Jacut-du-Méné et Lanrelas) contiennent en abondance de la hornblende verte, qui est absente dans l'orthogneiss de Rouillac. - Enfin cet orthogneiss pourrait représenter un élément du batholite cadomien (cf. granodiorite quartzique de Bécherel, et granodiorite de Bonnemain). Il n'existe pas actuellement d'argument décisif en faveur de l'une ou l'autre de ces hypothèses. Dans l'état actuel des connaissances on peut seulement retenir un âge anté-dévonien pour le matériel granitique et une orthogneissification lors des événements varisques.

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Published by poudouvre
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