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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 13:05

Vers la fin du règne de Henri II, roi d'Angleterre, et quelques mois après la mort de son second fils, Geoffroi, comte ou duc de Bretagne, la veuve de ce dernier, issue d'une race bretonne, mit au monde un fils que les Bretons nommèrent par acclamation Arthur. (Arthur, fils de Geofroi II et de Constance, duc et duchesse de Bretagne, naquit après la mort de son père, le dimanche ou le lundi de Pâques 1187, c'est-à-dire le 29 ou le 30 mars de cette année). Jaloux de la popularité précoce de son petit-fils, Henri força Constance à épouser Renouf, comte de Chester, l'un de ses officiers, qu'il créa duc de Bretagne. Mais le peuple chassa bientôt Renouf, et ne voulut reconnaître d'autre chef qu'Arthur, encore en bas âge. Ce second acte de volonté nationale attira sur le pays les armes de Richard, qui venait de succéder à Henri sur le trône d'Angleterre. Alors commencèrent les vicissitudes du jeune Arthur, qui, conduit par sa mère, s'isola de la Bretagne, et se plaça tantôt sous la tutelle intéressée de Philippe-Auguste, roi de France, tantôt sous- la protection de Richard, son parent. L'ambition de ces deux monarques était la même ; ils cherchaient à s'emparer des provinces dévouées à Arthur, et; pour y parvenir, ils se servaient de son nom. Quand Richard mourut (6 avril 1199), Jean-sans-Terre lui succéda, au préjudice d'Arthur, dont les droits avaient été antérieurement reconnus et consacrés. L'Angleterre, la Normandie et l'Aquitaine acceptèrent le nouveau souverain : mais l'Anjou, le Maine et la Touraine firent cause commune avec la Bretagne. Le chef apparent de cette ligue offensive était le jeune Arthur, et le chef réel Philippe-Auguste, son seigneur suzerain. Arthur s'aperçut bientôt que, sous prétexte de le défendre, Philippe ne songeait qu'à le dépouiller. Il s'enfuit de Paris ; mais, ne sachant quel parti prendre, il se livra au roi Jean, son oncle, qui lui fit beaucoup de caresses, et se disposait à l'emprisonner. Arthur s'enfuit encore, et revint au roi de France. Dans un traité conclu entre ces monarques, Arthur fut également sacrifié par tous les deux. Philippe, l'ayant gardé à sa cour, le faisait élever avec ses fils, et le ménageait pour le' cas possible d'une nouvelle rupture avec le roi Jean. Cette rupture éclata bientôt : à l'instant, Philippe reproduisit Arthur sur la scène politique, le maria avec sa fille Marie, âgée de cinq ans, le proclama comte. des Bretons, des Angevins, des Poitevins, et l'envoya à la tête d'une armée conquérir les villes du Poitou qui tenaient encore  pour le roi d'Angleterre. Arthur, plein de feu, de courage, courut  mettre le siège devant la ville de Mirebeau, à quelques lieues de Poitiers, où, par un hasard qui devint fatal aux assiégeants, la veuve de Henri II se trouvait alors renfermée. La ville opposa peu de résistance : mais Eléonore d'Aquitaine se retira dans le château, qui était très-fort, tandis qu'Arthur et les Poitevins occupaient la ville avec la plus grande sécurité. Tout à-coup le roi Jean paraît après une marche rapide, délivre sa mère, et fait prisonnier Arthur avec les principaux seigneurs de son parti. Arthur ne tarda pas à disparaître, sans qu'on ait jamais su positivement de quelle manière il avait péri : dans le nombre des versions qui se répandirent, voici la plus accréditée : Jean-sans-Terre renferma d'abord son neveu dans la prison de Falaise. Ayant résolu sa mort, il employa les présents et les séductions de tout genre pour se procurer un meurtrier. Comme on le savait capable d'immoler le bourreau après la victime, il n'en trouva pas. Alors il fit conduire le jeune prince à Rouen, où on le plaça dans une tour près de' la rivière : il se rendit par eau, la nuit, au pied de la tour, fit amener Arthur dans sa barque, lui passa plusieurs fois son épée au travers du corps, et le jeta ensuite dans le fleuve avec une grosse pierre au col. On assure que, malgré ces barbares précautions, le corps d'Arthur se retrouva dans le filet d'un pêcheur, et fut enterré, à l'insu de Jean, dans le prieuré de Notre-Dame-du-Pré. La mort d'Arthur, quelle qu'en eût été la cause, excita de grandes rumeurs en Bretagne : c'est à Philippe-Auguste que le peuple de cette province s'adressa pour en tirer vengeance. Jamais l'occasion ne s'était présentée plus belle : Philippe-Auguste accueillit, comme suzerain, la plainte des barons et des évêques bretons : il cita le roi d'Angleterre, son vassal pour la Nomandie, à comparaître devant la cour des hauts barons de France, qu'on commençait à nommer pairs. Le roi Jean, comme on le pense bien, ne comparut pas, et fut condamné. Toutes les terres qu'il tenait du royaume de France (c'était la formule du temps). furent déclarées forfaites, et les Bretons invites à prendre les armes pour assurer l'exécution de cette sentence, qui reçut bientôt sa sanction de la victoire et de l'assentiment des peuples. La Normandie, le Maine, l'Anjou, la Touraine, le Poitou passèrent sous l'autorité immédiate de la couronne de France : il ne resta que la Guyenne au monarque anglais.

 

 

 

 


La captivité d'Arthur Ier de Bretagne et son assassinat

(d'après illustration anglaise)
 

Don du château de Langeais à Robert de Vitré par Arthur 1er , duc de Bretagne. (Juin 1199)

.Ego Arturus, dux Britannie, cornes Andegavie et Richemundie, nolum facio omnibus qui présentes litteras inspexerint quod ego, de consilio domine Constancie matris mee et Willelmi de Rupibus senescalli mei et meorum fidelium, dedi Roberto de Vitreio consanguineo meo, pro fideli servitio suo et maximo labore quem pro me sustinuit in districto necessilalis articulo, castellum de Langés cum omnibus proventibus et pertinenciis suis, sicut unquam ipsum Ricardus rex Anglie melius et plenius dinoscitur habere, ab eodem Roberto, quamdiu vixerit, libere, integre et pacifice possidendum, donee ad sui voluntatem et beneplacitum aliud beneficium majus vel equivalens propter hoc a me sibi fuerit assignatum : ita tamen quod de predicti caste!li redditibus reddet annuatim Roberto de Perrunnaio centum libras, donec eidemv Roberto de Perrunnaio a me in alio beneficio équivalenti alibi sit provisum. Quod ut firmum et stabile perseveret, donum presens presentis scripti munimine confirmavi. Actum apud Cenomannis, anno Incarnati Verbi M°.X°. nonagesimo nono, mense Junio.

 

 

 

Sceaux de Geoffroy II de Bretagne (en haut à gauche) de Ranulf, comte de Chester (en haut à droite), et de Arthur Ier de Bretagne, fils de Geoffroy II

 

 

Arthur de Bretagne et son oncle Jean sans Terre

 

Cliché extrait du feuilleton the Devil's crown épisode 10

 

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Published by poudouvre
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