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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 14:04

 

 

 

Le Vannetais se divisait en deux parties : le Vannetais oriental ou Haut-Vannetais et le Vannetais occidental ou Bas-Vannetais. A la fin du Ve siècle, un prince gallo romain, Fusébius, gouvernait Vannes et le Vannetais oriental, pays bientôt occupé par les Francs ; quant au Vannetais occidental, il était alors aux mains des Bretons et de leur chef, le comte Waroc ou Guérech, ce qui lui faisait aussi donner le nom de Bro-Werech, pagus Gueroci. Au VIe siècle, Waroc s'empare de Vannes elle-même sur les Francs et succède à Fusébius sous le nom de Waroch ler. Sous les successeurs de ce prince, le Broërec, désigné le plus souvent sous le titre de Comté, continue de s'étendre peu à peu : d'où il convient, pour déterminer exactement les limites de ce comté, de préciser avant tout l'époque dont on veut parler. A l'origine, il couvre la portion du pays vannetais renfermée entre l'Ellée et la baie du Morbihan, non compris Vannes, mais y compris la presqu'île de Rhuis; sous Waroch Ier, la ville fait partie du Broërec et n'est reprise par les Francs qu'au VIIIe siècle; au IXe, tout le Vannetais oriental, pays disputé depuis trois cents ans, est définitivement au pouvoir des Bretons, après les conquêtes de Nominoë, et le Broërec a pour dernières limites la Cornouaille à l'ouest, la mer au sud, à l'est la Vilaine, au nord la Domnonée ou plutôt une vaste forêt, qui deviendra bientôt célèbre, dans les fastes de la chevalerie, sous le nom de Brocéliande, et qui occupait le centre de la péninsule armoricaine. Le reste de la Bretagne gagnait également vers l'est; avant même que le Vannetais oriental fût réuni au Broërec, les Bretons s'étaient avancés au nord jusqu'aux confins du diocèse de Rennes; après la mort de Nominoë, au IXe siècle, leur domination s'étend sur tout le pays qui constitua plus tard la province de Bretagne, et même au-delà pendant quelque temps. La topographie de la domination bretonne après la conquête du Haut-Vannetais, mais avant celle des comtés de Rennes et de Nantes, représente à peu près la topographie de la langue bretonne du IXe au XIIe siècle. En effet, la ligne de démarcation de cette langue, au IXe siècle, limite à l'est les évêchés de Dol et de Saint-Malo et coupe celui de Nantes en se dirigeant vers l'embouchure de la Loire à travers le doyenné de la Roche-Bernard; elle s'arrêta là, malgré les succès postérieurs des Bretons. A gauche de cette ligne, l'élément breton déborde de toutes parts l'élément romain dans la composition des noms de lieux, comme aussi dans les vocables des églises : on le reconnaît encore aujourd'hui, malgré les transformations opérées depuis cette époque; à droite, au contraire, persiste l'élément romain. Mais les invasions normandes du IXe et du Xe siècle ont pour résultat une nouvelle dépopulation de la province et le report vers l'ouest de cette ligne de séparation des langues. A partir du XIIe siècle, et jusqu'à nos jours, elle peut être tracée directement de l'embouchure de la Vilaine à la rivière de Châtelaudren, et de ce point à la mer ; elle sert alors de démarcation entre la basse et la haute Bretagne, autrement dit entre la Bretagne bretonnant et la Bretagne Gallo, pays différant entre eux non-seulement par la langue, mais aussi par le costume, par les moeurs et par le caractère.

 

 

Des anciennes subdivisions territoriales de la Vénétie.

 

 

 

 

 

Les chartes et les vies de saints fournissent peu d'indications sur les anciennes subdivisions territoriales de la Vénétie. En effet, les deux petits pagi de Rhuys et de Belz sont les seuls dont l'existence soit attestée dans l'histoire. Dans la seconde moitié du VIe siècle, saint Gildas, fuyant l'île de Bretagne en proie aux Saxons, était venu s'établir dans une ile vénète, située en face du pagus de Rhuys. Mais un peu plus tard, comme les populations. avides d'enseignements, ne permettaient plus au pieux exilé de tenir la lumière sous le boisseau, il dut se résoudre à passer sur le continent. Là, s'étant dirigé vers un ancien camp placé sur un monticule, en vue de la mer, il y fit bâtir un vaste monastère : («Veniens ad quoddam castrum. In monte Reuvisii, in prospectu maris situm, ibi potioris fabricæ construxit monasterium . » Ce récit de l'hagiographe nous fait connaître deux faits d'un haut intérêt : d'abord, l'existence d'un pages de Rhuys, dès le VIe siècle, et, en second lieu, la construction du grand monastère de Saint-Gildas sur l'emplacement même d'un castrum d'où la vue s'étendait sur l'Océan, et dont l'origine remontait sans doute aux Romains. En effet. si l'on veut bien se rappeler les paroles de César décrivant le combat naval où les Vénètes furent vaincus, on aura peine à ne pas croire, avec nous, que le tertre élevé (collis) d'où les légions et leur général contemplèrent la bataille (unde erat propinquus despectus in mare) ne soit précisément la colline de Rhuys, mons Reuvisii,sur laquelle saint Gildas fit élever son abbaye, en face de la mer (in prospectu maris). Au nord-ouest du pagus Reavisius , sur la rive droite du Morbihan, existait un autre petit pays dont l'un des anciens doyennés du diocèse de Vannes semble avoir reproduit l'antique circonscription.

 

 

 

Pagi Belz & Rhuys

 

 

 

 

Le pages de Belz, en breton Pou-Belz, comprenait dix-huit paroisses. Il était borné à l'ouest par la mer, depuis la pointe de Quiberon jusqu'à Port-Louis; au nord-ouest, par le Blavet; à l'est, par la rivière d'Auray, et il s'étendait, vers le nord, jusqu'aux limites des paroisses de Languidic, Landevant, Landau et Pluvigner. Une charte de 1029, où il est fait mention, pour la première fois, du pages de Belz, rapporte que le duc de Bretagne, Alain III, à l'occasion de. son mariage avec la fille d'Oudon de Chartres, -qu'Alain Caignard, comte de Cornouaille, avait enlevée pour lui, -consentit à restituer à ce dernier l'île de Guedel (ou de Belle-Ile-en-Mer) et le pays nommé Belz, dont il avait été dépouillé pendant sa minorité 3. Un peu plus tard, en 1037, Belz formait, a ce qu'il paraît, un fief assez important, car, dans l'acte de donation de l'île de Saint-Gutwal. faite à l'abbé Catwallon par le Normand Gurki, le nom de Guethenoc de Poubels se trouve inscrit parmi ceux de plusieurs témoins d'un rang très-élevé, tels que Robert de Vitré, Alain de Bieux,Le petit pagus de Belz est, au surplus, l'un des plus riches de la Bretagne en monuments et en souvenirs historiques. C'est, en effet, sur le territoire du Pom Belz qu'existait la capitale des Vénètes, dont de nombreux débris romains indiquent encore l'emplacement, et aux abords de laquelle se trouvent les dolmens et les menhirs les plus remarquables de la contrée. Un peu plus loin se dressent les pierres alignées de Carnac et d'Erdeven, dont on ignore l'origine. mais qui témoignent de l'antique importance du paysî A l'ouest de Locmariaker, en face de Belle-Ile (la Vindilis des anciens), s'étend la presqu'île de Keberoen ou Quiberon. Dans cette baie, dont l'aspect est si triste. deux fois, à dix-huit siècles de distance, la Hervé de Lohéac, Huelin d'Hennebont, marine du pays a été frappée d'un lamentable désastre‘. Que de luttes, pendant le moyen âge, sur ce littoral autrefois couvert de forêts” La tradition a perpétué le souvenir des combats homériques livrés contre les Normands, depuis l'embouchure de la Vilaine jusqu'à l'entrée du Blavet. Le nom des lieux illustrés par la résistance des Bretons s'est transmis d'âge en âge, jusqu'à nos jours; et, chose curieuse, on s’entretient encore, dans le Pou de Belz, du fameux chef de guerre Harmant, breton ou normand, on ne sait, mais dont la vaillance était, à ce qu'il paraît, incomparable". Les documents nous font défaut pour établir si les doyennés de Kemenet-Theboé, de Kemenet-Guingamp, de Porhouet, de Péaule, de Carentoir et les territoires de Vannes et de Bieux correspondaient ou non aux anciens pagi minores de l'époque gallo-romaine. Nous pouvons conjecturer seulement que le doyenné de Kemenet-Theboé, borné à l'ouest par l'Ellé, à l'est par le Blavet, devait, en raison de ces limites naturelles, former primitivement l'une des subdivisions de la cité des Vénètes.

 

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Published by poudouvre
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