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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 06:34

 

 

 

Montafilant par M. H. du Cleuziou. -Les ruines de ce château, situé à une demi lieue Nord de Corseul, couronnent d'une façon pittoresque un mamelon de figure ovoïde, entouré de vallons encaissés aux pentes abruptes où serpente un ruisseau qui vient former un étang vers le Nord-Est. Un isthme étroit reliait l'assiette du château aux coteaux voisins, et présente le seul point accessible pour pénétrer dans la forteresse. Rien n'égale la poétique mélancolie, la grâce un peu sauvage de cet agencement de collines onduleuses et de ravins escarpés qui enceignent le promontoire sur lequel se dressent encore les vieilles tours croulantes de Montafilant. vers la fin du XIIe siècle, le château, aujourd'hui en ruines, dont suit la description. Il devint le chef-lieu d'une seigneurie, apanage d'une branche puinée de cet illustre maison (voir La Maison de Dinan-Montafilan), qui, par ses alliances, le porta d'abord à la famille des barons de Laval ; par suite il fut réunis à la baronnie de la Hunaudaye. (Dupaz, Généalogie de Dinan et de Châteaubriant).Le château de Montafilant, qui occupait le sommet du mamelon, affectait la forme triangulaire, dans son plan général, avec un côté brisé vers l'angle Sud, ainsi qu'il va être expliqué plus bas. -La courtine faisant face au Nord présente encore les débris de trois tours cylindriques ; l'une à l'angle Nord-Ouest, la mieux conservée; la seconde placée au milieu à peu près de la muraille; c'est dans celle-là qu'il existe encore une petite chambre voûtée en pierres. La voûte en ogive, soutenue par des arcs-doubleaux épannelés et retombant sur des consoles ornées de masques humains, accuse le XIVe siècle ; la troisième tour occupait l'angle Nord-Est de la courtine : il n'en subsiste plus que des débris informes qui en marquent l'emplacement. La tour centrale Nord est remarquable par des meurtrières ou arbalestrières très-allongées et très-étroites, avec une ouverture circulaire au milieu. Les anciens bâtiments d'habitation étaient adossés à cette cour tine du Nord, à peu près dans l'emplacement qu'occupent aujourd'hui les maisons de la ferme comprise dans l'enceinte du château. Tout près de la courtine Ouest on voit un puits d'une profondeur considérable et d'un appareil de maçonnerie digne d'attention ; les parois intérieures sont formées de belles pierres de taille. M. de la Villebrunne, qui connaît le pays de Corseul et les ruines de Montafilant depuis son enfance, a donné à M. Delabigne Villeneuve de précieux renseignements sur la topographie de ces débris, qu'il a vus bien plus entiers et plus complets qu'ils ne sont aujourd'hui. Ainsi il assure qu'une porte existait auprès de la tour centrale du Nord ; que cette porte était environnée d'ouvrages extérieurs, formant une sorte de demi-lune; qu'en dehors de ces ouvrages, et s'étendant sur cette partie du mamelon qui, par une dépression graduée, va s'abaissant vers l'étang, il existait une seconde enceinte extérieure de fortifications, formant comme un préau semi-circulaire oblong, environné de murs, dont on retrouve çà et là les traces dans les fossés du domaine qui en occupe la place. On peut suivre dans toute sa longueur le déploiement de la courtine occidentale, à partir de l'angle qu'occupe la tour Nord Ouest où d'énormes pans de maçonnerie sont encore debout. Le peu d'épaisseur de ses murs la font regarder comme plus moderne que le reste du château ; chaque année il s'en écroule quel que partie, et bientôt elle se trouvera découronnée au niveau des autres tronçons de tours qui l'avoisinent. Au milieu de cette courtine de l'Ouest se voient les restes d'une autre tour, dont la base conique est assez bien conservée : on suit également très bien, de ce côté, les traces de la douve. La tour de l'angle Sud-Ouest est un monceau de décombres, mais son emplacement est visiblement reconnaissable. A partir de cette tour qui défendait l'accès principal de la place, la disposition actuelle est confuse ; elle a besoin des commentaires de M. de la Villebrunne pour être expliquée. On reconnaît facilement que l'entrée ou porte Chastelière devait être dans ce lieu : c'est le seul endroit où les coteaux opposés se rapprochent pour faciliter le passage et permettre l'établissement d'un pont levis. Le pont levis et les tours du portail devaient donc être là : mais il n'en reste plus traces. Le pont mobile a été remplacé par un ponceau à demeure, en maçonnerie, jeté sur le ravin ; quelques vestiges d'ouvrages avancés semblent indiqués par des bases ruinées de constructions qui revêtent la contrescarpe à l'opposite de l'entrée du pont. En dedans, du côté de la forteresse, une tour semble aussi avoir dû s'élever vers l'Est, un peu en arrière de la grosse tour Sud-Ouest, qui aurait ainsi formé la tête d'un ravelin protégeant la porte d'entrée. Les souvenirs de M. de la Villebrunne viennent, du reste, confirmer ces conjectures fournies par l'aspect du terrain. Il se rappelle avoir vu la grosse tour Sud-Ouest encore presque entière, et le mur d'enceinte suivant à partir de cette tour, une ligne brisée pour aller rejoindre la tour Sud-Est dont on supposait tout à l'heure l'existence. Vis-à-vis cette dernière tour, la muraille, changeant de direction, se brisait en angle presque droit, et c'est dans le front de cette petite courtine qu'était pratiqué le portail du château. De cette façon, il était protégé et par la tour Sud-Est, et par la grosse tour Sud-Ouest, et par la courtine dont la face bordait le flanc du passage donnant accès à la forteresse ; sans parler des ouvrages extérieurs qui sans doute couvraient le pont levis. Ainsi défendu par les fortifications de main d'homme et par les ravins qui l'entouraient de leurs profondeurs, Montafilant devait offrir, au moyen âge, une position militaire inexpugnable (voir Le château de Montafilan Le château de Montafilan en images). M. Delabigne-Villeneuve termine ses intéressantes communications en exprimant le regret de ne pouvoir, faute de notes assez complètes, entretenir la classe d'Archéologie des châteaux du Guildo près Plancoët (voir Le château du Guildo par Jean-Baptiste-François Delaporte - le château de Gilles de Bretagne au Guildo & l'abbaye de Saint Jacut de la Mer), et de Jugon, dont la position si importante, et si bien protégée par ses deux vastes étangs, avait donné naissance au vieux dicton national :

 

Qui a Bretagne sans Jugon

A chappe sans chapperon. 

 

(voir Le site qu'occupait le château de Jugon - Histoire de Jugon, page n° 1Histoire de Jugon, page n° 2 -  Histoire de Jugon, page n° 3 - Histoire de Jugon, page n° 4 : les guerres de la Ligue)

 

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Published by poudouvre
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