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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 14:33

 

 

 

Les genêts étaient d'or et dans Broceliande

L'iris bleu, ce joyau des sources, la lavande

Et la menthe embaumaient: c'était aux mois béni 

Où le hallier s'éveille à l'enfance des nids,

Et les pommiers neigeaient dans les bois frais et calmes.

Au pied d'un chêne énorme, entre les larges palmes

Des fougères d'Avril et les touffes de lys,

Viviane et Myrdhinn étaient dans l'ombre assis.


 


 

Svelte, un hennin brodé ceignant l'orfèvrerie

De ses longs cheveux roux et, la robe fleurie

Sur un fond vert de mer d'arabesques d'argent,

Elle avait l'air, charmante et la gorge émergeant

De la tunique ouverte et glissant des épaules,

D'une abeille posée au feuillage des saules

Et ses bras nus étaient chargés d'anneaux d'orfroi.

Auprès d'elle, envahi d'un lent et vague effroi

Et, ses vieux doigts posés sur les cheveux d'or fauve

De la dame, Myrdhinn inclinait son front chauve

Sur sa barbe argentée et se taisait


 


 

Dans la verie clairière, impassible témoin

De leurs amours, paissaient deux blanches haquenées.

Ils avaient fait la route a petites journées

Et d'Ys en Cornouaille, où la mer est d'azur,

Par la lande aux Heurs d'or et par le clair obscur

Des grands bois odorants, où le jour pleut et tremble

En traits bleus,depuis l'aube ils chevauchaient ensemble

Et l'instant de la halte était enfin venu.

Fée experte et savante au regard ingénu,

La dame, entre ses doigts faisant couler ses tresses,

Les ouvrit et, roulant en soyeuses caresses


 


 

Leur or lisse et fluide oint d'essence et de nard

Sur la barbe neigeuse et le cou du vieillard,

« M'aimez-vous, ô Myrdhinn, m'aimez-vous, puissant maître

Implora-t-elle, et lui, les yeux clos, sans paraître

L'écouter, lui tendit une fleur de glaïeul

Et les flots de sa barbe étaient comme un linceul

D'écume, où la parole était morte et raidie.

« Le hâte et l'air des bois m'ont-ils donc enlaidie

A ce point, qu'aujourd'hui, dédaigneux de me voir,

Vous refusiez, Myrdhinn, à mes yeux le miroir

De vos yeux, ces chers yeux emplis de mon image

Jadis ? et souriant tristement, le vieux sage

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Published by poudouvre
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