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3 août 2016 3 03 /08 /août /2016 05:25

 

La Hunaudaye par M. H. du Cleuziou. -C'est à la lisière d'un bois, au sud de la forêt du même nom, et près du petit village de Saint-Jean, dans la paroisse de Plédéliac, que se voient les restes de cette ancienne résidence baronnale. Aucun document historique ne parle de son existence antérieurement au XIIIe siècle ; on ne trouve même le nom de la Hunaudaye accollé à celui de Tournemine que dans les actes du XIVe siècle. Toutefois, si l'on s'en rapporte au père Dupaz, ce fut dans la première moitié du XIIIe siècle que l'un des premiers Tournemine jeta les fondements du château de la Hunaudaye. L'histoire de cette illustre famille est, pendant quatre siècles, celle du château, qui ne sortit de la branche aînée des Tournemine, au XVIe siècle, par le mariage de Françoise, fille de Georges Tournemine, avec Claude d'Annebaud, maréchal de France, que pour revenir, en 1572, à une branche puînée de cette antique race. La Hunaudaye passa ensuite, par alliances, en 1609, à la famille de la Motte du Vauclerc, puis à haut et puissant seigneur Sébastien, marquis de Rosmadec, baron de Molac, etc., gouverneur des ville et château de Dinan, dont une descendante porta cette baronnie dans la maison de Rieux. « Monsour Pierre de Tournemine » devait, en 1294, deux chevaliers à lost du duc de Bretagne, pour son fié de Penthevre.» (D. Morice, Pr., t. I, 1113.) C'est sans doute de la Hunaudaye qu'il s'agit ici ; en effet, cette seigneurie était située dans le comté de Penthièvre et en relevait féodalement. Ce renseignement peut faire apprécier l'importance du fief de la Hunaudaye, en l'assimilant à ceux de Montfort, de Gaël, de la Roche-Moysan, de Rostrenen, etc., qui devaient également deux chevaliers, à la même époque. Le duc François II érigea la Hunaudaye en grande baronnie, par lettres du 6 septembre 1487, en faveur de noble et puissant François Tournemine, chevalier, seigneur de la Hunaudaye, de Botloy, de Saffré, de Syon, de Corsept, Hommet, etc., lieutenant général pour le duc, ès eveschés de Saint-Malo et Saint-Brieuc. C'était, au compte du P. Dupaz, le seizième seigneur de la Hunaudaye. Le château de la Hunaudaye a la forme d'un pentagone assez régulier, flanqué de cinq tours, une à chaque angle. A la différence des deux châteaux précédemment décrits, il n'y a ici ni ouvrage extérieur, ni double bayle, ni donjon séparé du reste de la place. La porte d'entrée, à double pont-levis et à deux baies cintrées, une spacieuse pour les chevaux, l'autre étroite pour les gens de pied, ouvrait dans la courtine méridionale, près de la tour occupant l'angle S.-O. Les cinq tours sont uniformément construites en bel appareil et parfaitement cylindriques, couronnées encore en partie de leurs machicoulis, dont les galeries sont ornées extérieurement d'une série de dessins en ogives trilobées, sculptés dans la pierre, au-dessus des modillons qui en forment le support. L'écusson des Tournemine (écartelé d'or et d'azur) se remarque en plusieurs endroits, d'abord au-dessus de la porte d'entrée, inscrit sous un tribole, puis au sommet des deux plus hautes tours (celles de l'Est et du Sud-Ouest) ; là, il est incliné à la manière des sceaux des XIVe et XVe siècles (voy. les planches de D. Lobineau et de D. Morice), et timbré d'un casque à cimier et à volets flottants. Chaque tour renferme un escalier de granit pour monter aux trois étages, superposés et séparés par des planchers. Les portes sont ou cintrées, ou terminées à leur partie supérieure par un linteau dont les angles s'arrondissent en saillie interne. Les fenêtres à profondes embrasures, et munies de sièges latéraux en pierre, ont leurs baies en cintre surbaissé à l'intérieur des salles, carrées et étroites à l'extérieur ; dans les murs, épais de 3 mètres au moins, s'ouvrent, en outre, des arbalétrières en grand nombre. La forme octogone domine à l'intérieur des tours, sauf celle du S.-O., qui ne présente que sept pans ; on croirait, aux dessins arrondis en trèfle de ses créneaux, que cette tour est un peu plus ancienne qne les autres. Aucune, du reste, ne remonte à une date plus reculée que la fin du XVIe siècle, et la plupart ont sans doute été construites au commencement du XVe. La tour du N.-E., magnifique de conservation et accostée d'une tourelle qui contient l'escalier, offre des proportions un peu plus fortes que les autres, et pourrait bien avoir servi de donjon. On voit à chaque étage une cheminée de granit avec colonnettes assez bien traitées. Une porte ogivale voûtée donne accès à l'étage inférieur de la tour S.-E. qui servait de chapelle; un épais manteau de lierre la revêt du haut en bas. Elle se fait remarquer par une voûte en pierres et par ses ouvertures qui, simples meurtrières au dehors, dessinent au dedans une fenêtre d'église en plein cintre. Une assez curieuse particularité, c'est que les pieds droits de la porte ogivale dont on vient de parler , et la face intérieure des murs de la tour aux environs de cette porte, sont couverts de figurines grossièrement sculptées dans la pierre en faible relief, représentant des sujets pieux. Il serait intéressant d'examiner à loisir ces sculptures et d'en fixer l'époque. Outre les cinq tours déjà décrites, de grands et vastes corps de logis se reliaient aux murs de l'enceinte, formant de la tour 0. à la tour N.-E. un parallélogramme adossé à la courtine qui regardait l'occident. La partie des bâtiments la plus voisine du Nord avait été agrandie et faisait saillie vers la cour ; là étaient les logements du seigneur et de sa famille. Aux débris qui en subsistent, aux moulures et à l'ornementation qui les décorent, on reconnaît le XVIe siècle et le style de la renaissance. Vis-à-vis, adossées à la courtine de l'Est, existaient d'autres constructions, probablement les dépendances et les écuries du château. Le bayle tout entier n'est pas d'une immense étendue, puisque le diamètre mesure d'une tour à l'autre située à l'angle opposé, ne dépasse guère 35 mètres. C'est un motif de plus de penser que la construction de ce château, tel que nous en voyons les ruines, n'est pas antérieure au XVIe siècle. De larges fossés cernent complètement les murailles, et sont rendus plus profonds par un épaulement en terre décrivant une ellipse tout autour du château, et formant une sorte de seconde enceinte extérieure , mais sans aucun travail de défense. Un étang de peu d'étendue dort à quelques mètres de là vers le couchant : il est probable qu'autrefois, au moyen des eaux de ce réservoir, on pouvait inonder toute la partie basse du terrain vers le Midi et l'Orient. (voir  Le château de la Hunaudaye à Plédéliac et ses possesseurs, page n° 1- Le château de la Hunaudaye à Plédéliac et ses possesseurs, page n° 2 - Le château de La Hunaudaye en Plédéliac décrit par Alain Raison du Cleuziou  - Hunaudaye, Le Guildo, Boquen - le château de la Hunaudaye en images)

 

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Published by poudouvre
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