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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 18:37

 

 

Croix de Quenna à Sévignac

attribuée à Helène Picot de Limoëlan

avec détail des armoiries

 

Hélène Picot de Limoëlan, naquit le 30 juillet 1771. Avec sa sœur Renée elle accompagnait son père à la Fosse-Hingand et avait remis à celui-ci le courrier compromettant que l'inspecteur Lalligand trouva et qui fut cause de l'exécution du sieur de Limoëlan (voir histoire de Broons, page n° 15). Manifestement au moment où la police de Fouchet recherchait le dénommé Joseph Picot de Limoëlan, la dite Hélène se trouvait à Versailles avec sa mère et deux de ses sœurs. Le 29 nivôse, le citoyen Pile, commissaire de police de Versailles, éorivait au préfet Dubois à propos de cette dame : « Il existe à Versailles la citoyenne Picot Limoëlan, qui a deux fils, l'un établi à Nantes et l'autre, elle le croit mort, tué à la dernière guerre de la Vendée. Ses filles, soeurs dudit défunt, en ont porté le deuil. La mère, femme très honnête, idolâtre le Premier Consul. Quand il fait beau temps, elle va à Paris pour voir passer la revue du Quintidi. Elle ne parle qu'avec admiration du gouvernement actuel. Quant au fils que l'on soupçonne, sa mère le déteste et ne lui donnerait point asile. Pour remplir vos vues, demain, à la pointe du jour, nous y ferons une descente et une" visite très stricte. Je vous rendrai compte de ce qu'elle aura produit. » Cette visite fut opérée, en effet, le lendemain 30 nivôse, dès 6 heures et demie du matin. La garde nationale, la gendarmerie entourèrent la maison. Depuis quinze jours, d'ailleurs, sur l'ordre de Fouché, ce domicile était cerné et surveillé. Il n'y entrait, il n'en sortait personne sans qu'on n'en fût informé en haut lieu. Mais, aujourd'hui, la besogne était plus grave : il s'agissait de perquisitions et d'arrestations. Le commissaire Pile et son collègue Locard entrèrent, revêtus de leurs insignes, en compagnie des gendarmes, et ils inspectèrent tout, firent comparaître devant eux tous les hôtes du logis. Il y avait là madame de Limoëlan -une grande femme maigre, aux cheveux châtains grisonnants, au front « rond et ridé », aux yeux bleus, âgée de 56 ans, disait-elle -deux de ses filles, dont les noms ne sont pas indiqués, en outre plusieurs demoiselles de compagnie et domestiques, « mademoiselle Babute, mademoiselle Guibelin, mademoiselle Belleville, un domestique et sa femme et un enfant de 13 ans, la femme de chambre de ses filles » On s'étonnera peut-être de ce nombreux personnel réuni autour de trois femmes seules. On inspecta les papiers de la famille. On interpella madame de Limoëlan au sujet de ses fils. Elle déclara que, depuis plusieurs années, elle n'avait pas vu son fils Michel, maintenant domicilié à Nantes, que, depuis le 16 fructidor dernier, elle avait cessé de voir son fils Joseph-Pierre, parti à cette date pour Saint-Brieuc, et qu'elle ne conservait plus avec lui « aucune correspondance ni directement ni indirectement. », que, quant à son troisième fils Nicolas-Victor, il l'avait quittée depuis le 18 fructidor an V « pour obéir à la loi, étant inscrit sur la liste des émigrés ». Le procès-verbal fut clos et signé à la suite de ces réponses. On n'avait capturé personne. En aucune chambre, en aucune cave, en aucune cachette on n'avait pu découvrir le chevalier Joseph Picot de Limoëlan. Le premier pluviôse (21 janvier 1801), le commissaire Pile écrivait de Versailles au préfet de police : « J'ai l'honneur de vous faire passer le procès-verbal de perquisition faite chez la mère de Limoëlan. Vous y verrez que nous n'avons rien fait. La première fois que j'irai à Paris, je vous prierai de m'accorder deux minutes d'audience ; je vous dirai quelque chose que je ne peux vous écrire. » Le 3 pluviôse, madame de Limoëlan était arrêtée, conduite aux Madelonnettes. Le même jour, elle subissait l'interrogatoire de Dubois, « comme soupçonnée d'avoir donné retraite à l'un de ses fils prévenu d'émigration et d'assassinat consommé sur un grand nombre de citoyens par l'explosion de la Machine Infernale. Hélène Picot de Limoêlan à, laquelle on attribue la croix de Quenna en Sévignac mourut à Limoëlan le 28 août 1862 à 8 heures du matin (acte-ci dessous). Toute sa longue vie s'était passée à pratiquer la bienfaisance; aussi cette charitable personne avait-elle été surnommée la Mère des pauvres. 


 

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Published by poudouvre
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