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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 19:34

 

 

 

Marie-Thérèse Picot de Limoëlan,

madame Jean-Baptiste de Chappedelaine

 

 

Marie-Thérèse naquit à Nantes le 19 mars 1773. Troisième fille du seigneur et de la dame de Limoëlan, Marie-Thérèse résida principalement au château de Limoëlan à Sévignac. C'est en ce lieu que c'était réfugié un parent de la jeune femme : Jean-Baptiste de Chappedelaine dont le parrain n'était autre que Messire Michel-Alain Picot. Et malgré la différence d'âge -la jeune femme était plus âgée de huit ans le choix du jeune prétendant fut sans appel. A cette époque, comme depuis, les parents s'opposaient sagement aux emballements un peu fou de leurs enfants. Outre la grande différence d'âge des deux amoureux, outre la grande jeunesse du prétendant, Mme de Limoëlan ne pouvait consentir au mariage projeté sans exiger quelques garanties matérielles. Jean-Baptiste de Chappedelaine était originaire de la paroisse d'Illifault où sa famille possédait un modeste manoir du nom de Boslan. Une grande intimité régnait entre cette famille et celle des Picot. Et lorsqu'en 1781 naquit le jeune Jean-Baptiste, il eut comme parrain, l'ami de son père, Michel de Limoëlan. Il était fils de René-Anne-César de Chappedelaine, Chevalier, ancien officier de la Légion royale de Caïenne et de dame Anne-Mathurine Le Charpentier du Margat mariés à Illifault le 7 Juin 1773. Jean-Baptiste de Chappedelaine, suivant les traditions de sa famille, se destinait à la carrière des armes. La Révolution interrompit ses études et dès l'âge de 14 ans, à l'époque de la Terreur, il commença à chouannouer. A cette époque il vivait au château de Limoëlan où les excellents châtelains ses amis l'avaient accueilli quand il avait perdu son père et qui le traitaient comme leur propre enfant. Avec Joseph de Limoëlan il était à bonne école il partagea longtemps sa vie d'aventures et de dangers, jusqu'au jour où, l'âge étant venu, il fut incorporé à l'armée des Princes et nommé sous-lieutenant. Si les Picot de Limoëlan s'étaient montrés à son égard pleins d'affection, Chappedelaine leur avait voué une reconnaissance sans bornes et une affection bien réciproque. Ses préférences étaient allées tout naturellement à la belle Marie-Thérèse et comme cette dernière était son aînée de plusieurs années, elle l'aimait comme un frère. Chappedelaine cependant malgré sa jeunesse avait muri très vite, sa vie pleine de dangers en avait fait un homme à l'âge où d'autres sont encore sur les bancs du collège. L'admiration que lui inspirait Mademoiselle de Limoëlan s'était muée peu à peu en un tout autre sentiment qu'il n'avait pu cacher longtemps. De sorte qu'en 1798, âgé seulement de dix-sept ans, Chappedelaine n'avait pas hésité à demander la main de la belle jeune fille. A cette époque, les Picot de Limoëlan si riches avant la Révolution avaient vu tous les biens de leur père saisis et confisqués à la suite du jugement qui l'avait condamné à mort. Une partie des terres avait déjà été vendue et toutes devaient l'être, de sorte que la gêne avait remplacé la large aisance de jadis. Madame de Limoëlan et ses enfants s'efforçaient d'obtenir l'amnistie et rachetaient, quand ils ne pouvaient faire autrement, les propriétés vendues. Le jeune Chappedelaine était dans le même cas évidemment puisqu'il était considéré comme émigré. A cette époque, comme depuis, les parents s'opposaient sagement aux emballements un peu fou de leurs enfants. Outre la grande différence d'âge des deux amoureux, outre la grande jeunesse du prétendant, Mme de Limoëlan ne pouvait consentir au mariage projeté sans exiger quelques garanties matérielles….Puis ce courrier datée du 21 Juillet 1798, le voici « Monsieur et Cher Cousin, Ne sachant pas si vous êtes instruit de la mort de votre parent Chappedelaine qui était établi à la Nouvelle Angleterre, et ayant même des raisons de croire, vu l'éloignement où vous êtes que vous n'en avez pas été informé, je prends la liberté de vous le mander et en même temps de vous apprendre qu'il vous a fait son héritier. Quelqu'un m'ayant dit ici qu'il avait fait héritier un de ses parents du même nom et ne pouvant savoir au juste qui c'était j'ai fait venir une copie de son testament et quoiqu'il y ait bientôt quatre ans qu'il est décédé comme vous verrez par l'extrait que je vous envoie. Voici donc la traduction du testament qu'on m'a envoyé en anglais testament qu'on m'a envoyé en anglais « Que tous les hommes sachent par ces présentes que moi Julien-Joseph-Hiacinthe de Chappedelaine lègue par mon dernier testament à Jean-Baptiste-Marc-Michel de Chappedelaine fils légitime René Anne Marie César de Chappedelaine toutes mes possessions dans les Etats-Unis d'Amérique consistant dans mon cinquième de l'isle de Sapello mon quart dans celle de Jackel, mon quart dans celle'de Sainte Catherine, aussi mes cinq mille acres de terre dans la Compagnie de l'Ohio, mon moulin près Monistron dans l'état de New-Jersey, pour en jouir comme moy même sans pouvoir être troublé par mes parents dans cette jouissance. De plus je luy donne tout l'argent qui m'est du par la Société lequel sera employé en nègres comme aussi la dette que M. de Boisfeuillet me doit et en cas que le dit sieur Jean Baptiste Marc Michel de Chappedelaine vivant et résidant dans la paroisse de hillifou (sic) diocèse de dol en bretagne fut mort, je demande que mes ci-dessus mentionnées possessions iront à l'aîné de la branche de Chappedelaine d'Isle de Mayenne province du Mayne pour en jouir comme moi-même, déclarant leur laisser tout ce que la loi m'autorise à faire au sujet de toutes mes possessions réelles et personnelles. En témoignage de quoi j'ay signé ces présentes en présence des soussignés et j'y ai apposé le sceau de mes armes fait à l'isle de Sapello le 25 Octobre 1793 ». « signé Chappedelaine ». Période au cours de laquelle Joseph Picot de Limoëlan frère de la jeune femme se cachait afin d'échapper à la justice suite à l'attentat de la Machine Infernale. Il dépêcha un courrier à sa sœur Marie-Thérèse revenue à Limoëlan : « Ne t’alarme point de tout ce qu’on dira de moi. Ce seront faussetés. On me dira pris, tué ou noyé. ». Il charge d’ailleurs Marie-Thérèse d’embrasser Renée, sa jumelle. Incognito, Joseph rallie le château de Limoëlan où il se cache  derrière un panneau amovible  de la bibliothèque. Ces messieurs de Broons se doutent bien qu’il est revenu à Sévignac, ils y viennent souvent perquisitionner, mais parmi les autorités locales Georges-Mathurin Leclerc et  Monsieur Tirel ne sont ils pas d’anciens magistrats de l’ancienne seigneurie de Limoëlan. Premier avril 1802, Marie-Thérèse devenue madame de Chappedelaine prend avec son mari à bord du Richmond. Ils vont en Amérique recueillir un héritage providentiel. Ils sont accompagnés de deux de leurs domestiques : Victorine Aubin, jeune personne de Sévignac âgée de 19 ans et Pierre Jacques Renier, homme de confiance des Chappedelaine âgé de 35 ans. En réalité sous cette dernière identité se cachait l’homme de la machine infernale, Joseph Picot de Limoëlan. Jean-Baptiste de Chappedelaine devint Maire de Sévignac sous la Restauration, il devait s'éteindre le 13 avril 1840. De l'union de Marie-Thérèse et Jean-Baptiste de Chappedelaine naquirent six enfants :


 

-Marie-Thérèse de Chappedelaine, née à Savannah en Géorgie le 12 fructidor an X, elle fut fiancée à son cousin Michel Picot de Limoëlan, mais ce dernier étant mort en 1824, le mariage n’eut pas lieu,  Marie-Thérèse s’éteignit à Sévignac, au château de la Ville-es-Blancs.

 

-Hyacinthe de Chappedelaine, né à Limoëlan le 4 frimaire an XIII, ancien élève de polytechnique, il fut élevé au grade de lieutenant-colonel de génie. Son union avec Louise Le Deux fut sans postérité ; Hyacinthe de Chappedelaine mourut en 1861. Ci dessous les dessins des tombes de ses tantes Amélie et Hélène Picot de Limoëlan telle qu'elles devaient se présenter, et le dessin de sa propre tombe.

 

 

-Edouard  de Chappedelaine né à Limoëlan le 18 janvier 1808, devint officier de marine (voir la Béchardière à Sévignac)

 

-Alphonse de Chappedelaine, né à Limoëlan le 11 mars 1810,  officier d’Infanterie, Alphonse devint zouave pontifical, il épousa Louise d’Avoust. Marié à Louise-Adélaïde d'Avoust, il en eut trois filles : Louise, Alphonsine et Marie. Il mourut en 1884.

 

-Léonie de Chappedelaine, née le 31 mai 1812 à Limoëlan, Léonie épousa Henri de Carné-Trécesson, propriétaire de la Ville-es-Blancs (voir Les possesseurs de la Ville-es-Blancs en Sévignac, page n°5). Elle mourut en 1878.

 

-Louis de Chappedelaine -portrait ci dessous, né le 26 septembre 1815 à Limoëlan. Comme ses autres frères, Louis embrassa la carrière militaire et participa à la conquête de l’Algérie comme lieutenant au 8e bataillon des chasseurs d’Orléans.

 

 

Nous aurons l'occasion de revenir plus en détail sur la filiation de la famille de Chappedelaine. 

 

 

Marie-Thérèse Picot de Clorivière, madame de Chappedelaine s'éteignit au château de Limoëlan le 3 mars 1851 (acte ci-dessous)


 

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Published by poudouvre
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