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18 août 2016 4 18 /08 /août /2016 19:52

 

 

Le Vaurouault d'après la plume du vicomte Frotier de la Messelière et cliché d'après inventaire du patrimoine Côtes d'Armor.

 

 

...La plus imposante demeure du pays de Pléhérel est le château du Vaurouault, à l'extrémité sud de la paroisse. Pour s'y rendre on passe à la Ville-Chevalier, minuscule manoir-ferme possédé au XVIe siècle par les des Cognets. Renée des Cognets de la Villetréhen en hérita, en ligne collatérale, de Charles des Cognets, son parent, et le porta, vers le début du XVIIe siècle, à Jacques de Trémereuc, seigneur du Vaumaby, son époux. Françoise-Marguerite de Trémereuc, descendant au 4e degré de cette alliance, se maria successivement dans les familles de la Motte de la Ville-és-Comtes, en 1724, de Fontlebon, en 1727, et Urvoy de Closmadeuc, en 1740. Elle eut de sa seconde alliance Françoise de Fontlebon, dame de la Ville-Chevalier, mariée en 1752 à Jean-Augustin Mouësan comte de la Villirouét, dont le dernier descendant mâle en était encore possesseur ces dernières années. Le Vaurouault entra, dès la première moitié du XVe siècle, dans l'illustre famille de Gouyon-Matignon, et fut le partage de Jean, puiné de la maison de Beaucorps en Ptéboulle, mort en 1459. Pierre, son fils, épousa en 1453 Catherine de la Moussaye, fille de Roland, seigneur de Lorgeril en Hénanbihen, et d'Alix de Saint-Méloir. François Gouyon, leur petit fils, fit reconnaître, en 1528 et 1531, ses droits de prééminences dans les églises de Pléhérel et de Pléboulle et fut père de Lancelot, capitaine garde-côtes de Fréhel et Plévenon de 1577 à 1587. Jean, fils amé de Lancelot, fut sénéchal de Lamballe, mais mourut, des 1592, sans postérité. Un puiné continua la branche, son petit-fils épousa en 1629 Claude Visdelou, fille de Gilles, Sr de la Goublaye et de Françoise du Quellenec de Bienassis, dont nous avons dejà longuement parlé. Une Visdelou de la Villethéart épousa en 1726 Claude-Charles Gouyon, Sr du Vaurouault, qui fut l'un des principaux personnages de cette longue lignée page de la Grande Ecurie du Roi en 1712, capitaine au régiment de Piémont puis capitaine-général garde-côtes de Matignon, il prit part en cette qualité, en septembre 1758, à la célèbre affaire de Saint-Cast. Il mourut gouverneur de la Roche-Goyon, actuellement le fort La Latte, en Plévenon, en 1760. François-Louis-Auguste-Joseph, son fils, prit le titre de Marquis du Vaurouault et c'est à lui, croyons-nous, qu'est dû le grand corps de logis actuel de son ancienne demeure. Comme son père, il servit aux armées, lieutenant au régiment de Saintonge puis capitaine aux régiments Royal-dragons et de Bourbon. Obligé de s'émigrer à Jersey pendant la Terreur, il resta en rapports constants avec la côte bretonne, le Vaurouault fut saisi et vendu par la Nation, mais l'acquéreur pris par les Chouans, fut pendu et sa famille quitta cette demeure. Le Marquis du Vaurouault put recouvrer une partie de ses biens, dont son important château, mais mourut en 1809 à Guingamp, où habitait alors sa seconde femme. Son fils aîné, officier au régiment de Condé, fut arrêté comme émigré et fusillé à Saint-Brieuc, à la Croix de Santé, le 25 octobre 1799 ; un autre subit le même sort pour le même motif, a Paris, le jour du Vendredi saint 1809. La fille de ce dernier porta le Vaurouault, en 1823, dans la famille de la Motte-Rouge, dont un cadet le possède encore. Malheureusement, si le site est superbe, l'accès en est difficile pour les moyens de communication modernes, d'où l'abandon de ce beau grand manoir dans son val solitaire. A l'autre extrémité de la paroisse nous attirera le vieux bourg de Pléhérel, pittoresquement perche sur la falaise, face à la mer sauvage, avec sa vieille église à demi démolie dressant son campante au milieu du Champ des Morts (voir la vieille église de Fréhel et ses étranges croix mérovingiennes en Pays Breton (?). A gauche la chapelle Saint-Michel domine son îlot sur la côte d'Erquy, à droite la haute falaise du Cap et les landes de Fréhel. Un chemin vicinal nous conduit, vers l'Est, à Plévenon d'où nous gagnerons le phare et les roches du Cap Fréhel par delà l'anse magnifique des Sévignés se dresse, en face du promontoire, le château de la Latte (voir Le château de Fort La Latte à Plévenon), l'antique Roche-Goyon. (Extrait des notes laissées par le Vicomte M. Henri Frotier de la Messelière : au Pays de Lamballe publiées par la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord)

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Published by poudouvre
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