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19 septembre 2016 1 19 /09 /septembre /2016 16:29

Nous avons précédemment étudié la difficile succession du duc Conan III, et comment il aurait renié son fils Hoël, comte de Nantes, et aurait préféré voir lui succéder sa fille Berthe mariée successivement à Alain le Noir de la Maison de Penthièvre puis à Eudon de Porhoët. Si nous avons déjà eut l'occasion d'aborder un dossier consacré à la Maison de Penthièvre, et audit Alain le Noir, en revanche aucune note n'avait été laissée pour expliquer véritablement qui était Eudon II de Porhoët. Voici une filiation émise sur cette Maison de Porhoët.

 


 

Le célèbre Patru, dit, Tome 1, p. 273, que « les Rohan sont issus des anciens Rois de L'Armorique ; & à la p. 275, il ajoute que les Rohan ont toujours soutenu, avec autant de courage que de fermeté, la splendeur du nom de Rohan,&la gloire des Monarque magnanimes dont ils sont sortis ». Ces preuves sommaires de l'origine de la Maison de Rohan & de son illustration, dévoient avoir place dans un Dictionnaire telle que celui-ci. Nous allons maintenant en donner la filiation, prouvée, sans interruption, depuis Guethekoc, qui suit.

 

 

Guethenoc, Vicomte de Cháteautro en Porhoët, auteur de la Maison de Porhoët, dont est sortie celle de Rohan, jetta les premiers fondements d'un Château, sans le nommer, sur un terrain appartenant à l' Abbaye de Redon, que les Historiens de Bretagne ont depuis appelle le Château de Josselin, ce qui donne lieu de croire que ce Château, suivant un Cartulaire de l'Abbaye de Saint- Sauveur de Redon, fut fini par son fils Josselin. Le même Guethenoc fit une donation à l'Abbaye du Mont-Saint-Michel de quelques biens situés dans le Porhoët. La Charte, qui en fait mention, intitulée Carta de Porrohot, fut signée par sa femme Allarun, & par ses fils Josselin, qui suit, Mainguy & Tutgal. Il est nommé dans deux Chartes de l'Abbaye de Redon, l'une de l'an 1008, & l'autre de l'an 1021. Pour Mainguy & Tutgal, ses autres fils, on n'en connoít que les noms par la Charte de donation de l'Abbaye du Mont-Saint-Michel.


 

II. Josselin ou Gosselin, qualifie Vicomte de Bretagne dans une Charte de Ceoffroi Martel, Comte d'Anjou, en faveur de l'Abbaye de Saint-Nicolas d'Angers, antérieure à l'an 1048, confirma avec Conan II, Duc de Bretagne une donation faite à l'Abbaye de Redon la même année 1048, où il est qualifié Vicomte de Rennes. C'est lui qui fonda le Prieuré de Sainte-Croix du Château Josselin, en faveur de ladite Abbaye de Redon, avant l'an 1062 : il est dit dans la Charte ou Notice de cette fondation, que les bienfaits de son père & les siens envers le Monastère de Redon, sont les causes de l'augmentation de leur Royaume : Regnum ejus (Guetenoci) .... & regnum suum (Gosselìni) ... suisse multiplicatum .... (&) amplìficatum. II consentit, comme Seigneur suzerain, à une donation faite à l'Abbaye de Marmoutier avant l'an 1064, où il a la qualité de Vicomte de Rennes ; & dans une Charte de l'Abbaye de Saint-Florent de Saumur, en 1086, il est dit père du Vicomte Eudon. Il mourut en 1074, & fut inhumé auprès de Guethenoc, son père, en l'Abbaye de Redon. Ses enfans furent :


 

-Mainguy, Evêque de Vannes ;


 

-Roger ;


 

-Eudon, qui suit; tous les trois nommés dans la Charte de 1062 ;


 

-une fille, Religieuse en l'Abbaye de Saint-Georges.


 


 

III. Eudon I, Vicomte de Porhoet & de Rennes, qui suivit, en 1066, Guillaume, Duc de Normandie, à la conquête d'Angleterre, est nommé dans la Charte de fondation du Prieuré de Sainte-Croix de Josselin, faite par son père ; & il est dit fils de Josselin dans l'acte de confirmation de la fondation du Prieuré de Saint-Florent sous Dol, par Alain-Fergent, Duc de Bretagne, de l'année 1086. Cette charte bien authentique, ne doit pas être confondue avec celle du même Prince de l'an 1088, tirée de la Chambre des Comptes de Bretagne, laquelle autrefois a paru suspecte. II fit une fondation au Prieuré de Sainte- Croix en 1092, pour le repos de l'âme de sa première femme, nommée Anne qu Emme de Léon, qui y étoit enterrée, du consentement de Josselin, son fils aîné, & en présence de plusieurs Evêques & Abbés, & de ses Barons. Le nom de sa seconde femme est inconnu. De la première il eut :


 

1. -Josselin ou Gosselin, quelquefois nommé Jofto & Joscius, qui consentit à la donation faite par son père, au Prieuré de Sainte-Croix, du Château Josselin en 1091. Il fonda le Prieuré de Saint-Martin du Château Josselin en faveur de l'Abbaye de Marmoutier en 1105 ; fit une donation au même Prieuré en 1108; assista avec ses frères Guihenoc, Geoffroi & Alain, à la fondation faite, avant l'an 1124, au même Monastère, situé, dit le titre, à Porhoët, cest-à dire, au Château Josselin de Saint-Martin du Château Josselin, comme on le voit par une Lettre du Comte Eudes ou Eudon, son neveu, à Robert, Abbé de Marmoutier ;


 


 

2. -Guihenoc, nommé dans une Charte du Prieuré de Saint-Melin ;


 

3. -Geoffroi, qui suit ;


 

4. -Alain, Auteur de toute la Maison de Rohan, mentionnée en son rang ;


 

5. -une fille, mariée à Simon, Seigneur de la Roche-Bernard.


 

t du second lit :


 

-6 & 7. -Bernard & -Robert, mentionnés dans une Charte de l'Abbaye de Marmoutier de l'an 1118.


 

IV. Geoffroi, troisième fils d'Eudon I, & d'Anne ou Emme de Léon, sa première femme, est qualifié Vicomte du Château de Porhoët dans un accord que ses frères, Alain & Bernard, firent avec l'Abbé de Marmoutier, au sujet du mobilier que Josselin, leur aîné, lui avoit laissé. Etant tombé malade, en, 1118, il fit une donation à Saint-Martin de Josselin, en présence de son frère Alain, & de ses Barons. Dans un acte de fondation faite par ce dernier du Prieuré de la Noée , il y est dit frère da Vicomte Alain. Il fit une autre donation, vers le même temps, au Prieur de Saint-Martin de Josselin; assista, avec le même Alain, Conan III, Duc de Bretagne, un grand nombre d'Evêques, d'Abbés & de Noblesse, à une nouvelle consécration de l'Eglise de Redon, faite en 1127. Ces deux frères sont qualifiés Vicomtes de Porhoët dans l'acte qui en a été dressé. On le trouve encore nommé, avec Eudon, son fils, dans une Lettre de Donoal, Evêque d'Aleth (aujourd'hui Saint-Malo), donnée au Château Josselin l'an 1130, par laquelle ce Prélat confirme aux Moines de Marmoutier, c'est à-dire du Prieuré du Château Josselin, une donation de quelques biens situés à Miniac en Porhoët. Ce même Géoffroi donna aussi aux Moines de Notre-Dame, alias du Château Josselin en 1132, plusieurs coutumes, telles que le droit d'ost, le repas du Comte, &c- et qui fut confirmé, en 1153, par Eudon, son fils aîné. Il est encore nommé dans une Charte d'Alain la Zouche, son autre fils, en faveur des Chanoines de Lilleshult en Angleterre. II avoit assisté, en 1119, aux obsèques du Duc Alain-Fergent ; mourut en 1141 ; & laissa d'Havoise, son épouse :


 

1. -Eudon, qui suit ;


 

2. -Joscius ou Josthon, présent à la fondation de l'Abbaye de Lantenac ;


 

3. -Alain, tige de la Maison de Porhoët-de-la-Zouche en Angleterre ;


 

4. -Etienne, nommé dans une Charte de Marmoutier en 1164 ;


 

5. -Ámicie de Porhoet, mariée à Guillaume Ier, Seigneur de Monfort.


 


 

Eudon, II. du nom, Vicomte de Porhoet, fut aussi Comte de Bretagne, 8c épousa Berthe, fille du Duc Conan III, vers l'an 1148, veuve d'Alain le Noir, Comte de Richemont, dont elle avoit eu un fils, qui fut ensuite Duc de Bretagne sous le nom de Conan IV. De là vient que cet Eudon est nommé tantôt Vicomte de Porhoët, tantôt Comte de Bretagne ; mais seulement Eudon, avec son père, dans un titre de Marmoutier de l'an 1130. II écrivit, vers 1150, à Robert, Abbé de Marmoutier, pour l'engager à rachever le bâtiment de l'Eglise du Prieuré Saint-Martin du Château Josselin, commencé par le Vicomte Josselin, son oncle, en rassurant de ses bienfaits & de ceux d'Alain, Vicomte de Rohan, son autre oncle : il se qualifie Comte de Bretagne dans cette Lettre ; confirma, en 1153, du consentement de ses frères, la donation faite aux Moines de Saint-Martin du Château Josselin, par leur père, des droits d'ost, repas du Comte, &c. fonda, vers le même tems, l' Abbaye de Lantenac, aussi du consentement de ses frères ; se qualifie Comte dans ces deux derniers actes, & n'a que la qualité de Vicomte de Porhoet dans la Chronique de Normandie sous les années 1155 & 1157. Une Charte par lui donnée en 1164, apprend qu'il fit d'autres donations au Prieuré de Saint -Martin du Château Josselin, du consentement d'Alain de Rohan, son cousin : il y fait mention de son oncle Joscius ou Josselin, & s'y qualifie Comte de Bretagne. L'Histoire de cette Province, qui parle de lui fort au long, dit qu'il fut père d'un fils, aussi nommé Eudon ; & que la fille de celui-ci, appelée Mahaut, porta le Porhoet dans la Maison de Fougères en Bretagne. Eudon II de Porhoët eut aussi une fille : Aliénor de la Chéze. Celle-ci était femme de Alain III de Rohan, et son père, Eudon de Porhoët lui donna la moitié de la paroisse de Loudéac d'après un acte de 1226. Elle eut entre autres enfants, une fille prénommée Alips, femme de Etienne de Bréhant.


 


 

Les habitants de Rennes et des cantons environnants proclamèrent Eudon, vicomte de Porhoët, mari de Berthe, et tuteur de son beau-fils Conan, duc de Bretagne, tandis que Nantes et Quimper reconnaissaient Hoël comme leur souverain, malgré la tache de sa naissance (1148). Ce dernier était un prince incapable et dont ses partisans se lassèrent bientôt ; les Nantais, en 1150, l'expulsèrent de leur ville et se donnèrent à Geoffroi, comte d'Anjou et frère du roi d'Angleterre Henri II. Les conséquences de l'élection du comte d'Anjou furent fatales. Geoffroi étant venu à mourir (1158), le roi d'Angleterre, comme son héritier, réclama et obtint le comté de Nantes. Cependant il s'était élevé un autre prétendant à la couronne ducale, c'était Conan IV, le fils d'Alain-le-Noir comte de Richemont, et le pupille d'Eudon vicomte de Porhoët. Ce prince, soutenu par les principaux barons du duché, prit les armes contre son beau-père ; il perdit une bataille en 1154 et il fut contraint de chercher un refuge au-delà de la mer, au milieu de ses vassaux anglais du comté de Richemont. La politique intéressée de Henri II vint à son aide ; le roi d'Angleterre mit à sa disposition un corps considérable de troupes. Conan repassa en Bretagne, y rallia ses grands vassaux et alla assiéger Rennes. Quoique la place fût bien approvisionnée, le comte Eudon ne voulut pas laisser au temps le soin de forcer ses ennemis à la retraite ; il tenta de la délivrer en attaquant le camp des assiégés avec une grande vigueur. Le succès ne répondit point à son courage; il fut repoussé après un combat opiniâtre dans lequel il perdit presque toute son armée. La garnison de Rennes, n'ayant plus l'espoir d'être secourue, capitula au bout de quelques jours (1155). 

 

 

 

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Published by poudouvre
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