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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 06:27

Les principales seigneuries de Bretagne


 

Au XIe siècle, le centre du pays était couvert de forêts et beaucoup moins fertile que le littoral, ce qui a fait souvent comparer la Bretagne au crâne d'un moine, nu au sommet, garni de cheveux tout autour. Lors de la répartition des fiefs entre les principaux vassaux, les ducs ont été obligés pour ce motif de donner une grande étendue à ceux de la partie centrale, vu la mauvaise qualité du sol, la difficulté de le défricher, de le peupler, de le mettre en valeur. C'est ainsi que le vaste territoire appelé jusqu'au IXe siècle Poutrecoët (Pays à travers bois) ne comprit dans l'origine que trois fiefs : Gaël-Montfort, qui fut divisé dans la suite, -Malestroit, -et Porhoët ; cette dernière seigneurie avait été créée vers la fin du Xe siècle au profit du comte Guéthenoc ; Guéthenoc y construisit un château qui ne fut achevé que par son fils, Gozlin ou Josselin, et prit le nom de Châtel-Josselin, puis simplement Josselin.

 

 

 

En 1128, le comte de Porhoët partagea ses états entre ses deux fils, Alain et Eudon, en suivant à peu près le cours de l'Out; il donna Porhoët à l'aîné avec Josselin pour capitale, et Rohan au cadet avec Pontivy ; le fief de Rohan était plus étendu, mais aussi plus stérile que le premier. C'est ainsi encore que furent constituées les grandes mais peu fertiles seigneuries de Quémenet-Heboë, de Poher, de Gourin, de l'Argouët (Pays des bois).

 

 

 

Les fiefs de l'intérieur comprenaient donc de vastes territoires. Il en était autrement sur le littoral ; dans ces riches pays, les ducs conservèrent comme domaine proche un certain nombre de grandes châtellenies telles que Guérande, Vannes et Musillac, Ruis, Aurai, Hennebont, Carnoët et Quimperlé Concarneau, Quimper, Châteaulin, et ils curent soin de ne donner à leurs vassaux que des seigneuries relativement peu étendues : Donges, Pont-Château, la Roche-Bernard, dans le comté de Nantes; Rieux,dans le comté de Vannes ; Pont-l'Abbé, Quémenet, Crozon-Porzai, Le Faou, Daoulas, dans le comté de Cornouaille, etc. Au Nord, toutefois, l'on rencontre trois grands fiefs côtiers : le fief créé par l'archevêque Wicohen, -le comté de Penthièvre, - et celui de Léon; mais le premier a été très promptement divisé, en sorte qu'il ne resta plus que deux grandes seigneuries faisant exception au principe qui vient d'être posé ; et encore le comté de Léon n'est pas une exception, car il n'a pas été constitué par les ducs.

 

 

Pendant qu'Alain Barbe-Torte combattait les Normands, un guerrier, dit Even le Grand, les expulsa de l'évêché de Léon et se proclama, par droit de conquête, comte indépendant; il reconnut la suzeraineté du duc, mais il garda intact le fief qu'il avait conquis. -Le seul grand fief du littoral créé par l'autorité ducale est donc l'apanage de Penthièvre, nous avons vu dans quelles circonstances. Il convient de placer ici deux observations, contre deux erreurs généralement admises. On a souvent répété que les premiers seigneurs des grands fiefs étaient les puînés des anciennes dynasties comtales; mais cette prétention, absolument d«;nuée de preuves, semble avoir une origine assez récente. -De même, dans l'exposé des divisions féodales, il n'a pas été question des neuf baronnies de Bretagne, si souvent citées cependant par nos historiens. C'est que tous les seigneurs tenant immédiatement une terre du duc, et il y en avait un grand nombre, étaient barons, mais ce titre était attaché à la personne et non à la terre; quant aux neuf baronnies de Bretagne, opposées aux neuf évêchés, elles ont pour origine une légende inventée au XVe siècle, et ne prirent rang qu'en 1451 dans les institutions officielles.

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Published by poudouvre
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