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15 septembre 2016 4 15 /09 /septembre /2016 08:20

Territoire de la seigneurie.


 

Il était ordinairement divisé en trois parts inégales. Le seigneur se réservait la première, qui constituait son domaine proche, et qui comprenait, outre une étendue plus ou moins considérable de terres, certains biens d'une nature spéciale, tels que, étangs, rivières, moulins, forêts, carrières, etc.. La deuxième part formait les mouvances ou fiefs nobles; elle était concédée héréditairement aux vassaux nobles à charge d'hommage, de fidélité, de soumission à ta cour, c'est-à-dire au tribunal du seigneur, et d'aides féodales, c'est-à-dire de secours en argent dans certains cas particuliers, principalement quand le seigneur était armé chevalier, quand il se mariait ou mariait son héritier, quand il partait pour la croisade, ou était fait prisonnier. - L'inaccomplissement de ces charges ou un acte de félonie autorisait le seigneur à confisquer le fief. La troisième part constituait les censives ou tenues roturières, et était concédée héréditairement à des roturiers.

 

 

 


 

Tenanciers non-nobles.


 

-Les tenanciers roturiers étaient appelés ruslici, villani (habitants des villages), ou censarii (censiers) ; ils étaient, au XIe siècle, dans une situation bien supérieure à celle des serfs de la glèbe, qui n'existaient plus en Bretagne, mais que l'on retrouve encore en France jusqu'au XIVe siècle. Le serf de la glèbe était soumis au droit de suite : il ne pouvait quitter la terre à laquelle il était attaché, et y était ramené s'il cherchait à s'évader ; -au droit de main-morte: il ne pouvait transmettre sa tenue à ses héritiers (la coutume avait cependant fini par établir que le fils héritait de la tenue de son père quand il demeurait avec lui) ; - à la taille à merci : le seigneur pouvait exiger de lui, outre ses redevances fixes, des taxes extraordinaires ; -au droit de formariage : il ne pouvait se marier hors de la seigneurie, ni se faire prêtre sans la permission de son seigneur. Le tenancier roturier breton pouvait, au contraire, quitter la terre qu'il exploitait, l'aliéner, la transmettre à ses héritiers, se marier en payant seulement un léger droit au seigneur, entrer librement dans les Ordres, ester en justice, même contre son seigneur, et il ne lui devait que les redevances et les services limitativement fixés par la coutume ou par une convention. Ces redevances consistaient moins en argent qu'en blé, bestiaux, volailles, miel, etc. les services comprenaient les charrois, les corvées pour l'exploitation des terres du domaine proche du seigneur, le curage des fossés, le guet, la garde du château en cas de guerre, et le service militaire. Le service militaire, en effet, n'était pas le privilège exclusif de la noblesse; à côté des seigneurs fervêtus, maniant la lance et l'épée, avec leurs longs hauberts de mailles, leurs casques à nasal et leurs boucliers, se trouvaient les sujets roturiers, protégés par de simples jaques de cuir, et armés de vouges, d'arcs ou de faux. Les villains du Xe siècle proclamaient eux mêmes qu'ils jouissaient d'une condition libre des liens du servage; le Cartulaire de Redon contient une charte de 1050 environ, dans laquelle les tenanciers déclarent vouloir être conservés par l'abbé dans leur litterlê ancienne et lui faire à tout jamais le libre service qui constitue le service des villains. Telle était la condition des paysans en Bretagne, condition qui eût été excellente sans les guerres fréquentes qui dévastaient les campagnes et leur otaient toute sécurité. -Il faut noter cependant que l'on trouve jusqu'au XVe siècle des traces du servage de la glèbe dans une partie du comté de Léon; ce fait s'explique par l'origine de ce comté, et il prouve une fois de plus que tous les seigneurs n'avaient pas suivi l'exemple d'Alain Barbe-Torte. Les seigneurs et les paysans vivaient en bons termesv; ils étaient du même sang et ne connaissaient pas cette haine profonde qui divise toujours la race conquérante et la race conquise. Leurs relations étaient même souvent empreintes d'une sorte de familiarité et égayées par «les usages et des cérémonies à la fois féodales et populaires dont il faut maintenant dire quelques mots. 

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Published by poudouvre
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