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2 septembre 2016 5 02 /09 /septembre /2016 07:35

 

 

Armoiries de Guer ; d'Acigné ; de Montauban, de Rohan, de Rostrenen

 

Dans le principe, la châtellenie de Guer fut, croyons-nous, distincte de la seigneurie de Couédor. D'après une généalogie manuscrite, du XVIe siècle, insérée dans un aveu de la Porte Neuve, paroisse de Ricé, évêché de Quimper, propriété des de Guer, il est dit : « Guer est une ancienne châtellenie sortie de la maison de Malestroit, qui fut donnée en apanage à un cadet de cette maison, lequel prit le nom de Guer et porta les armes des Malestroit avec brisure en signe de puiné. Cette seigneurie est placée dans l'évêché de Saint-Malo, à huit lieues de Rennes ; son antiquité est fort considérable, quantité de manoirs nobles en relèvent; on tient même comme prouvé qu'il y en a quatre-vingt-dix-neuf!.... Elle a été possédée par les seigneurs d'Acigné ; actuellement elle a comme propriétaire le seigneur du Bordage (de Montbourcher), mais le nom de « Guer » a été conservé par le seigneur de la Porte-Neuve. » D'après ce qu'on vient de lire on reconnaîtra que la seigneurie de Guer était très importante, mais eut-elle jamais un chef-lieu ou siège dans la ville même ?… Il nous est impossible de répondre à cette question. Généralement toute seigneurie, un peu importante, avait pour siège une maison, manoir ou château. Ainsi, près de Guer, la châtellenie de Comblessac avait, primitivement, pour siège le château de Primeville qui existait du temps de Saint-Melaine ; puis plus tard le château des Salles dont les ruines se voyaient encore en 1744. Pour Guer on ne retrouve rien ; la tradition est muette sur ce sujet. Cependant si les de Guer ont habité la ville dont ils ont porté le nom il faut croire qu'ils y avaient une demeure féodale mais, encore une fois, rien de précis à ce sujet. A une époque très reculée, mais indéterminée, peut-être au moment ou les de Guer quittèrent le pays pour aller s'établir à Broons, il est même possible qu'ils vendirent Guer aux Montauban, avant de quitter leur ville patronymique, c'est-à-dire au commencement du XIIIe siècle. Alors les seigneuries de Guer et de Couédor furent unies, si bien, que dans les aveux, jusqu'en 1509, il n'est question que de Couédor. Si Guer n'eut pas été uni à Couédor on trouverait, à la Cour des Comptes, des aveux rendus seulement pour Guer, seigneurie très importante relevant directement du roi. En outre, pour preuve que les d'Acigné devinrent seigneurs de Guer par les Rostrenen, nous avons un aveu rendu à « la dame d'Acigné » (qui n'est autre que Béatrix de Rostrenen) « à cause de sa seigneurie de Guer », le 5 juin 1450, par Jehan Ugues, sieur de la Ville-Hue, pour son bébrégement, maisons, bois, vignes de la Ville-Hue : ce qui nous confirme dans l'opinion que nous avons, à savoir que Guer fut la propriété des Montauban ainsi que Couédor et passa dans la suite aux Rohan, puis Rostrenen, comme nous l'avons dit pour Couédor. Enfin les procès-verbaux des réformations ne parlent ni de Guer ni des seigneurs de Guer. Ils en auraient sûrement parlé si Guer eut été une seigneurie distincte de Couédor. En 1513, parmi les exempts, il y avait trois sergents receveurs : celui de Ploërmel, Couédor et Peillac ; de Guer il n'en est pas question. L'aveu du 4 juin 1501, rendu à la mort de Béatrix de Rostrenen, dite dame de Couédor, de la Chesnaye et de Cordemays, ne parle que de Couédor. Dans l'aveu du 13 mai 1509 Jean d'Acigné est dit : sire d'Acigné et de Fontenay, baron de Goëtmen, vicomte de Loyat et de Tonquédec, enfin seigneur de Guer ; il rend hommage pour Couédor et Guer. Comme nous l'avons vu déjà, dans l'aveu de 1464, Couédor était le centre de la châtellenie de Guer ainsi que de la terre de Launay. Dans tous ces aveux les devoirs, droits et propriétés sont à peu près les mêmes. On peut donc conclure que Guer et Couédor étaient unis féodalement. Pourtant à partir de 1509 il y a une distinction entre Guer et Couédor, mais nous n'en connaissons pas la raison. En 1660, quand les de Marnière devinrent propriétaires de Couédor et de Guer ils prirent le nom « de Marnière de Guer » ; ils voulurent aussi en faire une seigneurie plus grande. Par lettres royales de mars 1678 le Bois-Glé fut incorporé à la châtellenie de Guer ; puis, dans la même année, vinrent s'ajouter Kerbiguet, la Hidouze, le Langouet et l'Abbaye Jarno. De plus, dès 1665, Julien de Marnière avait retiré à sa mère (Marie Maingard, veuve de Julien de Marnière ) la terre de la Lohière acquise par elle de François d'Avaugour. En 1677 il avait acheté le fief et châtellenie de Peillac qui appartenaient alors à Isaac Huchet, seigneur de Cintré. Enfin il y ajouta la seigneurie de Brambéat, possédée depuis longtemps déjà par les de Marnière, annexion qui se fit en 1769. de Marnière reconstruisit alors le manoir de Coëtbo pour en faire le siège de sa seigneurie de Guer ; c'est aussi à ce moment qu'il se qualifia « marquis de Guer ». Remarquons, en passant, que nous ne trouvons aucune trace de l'érection de la terre de Guer en marquisat, tout au moins dans les formes ordinaires. Il ne faut donc pas confondre les marquis de Guer avec les marquis de Guer de Pontcallec en Berné, terre qui fut érigée en marquisat, en faveur d'Alain de Guer, par lettres patentes de juin 1657, enregistrées au Parlement de Paris le 31 mars 1666.


 

Les de Guer (branche aînée).


 

-Les de Guer sont-il issus des de Malestroit ? nous ne le croyons pas ; mais comme pour presque toutes les familles de très ancienne extraction, nous en ignorons l'origine : Il est probable cependant qu'ils sont sortis des machtyernes ou premiers chefs de cette paroisse. Sur les de Guer primitifs nous n'avons rencontré qu'un nom : « Hamon de Guer» ; celui-ci était seigneur principal de la paroisse de Broons, au diocèse de Saint-Malo. En 1231 Hamon de Guer fît accord, avec Geoffroy, évêque de Saint-Malo, au sujet des dîmes de Broons. L'évêque de Saint-Malo ainsi que son chapitre prétendaient que ces dîmes leur appartenaient. Hamon de Québriac leur en avait disputé la propriété ; cette contestation qui dura longtemps finit par une transaction entre l'évêque et Hamon de Guer qui était devenu probablement le successeur de Hamon de Québriac. Ogée nous dit aussi que le même prélat transigea en 1237 avec Rolland de Plouren pour le patronage de l'église de Broons. Remarquons ici la rencontre de Hamon de Québriac avec Hamon de Guer dans la paroisse de Broons. N'oublions pas non plus que les de Québriac avaient des terres en la paroisse de Guer.


 

2e branche.

 

 

 

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Tronchâteau en Cléguer


 

-La branche des de Guer que nous trouvons dans les environs de Pontivy, que nous supposons être une branche cadette, serait, nous le croyons volontiers, la branche qui aurait pris les armes des de Malestroit avec brisure. Il est évident que pour cela il faut nous en rapporter uniquement à la généalogie du XVIe siècle dont nous avons parlé et que nous voulons croire exacte et sérieuse et non pas fantaisiste. Il est certain que les de Malestroit avaient de nombreuses possessions dans le pays de Pontivy. Ils étaient propriétaires du manoir de Tronchâteau en Cléguer. Au sujet de cette famille voici ce que dit le devisaire de Bretagne : La devise des de Malestroit est : Que numerat nummos, non malestricta domus. (Une maison qui compte de l'argent n'est pas mal administrée). Cette devise est équivoque au nom de Malestroit, par le mot latin « malestricta ». Elle a pour corps les besants (monnaie sarrasine) des armoiries. Malgré son apparence bourgeoise, elle est d'origine essentiellement noble, et vient aux Malestroit de la possession du fief de Pontcallec et d'une coutume existant pour cette châtellenie. En effet, s'écartant un peu des lois sur l'hérédité des fiefs, dont l'assise du comte Geoffroi avait posé les bases, les Pontcallec pouvaient partager leurs cadets en argent. » Chose curieuse nous trouvons, en Guern, Guillaume de Guer au manoir Kériec à la réformation de 1427. En 1448 Guillaume de Guern « au manoir de Tréguenez. » Dans la paroisse de Cléguer on les trouve seigneurs de Tronchâteau. L'Armoriai de M. de Courcy (édition de 1848) nous dit : Guillaume de Guer, premier du nom, vivait vers 1300 ; puis, dans la dernière édition, il ajoute : Guillaume épousera en 1445 Catherine Morillon, dame de la Porte-Neuve en la paroisse de Ricé. Dom Morice (dans les Preuves) nous apprend que Guillaume de Guer parut à la montre de 1382. A une montre du 1er juillet 1383 il figure comme écuyer avec 34 hommes d'armes de sa compagnie. Le 13 juillet 1396 il rend hommage au duc, parmi les nobles, dans le pays de Pontivy, -avec Typhaine, sa fille. Typhaine était fille aînée, héritière principale de Guillaume de Guer, lequel avait pour épousé  Harriette de Kerninel. Typhaine épousa Jean d'Acigné, seigneur du dit lieu, vicomte de Loyat, dont les descendants devinrent seigneurs de Guer et Couédor. Cette famille finit en quenouille comme le dit la note insérée dans la demande de l'érection en marquisat de la terre de Pontcallec, par Allain de Guer, en 1657. Ajoutons pour terminer que Guillaume de Guer, en 1418, accompagna le Duc de Bretagne dans le voyage qu'il fit en France. Il reçut aussi l'ordre de s'armer avec les nobles du territoire de Redon en 1424 défaillant » aux montres de 1464 et 1477, avec 40 livres de revenu en 1464, et 10 livres en 1477.


 

3e branche dite: de Guer de Pontcallec.

 

 

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Pontcallec en Berné


 

-Elle a commencé avec Guillaume de Guer, fils puiné de Guillaume, qui épousa, en 1445, Catherine Morillon, dame de la Porte-Neuve, paroisse de Ricé, évêché de Quimper. Charles épousa en 1598 Marie Papin, dame de Pontcallec, en la paroisse de Berné, siège d'une importante seigneurie détachée, au commencement du XIIIe siècle, du grand fief d'Hennebont, comprenant alors les paroisses de Berné, Inguiniel, Bubry, Quislinic, Lanvaudan, Calan, Clégilèr, les deux tiers de Plouay, une partie de Caudan, de Saint-Caradec, plus un tiers du vieux château d'Hennebont. Ces biens furent apportés en mariage, par Alix d'Hennebont, à Olivier, baron de Lanvaux. Ce dernier perdit ces biens, en 1238, par sa révolte contre le duc Jean Ier. Ils entrèrent alors dans le domaine ducal. En 1332 le duc Jean III donna la châtellenie de Pontcallec avec toutes les dépendances désignées ci-dessus à Jean de Derval. (Pr., I, 1359). Mais pendant la guerre de succession, Jean de Montfort la lui retira pour la céder, en 1345, à Jeanne de Belleville, dame de Clisson ; de son côté, Charles de Blois en gratifia Jean de Beaumanoir, le héros de Mi-Voie. (Ib., 1452, 1494, 1508). Plus tard cette seigneurie échut à Hervé Ier de Malestroit, par son mariage avec Tiphaine de la Motte qui mourut en 1410. Elle passa ensuite à leurs descendants : Henri II, Jean Ier, Jean II, Louis Ier et Louis II de Malestroit. A la mort de ce dernier, vers 1572, cette succession fut recueillie par son beau-frère René (David) Papin, seigneur de la Tévinière. Peu après, en 1591, le château de Pontcallec fut pris par les troupes du duc de Mercoeur qui le fortifièrent et y mirent garnison, ce qui n'empêcha pas les royaux de le prendre et de le garder jusqu'à la paix. Charles de Guer, seigneur de la Porte-Neuve, ayant épousé Marie Papin en 1598, recueillit le domaine de Pontcallec et le transmit à son fils Olivier, puis à son petit-fils Alain. Celui-ci obtint, en 1657, l'érection de sa terre en marquisat et eut pour successeur, en 1700, son petit-fils Clément Chrysogone qui fut décapité à Nantes, le 26 mars 1720, avec trois autres gentilshommes, pour avoir trempé dans la conspiration de Cellamare. Nous devons dire que le jeune marquis de Pontcallec avait pour but de protester contre l'administration du Régent qui violait sans scrupule les libertés et franchises de la province. Il était fils aîné et héritier principal de Charles-René, capitaine de cavalerie, et de Bonne-Louise Le Voyer. Déclaré majeur en 1698 il avait servi dans les mousquetaires du roi. Il mourut sans alliance ; une de ses soeurs avait épousé Hyacinthe de Cosnoal de Saint-Georges, sieur de Lieuzel, en Pleucadeuc. Son frère n'eut qu'un fils, d'Angélique Le Voyer, Armand-Corentin de Guer, marquis de Pontcallec et de Marigny. Il mourut sans postérité, à Paris, le 29 octobre 1797, laissant sa fortune à son filleul Armand-Corentin de Bruc qui prit le nom de marquis de Guer de Malestroit. Ainsi finit l'antique et distinguée famille de Guer. En terminant remarquons que Guillaume de Guer, sieur de la Porte-Neuve, est dit avoir abandonné les armes des de Malestroit pour prendre les suivantes : « D'azur à sept macles d'or, 3, 3, 1 qui est le Sénéchal, au franc canton d'argent fretté de huit pièces de gueules. Devise : sine, masculis. ». Extrait de L'Ancienne paroisse de Guer, par l'abbé Le Claire

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Published by poudouvre
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