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10 septembre 2016 6 10 /09 /septembre /2016 13:13

 

 

La cour d'Edward III


 

Cinq ans après la naissance de Clisson, arriva cet événement qui devait marquer la carrière militaire du grand chevalier, celui qui allait être tour à tour désigné le boucher et enfin le connétable de France et le vachet. C'est la guerre de Succession de Bretagne qui a tant marqué de son emprunte l'histoire de notre Bretagne. La mère du chevalier, Blanche de Belleville, d'origine poitevine, avait d'abord épousé le sire Geoffroy de Châteaubriant dont elle devint veuve l'an 1328. Ainsi que nous l'avons abordé dans un précédent article (voir Mariages à la cour de Bretagne par G. Mollat), la jeune femme fut convoitée par le père de Jeanne de Penthièvre, ce dernier étant devenu veuf de Jeanne d'Avaugour. L'union entre la noble dame et le prince breton n'eut point lieu, et c'est ainsi qu'en 1330 Blanche de Belleville épousait Olivier III de Clisson, père de notre héros ainsi que quatre autres enfants. Mais comme nous l'avons vu au précédent article, ce malheureux fut convié par le roi de France à un participer à un tournoi, et, le moment venu, le roide France le fit décapité pour trahison, après qu'il se fut rallié aux troupes anglaises et défendu la cause du camp Montfort. Une nouvelle fois veuve, celle que l'on nommait la Tigresse bretonne épousa alors sir John Harpedanne et enfin, en 1349, sa cinquième union fut avec Walter de Bentley. Clisson, fut élevé à la cour de Londres et dans les châteaux de son oncle Amaury, ou de son beau-père, Walter de Bentley. Clison, jeune adolescent était déjà le grand seigneur fier et dédaigneux, ayant un peu de la raideur et de la morgue britanniques. Riche et honoré pendant sa jeunesse, il n'éprouva jamais les gênes de la pauvreté et n'eut guère l'occasion de se mêler aux humbles et aux petites gens. Son langage même, quoiqu'empreint d'une rudesse hautaine, devait être celui d'un homme de cour et d'un personnage de haut rang. Le jeune Jean de Montfort, avait trois ans de moins que Clisson, et lui-même connu les premières années de sa jeunesse, là-bas à Londres. Au contraire, on pouvait prévoir que clans la suite Clisson et le comte de Montfort ne conserveraient pas entre eux leurs bonnes relations. La cour d'Edouard était alors la plus fastueuse de l'Europe : Olivier y avait tenu une aussi grande place que le comte de Montfort, alors sans duché et perdu clans la foule clés jeunes seigneurs. Clisson, par son extérieur et ses qualités brillantes, était plus remarqué que ce prétendant bilieux et taciturne. Plus tard, lorsque grâce aux Anglais, Jean IV eut ceint la couronne ducale, Clisson devait être disposé à voir en lui, moins un suzerain qu'un ancien compagnon d'enfance, presque un égal. Or, Jean IV était un homme ombrageux et très jaloux de son autorité; Olivier de son côté avait une très haute idée de lui-même, de sa noblesse et de sa valeur personnelle. Une rupture entre ces deux hommes était donc à craindre. C'est le 3 juillet 1361 à Woodstock Palace, que le jeune Jean de Montfort prit pour épouse lady Mary of Waltham, la propre fille du Roi d'Angleterre, Edward III. Le manteau de la jeune mariée devait être très long, car il avait nécessité sept morceaux de tissu pour le réaliser. Ce présent du roi de France était bordée de 600 minivers garnis, et de 40 hermines. Hélas l'union des deux jeunes gens se solda par la mort de Lady Mary, quelque temps avant le 13 Septembre 1361, sans qu'elle n'ait jamais mis les pieds en Bretagne. Elle était âgée de 18 ans et serait morte de cette maladie léthargique dont elle ne se réveilla jamais. Le 13 septembre 1386, Montfort prit pour deuxième épouse, celle qui était considérée comme la femme la plus belle d'Angleterre : Lady Joan Holland, la petite-fille du fameux prince-Noir. Manifestement la nouvelle femme de celui qui allait devenir duc sous le nom de Jean IV de Bretagne ne laissa pas indifférent Clisson ; ils seraient devenus amant et maîtresse, et c'est probablement dès cette époque que les deux gentilhommes bretons commencèrent à se méfier l'un de l'autre. En ce temps où les alliances allaient au gré des besoins, il semblerait que ce fut Charles le Mauvais roi de Navarre qui aurait lancé cette rumeur, contre son ancien allié Clisson devenu le vachet aux yeux du souverain Ibérique...

 

 

Un mariage à la Cour d'Angleterre au XIVe siècle.

 

 

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Published by poudouvre
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