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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 06:35

 

La bataille de Hennebont fut cause de la perte du comte de Montfort l'an 1345, ce 26 septembre. Ce n'est que 17 ans après avoir perdu son père, que le jeune Montfort alors âgé de 22 ans, fut autorisé par Edward III à quitter Londres et à gagner la Bretagne. Olivier de Clisson, alors âgé de 27 ans, quitta sa jeune femme et accourut sous les étendards de son ami d'enfance. Il marchait de pair avec les plus grands seigneurs, ayant droit à ce rang par sa noblesse, sa fortune, ses alliances et ses relations d'amitié avec le comte de Montfort et le roi d'Angleterre. Aussi les historiens le citent-ils déjà parmi les chefs, avec les Tanneguy du Châtel, les Robert Knolle et les Jean Chandos. Les deux armées se trouvèrent en présence devant Bécherel : mais le terrain ne se prêtant pas à une belle bataille, on décida que la rencontre aurait lieu sur les landes d'Evran ; les chevaliers des deux armées pourraient plus aisément y faire « prouesses et appertises d'armes » La victoire de Cocherel avait rétabli les affaires des Français en Normandie : Charles V, qui n'avait voulu que gagner du temps, répondit aux conditions proposées par Montfort en donnant l'ordre à du Guesclin de se diriger en toute hâte vers la Bretagne. Il s'imaginait que le vainqueur de Cocherel trancherait d'un coup d'épée l'interminable différend, dont souffraient les Bretons. Il se méprenait à ce moment sur la valeur réelle des troupes françaises, et oubliait qu'on n'avait pas encore vaincu les véritables armées anglaises et les meilleurs généraux d'Edouard III. Du Guesclin, Charles de Blois et les nombreux contingents de l'armée française, grossis par les troupes des grands seigneurs bretons, se dirigèrent en toute hâte vers Auray. Bien que le comte de Montfort eût fait venir Chandos, Knolle, Caverlé et toutes les troupes que pouvait débarquer la flotte anglaise, il n'avait guère que trois mille hommes à opposer aux quatre ou cinq mille soldats de du Guesclin. Il avait encore à craindre d'être écrasé entre les murailles d'Auray et l'armée ennemie. Aussi Chandos ramena-t-il les troupes assiégeantes à deux ou trois kilomètres au nord de la ville, dans une position qui était très forte, surtout du côté du levant, par où devait arriver l'armée française. Au bas de pentes abruptes, qu'occupaient les Anglais, s'étendait une plaine marécageuse sillonnée par un cours d'eau. Des collines boisées s'élevaient de l'autre côté de cette plaine. Elles furent occupées par l'armée française le samedi soir, 28 septembre 1364. Le lendemain soir, d'après une convention, la ville d'Auray devait se rendre, si elle n'était secourue. Selon toute apparence, la bataille serait donc livrée le dimanche, 29 septembre. Les Français étaient ainsi arrivés trop tard pour explorer le terrain du combat et prendre à loisir leurs dispositions d'attaque ou de défense. Or, en examinant les positions occupées par les deux adversaires, on se convainc facilement que tous les avantages étaient à la défensive et que l'agresseur serait sans doute écrasé. En effet l'armée assaillante avait d'abord à traverser une grande plaine découverte, avant d'escalader les pentes défendues par les ennemis. Cette marche fatiguerait des troupes à pied et déjà pesamment armées pour la lutte immédiate. De plus, elle rendrait impossible toute opération de surprise et découvrirait aux ennemis le nombre et la disposition des moindres groupes d'hommes d'armes : enfin, par ce mouvement, les soldats se trouveraient isolés de leur camp et ainsi privés d'un lieu de refuge et de ralliement, en cas d'insuccès aux premières attaques. Le comte de Montfort, sachant que les Français étaient fatigués après une longue route, voulut les attaquer sur-le-champ. Clisson l'en dissuada « Charles et les siens, lui dit-il, sont venus ici pour combattre : dès demain ils nous attaqueront. Or il est préférable pour nous, qui sommes peu nombreux, de garder l'avantage du terrain et de la défensive. Nous perdrions trop de monde en risquant une attaque contre le camp, où les Français sont à couvert. » Le comte de Montfort, nerveux et inquiet, aurait volontiers consenti à un arrangement : mais les soldats anglais ne l'entendaient pas ainsi. Ils prièrent Chandos d'agir auprès de Montfort pour le forcer à la bataille. Ils étaient pauvres, disaient-ils, et voulaient tout perdre ou tout gagner. L'aile gauche française, celle que combattait Clisson, commençait à lâcher pied. Les charges des Anglais favorisées par la pente du terrain disloquaient ses rangs et la repoussaient vers la plaine. Un corps de Bretons, qui se tenait à l'arrière garde, et que Charles de Blois s'était ménagé comme réserve, s'enfuit sans combattre, entraîné sans doute par les premiers fuyards, qui retraversaient le marécage. Les Français furent surpris d'entendre retentir derrière eux le cri de guerre des Anglais : « Saint Georges ! Malo au riche Duc !... » Toutes leurs bannières et leurs pennons furent jetés à terre et le carnage fut horrible. Dans cette bataille, comme dans tant d'autres, ce qui causa la perte des Français, c'est que, dit Froissart, « à parler loyalement d'armes, ils ne tinrent mie si bien leur pas et leur arroy (ordre), ainsi qu'il apparut que firent les Anglais et les Bretons du côté du comte de Montfort. » L'armée française était vaincue : son aile gauche entraîna son centre dans la déroute. Charles de Blois continuait néanmoins à se battre en désespéré : on ne devait lui arracher son duché qu'avec la vie. Soudain un coup lui arrive en plein visage. L'arme, une sorte de dague,lui entre par la bouche pour sortir derrière le cou. Il chancelle et tombe lourdement. Cette blessure fut-elle aussi grave et entraîna-t- elle la mort immédiate, ou bien Charles, moins grièvement blessé, fut-il conduit devant Montfort, qui l'aurait fait tuer parle chevalier Eon de Lesnerac ? Ce point d'histoire ne sera sans doute jamais bien éclairci. Quant à Clisson il fut grièvement blessé lors de cette bataille.

 

 

 

 

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Published by poudouvre
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