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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 15:07

VI -Chemin des pèlerins.


 

Dans sa préface et dans son histoire, Lobineau dit que le voyage ou pèlerinage des Sept-Saints était anciennement une dévotion si usitée, qu'il y avait un chemin pavé destiné tout exprès au travers de la Bretagne, appelé pour cela le chemin des Sept-Saints, dont on voit encore des restes au prieuré de Saint-Georges, pris de Dinan. Rectifions un mot de cette phrase : ce n'est pas seulement à travert, c'est autour de la Bretagne que se trouvait ce chemin paré. Aller de Dol à Saint-Malo, Saint-Brieuc, Tréguier, Saint-Pol, Quimper, Vannes, pour revenir vers Dol, c'était contourner la plus grande partie de la Bretagne, puis la traverser. C'est pourquoi le pèlerinage était dit vulgairement en breton Tro Breiz, en français Tour de Bretagne. Lobineau avait bien vu ; plus de quatre siècles avant lui, il y avait en ces parages une chapelle ou fontaine, un lieu nommé les Sept-Saints.Nous en trouvons l'indication dans des lettres de Charles de Blois du 13 décembre 1346, confirmant la fondation « d'un hôpital au bout de la chaussée de Trédias, en la paroisse de Tromaeur, sur le chemin des Sept-Saints à Bicongni ». Les Sept-Saints de Bicongni ne se retrouvent aujourd'hui ni sur les lieux ni même dans le souvenir ; mais le prieuré de Saint-Georges est figuré sur la carte de l'état-major un peu au Nord-Est du ruisseau de Mirbel, formant la limite entre les deux anciennes paroisses, aujourd'hui communes, de Trédias et Trémeur. Le lieu dit les Sept-Saints était sans doute très voisin. -La chaussée de Trédias était entre Bicongni et les Sept-Saints (voir histoire de Trémeur, page n°9). L'indication de Lobineau que ce chemin avait été tracé et pavé pour les pèlerins des Sept-Saints a fait fortune et est encore souvent répétée, même de nos jours.

 

 

 

Statuaire XIVe de Saint-Georges en Trémeur

 

Elle est pourtant erronée. Presque deux siècles après Lobineau, nous voyons bien d'autres restes de ce chemin que ceux qu'il signale non loin de Dinan ; et le chemin des Sept-Saints a été relevé et dessiné de proche en proche sur la carte de Bretagne, mais sous un autre nom. En réalité, ce chemin pavé n'avait pas été construit pour les pèlerins : « il était vieux de plusieurs siècles quand commença le pèlerinage. Il n'était autre qu'une suite de voies romaines contournant la Bretagne de Vannes (pour prendre un point de départ) à Quimper, Saint-Pol. Tréguier, Saint-Brieuc. Saint-Malo, Dol, et revenant vers Vannes. Au moyen-âge, nos pères ne construisaient guère de routes et surtout pas de ces routes pavées. Ils ne surent même pas entretenir les larges voies que les Romains leur avaient léguées. Mais ils les marquèrent de l'empreinte religieuse qu'ils mirent sur tout- Les bornes milliaires furent souvent remplacées par des croix marquant les lieues de Bretagne; et le long des voles antiques s'élevèrent des chapelles dédiées aux saints nationaux,et si nombreuses qu'elles peuvent en quelque sorte servir de jalons pour retrouver ces voies ». Auprès des chapelles qui invitaient à la prière, et de loin en loin, s'élevèrent des fontaines monumentales dont plusieurs dédiées aux Sept-Saints, souvent entourées d'arbres, où le voyageur étanchait sa soif et goûtait le repos et l'ombre aux heures chaudes du jour. la charité de nos pères fit plus encore. C'est le long des voies antiques qu'elle éleva les aumôneries où le voyageur nécessiteux pouvait trouver un gîte et recevait un secours pour continuer son voyage, comment les voies anciennes devenues le chemin des Sept-Saints, et, à ce titre, les plus fréquentées des routes de Bretagne n'auraient-elles pas été plus encore que les autres, l'objet de ces soins religieux ot charitables ? Plus de trois siècles après que le pèlerinage a cessé, lorsque le temps et surtout les hommes ont durant tant d'années accompli leur oeuvre de destruction, il existe encore des chapelles et des fontaines gardant leur nom ancien des Sept-Saints. Nul doute que d'autres chapelles anciennes, autrefois dédiées aux Sept-Saints, n'existent sous un autre vocable, quelquefois, hélas de pure fantaisie. Enfin personne ne doutera que ces chapelles ne fussent, au temps du pèlerinage, plus nombreuses que de nos jours. J'ajoute que le nom significatif de Sept-Saints est encore donné aujourd'hui à des chapelles, fontaines, chemins et lieux habités situés à distance des voies qui furent le chemin des Sept-Saints, de cathédrale à cathédrale; mais ces chapelles, fontaines, etc., étaient au bord de voies antiques conduisant au siège de l'évêché dans les limites duquel nous les trouvons, ou accédant au chemin des Sept-Saints. De là sans doute le nom de Sept-Saints impose aux lieux dont nous parlons. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage. 

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Published by poudouvre
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