Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
29 septembre 2016 4 29 /09 /septembre /2016 06:34

VI -Chemin des pèlerins.

 

Il faut maintenant tracer le chemin des Sept-Saints, c'est-à-dire indiquer la suite des voies romaines auxquelles on donna ce nom. La route à parcourir enserre un vaste quadrilatère dont les angles sont : Vannes au Sud-Est, Quimper au Sud-Ouest, Saint-Pol au Nord-Ouest et Saint-Malo au Nord-Est. -Or nous trouvons :


 

1° Sur le côté Sud, la grande vole de Nantes à Civitas-Aquilonia, que nous nommons Quimper ;


 

2° Sur le côté Ouest, la voie de Quimper à Saint-Pol-de-Leon ;


 

3° Sur le côté Nord, la voie de Morlaix à Coz-Yaudet s'embranchant à quelques kilomètres de Lannion sur la voie de Coz-Yaudet au fond de la baie de Saint-Brieuc-Yffiniac.

 

A ce point accédaient plusieurs voies allant vers l'Est. La plus rapprochée do la mer passait par Matignon, franchissait la Rance, et atteignait Alet (Saint-Servan) et Saint-Malo ;


 

4° Sur le côté Est, la voie d'Alet à Avranches qui passait à Dol. Arrivés là, les pèlerins pour aller à Vannes avaient à choisir entre plusieurs voies. L'une (de Dol à Corseul) les ramenait à Corseul où ils rencontraient la voie d'Alet à Vannes par la Trinité-Porhoét et Saint-Jean-Brévelay. Mais à Dinan ils pouvaient prendre la voie qui, venant d'Alet, passait par Dinan, Lehon, Saint-Jouan-de-L'lsIe, Saint-Méen, Guer, se dirigeant vers Rieux et la Basse-Vilaine, et qui, à Guer, coupait la voie de Rennes à Vannes. Mais le voyageur parti de Dinan pour Vannes est loin de la ligne directe quand il est à Corseul et surtout à Guer. Pour le maintenir dans la direction exacte de Vannes, il faudrait une voie entre les deux que nous venons d'indiquer; c'est-à-dire allant de l'Est à l'Ouest. Elle existait. C'est la voie signalée dans l'acte de 1340, et que Lobineau a vue près de Saint-Georges,en Trédias. Elle apparaît comme une voie de jonction entre les deux autres ; menée en ligne droite de Lehon par Trédias, elle devait rejoindre la voie de Corseul au-delà de Sévignac. Cest à mi-chemin, entre les deux voies, que se trouvait le lieu (chapelle ou fontaine), dit les Sept-Saints, dont le nom révèle le passage des pèlerins dès avant 1310. Ils devaient, en effet, suivre cette route de préférence. Elle était plus courte de Dinan à Vannes : elle passait près du monastère de Lehon. Les pèlerins pauvres y recevaient l'hospitalité; et tous priaient dans cette église vouée à la destruction, il y a cent ans passés, et qui, réparée par des mains pieuses et habiles, reparaît aujourd'hui, malgré ses sept siècles d'âge, toute brillante de jeunesse. Remarquons que deux stations principales du pèlerinage ne sont pas sur les voies que nous venons de décrire : les cathédrales de Tréguier et Saint-Brieuc.Mais la voie que nous avons signalée allant de l'Ouest à l'Est, de Coz-Yaudet à Yffiniac, coupe à La Roche-Derrien une voie venant du Sud au Nord, de Carhaix à Tréguier qui està cinq kilomètres de La Roche. Toutefois, il est probable que les pèlerins ne suivaient pas cette voie pour aller à Tréguier; mais prenaient la route directe entre Lannion et Tréguier. Ce chemin était plus court. D'autre part, la voie de Coz-Yaudet à Yffiniac arrivée à deux kilomètres de Saint-Brieuc, au village actuel de Beaulieu, poussait vers l'emporium et le castrum de Cesson un embranchement qui passait sur le site actuel de la ville. On le voit, les pèlerins auraient pu accomplir le tour de Bretagne sans faire un pas hors des voies romaines; mais, de même qu'ils allaient directement de Lannion à Tréguier sans passer par La Roche-Derrien, de même, & la sortie de Saint-Brieuc, au lieu de revenir sur leurs pas à Beaulieu pour reprendre la vole romaine sur laquelle ils avaient marché depuis La Roche-Derrien, ils descendaient directement sur Yfflniac. Nous avons compté que le tour de Bretagne était d'environ 139 de nos lieues; les pèlerins en faisaient six environ hors des anciennes voies romaines. Voici donc les points principaux de l'itinéraire du pèlerin partant de Dol et prenant son chemin vers Vannes : Dinan, Lehon, Trédias (Saint-Georges en Trémeur), la Trinité-Porhoët, Saint-Jean-de-Brévelay, Vannes; Hennebont, Quimper; Pleyben, Morlaix, SaM-Pol-de-Léon; Morlaix (retour), Lannion, Tréguier; La Roche-Derrien, Pontrieux, Beaulieu, Saint-Brieuc, Yffiniac, Matignon, Saint-Malo ; Dol. Il faut marquer deux points intermédiaires entre Vannes et Quimper savoir: Pluneret et Sainte-Anne d'Auray et la fontaine des Sept-Saints en Saint-Ivy entre Quimperlé et Quimper.

 

 

*

 

Fontaine des Sept-Saints à Bulat-Pestivien

 

 

La voie de Vannes à Quimper, qui évitait la rivière d'Auray, passait par le village actuel de Sainte-Anne : les pèlerins suivant cette voie passaient tout près du champ du Bocenno, où s'élèvera un jour la chapelle vénérée de Sainte-Anne. Qui leur eût dit que, des siècles après eux, la vapeur de l'eau bouillant dans une chaudière amènerait là des pèlerins encore plus nombreux, ayant la même foi et la même espérance. Sur le prolongement de cette voie, entre Quimperlé et Quimper, au lieu dit Kermaria-an-Hent (Kermaria de la route), en la paroisse de Saint-Ivy, il y a encore une fontaine monumentale nommée au XVe et jusqu'au XVIe siècle fontaine des Sept-Saints. Les pèlerins ne manquaient pas de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ce point quand nous parlerons du chiffre total des offrandes recueillies. D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires