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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 06:20

VI.-Le pèlerinage après saint Yves.


 

Nous nous sommes arrêtes au temps de la canonisation de saint Yves (1330), dix ans avant le commencement des guerres de la succession de Bretagne (1311). La guerre et l'occupation anglaise n'allaient pas interrompre le pèlerinage. Nous avons la preuve de ce fait par ce qui nous est appris de Vannes la ville épiscopale la plus exposée à la guerre. Les Anglais la tenaient et avaient transformé en forteresse l'église Saint-Patern, située hors des murs ; l'entrée de la ville close et celle de l'église étaient interdites ; mais les reliques de saint Patern étaient exposées sous le porche, sur une tombe,dans le cimetière ou dans une chapelle voisine ; les pèlerins arrivaient dans le faubourg les cierges allumés et pouvaient accomplirent toute liberté leurs actes de dévotion. Cette tolérance s'explique: les Anglais étaient catholiques comme les Bretons; et leur foi commune était un lien et un gage de paix religieuse entre les adversaires. Mais cette paix, garantie à Vannes par un capitaine anglais, était-elle assurée sur les routes, continuellement sillonnées par des partis pillards aux ordres de chefs subalternes, ou manquant d'autorité, ou non moins pillards que leurs soldats ? Comment croire que pendant ces lugubres années le nombre des pèlerins n'eût pas diminué ? Qu'après la paix, le pèlerinage ait repris faveur, ce n'est pas douteux : mais fut-il aussi fréquenté qu'avant les guerres ? Nous osons en douter. Les exactions des Anglais, succédant aux ravages de la guerre, épuisaient la Bretagne; et il lui fallait des années pour recouvrer et l'aisance ancienne et un parfait repos. On a dit pourtant et on a essayé de démontrer que, à la fin du XIVe siècle, il y eut grande affluence de pèlerins. Ce mot ne dit rien, il faut un chiffre. On l'a donné: trente à trente-cinq mille ! On a cru pouvoir déduire ce chiffre de la somme des offrandes laissées au tronc de saint Patern dont un compte est conservé à Vannes.

 

 

 

 

 

Le total s'éleva & 100 livres, qu'on a évaluées à huit ou neuf mille francs de notre monnaie; mais que selon une évaluation plus exacte, il faut réduire à environ 5.500 fr. ou 6.000 francs. La modicité des offrandes des pèlerins, pauvres en grand nombre, est attestée par une enquête faite à Vannes en 1400, 1401,1402. Les témoins sont notamment des chanoines et des curés des environs,qui ont fait le pèlerinage et rendent compte fidèle de ce qu'ils ont vu. Or, ils disent que nombre de pèlerins pauvres ne déposaient en chaque tronc qu'un denier ou même une obole, c'est-à-dire la moitié ou le quart d'un denier. C'est du chiffre des oblations, et après avoir constate la modicité des offrandes du plus grand nombre, que l'abbé Luco a déduit le chiffre do trente ou trente-cinq mille pèlerins. La réduction des offrandes de 9.000 ou même 8.000 à 5.500 ou 6.000 francs, ne me porterait pas à abaisser le chiffre des pèlerins: du reste, je le donne sans en prendre la responsabilité. Je ferai seulement remarquer que la population de la Bretagne d'alors ne pouvait atteindre un million. Encore les deux évêchés de Rennes et de Nantes, qui comptaient pour plus du tiers, n'étaient pas représentés au pèlerinage; il reste donc environ 000.000 âmes pour les sept évêchés : 30000 c'est le vingtième; 35.000 c'est le dix-septième de la population totale. Comptez pour on tiers seulement les vieillards, les infirmes, les enfants : 30 et 35.000 seront le treizième et le onzième de la population valide… N'est-ce pas beaucoup pour l'époque à laquelle nous reporte le compte de saint Patern ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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Published by poudouvre
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