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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 16:27

 

 

Les événements que je vais rassembler sont étrangers à l'histoire de la Belgique; mais en sortant pour un moment du cercle prescrit à nos recherches historiques, j'ai compté sur l'indulgence de l'académie. Ces provinces n'ont point été le théâtre des faits dont je l'entretiendrai ; mais elles ont vu naître celle qui en fut l'âme, qui sut les préparer et les conduire avec une prudence et un courage que l'histoire a rarement eu l'occasion de célébrer dans un sexe que la nature semble avoir formé pour régner sur les cœurs, plutôt que pour combattre les hommes. A ce titre, sans doute, les actions qui ont illustré la vie de Jeanne de Flandre , comtesse de Montfort, ont droit de nous intéresser. Aucun des écrivains belgiques n'a encore payé à sa mémoire le tribut de reconnaissance qu'elle avait droit d'attendre de la postérité. Quelques-uns nous ont à peine avertis de son existence ; d'autres, au milieu du cercle immense qu'embrassent leurs annales, ont à peine arrêté leurs regards sur sa vie, agitée presque toute entière par une tutelle orageuse. D'ailleurs ces traits, épars dans de prolixes recueils, ne forment qu'un tableau morcelé dans toutes ses parties, et qui ne satisfait que faiblement le lecteur sur les brillantes qualités de cette héroïne : C'est à rassembler ces traits divers que je destine cet écrit; et peut-être me saura-t-on gré d'avoir, en quelque sorte, tiré des ténèbres une princesse flamande qui fut la Sémiramis du quatorzième siècle, et qui mérita, par ses vertus et par son courage, l'admiration de ses contemporains et celle de la postérité. L'annaliste Meyerus et le chronologiste Panckoucke donnent le nom de Marguerite, et Pierre d'Oudegherst celui d'Ysabeau à cette princesse, que Vredius, Ste Marthe, d'Argentré, Lobineau, Desfontaines, et tous les histo riens, tant français que bretons, appellent Jeanne de Flandre. Je ne fais ici cette observation, que pour relever une erreur involontairement échappée à quelques historiens flamands, et pour avertir ceux qui voudraient un jour s'occuper de l'histoire de Flandre , de restituer à la comtesse de Montfort son véritable nom. Une inadvertance onomastique peut, en histoire surtout, conduire à des erreurs. Elle sème d'épines la marche de l'écrivain; elle trompe et elle égare la mémoire du lecteur. Jeanne de Flandre avait reçu le jour de Louis, comte de Nevers et de Rhetel, fils de Robert de Béthune, comte de Flandre, et d'Yolende de Bourgogne. Louis de Nevers, que le droit de primogéniture destinait à régner sur la Flandre, avait cessé d'être peu de mois (1322) avant Robert son père. Je ne rappellerai point ici les débats qu'entraîna la mort de ces deux princes, et qui se terminèrent à l'avantage de Louis de Créci, malgré les prétentions de Robert de Cassel, son oncle. Je remarquerai seulement que peu d'années après que la possession de la Flandre fut assurée à Louis de Créci, Jeanne sa sœur s'allia avec un prince que les vicissitudes humaines appelèrent dans la suite au duché de Bretagne. Ce prince était fils d'Yolende de Dreux, comtesse de Montfort et seconde épouse de Arthur II, duc de Bretagne son père. Celui-ci avait eu pour successeur Jean III, né d'un premier hymen avec l'héritière du vicomte de Limoges. Jean III se voyant sans espoir d'avoir des enfants, et voulant prévenir les troubles que sa succession pourrait causer un jour, avait conclu avec Charles de Blois le mariage de sa nièce Jeanne de Penthièvre, fille de Gui de Penthièvre, mort depuis quelque temps, et comme lui ne' de Jean II et de la vicomtesse de Limoges. Le gage de cette union avait été la donation du duché de Bretagne. Les précautions du donateur n'empêchèrent pas cependant que sa mort n'attirât sur la Bretagne tous les maux qu'il avait voulu prévenir. Ce prince avait accompagné Philippe de Valois dans la Flandre, alors soulevée contre Louis de Créci, que l'appui d'Edouard III et le génie factieux de Jacques d'Artevelde avaient contraint d'abandonner ses états. Jeanne de Flandre, qu'affligeaient les malheurs de son frère, et qui, à cette époque, ne voyait dans Edouard qu'un ennemi puissant qui avait aidé d'Artevelde à ébranler le trône de Louis de Créci, ne s'attendait point sans doute qu'un jour ce même monarque deviendrait le défenseur le plus ardent du comte de Montfort son époux. En effet, Jean III revenant de Flandre à la faveur d'une trêve conclue entre Edouard et Philippe de Valois, tomba malade à Caen, et y mourut l'an 1341. Sa mort arma Charles de Blois et le comte de Montfort. Ils se virent bientôt l'un et l'autre à la tête d'un parti nombreux. Chacun d'eux fit valoir les droits qu'il croyait avoir au duché de Bretagne, et les soutint par tous les moyens que la politique et la force pouvaient lui fournir. Les événements qui signalèrent d'abord cette querelle sanglante ne sont pas du ressort de cette dissertation. Il suffit de dire qu'après des succès éclatants, le comte de Montfort, obligé de se rendre prisonnier, fut conduit à Paris par les ordres de Philippe de Valois, qui s'était déclaré pour Charles de Blois, et qu'il y fut enfermé dans la tour du Louvre. C'est à cette époque principalement que commence la vie politique et guerrière de Jeanne de Flandre. C'en était fait des espérances du comte de Montfort, quoi que le plus grand nombre des seigneurs de la province se fût déclaré pour lui, et sa captivité devait entraîner toute la Bretagne dans le parti de son concurrent, si Jeanne de Flandre n'avait opposé son courage aux malheurs dont la for tune semblait l'accabler. Ce que tout autre qu'elle eût à peine osé tenter, elle l'exécuta avec un succès qui peut-être surpassa son attente. Elle rassura les esprits abattus , et em pêcha la révolution en arrêtant, par sa prudence et sa fer meté, la défection des partisans de son mari. L'affection de la noblesse paraissait chancelante; elle eut assez d'autorité pour la retenir dans le devoir. Il était à craindre que les soldats, privés de leur chef accoutumé , ne désertassent leurs drapeaux ; elle se montra bientôt capable d'affronter avec eux les périls les plus grands. Elle doutait de la fidélité des bourgeois de plusieurs villes ; elle sut leur commander le respect et l'obéissance, et les maintenir dans ses intérêts. « Cette dame » dit d'Argentré, « avait bien le cœur tel, que jamais siècle n'en rencontra semblable en son sexe.» Pour déjouer les projets du comte de Blois, il fallait enchaîner les cœurs à sa cause, et Jeanne savait combien le peuple bre ton avait toujours chéri le sang de ses souverains. Ce que l'immortelle fondatrice de cette académie exécuta dans ce siècle avec tant de succès auprès de ses braves et fidèles Hongrois, la comtesse de Montfort le tenta avec le même succès auprès des Bretons. Lorsqu'elle apprit la nouvelle de la détention de son mari, elle était à Rennes avec son fils encore enfant et le gage précieux de leur hymen. Aussitôt elle prend le jeune prince, le mène avec elle dans toutes les places qui tenaient pour son mari, et le montrant au peuple : mes amis, disait-elle, j'espère que monseigneur sortira de là où il est, tost ou tard ; mais si Dieu nous défavorise tant qu'il y demeure, voicy son enfant légitime de son sang et nourry sous espérance, que par la grâce de Dieu, il sera un jour homme de bien et de valeur, et croissant rétablira la perte du père et mal gré ses ennemis, lesquels cette heure lui occupent la terre.

 

 

 

 

Cette princesse qui, pour me servir de l'expression de Froissard, avait courage d'homme et cœur de lion, et qui joignait à cela une grande habileté dans les négociations renforça en même temps les garnisons des villes, en fit réparer les endroits faibles, et fixa par ses libéralités la bonne volonté de tous ceux qui portaient les armes pour son parti. L'hiver condamnait alors les guerriers à l'inaction ; mais Jeanne, du sein d'Hennebon où elle s'était retirée, étendait son active vigilance sur tout ce qui pouvait assurer sa défense, tandis que son rival sollicitait contre elle à la cour de France le secours de Philippe de Valois. La guerre se ralluma dès le commencement du printemps ; et Charles de Biois, aidé de 12,000 Français, s'empara d'abord de la ville de Rennes, dont la perte fut suivie encore de la défection de plusieurs seigneurs bretons. Jeanne, de son côté, avait fait négocier auprès d'Edouard III ; mais les troupes que ce monarque avait promis de lui fournir, ne purent partir assez tôt pour arrêter les progrès de Charles de Blois, qui vint mettre le siège devant Hennebon, dans l'espoir d'assurer la conquête de la province entière par la prise de cette place, où la comtesse de Montfbrt était enfermée avec son fils. Le danger était imminent. Enveloppée d'une armée formidable, Jeanne de Flandre serait infailliblement tombée au pouvoir de son ennemi, si elle n'eût eu que les vertus de son sexe, et si, en s'élevant au-dessus de l'infortune, elle n'eût fait passer dans l'âme de ses partisans le courage impétueux qui l'animait elle-même, a Jamais, dit d'Argentré, « Amazone ne se montra si vertueuse, ayant fait un exploit de la plus grande hardiesse qu'oncques homme eût sçu aviser.  A la vue de l'armée ennemie qui s'était avancée jusques sous les murs d'Hennebon, elle fait sonner le tocsin, et donne l'ordre à tous les habitants de prendre les armes. Elle-même, armée de toutes pièces, et, comme une autre Camille, montée sur un cheval de bataille, elle parcourt toutes les rues de la ville, renforce les endroits les plus exposés, et exhorte le peuple à se défendre vaillamment.  Enflammées par son exemple, les femmes du commun et les dames mêmes s'empressent à l'envi de concourir à la défense de la place en portant des pierres aux créneaux, et sur les murs de la chaux vive et des pots-à-feu, pour les jeter sur les assiégeants. Après avoir partout établi l'ordre, assuré les postes, et échauffé tous les cœurs, elle monte au haut d'une tour pour observer la position et l'état du camp ennemi. Elle l'aperçoit sans défense du côté opposé à celui où se donnait l'assaut. Aussitôt elle remonte à cheval, et suivie de 300 hommes d'élite, elle sort de la ville, dérobe sa marche à l'ennemi, pénètre dans le camp et livre au pillage et aux flammes les tentes et les bagages qui n'étaient gardés que par des valets. Après cette expédition, elle veut rentrer dans la ville ; mais l'ennemi averti par les flammes lui coupe la retraite. Jeanne, sans s'étonner, rallie sa troupe, lui ordonne de la suivre et dirige sa route vers la ville d'Aurai. L'ignorance où l'on était de son sort avait répandu la consternation parmi les assiégés; mais au bout de quelques jours, elle arrive à la vue d'Hennebon, escortée de cinq ou six cents cavaliers bien montés et bien armés, et elle y fait entrer ce renfort au bruit, .des instruments militaires, et à la vue du camp ennemi étonné de tant de courage et d'une résolution si audacieuse ».

 

 

 

 

Cependant le siège continuait avec vigueur ; la brèche était déjà ouverte, et l'opiniâtreté de l'ennemi, qui s'était encore accrue par les derniers succès de la comtesse, commençait à répandre le découragement et l'effroi parmi les assiégés, Il avait été proposé de se rendre tandis que la comtesse déterminée à s'ensevelir sous les débris de la ville, ne cessait de rassurer les esprits par l'espoir d'un secours puissant qui devait arriver des ports d'Angleterre. Mais comme si les éléments eussent conspiré contre Jeanne, une tempête violente avait accueilli la flotte anglaise et retardé son arrivée de plus de 40 jours. Désespérant du secours qu'elle attendait, et vaincue en partie par le découragement des habitants, en partie par une négociation secrète qu'elle n'avait pu ni prévoir ni avouer, elle était au moment de voir passer la ville au pouvoir de son rival. Déjà même un détachement ennemi s'avançait pour prendre possession d'une porte qu'on était convenu de lui livrer, lorsque la flotte anglaise parut à l'entrée du port d'Hennebon. Dès lors l'espoir se ralluma dans le cœur de la comtesse et de ses habitants. Mauni, qui commandait l'armée anglaise, fut reçu avec une allégresse et une pompe dignes du service qu'il venait rendre. Des sorties fréquentes autant qu'heureuses affaiblirent l'ennemi, qui, bientôt effrayé de ses pertes et fatigué de la résistance des assiégeants, se détermina à lever le siège. En voyant l'ennemi se retirer, Jeanne ne put modérer sa joie. « Lors » dit Froissard, « elle descend du chastel à joyeuse chière, et vint baiser messire Gaultier de Mauny deux fois ou trois, comme noble et vaillante dame. » Jeanne ne put empêcher Charles de Blois de s'emparer de quelques places; mais ce prince étant venu une seconde fois assiéger Hennebon, une seconde fois l'intrépide activité de Jeanne rendit vains tous ses efforts. Sur ces entrefaites, cette héroïne dont les obstacles ne faisaient qu'irriter le courage, mais à qui la prudence commandait d'être sur ses gardes, passa en Angleterre pour réclamer d'Edouard de nouveaux secours. Elle prouva pendant son séjour dans cette île guerrière et commerçante, qu'elle savait négocier aussi bien qu'elle savait combattre. Elle obtint du monarque britannique un secours de quarante six vaisseaux montés par un grand nombre de seigneurs an glais. Elle éprouva surtout en cette occasion que la noblesse anglaise est rarement insensible au malheur d'autrui, lorsque celui qui en est frappé lui oppose, comme Jeanne, une âme forte et courageuse. Robert comte d'Artois, alors fugitif de la France, sa patrie, fut chargé de commander cette flotte, et sous ce prince guerrier, Jeanne pouvait se promettre de nouveaux succès. Charles de Blois, instruit du secours que l'Angleterre donnait à sa rivale, avait équipé de son côté une flotte formidable, et bientôt les deux armées navales se rencontrèrent. Aussitôt le signal du combat est donné; les pavillons sont arborés avec la bannière de S'-Georges, et les Anglais fondent à pleines voiles sur les vaisseaux de Charles de Blois. Après qu'on eut combattu quelque temps avec un avantage à peu près égal, on en vint à l'abordage. Le théâtre mobile et flottant qui soutenait les deux armées n'effraya point la comtesse de Montfort. Elle développa dans le combat la valeur la plus héroque, et se battit comme le chevalier le plus brave. « Il n'est mémoire » dit d'Argentré, « que jamais en mer, il se fist tant d'avilies qui fut faict lor ; car ils se chargèrent à outrance, et venans aux mains, il ne fut jamais si furieux combat. » -Quant à Jeanne, dit aussi Froissard, « avec sa naïveté antique, elle y vallut bien ung homme; car elle avait cœur de lion, et avait un glaive enrouillé et tranchant dont fièrement elle se combattait. » La nuit sépara les combattants, et l'on se préparait à recommencer l'action le lendemain, lorsqu'un orage subit força les Anglais à se retirer vers les ports de la Bretagne. Le siège de Vannes fut bientôt résolu ; et la comtesse de Montfort fit voir qu'elle n'avait pas moins de talent pour prendre les villes que pour les défendre. Après plusieurs jours d'un siège meurtrier, et dans lequel elle montra les talents d'un habile capitaine et la bravoure d'un soldat intrépide, la ville fut prise, et Jeanne, après y être restée quelques jours pour jouir de sa nouvelle conquête, retourna à Hennebon. Cependant Charles de Blois entreprit de reprendre la ville de Vannes; et la comtesse eut la douleur de la perdre ; mais ce qui dût lui rendre cette perte plus sensible, c'est que Robert d'Artois y reçut la blessure qui peu de temps après le conduisit au tombeau. La retraite de ce prince fit bientôt prévaloir le parti de Charles de Blois, qui avait pour lui. L'appui de la France ; tandis que Jeanne, retranchée dans la Basse-Bretagne, et n'attendant du secours que par mer, dépendait de l'inconstance de cet élément. Enfin Edouard résolut de passer lui-même en Bretagne. Quand la comtesse fut informée de son arrivée, elle alla à sa rencontre jusqu'à Vannes, pour le festoyer lui et les barons qui l'avaient accompagné. Edouard, dont le bonheur dans la guerre n'égala point toujours le courage, avait vu ses premiers succès balancés par plusieurs revers. Il s'était déterminé à souscrire à une trêve, lorsque Jean de Montfort, après quatre ans de captivité, parvint à s'évader de sa prison ; mais il ne survécut pas longtemps à son évasion. Malheureux depuis son enfance, en butte à la persécution du feu duc son père, et captif au moment où il voulait recueillir son patrimoine, il expira presqu'en même temps qu'il recouvra la liberté. Son épouse ne fut pas plus déconcertée par sa mort, qu'elle ne l'avait été par sa détention. Elle avait fait conduire son fils, jeune encore, à la cour d'Edouard, qui s'était déclaré son tuteur, et qui devait lui donner une de ses filles en mariage. Toujours secondée des troupes anglaises, elle sut faire tête à son rival, et son courage, qui ne l'abanrdonna jamais, fit enfin tomber en son pouvoir Charles de Blois, vaincu au siège de la Roche-de-rien (Roche-Derrien). Remarquons que Jeanne de Penthièvre, son épouse, se mit aussitôt à la tête des affaires de son parti. Ainsi l'on vit deux femmes se disputer en quelque sorte la possession d'une grande province, et toutes deux, en poussant la guerre avec vigueur, déployèrent de grands talents et une grande énergie. La captivité de Charles de Blois, et la trêve qui suivit la journée de Créci, trêve dans laquelle la Bretagne fut comprise, semblaient devoir désarmer, du moins pour un temps, les deux partis fatigués d'une guerre longue et désastreuse; mais leur opiniâtreté était trop grande, et malgré la trêve, les hostilités continuèrent de part et d'autre. Il est inutile de rapporter ici le mélange des revers et des succès qui, en soutenant l'espoir des uns et des autres, prolongèrent pendant plus de 20 ans lés malheurs de cette querelle sanglante. Il me suffira d'observer que jamais la fermeté de Jeanne ne se démentit, et que toujours supérieure aux événements, elle sut souvent maîtriser la fortune. Inaccessible à la crainte dans le danger, et au découragement dans les revers, elle donna à son fils de grands exemples de fermeté, et lui conserva la possession de la Bretagne, qui lui fut confirmée par le célèbre traité de Guerrande, en 1365. Ce prince réunit, comme sa mère, les talents politiques et les talents guerriers. Comme elle, il éprouva tour-à-tour les faveurs et les disgrâces de la fortune. Comme elle, il fut ami constant des Anglais, auxquels ils avaient l'un et l'autre de grandes obligations. Il m'est impossible de fixer l'année de la mort de Jeanne de Flandre ; mais elle vivait encore, selon d'Argentré, en 1363. Elle put donc être témoin des succès qui couronnèrent les efforts de son fils, lorsque l'âge lui permit de défendre lui-même le patrimoine de ses ancêtres : princesse digne d'être placée à côté des plus grands hommes par son courage, et de figurer avec éclat dans l'histoire de la Flandre. Félicitons cette contrée d'avoir donné le jour à une héroïne, à laquelle il n'a manqué, pour jouir de toute sa gloire, que d'être célébrée par quelque écrivain éloquent. Pour moi, je me suis borné à réunir les traits les plus brillants de sa vie : je n'ai fait qu'ébaucher le tableau qu'une main plus habile aurait revêtu de plus riches couleurs.  

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Published by poudouvre
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