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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 13:47

Epilogue :


 


 

Les derniers temps de l' « honneur » de Richmond (1398-1485).


 


 

Jeanne de Drayton, titulaire de l' « honneur » depuis 1398, est remplacée dès l'année suivante, le 20 octobre 1399, par Ralph de Nevill, comte de Westmorland, auquel le nouveau roi Henri IV concède Richmond pour la durée de sa vie. Le faible lien, qui rattachait encore d'une manière lointaine le « comté » de Richmond à la Bretagne, est complètement brisé. Ralph de Nevill conserve l' « honneur » jusqu'en 1425. Entre temps, Jean V, duc de Bretagne, qui a succédé à son père Jean IV en novembre 1399, a envoyé une ambassade en Angleterre sous la conduite d'Armel de Châteaugiron, au mois d'octobre 1409, pour prêter l'hommage du « comté ». Cette démarche a complètement échoué au point de vue du résultat cherché, à savoir la restitution de l' « honneur » au duc de Bretagne. Aussitôt après la mort de Ralph de Nevill, Henri VI, le 26 février 1426, ordonne à son « eschaetor » de remettre le « comté  » à son oncle Jean, duc de Bedford, qui le garde jusqu'à son décès survenu en 1435. Richmond étant alors revenu à la couronne, Henri VI se borne à le retenir en sa « main » pendant une quinzaine d'années. Une fois avoir donné partiellement le château de Richmond, vers 1450, à Richard de Nevill, comte de Salisbury, le même roi confie l' « honneur » à son demi-frère Edmond Tudor -en 1453. Edmond prend le titre de comte de Richmond, que continuent à usurper les ducs de Bretagne depuis Jean V ; ceux-ci, en particulier le valeureux duc Arthur III de « Richemont », connétable de France, qui a rendu célèbre le nom de Richmond, ne cesseront de porter ce titre jusqu'à Anne de Bretagne inclusivement. Edmond Tudor, père de Henri Tudor (le futur Henri VII étant mort en 1456, le « comté », pensons-nous, retourne à Henri VI qui ne s'en sépare plus. Edouard IV, monté sur le trône d'Angleterre en mars 1460, imite tout d'abord son prédécesseur immédiat, on ne se dépouillant pas de Richmond. Pais, en 1462, il donne l' « honneur » à son frère George, duc de Glarence ; seize ans après, en 1478, Clarence est exécuté. Richard (le futur Richard III), duc de Gloucester succède immédiatement à George, duc de Glarence. Il continue à détenir Richmond après son ascension au trône d'Angleterre en juin 1483, sous le nom de Richard III. Henri Tudor, déjà cité, s'intitule, cependant, comte de Richmond en se considérant comme l'héritier de son père Edmond Tudor. Henri Tudor, à son avènement en 1485, sous le nom de Henri VII, fait rentier définitivement l' « honneur » de Richmond dans les domaines de la couronne anglaise. Plus jamais le vieux « comté » quadri-centenaire n'appartiendra à des particuliers. Tout au plus, le titre sera-t-il employé, et cette fois uniquement par des anglais , à partir du XVIe siècle. Ainsi, en 1525, Henri VIII créera son fils naturel Henri Fitzroy,duc de Richmond. Le duché, disparu à la mort de ce dernier à 17 ans. en 1536. sera ressuscité, en 1623, en faveur de Ludovic Stuart, qui mourra la même année, ensuite, de nouveau, en 1641, en faveur de Jacques Stuart, comte de Lennox. Charles, cinquième duc de Richmond décédera en 1672 et, en 1675, le roi Charles II conférera le duché à son fils naturel Charles Lennox, d'où descendront les ducs de Richmond existant encore de nos jours.


 

 

Château de Richmond


 

Conclusion :


 

Créé en 1069 ou 1071, pour défendre le nord de l'Angleterre contre les Scots, l' « honneur » ou « comté » de Richmond, formé de parcelles de terres éparses dans 7 shires anglais, ayant pour centre la moitié occidentale du Norlh Riding duYorkshire, a été attribué en premier lieu à un compagnon de Guillaume le Conquérant, Alain Ier le Roux (1069/71-1089), simple seigneur breton de la famille de Pemthiêvre. Par héritage il a été dévolu successivement aux deux frères de ce dernier : Alain II le Noir (1089-1093), Etienne (1093-1137), puis à Alain III le Noir (1137-1146), fils du précédent. Un hasard successoral a fait entrer l' « honneur » dans le domaine des comtes de Bretagne, en 1148, quand Eudes II de Porhoët (1146-1154), second mari de la veuve d'Alain III, a recueilli du chef de sa femme l'administration de la Bretagne. Conan IV (1154-1171), d'abord à la fois « duc » et comte de Richmond jusqu'en 1166, n'a plus été que comte, à la fin de ses jours. Henri II Plantegenêt (1171-1183) fut le premier roi anglais qui ait mis en « sa main » le « comté » de Richmond. Son exemple devait être suivi par la suite. Constance, comtesse de Bretagne et de Richmond, en premier lieu seule (1183-1188), eut pour adjoint nominal son second mai i Ranulph de Chester (1188-1197). Richard Coeur de Lion (1198-1199) a gardé également pour lui l' « honneur » , de même que son successeur Jean sans Terre (1199-1203, 1204, en partie 1205-1212, complètement 1212-1216). Entre temps, le « comté » a appartenu à Gui de Thouars (1203-1204), régent de Bretagne, aux anglais Robert de Leicester (1204), Ranulph de Chester (en partie 1205-1212). Pierre Mauclerc (1217-1223, 1223-1224, 1225-1227, 1230-1235), prince français devenu « duc » de Bretagne en 1213, a connu bien des vicissitudes, en possédant souvent l' « honneur » de Richmond par fragments, à défaut, parfois, de la totalité. Pendant ce temps certaines parcelles ont été accordées à Ranulph de Chester ou détenues par celui-ci (1217-1225, 1227-1228, 1229-1230), quand Henri III (1223, 1224- 1225) n'a pas tout conservé. Henri III (1235-1236, 1241), après avoir dépossédé les ducs de Bretagne au profit d'un évêque (1236) et surtout de son oncle, Pierre de Savoie (1241-1266), a restitué le « comté » à la famille ducale, en faveur du futur Jean II (1268-1294, 1298-1303, 1304-1305). Edouard Ier (1294-1298, 1303-1304, 1305-1306), s'il s'est réservé peu de temps Richmond, l'a distrait des domaines de Bretagne au profit de Jean de Bretagne, puîné (1306-1326, 1326-1334). Dans l'intervalle, le détenteur fut Edouard II (1326). Jean III (1334-1341) a fait rentrer l' « honneur » dans les possessions ducales et en a joui sans aucune interruption, ce qui n'était pas arrivé depuis Conan IV, plus d'un siècle et demi auparavant. Edouard III (1341-1342), une fois avoir théoriquement accordé Richmond à Jean de Montfort (1341-1342). l'a donné à son propre fils Jean de Gand (1342-1372), et ensute, au duc Jean IV (1372-1382, 1383-1384, 1387-1391 en théorie. 1391-1398). Jean IV et Jeanne Holland ont alternativement tenu le comté entre 1382 et 1383. Richard II l'a repris, en 1384, et cédé à la reine Anne de Bohême (de 1384 à 1391) ; passé 1398, c'est-à-dire à l'époque où Jeanne d Drayton prend possession du comté, Richmond échappe définitivement aux ducs de Bretagne. Tels ont été. présentés en un schématique raccourci, les trente titulaires différents du « comté », comprenant quatre seigneurs bretons, neuf comtes ou ducs d& Bretagne, huit rois d'Angleterre, un prince breton, une duchesse de Bretagne, quatre comtes anglais, deux suzeraines anglaises et un évoque, entre la création de l' « honneur » de Richmond en 1069/71 et sa dévolution définitive à des Anglais en 1398. Comme on le voit, et contrairement à ce que l'on s'imagine, quand on pense au « comté » de Richmond, la possession de celui-ci a été très mouvementée; les ducs de Bretagne n'ont joui en réalité de l' « honneur » que pendant 125 ans sur les 250 années écoulées de 1148 à 1398. soit pendant la moitié de ce temps. D'autre part, l' « honneur » , toujours à la différence de ce. que l'on pourrait penser, n'a jamais été un beau et vaste domaine compact, analogue aux comtés traditionnels du continent, mais bien un assemblage de terres plus ou moins petites et isolées, -sauf la partie centrale de l' « honneur », -dispersées dans sept à onze ou douze comtés administratifs (shires) de l'Angleterre, principalement en bordure de la mer du Nord, au nord de Londres. Des modifications partielles survenues au cours de son existence n'ont pas altéré sensiblement les grands traits de la consistance territoriale du « comté » de Richmond. Celui-ci, productif de revenus annuels assez importants (entre 1.000 et 2.800 l. selon les époques, et généralement aux alentours de 1.200 I.), a eu une histoire vivante et intéressante, du moins espérons-nous l'avoir montré, au cours des modestes aperçus qui précèdent.

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Published by poudouvre
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