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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 07:07

Quand on regarde de près le Catalogue des primats liés aux différents Diocèses de Bretagne, on est étonné par les biographies consacrées à cinq d'entre eux, ainsi au Diocèse de Cornouaille, deux sont cités, l'un comme ayant à la fois exercés les charges comtales mais aussi celles d'évêque, cette dernière charge ayant été transmise à son fils qui lui même fonda foyer. L'évêché de Rennes eut un de ses représentants, marié et ayant fondé famille, celui de Dol : un cas et Nantes deux -trois si l'on y inclue Hoël. C'est sous le Pontificat du pape Grégoire VII, qu'il fut mis un terme à pareils excès.

 

 

Grégoire VII

 

Une Réforme fut entreprise afin d'obliger les prétendants souhaitant servir un diocèse, à renoncer au mariage et à fonder foyer, et il s'agissait aussi de restituer à l’Église ce que nombre de puissantes familles aristocratiques s'étaient accaparées : le bien ecclésiastique dont elles tiraient des revenus. S'agissant de l'évêché d'Alet, c'est sous l'épiscopat de Jean de Châtillon qu'il fut procédé à ses réformes, de surcroît on sait que c'est aussi cet ecclésiastique qui opéra le difficile transfert de son siège épiscopal d'Alet à Saint-Malo en l'Isle alors entre les mains du tout puissant ordre de Marmoutier (voir Jean de Châtillon) .


 

Budic, IIe du nom, évêque de Cornouaille & comte de Cornouaille, épousa d'abord Guigoeden, dont il eut cinq enfants. Après la mort de son épouse, il embrassa l'état ecclésiastique et fut élu, ou se fit élire évêque de Quimper. Il se démit, vers l'an 1022, en faveur d'Orscand, son fils puîné. Avant de mourir, il fit quelques donations à l'abbaye de Landevenec, qui furent ratifiées par Alain Cagnard et Orscand, ses enfants.

 

Orscand évêque de Quimper, & frere d’Alain Cagnard comte de Cornouaille, porta le scandale jusqu’à se marier publiquement. Il épousa la fille dc Rivelen de Crozon, &  il en eut plusieurs enfants. Il ne faisoit que suivre en cela l’exemple de Benoît son pere, lequel étant évêque & comte de Cornouaille, crut pouvoir se marier, comme si la qualité de comte l’eût dispensé des obligations que lui imposoit celle d’évêque. Alain s’opposa quelque temps au mariage de l’évêque son frere; mais il se laissa gagner par l’intérêt, & il y consentir moyennant une terre de l’église que l’évêque lui céda. L'épouse de l'évêque Orscand, cette femme, fière et hautaine, refusa un jour de saluer dans la cathédrale la comtesse de Cornouaille, et l'évêque, pour apaiser le courroux du comte, dut lui céder encore un autre domaine capitulaire.


 

Sylvestre de la Guerche, évêque de Rennes, seigneur de Pouancé et chancelier de Bretagne, épousa d'abord N..., dont il eut Guillaume et Geoffroi de La Guerche, mentionnés dans une charte de Saint-Melaine, datée de l'an 1115. Son épouse étant morte, il embrassa l'état ecclésiastique, et fut sacré évêque de Rennes en 1076. C'est en cette qualité qu'il fit don, l'an 1087, à l'abbaye de Saint-Serge, de l'église de Brièles. Il fut du nombre des commissaires nommés en 1087, par I*duc Alain Fergent, pour juger le différend que ses chapelains avaient avec les religieux de Redon. Ce prélat eut pour coopéra leur, en qualité d'archiprêtre, le célèbre Robert d'Arbrissel, qui fut ensuite le fondateur de l'ordre de Font-Evrault. La mort de Silvestre est marquée au 18 janvier 1096, dans l'ancien Gallia Christiana.

 

Guerech, fils naturel d'Alain Barbetorte, fut élevé dans l'abbaye de St-Benoît-sur-Loire. Il en sortit en 981 et revint à Nantes où il se chargea de l'administration  de l'église vacante, après la mort de Gautier. Son frère Hoël étant mort quelques mois  après, il succéda au comté de Nantes et épousa Aremberge. On prétend qu'il ne fut jamais ordonné, et qu'il employa les revenus de l'évêché aux réparations de l'église. Il mourut en 990, et laissa un fils prénommé Alain.

 

Judicaël, fils naturel de Hoël et neveu de Guerech, lui succéda dans le comté et l'évêché de Nantes. Mais il fut obligé de se démettre du spirituel pour défendre son comté, que lui disputait Conan, comte de Rennes. Il laissait deux fils : Budic, qui lui succéda et Judith, femme d'Alain Canhiard, comte de Cornouaille.

   

Juthaél, Juhael ou Juhel, fut ordonné par les évêques bretons contre la volonté du pape. Parvenu à cette dignité par les présents qu'il fit au duc, il prit une femme, dont il eut une fille, qu'il maria à un seigneur nommé Guihenoc. Il lui donna pour dot tout ce qu'Alain, fils de Brient, tenait dans le territoire de Dol, et tout ce que les héritiers de Gilduin, fils de Hamon, avaient dans le marais de Dol. Ce ne fut pas les seuls biens de son église que Juhel aliéna ; mais tous ceux qui les retinrent, furent excommuniés dans la suite. 

Un autre constat sans nul doute lié à cette période féodale, les bourgs-castraux que l'on observe ça et là, souvent quand les paroisses voisines ne dépendaient pas d'un même évêché. C'était le cas du bourg de Sainte-Urielle, paroisse dépendant de l'évêché de Dol (voir La paroisse de Sainte-Urielle. Page 1) et depuis rattachée à la localité de Trédias -ancien évêché de Saint-Malo, idem Aucaleuc, bourg castral, enclave de Dol,


 

 

Motte castrale de la Fontaine à Aucaleuc près de La Barre


 

c'est aussi le cas de ce bourg castral de Plouasne -évêché de Saint-Malo (voir La motte-castrale du bourg de Plouasne.), paroisse voisine de celle de Saint-André-des-Eaux -évêché de Dol ou encore le Vieux-Bourg en Plénée-Jugon -évêché de Saint-Brieuc (voir Site des Douves à Plénée-Jugon), voisin de la paroisse de Sévignac -évêché de Saint-Malo.

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Published by poudouvre
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commentaires

steph 29/10/2016 19:43

Bonsoir Michel
Juste pour remettre les pendules à l'heure.
Il n'y avait pas de bourg à Sainte-Urielle.
A proximité, mais au-delà de la limite paroissiale, s'élevait la motte féodale des seigneurs de Trédias.
a plus

poudouvre 30/10/2016 20:34

Bonsoir Stéphane, la mention de bourg castral, ce n'est pas moi qui l'ai évoquée, je n'ai fait que reprendre le terme utilisé par des spécialistes, je sais que le bourg de Sainte-Urielle se composait de l'église près de laquelle était l'auditoire de justice, et un peu en retrait, au détour du chemin le presbytère. En revanche, je supposes que si le terme de bourg castral est utilisé, c'est sans nul doute en référence à la motte castrale évoquée dans les actes touchant le prieuré Saint-Georges, la motte occupait l'emplacement de l'actuel étang, et se trouvait par conséquent très proche du bourg de Sainte-Urielle : une motte de terre avec son circuit avec une mazure et une pièce de terre joignant icelle Motte, nommée vulgairement la Motte, joignant d'un costé au commun et placitre du moulin de Trédias, d'un bout à l'étang de Trédias et d'autre au chemin par lequel on va de Trédias à Sainte Urielle.»