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12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 07:02

 

 

 

Les limites du diocèse de Léon étaient, avant la révolution française, les mêmes que celles de l'ancien comté de Léon, car la Vie de saint Paul-Aurélien nous apprend que les deux pagi Achmensis et Leonensis, entre lesquels était situé celui de Kemenet-Ili, formaient, dès le VIe siècle, un petit état placé sous l'autorité d'un chef unique qui s'appelait Withur. Ce fut sous le règne de ce prince que Paul-Aurélien, l'un de ses parents, vint, avec douze disciples et une suite assez nombreuse, prendre terre sur le continent armoricain. Paulus Aurelianus était né, vers 490, dans le pays de Galles, d'un père nommé Porphius.

 

 

Cathédrale de Saint-Pol-de-Léon et l'ancien palais épiscopal

 

Ayant manifesté, dès sa plus tendre enfance, un goût prononcé pour la vie religieuse, il fut placé par ses parents dans le monastère de Saint-Iltud, où il eut pour condisciples saint David, saint Samson et saint Gildas. On sait qu'à cette époque un grand relâchement s'était introduit parmi le clergé breton, et que les moeurs générales du pays s'en étaient ressenties. Mais, au sein des monastères, dans des ermitages creusés dans le roc ou cachés au fond des bois, vivaient des hommes d'élite dont la vie s'écoulait dans la pratique des plus austères vertus. Le fils de Porphius appartenait à cette phalange de saints dont on peut suivre, dans l'histoire, la trace lumineuse à travers les contrées les plus sauvages de l'ancienne Europe.

 

 

 

Pleyber-Christ

 

Apôtre plein de zèle, missionnaire éloquent, Paul avait prêché avec éclat l'Évangile à divers peuples de la Bretagne, et ceux-ci, dans leur reconnaissance, le demandèrent pour évêque. A cette nouvelle, le saint jeune homme, effrayé d'un tel fardeau, résolut de s'expatrier. Et, en effet, vers 512, il abordait dans l'île d'Ouessant où il se fit bâtir un oratoir (Lan-Paul). Après avoir converti les habitants d'Heussa, où le druidisme était resté vivant, Paul, se sentant appelé à de plus importantes conquêtes, passa sur le continent avec ses compagnons. C'est dans le pagus Achmensis, non loin d'un plou nommé Thelmedovia, que l'exilé fixa d'abord sa demeure. Mais là ne devait pas longtemps s'arrêter le pieux missionnaire.

 

 

 

Lesneven

 

Une œuvre « de Tours, qu'ils ne se croyaient peut-être pas obligés de reconnaître pour leur métropolitain. » Quant au prétendu diocèse des Osismes, dont on veut faire remonter l'origine au commencement du Ve siècle, ni Dom Lobineau, ni les savants religieux, ses collaborateurs, n'en ont, bien entendu, découvert la moindre trace dans l'histoire. Il est rapporté dans la Vie de saint Paul de Léon que, sentant sa fin approcher, il désigna lui-même, devant le peuple assemblé, celui de ses disciples qu'il jugeait digne de lui succéder. C'était là, en effet, un antique usage des nations bretonnes.

 

 

 

Eglise de Tregarantec

(cliché  Wikipédia)

 

Subdivisions ecclésiastiques.

 


 

Le diocèse de Léon paraît avoir été, dès la plus haute antiquité, partagé en trois archidiaconés, ceux de Léon, de Kemenet-Ili et d'Ach. M. J. Desnoyers, dans sa savante Topographie ecclésiastique de la France, parle d'un quatrième archidiaconé Léonais, dont il est fait mention en effet dans une charte du XIe siècle : « Je n'ai trouvé, dit-il, aucun texte qui pût aider à déterminer la situation et à prouver l'existence, durable ou passagère, de l'archidiaconé d'Audour. Ce nom n'aurait-il pas servi aussi à désigner (d'un des archidiaconés connus,?» La conjecture est parfaitement fondée. On nommait Daoudour une ancienne et importante seigneurie située dans l'archidiaconé de Léon, et qui, avec les fiefs de Coetmeur et de Kermilin, forma plus tard ce qu'on appelait le comté de Coetmeur. Évidemment l'archidiaconé de Daoudour n'était autre que celui de Léon. Voici quelles étaient les limites des trois archidiaconés :

 

 

 

Eglise de Guimiliau


 

1. L'archidiaconé de Léon, ou grand archidiaconé, s'étendait de la rivière de Quefleut à celle de la Flèche; il comptait vingt-six paroisses et vingt trois trêves.

 

Batz

Cléder

Commana et sa trève Saint-Sauveur

Guimiliau et sa trève Lampaul-Guimiliau

Lanhouarneauz et Tréveur

Pleyber-Christ

Le Tréhou et ses trèves Tréflévénez et Tréveur

Plounévez-Lochrist

Ploudiry et ses trèves La MartyreLa Roche-MauriceLoc EguinerPencran et Pont-Christ

Plouénan

Plouescat

Plougar et sa trève Bodilis

Plougoulm

Plougourvest et sa trève Landivisiau

Plounéour-Ménez et sa chapelle Loc-Eguiner-Saint-Thégonnec

Plouvorn et ses trèves Mespaul et Sainte-Catherine

Plouzévédé et sa trève Berven

Saint-Martin-des-Champs et sa trève Sainte-Sève

Saint-Thégonnec

Saint-Vougay

Sibiril

Sizun et ses trèves Locmélar et Saint-Cadou

Taulé et ses trèves CarantecHenvic et Penzé

Tréflaouénan et ses trèves Quéran et Trézilidé



 

 

 

Le Folgoët


 

2. L'archidiaconé de Kemenet-Ili avait pour limites les deux cours d'eau de la Flèche et d'Abervrac'h; il renfermait vingt et une paroisses et quatre trêves.

 

 

Brouennou

Elestrec et sa chapelle Le Folgoët

Goulven

Guisseny et sa trève Saint-Frégant

Kerlouan et sa trève Lerret

Kernilis et sa trève Lanarvily

Kernouës

Landéda

Lanneuffret

Lannilis

Lesneven et sa trève Languengar

Ploudaniel et ses trèves Saint-Méen et Trémaouézan

Plouédern

Plouguerneau et sa trève Trémenec'h

Plouider

Plounéour-Trez et sa chapelle Brignogan

Plounéventer et ses trèves Saint-Derrien et Saint-Servais

Tréflez

Trégarantec, où se trouvait le siège de l'archidiaconé 


 

 

 

 

Saint-Derrien

 

 

3. L'archidiaconé d'Ac'h était compris entre l'Abervrac'h et l'Elorn; il se composait de quarante et une paroisses et de dix-sept trêves. Rien n'indique que la subdivision par doyennés ait jamais existé dans l'évêché de Léon. Le Minihi-Saint-Pol, ou asile de Saint-Pol-de-Léon, comprenait les sept paroisses qui entouraient la ville épiscopale.  

 

Beuzit-Conogan

la ville de Brest avec ses deux paroisses : Saint-Louis (et sa trève Saint-Marc) et Saint-Sauveur

Bréventec

Guilers et sa trève Bohars

Guipavas et sa chapelle Le Relecq-Kerhuon

-Plabennec

La Forest-Landerneau et sa trève Saint-Divy

la ville de Landerneau avec ses deux paroisses : Saint-Houardon et Saint-Julien

Lambézellec

Lampaul-Plouarzel

Lampaul-Ploudalmézeau

Landunvez et sa trève Kersaint-Trémazan

Lanildut

Lanrivoaré

Larret

Le Drennec et sa trève Landouzan

Loc-Brévalaire

Lochrist et sa chapelle Le Conquet

Milizac et sa trève Guipronvel

île de Molène

île d'Ouessant

Plabennec et sa trève Locmaria-Lann

Plouarzel

Ploudalmézeau et sa trève Saint-Pabu

Plougonvelin et sa trève Saint-Mathieu-de-Fineterre

Plouguin et ses trèves Coatméal et Locmajan

Ploumoguer et sa trève Lamber

Plourin et sa trève Brélès

Plouvien et ses trèves Balanant et Bourg-Blanc

Plouzané et sa trève Locmaria

Porspoder

Saint-Pierre-Quilbignon

Saint-Renan

Saint-Thonan

Trébabu

Tréglonou

Tréouergat

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson

 

 

 

La chapelle Notre-Dame du Kreisker à St-Pol-de-Léon

(cliché Wikipedia)

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Published by poudouvre
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