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10 octobre 2016 1 10 /10 /octobre /2016 12:25

 

Selon la tradition, saint Clair, l'apôtre des Nannètes, aurait aussi prêché la foi dans la Vénétie et dans le pays des Rhedons. Mais, quoi qu'il en puisse être, il est certain que l'établissement du diocèse de Vannes ne remonte pas plus haut que la dernière moitié du Ve siècle, d'où la preuve, soit dit en passant, que toutes les cités désignées dans la notice des provinces ne furent pas, comme on l'a prétendu, des sièges d'évêchés. C'est en 465, dans un concile convoqué par Perpetuus, métropolitain de Tours, que Vannes reçut pour premier évêque l'armoricain saint Patern, qui mourut, peu d'années après, chez les Francs où les Goths l'avaient forcé de se réfugier. Modestus, son successeur, dont le nom est inscrit parmi ceux des Pères du concile d'Orléans, en 511, mit tout en oeuvre, sans doute, pour répandre le christianisme parmi les pagani de son diocèse. Mais son zèle, à ce qu'il paraît, ne fut guère récompensé, car, plus de trente ans après la mort de Patern, les habitants de la Vénétie étaient encore presque tous païens: «erant enim tune temporis Venetenses pene omnes gentiles .» On a essayé de nos jours. comme au XVIIIe siècle, de contester ce fait, qui concorde si bien avec les assertions de Sulpice Sévère et de Grégoire de Tours. Mais, outre que le témoignage du biographe de saint Melaine est décisif, nous ferons remarquer que l'hagiographe félicite l'illustre évêque, son contemporain, d'avoir effacé, chez les Rhedons eux-mêmes, les derniers vestiges de l'idolâtrie. Or, si dans l'évêché de Rennes, dont la fondation remonte au moins à 439, des idolâtres se montraient encore du temps de saint Melaine, à plus forte raison en devait-il être ainsi, à la même époque, dans l'évêché de Vannes, institué depuis si peu d'années et où le druidisme paraît avoir survécu plus longtemps qu'ailleurs. Quoique les Bretons eussent introduit, dans toutes les contrées où ils s'établirent, les coutumes de leur Église particulière, il est certain que, jusqu'à l'avènement de Nominoë au trône, le siège de Vannes ne fut pas soustrait à la juridiction de la métropole de Tours. Le discours adressé par l'évêque Regalis au duc Ebrachaire, le jour de son entrée dans Vannes, pourrait faire croire le contraire; au fond, cependant, les paroles du prélat n'attestent qu'une chose, c'est que les Bretons faisaient sentir durement leur joug au clergé gallo-romain. Les évêques de Vannes, comme ceux de Rennes et de Nantes, prenaient presque toujours parti pour les rois francs contre les petits souverains du Bas-Vannetais. Aussi, quand l'un de ces derniers s'avisait d'envoyer quelque prélat vénète en mission près d'un prince mérovingien, celui-ci, mécontent de la démarche, condamnait l'ambassadeur à l'exil et lui interdisait même de rentrer plus tard dans son diocèse. C'est ce qui advint, sous Waroch II, à l'évêque Ennius. Cette dépendance imposée à l'église de Vannes par les Mérovingiens se prolongea jusqu'au milieu du IXe siècle. Régnier, on se le rappelle, fut presque toujours en hostilité contre Nominoë, et tel était envers Charles le Chauve le dévouement de Suzannus, que Nominoë se crut obligé de le faire descendre de son siège. Sous le règne du libérateur des Bretons, les limites du diocèse vénète se modelèrent exactement sur celles de l'ancienne cité. Le Browerech, après la mort de l'intrus Gislard, s'accrut, il est vrai, de plusieurs paroisses du pays nantais, usurpées par ses évêques; mais, sur la prière de Fulchric, nous l'avons dit plus haut, Alain le Grand mit fin à ce désordre. Depuis cette époque jusqu'à la révolution française, la circonscription du diocèse a peu varié. Il avait pour frontière, à l'ouest, le cours de l'Ellé et celui de la Laita jusqu'au delà de Plouré. A partir de ce point, la ligne de délimitation se dirigeait sur Gouarec, où elle faisait angle sur le diocèse de Cornouaille, et, descendant le Blavet jusqu'aux abords de Pontivy, elle allait aboutir, au nord-ouest de cette ville, à la rivière d'Oust, qu'elle suivait jusqu'à Malestroit. De Malestroit, la ligne, après avoir décrit plusieurs sinuosités jusqu'aux bords de l'Aff, au-dessus du Temple, prenait la direction du sud-est,et gagnait la Vilaine qui formait la frontière commune des deux évêchés de Vannes et de Nantes. Lorsque les circonscriptions départementales furent établies, on crut devoir sacrifier les délimitations naturelles à des convenances d'un autre ordre. L'ancien diocèse de Vannes, dont l'aspect topographique était des plus irréguliers, fut alors ramené à la forme plus simple d'un parallélogramme. Pour former le nouveau diocèse, on prit, sur l'ancien évêché de Saint-Malo, une grande partie des paroisses dont se compose l'arrondissement actuel de Ploermel; sur l'évêché de Cornouaille,les districts du Faouet et de Gourin, plus un certain nombre de paroisses qui dépendent aujourd'hui des cantons de Pontivy et de Cléguérec. Enfin, au département du Morbihan fut annexé le canton de la Roche-Bernard, enlevé au diocèse de Nantes. L'auteur du Pouillé de 1646 place six abbayes dans l'évêché de Vannes, et, parmi elles, il cite l'abbaye de Notre-Dame-de-la-Monge, qui était tout simplement le prieuré de Notre-Dame-la-Montjoie, et l'abbaye de Notre-Dame-de-Saint-Pierre, qui n'a jamais existé. Il n'y avait dans le diocèse que cinq monastères d'hommes. C'étaient les abbayes de Redon, de Saint-Gildas de-Rhuys, de Locminé, de Prières et de Lanvaux. Une communauté de femmes, l'abbaye de la Joie, s'élevait aux portes d'Hennebont. On trouvera plus loin la liste des prieurés de l'évêché de Vannes, liste aussi complète que possible

 

 

 Saint-Gildas-de-Rhuys


 

Subdivisions ecclésiastiques.


 

Le diocèse de Vannes, quoi qu'en ait pu penser le docte auteur de la Topographie ecclésiastique de la France, ne renfermait qu'un seul archidiaconé, dont le titulaire, chose digne de remarque, n'exerçait aucun pouvoir sur les doyennés du diocèse. Ces doyennés étaient au nombre de six, savoir :

 

1. Le doyenné de Pou-Belz, ou de Mendon qui renfermait dix-sept paroisses :

 

Belz;

Brech;

Carnac;

Crach ;

Erdeven ;

Kervignac ;

Locmariaquer;

Locoal, avec sa trêve Sainte-Hélène   (désignée aussi sous le nom  de paroisse de Locoal-Hennebont) ;

Mendon ;

Merlévenez (dont l'église paroissiale était anciennement à Trévelzun);

Nostang ;

Ploemel ;

Plouharnel ;

Plouhinec ;

Quiberon ou Locmaria-de-Quiberon;

Riantec, avec sa trêve le Port-Louis;

Saint-Gildas-d' Auray. primitivement en Brech ;

Saint-Gilles-Hennebont, y compris sa trêve

Saint-Gilles-des-Champs (anciennement paroisse). La paroisse de Saint-Gilles-Hennebont faisait primitivement partie du territoire de Vannes.


 

2. Le doyenné de Kemenet-Héboë, ou de Guidel (vingt paroisses) :

 

 

Arzano, avec sa trêve Guilligomarch (anciennement paroisse);

Berné ;

Bubry, avec sa trêve Saint-Yves;

Caudan;

Cléguer ;

Groix ou Île-de-Groix;

Guidel;

Inguiniel;

Inzinzac, avec sa trêve Penqueslen ;

Lanvaudan, avec sa trêve Calan (anciennement paroisse);

Lesbins-Pontscorff, avec sa trêve Gestel (anciennement paroisse) ;

Lorient ou St-Louis-de-Lorient. anc. en Ploemeur;

Meslan ;

Ploemeur;

Plouay ;

Quéven . avec sa trêve Bihoué (anc' paroisse):

Quistinic;

Rédené , avec sa trêve Saint-David;

Saint-Caradec-Hennebont ;

Saint-Caradec-Trégomel , avec sa trêve Kernascléden.


 

 

 

Maison abbatiale Notre-Dame de Lanvaux à Brandivy

(d'après éditions Le-Flohic)


 

3. Le doyenné de Kemenet-Guingamp,ou de Guéméné-Guengamp (dix neuf paroisses)

 

Bieuzy (unie à l'ancienne paroisse de Caslennec) ;

Cléguérec , avec ses trêves Saint-Aignan et Sainte-Brigitte ;

Guern, avec sa trêve Saint-Michel ;

Langoëlan, avec sa trêve le Merzer (anciennement paroisse);

Lescouet ;

Liguol, avec sa trêve Saint-Yves;

Locmalo ou Locmalo-Guérnené ;

Malguénac, avec sa trêve Stival (anciennement paroisse) ;

Mellionnec ;

Melrand ;

Persquen ;

Plélauff;

Ploërdul, avec sa trêve Locuon;

Plouguernevel, avec ses trêves Bonen, Locmaria et Saint-Gilles-Goarec : cette paroisse faisait anciennement partie du diocèse de Cornouaille ;

Plourny ;

Priziac;

Saint-Tugdual (primitivement trêve du Croisty), avec sa trève le Croisty (anciennement paroisse);

Séglien, avec sa trêve Lescharlins (aujourd'hui Saint-Germain, paroisse au XVe siècle) ;

Silfiac, avec sa trêve Perret (ancienne paroisse).

 



 


 Abbaye de Redon

 

 

4. Le doyenné de Porhouet (trente-trois paroisses);

 

 

Baud;

Bignan ;

Bohal, anciennement trêve de Saint-Marcel, et primitivement paroisse : cette paroisse faisait partie du territoire de Rieux au XVe siècle;

Buléon, anciennement trêve de Saint-Allouestre;

Camors ;

Crédin ;

Croixanvec;

Cruguel (anciennement trêve de Billio, et primitivement paroisse), avec sa trêve Billio (anciennement paroisse);

Guégon, avec ses trêves Coët-Bugat (anciennement paroisse) et Trégranteur;

Guéhenno, avec sa trêve la Chapelle-ès-Brières (anciennement paroisse);

Guénin ;

Lontillac;

Locminé ou Saint-Sauveur-de-Locminé, anciennement dans la paroisse de Moréac;

Moréac ;

Moustoirac ou Moustoir-Radenac ou Moustoir-Locminé, anciennement trêve de Locminé, et primitivement paroisse ;

Naizin;

Noyal-Pontivy (dont l'église paroissiale était anc. à Sainte-Noyale), avec ses trêves Gueltas. Kerfourn, Saint-Gérand, Saint-Thuriau:

Pleugriffet;

Plumelec, avec sa trève Saint-Aubin (anciennement paroisse);

Pluméliau, avec sa (rêve Saint-Nicolas-des-Eaux ;

Plumelin;

Pontivy;

Quily, anciennement trève de Sérent;

Radenac ;

Réguiny ;

Remungol, avec sa trève Moustoir-Remungol (ancienne paroisse) ;

Rohan, anciennement trève de Saint-Gouvry et primitivement paroisse ;

Saint-Allouestre;

Sainte-Croix (de Josselin);

Saint-Gonnery ;

Saint-Gouvry, anciennement trève de Rohan ;

Saint-Jean-Brévelay ;

Saint-Marcel ;

Saint-Servant;

Sérent, avec ses trêves Lizio, le Roc-Saint-André et Saint-Guyomard (ou Saint-Maurice).

 

 

Notre-Dame des Prières à Billiers

(document Wikipédia)

 

 

5. Le doyenné de Péaule (quinze paroisses) ;

 

Ambon;

Arzal , avec sa trêve Lantiern ; 

Berrric

Billiers ;  

Bourg-Paul-Muzillac;  

Caden; Noyal-Muzillac;

Larré ;  

Lauzach ; 

Limerzel ;

Malansac;

Marzan ;

Molac : la paroisse de Molac faisait partie du territoire de Rieux pendant le XVe siècle et aussi pendant le XVIe;

Noyal-Muzillac, avec sa trêve le Guerno;

Péaule ;

Pluherlin, avec sa trêve Rochefort;

Questembert


 

6. Le doyenné de Carentoir (sept paroisses).

 

Carentoir, avec ses trêves la Chapelle-Gaceline, la Gacilly, la Haute- Bourdonnaye ou les Hautes-Bouessières, Quelneuc;

Malestroit ou Saint-Gilles-de- Malestroit, anciennement trêve de Missiriac, et primitivement paroisse : Malestroit faisait partie du territoire de Rieux au XVIe siècle;

Missiriac, anciennement trêve de Malestroit, et primitivement paroisse : la paroisse de Missiriac faisait partie du territoire de Rieux au XVIe siècle; Renac ;

Ruffiac, avec sa trêve Saint-Nicolas-du-Tertre;

Saint-Just;

Sixt;

Temple de Carentoir (Le), anciennement trêve de Carentoir, et primitivement paroisse ;

Tréal.


 

Outre ces six doyennés, l'évêché de Vannes renfermait les quatre territoires suivants : 

 

 

 

Cathédrale de Vannes

 

1. Le territoire de Vannes (trente-quatre paroisses) :

 

Arradon, avec sa trêve l'île-aux-Moines ; Ile-d'Arz (L') (unie à Ilur):

Arzon; 

Baden; 

Brandérion, anciennement trêve de Languidic; 

Elven, avec ses trêves Aguénéac et Trédion;

Grand-Champ, avec ses trêves Brandivy et Locmaria;  

Houat, anciennement trêve de Saint-Goustan-de Rhuis

Île d'Arz (unie à Ilur)

Landaul;

Landévant; 

Languinic;

Meucon;

Notre-Dame du Méné (à Vannes);

Noyalo;

Plaudren (unie à Saint-Bily), avec ses trêves Locqueltas et Monterblanc;

Plescop;

Ploeren;

Plougoumelen;

Plumergat, y compris sa trêve Mériadec-Coëtsal;

Pluneret ;

Pluvigner, avec sa trêve Saint-Bieuzy ;

Saint-Avé;

Saint-Gildas-de-Rbuis( anciennement Saint-Goustan) , avec sa trêve Hoedic 

Saint-Gouslan-d' Auray ;

Saînt-Nolff;

Saint-Patern (de Vannes) ;

Saint-Pierre (de Vannes), anciennement Sainte-Croix ;

Saint-Salomon (de Vannes);

Sarzeau;

Séné;

Sulniac, avec ses trêves le Gorvello et la Vraie-

Croix ;

Surzur, avec ses trêves le Hézo et la Trinité-de-la-Lande ;

Theix;

Treffidan, avec sa trêve Bizole.

Rhuis; Locqueltas et Monterblanc;

 

 

 

Ancien Palais Episcopal de Vannes


 

2. Le territoire de Rieux (quinze paroisses);

 

Allaire, avec sa trêve Saint-Gorgon ;

Begänne;

Fougerêts (Les) ;

Glénac (anciennement trêve de Couraon, et primitivement paroisse), avec sa trêve Cournon (anciennement paroisse, et primitivement en celle de Bains) : Glénac faisait partie du doyenné de Carentoir au XVe siècle;

Peillac;

Pleucadeuc;

Rieux, avec sa trêve Saint-Jean-des-Marais ;

Saint-Congard ;

Saint-Gravé ;

Saint-Jacut;

Saint-Laurent-de-Grée-Neuve : cette paroisse faisait partie du doyenné de Carentoir au XVe

siècle ;

Saitit-Martin-sur-Oust;

Saint- Vincent-sur-Oust, avec sa trêve Saint-Perreux.


 

3. Le territoire de Redon (quatre paroisses);

 

Bains;

Brain ;

Langon ;

Redon.


 

4. Le territoire de Belle-Ile (quatre paroisses).

 

Bangor ;

Locmaria ;

Palais (Le) ou Saint-Gérand du Palais ;

Sauzon.

 

 

Abbaye Notre-Dame de  Joie à  Campénéac 

 

Les limites des doyennés, comme celles des territoires, sont indiquées, sur notre carte, avec une exactitude qu'il n'a pas dépendu de nous de rendre plus rigoureuse. Le diocèse de Vannes ne comptait pas seulement, comme subdivisions ecclésiastiques, un archidiaconé,des doyennés, des territoires, des paroisses ; ces dernières étaient elles-mêmes fractionnées en trêves et en frairies. On nommait trêves, en Bretagne, de petites églises, ou succursales, dépendantes d'une église principale. Ainsi, pour ne pas sortir du pays des Vénètes, la paroisse de Carentoir renfermait quatre trêves: Haute-Bourdonnaye, La Chapelle-Gaceline, La Gacilly et Quelleneuc; la paroisse de Lanvaudan, deux trêves: Calan et Locmélé ; la paroisse d'Elven, deux trêves: Aguenac et Trédion, etc. On sait que, chez les Bretons insulaires, le territoire de chaque petite peuplade était divisé en districts composés chacun de cent trêves (contref). Nous voyons, par les lois d'Hoël le Bon, que, dans le pays de Galles, les trêves étaient l'objet de faveurs spéciales, lorsqu'une église y était fondée: « Que si une église est bâtie, avec l'autorisation du roi (Brenin), sur le territoire d'une trêve habitée par des serfs, et qu'il s'y trouve un prêtre disant la messe et un lieu de sépulture pour les morts, dès ce moment, la trêve est libre. » La frairie était une subdivision inférieure à la trêve elle-même. Dans le diocèse de Vannes, en Tréguer, en Cornouaille, les paroisses renfermaient plusieurs frairies, ayant chacune leur chapelle qui était desservie quelquefois par un prêtre spécial. Nous donnons plus bas une sorte de statistique de ces petites agrégations religieuses dont le gouvernement paraît avoir été placé, assez anciennement, entre les mains d'un petit conseil de fabriciens.  Les évêques de Vannes résidaient à Vannes, au Manoir de la Motte, ancien château ducal (plus tard la préfecture); ils avaient aussi une résidence d'été au manoir de Kerango, en la paroisse de Plescop, ci-dessous, d'après éditions Le-Flohic.

 

 

 

Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson 

 

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Published by poudouvre
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