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13 octobre 2016 4 13 /10 /octobre /2016 08:22

 


 

A la suite de graves événements dont la trace, cependant, s'aperçoit à peine dans l'histoire, Corseult, l'antique capitale des Curiosolites, avait été anéantie. Alet, qui, vers la fin du IVe siècle, servait encore de résidence à un préfet des soldats de Mars, ne paraît pas avoir échappé non plus aux ravages exercés dans la péninsule par les pirates germains. La ville était en effet presque déserte, lorsque de nombreux essaims de fugitifs bretons vinrent aborder sur ses rivages en 513. Riwal II, leur chef, ayant réussi à fonder une nouvelle Domnonée dans la région septentrionale de la péninsule, le port d'Alet reprit toute l'activité qu'il avait perdue.

 

 

Résidence d'été des évêques de Saint-Malo

à Saint-Malo de Beignon

 

Toutefois,quoique les Bretons, chrétiens pour la plupart, dominassent complètement dans le pays, on voit, par la Vie de saint Malo, que la cité dont il fut véritablement l'apôtre renfermait une population presque entièrement païenne vers le milieu du VIe siècle. Maclovius, auquel on donne aussi le nom de Machutus, était né, selon le P. Le Large et Dom Lobineau, « dans le pays même dont il fut le premier évêque.» Mais le fait n'est point énoncé dans les deux anciennes légendes publiées par D. Mabillon et par D. Morice.

 

 

Abbaye de Saint-Méen

 

Ce qu'il y a de certain, c'est que, bien jeune encore, Malo fut confié aux soins de saint Brendan qui l'éleva dans son monastère de Lan-Carvan, au pays de Cambrie Sous un tel maître, la piété, la vertu, les talents du jeune Breton jetèrent un si vif éclat, que, l'évêque du pays étant mort, les habitants demandèrent à grands cris que Malo lui fût donné pour successeur. Le saint jeune homme protesta autant qu'il fut en lui; mais, malgré son refus et ses larmes, il fut élevé à l'épiscopatil. Pour échapper au fardeau, le seul moyen c'était de fuir. Malo n'hésita pas; ayant fait avertir quelques disciples, il s'embarqua furtivement avec eux, et leur vaisseau, guidé par un ange, dit l'hagiographe, vint aborder non loin d'Alet, dans l'île de Cézembre. Après plusieurs années passées dans cette solitude, le jeune anachorète alla s'établir dans une autre île, plus rapprochée de l'antique cité. Là, de pieux chrétiens, comme lui fatigués des bruits du monde,venaientincessammentse placer sous sa discipline, lorsque le peuple d'Alet, lui faisant violence à son tour, le choisit pour évêque Le P. Le Large, et d'autres écrivains, à son exemple, ont avancé que, dès le VIe siècle, Alet était devenu le siège d'un diocèse à limites fixes, dont aurait relevé, ajoutent-ils, l'évêché-monastère de Dol.

 

 

Abbaye de Beaulieu en Languédias

 

Mais c'est là, je ne crains pas de le dire, une assertion dénuée de toute espèce de fondement. Saint Malo, comme saint Brieuc et saint Tugdual, était, en effet,un simple évêque régionnaire, placé sous la dépendance de saint Samson, lequel, depuis l'avènement de Judual au trône, remplissait véritablement l'office de métropolitain de la Domnonée. Prétendre,comme l'a fait le P. Le Large, que saint Malo fit le voyage de Tours non-seulement afin d'aller prier au tombeau de saint Martin, «mais encore dans le but d'y reconnaître son archevêque, » est une assertion que rien ne justifie. Les évêques d'Alet, comme leurs collègues de la Bretagne proprement dite, n'avaient point contracté d'union canonique avec le métropolitain de Tours, et l'organisation des églises domnonéennes, calquée sur celle des églises de la Bretagne insulaire, était si bien restée intacte dans ce coin de la péninsule, qu'on la retrouve en pleine vigueur du temps même de Charlemagne. Dans un titre du monastère de Saint-Méen, publié par D. Lobineau, un évêque de Saint-Malo rappelle, en 1294, sous forme de vidimus, un diplôme de Louis le Débonnaire, où l'on voit que, durant le règne du grand empereur, l'église d'Alet avait obtenu de la munificence de ce dernier la restitution de biens assez considérables enlevés au monastère de Saint-Méen et Saint-Judicael. Or, qui gouvernait, à cette époque, l'antique abbaye dont les Francs avaient naguère pillé le trésor, ravagé les terres et brûlé les églises ? C'était précisément le même Hélocar désigné. dans l'acte, sous le titre d'évêque-abbé, et qui, du fond de son monastère, sans qu'aucun siège fût affecté à son office, remplissait, dans une circonscription plus ou moins étendue, et sous l'autorité de l'évêque de Dol, les fonctions d'évêque régionnaire.

 

 

Ancienne cathédrale d'Alet

 

Cet état de choses, tout à fait conforme aux vieilles coutumes des Bretons insulaires, ne cessa d'exister, dans la Domnonée, que quand Nominoë, monté sur le trône, y eut organisé des diocèses réguliers et à limites fixes, comme ceux du pays des Francs. L'histoire nous apprend que ces limites varièrent peu du IXe siècle au XVIIIe. L'évêché d'Alet, transféré, depuis 1152, dans la ville de Saint-Malo, avait pour bornes, au sud-ouest et à l'ouest, les évêchés de Vannes et de Saint-Brieuc, dont nous avons fait connaître la délimitation; à l'est, le diocèsede Rennes; au nord-, mais dans un espace très-restreint, la Manche. Le diocèse de Saint-Malo était l'un des plus étendus de la péninsule : il renfermait cinq abbayes, deux collégiales, plus de cent prieurés, cent soixante et une paroisses et vingt-quatre trêves ou succursales. On trouvera dans les Pouillés placés à la fin du volume beaucoup d'autres renseignements que nous sommes obligé, faute d'espace, de supprimer ici. Plusieurs évêques d'Alet et de Saint-Malo sont désignés, dans le Cartulaire de Redon, sous le titre d'évêques du Poutrecoet, Episcopi in Poutrecoet.

 

 

Abbaye de Paimpont

 

Cela ne veut pas dire, assurément, que le territoire dont se composait le diocèse d'Alet eût la même étendue que le pagus trans silvam; mais, comme des hommes instruits sont eux-mêmes tombés dans cette erreur, nous allons indiquer, en très-peu de mots, quels territoires comprenait le primitif Poutrecoet, ce pays des bois, dont il est si souvent parlé dans notre Cartulaire, et qui, sous la plume des poètes du moyen âge, est devenu le théâtre de tant de merveilles. Il existait autrefois, en Bretagne, deux circonscriptions ecclésiastiques et une circonscription féodale désignées sous le nom de Poutrecoet ou de Porhoët, par contraction ; c'étaient: i°l'archidiaconé de Porhoët, au sud de l'évêché de Saint-Malo ; 2° le doyenné de Porhoët, dans l'évêché de Vannes; 3° le comté de Porhoët. L'ancien Poutrecoet, ou pagus trans silvam, renfermait les trois territoires. M. A. de la Borderie a très-bien établi les limites du comté de Porhoët, tel qu'il fut constitué au XIe siècle: il s'étendait, en longueur, de l'est à l'ouest, depuis Campénéac jusqu'à Plouguernevel, -et, en largeur, depuis Corlai jusqu'à Camors.

 

 

Abbaye de Léhon

 

Or, si l'on ajoute à ce territoire les parties de l'archidiaconé et du doyenné de Porhoët situées hors des limites de la grande seigneurie de ce nom -ce qui porte le pagus traits silvam jusqu'à Montfort et Guichen ; -si, d'un autre côté, l'on tient compte de ce fait, aujourd'hui constaté, que la forêt de Brécilien, dont les ombrages couvraient le Poutrecoet,s'avançait, au delà de Rostrenen, jusque dans la paroisse de Paul, l'on peut dire, sans exagération, que cette vaste région boisée, dont nous donnons plus loin les curieux usements, occupait, au centre de la péninsule, un espace d'environ trente lieues de longueur, sur douze ou quinze de largeur.   

 

 

Cathédrale de Saint-Malo

 

Subdivisions ecclésiastiques. -Archidiaconés. -Doyennés.


 

L'évêché de Saint-Malo se composait de deux archidiaconés (Dinan et Porhoët) et du Pou-Alet, ou territoire de la cité.


 

I. L'archidiaconé de Dinan, dont faisaient partie les doyennés de Poudouvre, de Bécherel et de Plumaudan, renfermait soixante- dix-sept paroisses et sept trêves.


 

II. L'archidiaconé de Porhoët, situé au sud du diocèse, se composait des doyennés de Montfort, Beignon, La Nouée, Lohéac, et comprenait soixante-dix-huit paroisses, avec dix-sept trêves. Les bornes des sept doyennés précités correspondaient-elles aux limites de divisions territoriales plus anciennes ? Aucun document ne l'indique ; mais on peut conjecturer, avec quelque vraisemblance, que le Pou-Alet, ou territoire propre de cette ville, reproduisait une circonscription antérieure à l'arrivée des Bretons. Ce petit pagus était borné, au nord, par la Manche à l'est (sous les marais de Dol), par des lais de mer; à l'ouest, par la Rance ; au sud, par les marais de Châteauneuf de La Nouée, qui formaient la limite du diocèse de Rennes. Extraits de La Bretagne, du Ve au XIIe siècle, par M. Aurélien de Courson


 

 

 

Abbaye du Tronchet

 

page non terminée

 

Doyenné de Poulet :


 

Saint-Malo

Saint-Servan, (autrefois Alet)

Cancale

Châteauneuf

La Gouesnière

Paramé

Saint-Benoît des Ondes

Saint-Jouan des Guérets

Saint-Méloir des Ondes

Saint-Suliac

Saint-Père-Marc-en Poulet. 

 

 

Doyenné de Poudouvre :


 

Bourseul

Corseul, l'Abbaye, trève de Corseul

Créhen

Dinan, St-Malo

Lancieux

Langrolay

Plélan le Petit, et St-Michel de Plélan sa trève

Pleslin

Plessix Balisson

Pleurtuit

Plorec, et sa trève Lescouët

Ploubalay

Plouër

Quévert

Saint-Briac

Saint-Enogat

Saint-Lunaire

Saint-Maudez

Taden

Trégon

Trélivan

Tréméreuc

Trigavou

Vildé-Guingalan


 

Doyenné de Plumaudan :


 

Broons

Brusvily

Calorguen

Caulnes

Chapelle du Lou

Dinan St-Sauveur

Eréac

Guenroc

Guitté

Landujan

Languédias (prieuré cure)

Lanrelas

Léhon

Médréac

Mégrit (prieuré cure)

Plumaudan

Plumaugat

Saint-Jouan-de-L'Isle, La Chapelle Blanche, sa trève

Saint-Juvat

Saint-Maden

Sévignac, Rouillac, sa trève

Trédias (prieuré cure)

Trémeur

Trévron

Yvignac


 

Doyenné de Bécherel


 

La Baussaine

Bécherel

Cardroc

Chapelle Chaussée

Combourg

Dingé

Evran

Les Iffs, Saint-Brieuc des Iffs, sa trève

Langouët

Lanrigan

Longaulnay

Lourmais

Plouasne

Québriac

Le Quiou

Saint-Domineuc

Saint Gondran

Saint-Léger

Saint-Pern

Tinténiac, Trimer, sa trève

Trévérien


 

Doyenné de Beignon

 

Augan

Beignon

Campénéac

Caro

Comblessac, La Brûlais, sa trève

Guer, Monteneuf, sa trève

Lieuron

Loutehel

Maure, Campel, sa trève

Mauron

Maxent

Memel

Néant

Paimpont, Saint Péran, sa trève

Plélan le Grand, Treffendel, sa trève

Ploërmel, La Chapelle, sa trève

Reminiac

Saint-Abraham, Monterrein, sa trève

Saint-Brieuc de Mauron

Saint-Malo de Beignon

Saint-Séglin

Tréhoranteuc

 

 

Doyenné de La Nouée


 

Croix-Héléant, Montertelot, sa trève

Gomené

Guilliers

Josselin Notre-Dame

Josselin-St-Martin

Josselin St-Nicolas

Loyat, Gourhel, sa trève

Ménéac, Héléant, sa trève

Glac vel Guillac, Evriguet, sa trève

Merdrignac

Mohon, La Grée-St-Laurent, sa trève

La Nouée

Pommeleuc

Taupont

La Trinité


 

Doyenné de Loréac


 

Baulon

Bréal

Bruc

Chapelle Bouexic

Goven

Guichen

Guignen

Guipry

Lassy

Lohéac

Pipriac, Saint-Ganton, sa trève

Saint Germain des Prés

Saint-Malo du Phily

Saint Senoux

Saint Thurial


 

Doyenné de Monfort


 

Bédée

Boisgervily

Breteil

Clayes

Concoret

Coulon

Le Crouais

Gaël

Monfort St-Jean

Montfort St Nicolas

Pleumeleuc

Quédillac

Romillé

Saint-Gonlay

Saint-Léry, Muel, Le Bran, ses trèves

Iffendic, Bleruays, sa trève

Irodouer

Miniac

Montauban

Monterfil

Saint-Malon

Saint-Maugan

Saint-Méen (le Grand)

Saint-Onen (la Chapelle)

Talensac, Le Verger, sa trève

Trémorel, Loscouët (sur-Meu), sa trève

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Published by poudouvre
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