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2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 14:02

Il est permis de penser que, avant les guerres, au temps de saint Yves, l'affluence était autre ; et, pour notre part, nous croyons le P. Champion bien informé quand il date la grande vogue du pèlerinage du temps de saint Yves. Nous aurons bientôt la preuve que la décadence était assez accentuée avant 1421. Mais auparavant, suivons le plus illustre pèlerin dont l'histoire nous dise le nom. Malade de la rougeole à Rennes, en mal 1419, Jean V avait promis le voyage des Sept-Saints. Il accomplit ce voeu au premier temporal, celui de saint Michel. Les dates d'actes authentiques, lettres et mandements signés par le duc vont nous renseigner sur son itinéraire. Jean V êtait « à son châtel d'Auray » le 21 septembre.

 

 

"Chastel d'Auray "

(document Wikipedia)

 

 

C'est quelques jours après qu'ayant visité saint Patern, il partit à pied avec son fidèle amiral de Penhoët : il se dirigea sur Dol et Saint-Malo; le 22 octobre, il est à Dinan : il y séjourne et aussi en son château de Jugon où il est encore le 29 octobre ; le 15 novembre, il est à Saint-Pol-de-Léon ; et c'est seulement un acte du 9 décembre qui nous apprend son retour à Vannes. Nous ne disons pas que le 9 décembre soit le jour de son arrivée ; il suffit de remarquer que le jour où le duc arriva à Dinan (22 octobre), le mois du temporal était passé ; et il restait à faire les deux tiers du chemin : le pèlerinage commencé avant la Saint-Michel a excédé de beaucoup le temporal, puisqu'il a duré deux mois jusqu'à l'arrivée du duc à Saint-Pol. Cest que le duc séjournait de proche en proche et s'écartait de la route par exemple quand il allait à son château de Jugon ; et il s'occupait, comme en ses fréquents voyages, des affaires de l'Etat et de celles de la justice, qui lui tenaient tant à coeur. Un acte du cartulaire de l'église de Quimper, daté de 1421, nous apprend que deux temporaux ont été supprimés ; mais II ne nous dit pas depuis quelle époque et quels temporaux subsistaient. D'après ce que nous venons de dire, on ne peut guère douter que le temporal de Noël si peu suivi ne fût un des supprimés, et que le temporal de la Saint-Michel, le plus suivi de tous, ne fût conservé. Pourtant plus de soixante ans après cette date, en 1492, les pèlerins étaient encore assez nombreux pour que « la neuvaine » des offrandes laissées par eux au trône de la fontaine de Kermaria-an-hent, méritât de figurer au rentier d'un prieuré voisin, celui de Locamaud (commune de Fouesnant n'avons pas le rentier de 1492, mais seulement deux rentiers de 1622 et 1650 qui mentionnent celui de 1492 et l'usage pour les pèlerins de visiter la fontaine et d'y laisser une offrande. -Nous reviendrons sur ces mentions. On a dit que cent ans plus tard, un bien autre changement avait été apporté au pèlerinage : la liste des Saints de Bretagne aurait été modifiée: Saint Pierre et saint Guillaume, évéque de Saint-Brieuc, y auraient été introduits, en place de saint Corentin et saint Patern ; les pèlerins, au lieu de visiter Quimper et Vannes, auraient eu à dédoubler leur station de Saint-Brieuc et à visiter Nantes ; en sorte que les stations principales du pèlerinage auraient été désormais Saint-Pol, Tréguier, Saint-Brieuc comptant pour deux, Saint-Malo, Dol, Nantes. L'expression tour de Bretagne n'est plus exacte. Le 11 avril 1518, Nicolas Coetanlem, riche armateur de Morlaix, dictait son testament qui fut rédigé en latin. Il léguait de grosses sommes à diverses personnes et à de nombreuses églises de Bretagne, France, Allemagne et Espagne, notamment à Saint-Jacques en Galice, enfin aux Sept-Saints de Bretagne. Voici la traduction du legs fait aux Sept-Saints: «  Aux Sept-Saints de Bretagne ; sçaroir à M. saint Pierre de Nantes, à M. saint Paul, à M. saint Tugdual, à M. saint Guillaume de Saint-Brieuo: à M. saint Samson, à M. saint Brieuc, à M. saint Malo, à chacun d'eux un ecu porté et faire le tour ainsi que l'on est accoutumé par le dit testateur ou par quelque autre, au nom du dit testateur et en ses dépens. » Ainsi Coetanlem ordonne un pèlerinage aux sept églises des saints qu'il nomme et l'offrande d'un écu à chaque église. Mais, quoiqu'il dise que l'on est accoutumé de faire ainsi le tour, nous ne pouvons croire que saint Pierre ait jamais pu être pris pour un des saints que le testateur lui-même nomme les Sept-Saints de Bretagne : Ne peut-on pas supposer une confusion entre le nom latin de Pierre et celui de Patern ? D'autre part, le vieil armateur et marin était-il si bien instruit des noms des saints bretons qu'il n'ait pu faire erreur en nommant Guillaume au lieu de Corentin ? Quelle apparence que la route de Quimper fût abandonnée, et que les Cornouaillais renonçant à fêter le fondateur de l'évêché de Cornouaille reconnussent deux des Sept-Saints, c'est-à-dire deux fondateurs à l'évêché de Saint-Brieuc ? D'après notes laissées par J. Trévédy : Les Sept-Saints de Bretagne et leur pèlerinage.

 

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Published by poudouvre
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