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19 octobre 2016 3 19 /10 /octobre /2016 17:23

 

 

En ce moment, est commémoré le 950e anniversaire de la Bataille d'Hastings, que nos voisins Normands livrèrent Outre-Manche aux Saxons et à leur Suzerain Harold. Ainsi, Guillaume le bâtard, s'étant vu dépouiller du sien héritage que lui avait promis son parent Edouard le Confesseur -mort le 5 janvier 1066, décida de chasser l'usurpateur après l'avoir en vain prier de lui restituer son royaume. C'est à Lillebonne en Pays de Caux, que celui qui allait devenir pour la postérité, le Conquérant, décida de rassembler ses hommes, de tout statut, au cours de l'été 1066, avant de se lancer dans cette véritable aventure. Près de sept à huit mille hommes acceptèrent de relever le défit et d'accompagner le dit Normand dans sa conquête. Beaucoup de ces mercenaires étaient des puînés, issus d'illustres Maisons, et, plusieurs contrées y étaient représentées. Bien évidemment, il y avait des Normands, des Manceaux, des Angevins, des Poitevins, des Flamands, des Siciliens, mais aussi des Bretons, des Ecossais….La flotte, composée d'environ 650 navires, quitta le rivage normand, depuis Saint-Valery, ce 27 septembre 1066 et débarqua dans le Comté de Sussex en la baie de Pevensey le 28 septembre. Nous ne poursuivrons pas le récit de ces batailles décisives qui permirent à Guillaume, duc de Normandie de conquérir l'Angleterre, mais nous nous intéresserons à quelques unes de ces figures bretonnes qui l'assistèrent pour la circonstance -il est généralement admis que l'armée bretonne composait l'aile gauche des troupes, et que submergée par une contre-attaque saxonne, elle demanda le secours de la cavalerie de Guillaume ; on sait que les chevaliers Bretons attaquèrent et tombèrent en grand nombre. Mais combien de fiefs étaient entre les mains de ces guerriers bretons ? Certains avancent un pourcentage de 5 %, d'après une estimation effectuée un siècle après Hastings -soit près de deux-cent-cinquante fiefs. La plupart de ces soldats venaient de Haute-Bretagne, et s'ils étaient aussi nombreux, celà pourrait s'expliquer par le fait que Guillaume le Conquérant préférait les voir près de lui, en Angleterre, plutôt qu'en train de menacer la frontière de son duchié de Normaundie. Il est vrai aussi que Hoël de Cornouaille, nouveau duc de Bretagne, contrairement à son prédécesseur, Conan II, entretenait de bons rapports avec le duc de Normandie, et il lui envoya des fantassins, mais aussi des cavaliers, tous placés sous le commandement de son héritier, le futur duc breton Alain IV Fergent. On sait que Guillaume le Conquérant se réserva ainsi qu'à sa famille, près de la moitié des terres enlevées aux adversaires, le reste fut accordé aux guerriers qui l'avaient soutenu. Nous avons vu, avec l' « honneur » de Richmond, comment Alain le Roux, alias, Alan Rufus, fils cadet de Eudon de Penthièvre fut récompensé par attribution de ce comté, pour services rendus. En son temps, il fut assurément l'un des plus riches barons d'Angleterre ! Ses frères : Alain le Noir et Etienne furent aussi détenteurs de terres en la perfide Albion -on cite aussi leur frère illégitime Briend (voir le premier comté de Penthièvre, page n° 2). Un autre personnage dont nous avons brièvement abordé le sujet, joua également un rôle prépondérant Outre-Manche, avant d'en être chassé avec quelques uns de ses compatriotes, en l'an 1075, pour rébellion à l'encontre du tout puissant maître, Guillaume le Conquérant : le sire Raoul de Gaël -alias Ralph staire ou Englishman (voir les défenses des sires de Gaël, page n° 1 - les défenses des sires de Gaël, page n° 2). Du pays de Dol étaient originaires les dénommés Guihénoc -alias Wihenoc ou Guiethenauc, fils de Caradoc de la Boussac, et, Badon -alias Baderon de la Boussac son frère. Une décennie s'étant écoulée depuis la conquête, l'aîné de la fratrie se vit récompenser du château de Monmouth en Pays de Galles et fonda tout près du castel « Monmouth Priory », dédicacé à Saint-Cado.

 

 

Monmouth castel

 

 Après la conquête normande, la terre autour Monks Kirby située dans le Warwickshire, est entrée dans la propriété de Geoffroy de la Guerche, un chevalier breton qui épousa Aelgifu, fille de Leofwin de Newnham, le dernier seigneur saxon. Manifestement le dit Geoffroy était un cadet de la famille de La Guerche (voir Quelques notes sur les seigneurs de la Guerche de Bretagne). Giron, fils d'Anquetil, seigneur de Châteaugiron, fut aussi du nombre des chevaliers bretons présents à Hastings. Quoi de plus naturel, quand on sait que le dit Anquetil avait sans nul doute du sang normand dans les veines comme le suggère son identité (voir quelques notes sur l'endroit : Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay). Juhel de Totnes, mort vers 1123-1130 -alias Juhel fitz Alfred, est semble-t-il, d'après son patronyme, issue d'une famille ayant des liens tant en Bretagne qu'en Mayenne. Après la conquête normande, il devint Baron de Totnes & de Barnstaple dans le Devon et disposait d'un certain nombre d'autres propriétés en ce même comté, mais tout comme le puissant Raoul de Gaël, il fut expulsé d'Angleterre et ses biens furent confisqués. Un récent ouvrage de Pierre Hillion, consacré aux Bretons présents à la Bataille d'Hastings évoque deux frères : Hervé de Hillion & Tihel de Hillion  :  Dans le Domesday Book (Great Domesday, p.117), au chapitre XLV, sont détaillées les possessions anglaises attribuées après la bataille de Hastings par Guillaume, nouveau roi d'Angleterre, à Hervé de Hillion : Ashton, Hackworthy, Chilton, trois domaines tous situés dans le Devonshire, près d'Exeter, dans le sud-ouest du pays. En examinant les cartes du Devon et en effectuant une visite dans ces villages de l'Angleterre, l'auteur a retrouvé, 949 ans plus tard, les anciens domaines attribués à Hervé de Hillion, dont celui de Upton Hellions, écrit aussi Upton Hillions, situé à 6 km de Chilton. Les propriétaires actuels de ces domaines, dont la propriété appelée "Hellions Barton", à Upton Hellions, savaient que les origines du village remontaient à Guillaume le Conquérant et que des "Hillion" s'y étaient établis à cette époque. Mais ils ignoraient qu'il existait une commune française, de l'autre côté de la Manche, baptisée Hillion. Un village armoricain que Hervé de Hillion, et d'autres combattants bretons, avaient quitté en 1066 pour tenter de trouver une vie meilleure en Angleterre (sources Agence Bretagne Presse)Enfin, Michael Jones, dans son ouvrage :  The Creation of Brittany : A Late Medieval State, évoque la présence des Bretons sur le sol anglais au XIIe siècle :  -Roald, Harscouët, Hasculf, Rualent, Gurvant et Guiomar, autant de noms patronymiques très fréquents, et de poursuivre :  l'origine bretonne de beaucoup de chevaliers au recensement de 1166, en sus de ceux seulement dénommés Brito (Walter Brito), avec des noms tels que Alured, Hervé, Jordan, Hoël, Morvan et Jarnogan, est une présomption sérieuse...Sans oublier les William Fitzalan, Brien Le Chen, Herbert fils de Gurand, Gwomar le Rotur, et Gwido Extraneus, Baderon de Monmouth *, Ranulfus Brito, Jordanus Elveredus, Neuham et Ywain filius...Etaient-ils, eux-mêmes Bretons ? Ou comptaient-ils des Bretons parmi leurs aïeux ? Un extrait du roman de Rou et des ducs de Normandie par Robert Wace mentionne aussi Raoul de Fougères, fils de Méen,  -alias Raoul Fildemen : Grant pris en out cil de Felgieres, Ki de Bretaigne out gent mult fieresRaoul de Fougères aurait accompagné Alain IV Fergent au cours de cette expédition et prit le commandement des troupes Bretonnes. Alain IV Fergent et Raoul de Fougères se connaissaient, le dit Fougères, cadet de cette Maison ayant été élevé auprès du prince Breton (voir Notice historique et statistique sur la baronnie, la ville et l'arrondissement de Fougères par MM. Amédée Bertin & Léon Maupillet, page n° 2). Le sire de Fougères  épousa Avitie, fille de Richard de Bienfaite, et fonda l'abbaye de Savigny. La charte de cette fondation est de 1112 ; ce qui nous rend suspecte sa présence à Hastings. Un certain Robert de Vitré fut aussi du nombre des guerriers présents à Hastings, ainsi que Judicaël de Lohéac, Guyon de Châteaubriand et le vicomte de Dinan. Cette famille de Dinham -alias Dynham à laquelle nous consacrerons notre prochaine page, et qui puise ses origines au sein de la famille de Dinan  (voir Les Sires de Dinan, page n° 3.). * Badon ou Baderon de Monmouth, probable frère de Guihénoc. 

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Published by poudouvre
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