Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 novembre 2016 1 14 /11 /novembre /2016 07:39

 

La déposition de M. de Muzillac, qui a lui-même procédé à l'arrestation et au premier interrogatoire dé la fille Legoff, est très intéressante; elle met en lumière les réticences elles contradictions de la donzelle, aussi son effronterie. Pauvre domestique sans place, elle s'en allait tranquillement chercher un emploi à Châteauneuf, où elle avait déjà servi, quand on l'a appréhendée ! Elle n'a pas seulement aperçu la dame qu'on prétend qu'elle a voulu assassiner, et puis se reprenant elle l'a vu sortir de Carhaix « avec un cavalier à habit bleu et culottes rouges ». Comme on lui met sous les yeux des hardes et des effets appartenant à la victime et dont elle a été trouvée nantie, elle finit par déclarer qu'après tout elle, n'a rien à craindre, puisqu'aucun témoin ne paraît être assigné contre elle ! A Quimper, devant le juge de la maréchaussée elle a édifié une histoire qu'elle regarde comme très acceptable et.... elle continue à nier très énergiquement les faits de l'accusation. Le cavalier à la culotte rouge n'est point un personnage fictif, des paysans l'ont remarqué... mais en causerie furtive avec la fille Legoff. La femme d'un métayer de Pratulo qui avait reçu cette dernière chez elle, avantle moment où l'attentat s'était produit et l'avait recueillie de nouveau peu de temps après, non sans quelque surprise d'un retour aussi imprévu, témoigne à cet égard ; la fille Legoff lui avait parlé de cris épouvantables qu'elle avait entendus dans le bois voisin et manifesté sapeur d'être obligée de se remettre en route; elle avait eu une courte entrevue « avec un cavalier vêtu d'un surtout gris de fer, ayant sabre et ceinturon.en bandouillère; -elle avoit laissé des hardes, confié à son hôtesse des papiers qu'elle l'avait priée de donner tantôt au cavalier quand il repasseroit » et « dites-lui, avait-elle ajouté, que je suis allée devant. » Elle se disposait à repartir quand survint M. de Muzillac. Le cavalier ne fut pas recherché, il n'avait joué aucun rôle appréciable dans le crime, mais c'était peut-être l'amoureux pour les beaux yeux duquel la fille Legoff avait cherché à acquérir, au prix d'un vol et d'un meurtre, le moyen d'accroître l'arsenal de sa coquetterie et de se montrer généreuse, déjà très perspicace dans l'observation du coeur des galants militaires. La dame de Porsmoguer est soumise à la visite des chirurgiens jurés, sept jours après sa triste aventure. Le rapport des sieurs Dieuleveut et Bosset de Carhaix, prouve avec quelle brutalité cette vieille femme a été traitée « -luy avons remarqué une plaie à la partie moyenne et latérale du coronal, -venant de hot en bas, longue d'environs deux grand traver de doig et pénétrant jusque au péricrâne, une autre playe à la partie destre dudite os, large d'environs un poulce et pénétrant jusqu'au péricrâne, une autre playe du côté sedextre environs un.demie doig de la suture transversale situé sur le dites os et pénétrant idem, les trois dites play accompagné de gonflement et contusion ; de plus, luy avons remarqué une petite play situé sur les deux os du nez, un gonflement considérable au popier tamp (paupières tant) supérieures qu'inférieures et beaucoup de sang répandu sur les deux globes, ce qui nous fait juger que lesdite play ne peut avoir esté faites que par quelque instrument contondant ; de plus avons remarqué à la partie interne et postérieur du vagein uns playe large d'environ deux traver de doig et profonde d'un demie poulce, qui nous paroît avoir esté faite par quelque instrument d'un tranchant mousse, pour raison de quoy lui avons faites une saignée et apliqué les médicaments nécessaire et convenable et lui avons ordoné le repos et le régime avons ordoné le repos et le régime. .. »

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires