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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 18:27

 

 

Des deux monnaies d'or bretonnes que nous étudions ici, l'une est bien connue; il s'agit du florin de Bretagne au chevalier, qui peut être décrit ainsi : + IOHAN(N)ES DEI o GRA(CIA) o BRITONV o DVX (lettre d'atelier) Le duc, armé de toutes pièces et la visière baissée, brandissant une épée et tenant son écu, courant à droite sur un cheval caparaçonné à ses armes. + DEVS o IN ADIVTORIV(M) o ME(VM) o INTE(N)DE Croix fleurie et feuillue dans un entourage quadrilobé, avec une moucheture d'hermine à chaque angle rentrant. Cette belle monnaie, attribuée traditionnellement aux ducs Jean IV (1345-1365-1399) et Jean V (1399-1442), est rare; notre catalogue donnera au lecteur toutes indications sur les exemplaires passés en vente, conservés dans des collections publiques ou que nous avons pu voir dans le commerce. Il importe cependant qu'il sache dès à présent que deux trésors dont l'étude nous a été confiée nous ont apporté un matériel important et nouveau qu'il nous a semblé opportun d'utiliser ici. Les numismates ont baptisé cette monnaie de divers noms : Duby la nomme « écu », Aussant, « demi-écu d'or »; Bigot l'appelle « franc d'or » et en fait une imitation du franc à cheval de Charles V ; dans ses errata, il corrige en « escu d'or »; Poey d'Avant la baptise « écu » ; Garon parle de « franc à cheval » et assimile à cette pièce le «cavalier» des ducs François (1442-1450 et 1458-1488); Engel et Serrure utilisent les termes de « franc ďor », « breton d'or » ou d'« écu d'or au cavalier»; Dieudonné la nomme «cavalier ďor» ou « breton ďor », tout en précisant : « c'est un florin ». Ce terme avait déjà été employé par Bigot et par Engel et Serrure qui y voyaient une monnaie non retrouvée, et par Caron qui l'appliquait au demi-cavalier au nom de François. Ces divergences de vocabulaire marquent nettement les hésitations des numismates qui ne savaient à quel système monétaire rattacher cette espèce, ce qui les a parfois conduit à commettre à son sujet des erreurs. Ce n'est là en effet ni un franc à cheval, ni un « cavalier » comme ceux des ducs François, ni un écu, ni un demi-écu, mais bien un florin; les textes attestent le bien-fondé de cette appellation : si nous avons trouvé « breton d'or » dans des textes du XVIe siècle, « petit double » dans un texte de la seconde moitié du XVe siècle, les quelques mentions qui sont faites de cette espèce dans la première moitié de ce siècle le sont sous le nom de « fleurin de Bretaigne»; de plus c'est le terme qu'emploient les Bretons eux-mêmes dans leurs réponses à l'enquête sur les droits royaux et anciens usages du pays de Bretagne, en 1455.

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Published by poudouvre
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