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12 janvier 2017 4 12 /01 /janvier /2017 14:42

 

 

 

 

 

Notes laissées par Messire Thé, recteur de Trémeur  (voir histoire de Trémeur, page n° 2) :  L'été de 1705, écrit-il fut signalé par des chaleurs extraordinaires ; presque toutes les fontaines desséchèrent. Depuis mai jusqu'à la mi-août, il ne tomba point de pluie. Et, chose extraordinaire, la récolté fut abondante et les grains assez gros . La chaleur était tellement forte que le suif et la chandelle fondaient dans les lieux et les plus obscurs et les plus ombragés. Un incendie général se déclara dans la forêt de Boquen, sans que personne y mit le feu. Deux ans après, le même recteur consignait, que, depuis le 9 janvier 1709, une certaine fièvre sévit toute l'année et fit mourir beaucoup d'hommes et de femmes de ses voisins. Durant la guerre de Philippe, roi d'Espagne (voir Les troubles en Bretagne sous la Régence, page n° 1) , on augmenta d'un quart l'impôt des fouages sur la roture. On conservoit en plus l'impôt du sang et de la capitation. L'hiver fut pluvieux, l'été desséché par les ardeurs d'un soleil et la monnaie était très rare. Du 6 janvier au 22 février 1709 inclusivement, le temps fut au sec. Le froid était tellement intense ue deux pieds de neige couvraient le sol, que les chênes çà et là fendaient ; bien plus que les pierres se fendaient. Beaucoup mouraient de froid et d'autres furent dévorés par les loups sortis des forêts par la faim. On vit des oiseaux de la même espèce se tendre des embûches et la pie dévorer la pie, tant elle avait faim. Une troupe de cygne vola jusque dans nos parages et se reposa sur les bords de la rivière. A deux reprise, le froid survint avec la même intensité. Vers le 12 mars, la chaleur du soleil fit fondre la glace peu à peu. Les moissons périrent. Tout le monde se plaignait ; le boisseau de froment, mesure de Broons, valait 10 livres et la pipe de pois chiche 30  livres.

 

 

 

Le recteur M. Ravaudet, écrivait sur le registre de 1725 : « Cette année, le froment a valu depuis la Saint-Jean jusqu'à 16 ou 17 l. le boisseau, mesure de Dinan. La disette de blé fut si grande que Mgr l'évêque de Saint-Malo en fit venir d'Angleterre plusieurs barques chargées, qui firent subsister sa ville épiscopale et les localités voisines. Les pauvres gens ont d'autant plus souffert dans cette disette de grains que le fil et autres marchandises étaient à vil prix, ce qui a fait que dans cette paroisse (où cependant la misère fut moins grande qu'ailleurs) quelques-uns n'ont subsisté pendant plusieurs mois que de choux, d'herbes cuites et de laitages et plusieurs m'ont avoués avoir été trois jours sans manger, sans en avoir été trop incommodés. La récolte fut beaucoup retardée à cause de la pluie continuelle qui dura depuis les débuts d'août jusqu'à la Saint-Michel. On avait la douleur de voir les blés pourrir avant d'arriver à maturité. On ne voyait presque point de blé au marché. Au milieu de toutes ces misères, les riches ouvrirent leurs greniers et leurs bourses et se montrèrent sensibles aux misères de tat de malheureux. Dans cette année, on vit périr à Trémeur, depuis le bas âge jusqu'à vingt et quelques années, un grand nombre de personnes par la petite vérole. »

 

 

 

 

Extrait de Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815 par l'Abbé Auguste Lemasson

 

Messire François Thé devint recteur de Trémeur au début du mois de juillet de l'année 1701, succédant ainsi à messire Huet. Il semblerait qu'il soit natif des environs de Bécherel où la famille Thé est très répandue. Au cours de l'année 1702, messire Thé note qu'il avait fait placer dans l'église de Trémeur un soleil pour la somme de 50 l. et réparer l'église de Trémeur dans la nef, en faisant appel aux « artizans » pour la réparation du confessionnal et des prie-Dieu de la sacristie pour la somme de 16 l. 8 s. le confessionnal au pied du grand-autel. Mais il précise « sans avoir receu le Montant des depens ».

 

 

 

 

Evocation du moulin de Mirebel situé à la limite de Broons et de Trémeur

 

Appartenant à l'Ordre des franciscains, il exerça sa tâche jusqu'au 20 août 1716, date à laquelle il fut muté en la paroisse voisine de Broons.  C'est probablement son neveu pareillement prénommé François qui exerça à Trémeur jusqu'à sa mort survenue en 1760 et auquel on doit la construction du presbytère.

 

 

 

 

Son remplaçant Michel Ravaudet était antérieurement prêtre à Plouasne. Messire François Thé fut à cette occasion désigné par Monseigneur des Maretz, évêque de Saint-Malo, membre du bureau diocésain ; siégeant ainsi auprès des desservants de Irodouer, de Boisgervily et Bécherel. Le premier acte rédigé par messire Thé à Broons remonte au 23 août 1716, soit deux jours après sa nomination en ce lieu. Il était alors suppléé dans sa tâche par messires Le Ray et Richard, Le Breton et Dubois. « Vénérable et discret Missire François Thé, Recteur de Broon Mourut agé de soixante et quatre ans au presb(i)tère en odeur de sainteté, l'onzième aoust mil sept cent trente six et son corps fut inhumé le treize dans le cimetière proche de la porte du Reliqu(e)re du coste du nord en présence de des Messieurs recteurs Deréac, Merdrignac, Gui(t)té, Mégrit, Trédias et trente cinq autre Ecclesiastiques ». J. Le Breton, curé de Broons.

 

 

 

 

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Published by poudouvre
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