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10 janvier 2017 2 10 /01 /janvier /2017 07:47

 

 

Une lettre missive du prétendant Jean de Bretagne, comte de Montfort

Plymouth, 24 juin (1345).

Très cher et especial amy. Ne vous desplaise, sy ne vous escripvies par nos genz, tanqe nous fumes a Waltam : quar nous cuidiens pour certain vous voer et parller o vous avant nous partir; mes pour la haste de nous aler quant a nostre cousin de Norhanton, ce ne pot estre. De quoy nous desplait qe nous ne peumes parller a vouz. Sy vous prions chèrement que vous vueillez parseverer en vostre bon et loial service entour noz chiers enffanz et nostre nourriture, corne touz jourz avez fait. Et ne les vueillez lesser par vostre courtoisie. Et a l'aide de Dieu nous entendons vous guerredoner de la grant amour et belle garde que touz jourz avez fait et ferez pour nous. Cher amy, nous vous recommandons toutes noz besoignes par delà et nous vueillez mander par ce message et par touz autres souvent Testât de noz enffanz et de vous, et nous vueillez saluer Perrote et Jehanne noz demoiseles. Hastez Monseigneur Jehan Goupegorge de venir après nous corne nous luy avons escript. Très cher amy, le Saint Esperit vous ait en se garde. Escript à Pieu Mue le jour de la Saint Jehan Baptiste. De par le duc de Bretaigne Conte de Montfort. Le document publié ci-dessus est tiré des Archives du Public Record Office à Londres, dans le fonds de l'Ancien Correspondence. C'est une lettre missive d'un. réel intérêt -car l'on sait combien les pièces de correspondance privée sont rares, même pour le XIVe siècle. Elle a été écrite par Jean, comte de Montfort, l'un des héros de la guerre de Succession de Bretagne, le prétendant à la couronne ducale de Bretagne contre Charles de Blois, l'époux de la vaillante Jeanne de Flandre qui avait, au dire de Froissart, « un cœur d'homme et de lion ». Comme la plupart des lettres missives, la lettre de Jean de Montfort ne comporte, comme élément de date, que le quantième et le mois, sans millésime. Mais nous pouvons la dater de 1345, d'après le curriculum vitae de ce prince tel que les chartes contemporaines et les témoignages des chroniqueurs ont permis de l'établir. Montfort était alors en Angleterre, où il s'était réfugié après Pâques ; on sait que la Cour des pairs de France, par arrêt de 1341, l'avait débouté de ses prétentions à la succession du duc Jean IV, reconnaissant comme héritier légitime l'époux de Jeanne de Penthièvre, Charles de Blois. Il avait été détenu au Louvre, puis élargi sous conditions, c'est-à-dire prisonnier à vue. Mais ce régime de surveillance lui pesait d'autant plus qu'il n'avait pas perdu l'espoir de rentrer en possession de son héritage breton. Il se camoufla en marchand, trompa la surveillance de ses gardiens et fila en Angleterre à la cour d'Edouard III. Edouard III le reçut fort bien, comme il avait reçu Robert d'Artois, comme il devait accueillir en même temps le normand Geoffroy d'Harcourt. Au cours de cette lutte séculaire qui mettait aux prises la France et l'Angleterre, les sympathies anglaises allaient naturellement à tous les réfugiés, à tous les proscrits de France, dont le concours était précieux et l'appui indispensable. Quelques années auparavant Robert d'Artois avait guidé l'armée anglaise lors des premières expéditions en Thiérache et en Tournaisis. Jean de Montfort pouvait rendre les mêmes services dans la Bretagne, qui était devenue depuis 1341 un nouveau théâtre d'opérations de la guerre de Cent Ans. La guerre de Succession de Bretagne avait, en effet, fourni à Edouard III une occasion qu'il n'avait pas laissé échapper, et l'on devine avec quelle joie l'évadé fut accueilli. La première invasion anglaise en Bretagne, celle de 1342-1343, n'avait pas donné tous les résultats attendus. Une seconde expédition, mieux préparée, sous la bannière des Montfort et avec la présence du prétendant, avait plus de chances de réussir. L'arrivée inopinée de Jean de Montfort hâta les préparatifs de cette nouvelle campagne, qui en réalité n'avaient jamais cessé, même après les trêves de Malestroit de 1343. Le 17 avril, Edouard III retint à son service pour la campagne future le comte de Northampton ; le 24 avril, il le nomma son capitaine et lieutenant en France et dans le duché de Bretagne en particulier). Un mois après, le 20 mai 1345, Jean de Montfort se rendait près de Westminster au château de Lambeth, et là, dans la chambre de l'archevêque de Cantorbery, où se trouvait assemblé le conseil de la couronne, devant le chancelier, le trésorier, il prêtait au roi d'Angleterre l'hommage lige que maître Jean de Thoresby, gardien des rôles de la chancellerie, ne négligea pas d'enregistrer. « Mon seigneur, dit Montfort au roi, jeo vous reconoisse droiturel roi de France et. a vous, comme à mon seigneur lige et droiturel roi de France, face mon homage pur la dite duché de Bretaigne, quil jeo clayme tenir de vous mon seigneur et devienk vostre home lige de vie et de membre, et de terrien honure, a vivre et morir, contre toutes gentz. » Ce fut une grande cérémonie. Les esprits avisés ne se trompèrent pas sur la portée politique de cet hommage que les ducs de Bretagne n'avaient cessé de prêter jusque-là au roi de France, leur suzerain, et c'est pour l'avoir rendu au roi d'Angleterre que les vassaux fidèles à la dynastie capétienne tinrent Jean de Montfort pour un félon et pour un traître. Ce dernier avait vu dans l'alliance anglaise un moyen efficace de rentrer en possession du duché de Bretagne. Quant au roi d'Angleterre, qui depuis 1340 portait le titre de roi de France, il estimait que la vassalité bretonne était un acheminement, sinon à la possession complète du royaume de France, qu'il considérait lui être dévolu par droit successoral, du moins à la reconstitution de l'Empire plantagenet. L'Angleterre pensait aux provinces perdues depuis Philippe- Auguste, et quoique maîtresse de la Guyenne, ne pouvait se résoudre à n'être, dans l'Europe féodale, qu'une puissance insulaire. Le développement logique de cette politique d'expansion l'amenait en 1342, en 1345, à occuper la péninsule armoricaine, comme elle occupera Calais en 1346. Les ports bretons, comme ceux de la mer du Nord, étaient des bases continentales indispensables. Il ne faut pas s'étonner que Jean de Montfort, évadé de France, ait cherché auprès du roi d'Angleterre un asile et un appui, et qu'il ait prêté hommage à l'ennemi de la France. Tous deux prétendants, l'un au trône de France, l'autre au duché breton, le suzerain et le vassal avaient uni par un pacte commun leurs rancunes, leurs espérances, leurs ambitions. Au lendemain de la mort du duc Jean III (30 avril 1341), le roi d'Angleterre avait pris nettement parti pour la cause montfortiste. Dès juin 1341, deux de ses envoyés, Richard de Swafham et Gauvain le Corder, quittaient Londres porteurs d'instructions, s'embarquaient à Dartmouth à destination de Guérande et s'abouchaient avec Montfort à Nantes. Ces négociations secrètes durèrent longtemps, car les envoyés anglais attendirent 41 jours la réponse définitive de Jean de Montfort aux questions qu'avait personnellement posées le roi d'Angleterre. La réponse avait en effet traîné parce que Jean de Montfort était perplexe; il était allé à Paris voir le roi Philippe VI de Valois, avec qui il avait eu un entretien. Mais iJ n'en demeure pas moins vrai que dès le mois d'août 1341, avant même que la Cour des Pairs eût réglé le sort de la succession bretonne en faveur de Charles cfè Blois, furent jetées à Nantes, entre Montfort et l'Angleterre, les bases d'une alliance éventuelle et d'une coopération future. Ces intelligences secrètes continuèrent même pendant la détention de Jean de Montfort. Les Comptes de l'Echiquier nous apprennent qu'en mars 1343, par exemple, un valet de Montfort vint en Angleterre, envoyé par son maître (*). Cela prouve que Edouard III et Jean de Montfort n'avaient pas cessé de correspondre, jusqu'au jour où le prétendant breton jugea le moment opportun de s'évader de Paris. Certains seraient enclins à juger très sévèrement la conduite de Montfort et à considérer son alliance avec l'Angleterre comme une trahison. Ce serait aller trop loin. Car il ne faut pas oublier que le duché de Bretagne, bien qu'il fût rattaché par les liens de vassalité à la dynastie capétienne, suzeraine, n'avait pas cessé, pendant tout le XIIIe siècle, de graviter dans l'orbite anglais. Sous saint Louis, le duc Pierre de Dreux, dit Mauclerc, s'était allié à l'Angleterre contre la France. Sous Philippe le Bel, le duc Jean II avait été le capitaine général des troupes anglaises contre la France en Guyenne. Il y avait d'ailleurs un lien qui rattachait étroitement les ducs de Bretagne aux rois anglo-normands, un lien plus fort que toutes les alliances matrimoniales ou les sympathies personnelles. C'était le comté de Richmond en Angleterre, un des premiers fiefs distribués par le Conquérant. L' «Honneur de Richmond » était formé d'un grand nombre de domaines, disséminés dans sept comtés d'Angleterre (voir Aperçus sur le Comté de Richmont en Angleterre, possessions des Ducs de Bretagne, par Paul Jeulin, page n° 1...). Ces 200 domaines, inscrits dans le Domesday Book, rapportaient gros à leur propriétaire. C'est ce qui explique pourquoi les ducs de Bretagne qui le possédaient, dès le temps de Conan IV au XIIe siècle, tenaient tant à leurs possessions anglaises. La rpyauté normande, d'autre part, estimait qu'en politique il ne fallait pas faire du sentiment. Elle sut habilement tirer parti de cette situation équivoque d'un duc de Bretagne, vassal du roi de France, grand propriétaire en Angleterre. Quand le duc était un vassal trop soumis, trop français, le roi d'Angleterre confisquait le fief, le Richmondshire, et il ne consentait à le restituer qu'au prix d'une alliance formelle, à tout le moins d'une neutralité bienveillante. Depuis l'avènement de Pierre Mauclerc en 1213 jusqu'au milieu du XIVe siècle, à la mort de Jean III, l'histoire des rapports des ducs de Bretagne avec les rois d'Angleterre nous offre de nombreux exemples de confiscations et de restitutions successives. Et il ressort très clairement que les ducs de Bretagne ne renonçaient pas de gaieté de cœur à ces possessions éloignées, dont les revenus constituaient un sérieux appoint dans le trésor ducal à une époque où la fortune ékit basée sur la terre. L'Honneur de Richmond -dont la plus grande agglomération de terres se trouvait dans le Yorkshire et qui s'appelait Richmondshire, du nom du château-fort de Richmond planté sur un roc au-dessus de la Swale, avait appartenu au duc Jean III, investi du fief en 1334 par Edouard III. A la mort du duc, pour indemniser Jean de Montfort de la perte du comté de Montfort-l'Amaury, que lui avait confisqué Philippe VI, et pour lui marquer de bonnes intentions à son endroit, Edouard III donna à Jean de Montfort le comté de Richmond « avec les châteaux, villes, villages, fiefs et tout ce qui en dépend » (24 septembre 1341). Et encore ne le lui donnait-il que conditionnellement, tant que le comté de Montfort ne lui aurait pas été restitué. Sitôt rentré en possession de son fief de Montfort-l'Amaury, Jean de Montfort devait rendre le comté de Richmond au roi d'Angleterre. C'étaient là des conditions un peu dures qui laissent percer chez Edouard III une arrière-pensée de méfiance. Sans doute il avait pesé à sa juste valeur l'alliance que le prétendant venait de signer avec lui contre lé roi de France; mais il ne la trouvait pas encore assez cimentée, surtout pas assez rémunératrice. Comme il le disait en notifiant aux barons et prélats le pacte signé, le comte de Montfort avait eu une attitude fort louable en reconnaissant le roi d'Angleterre comme roi de France et en s'alliant avec lui. Peut-être ultérieurement pourrait-il le dispenser de rendre le comté de Richmond, comme convenu, mais à condition qu'il donnât de nouveaux gages d'amitié plus certains et plus complets. A vrai dire Edouard III ne se liait qu'avec prudence, mesurant sa générosité aux actes plus qu'aux assurances verbales, proportionnant sa gratitude, prêt à retirer d'une main ce qu'il donnait de l'autre, calculant froidement le pour et le "contre d'une affaire, avec un cynisme officiellement déclaré. Il ne voulait pas être dupe, car il savait par expérience que les alliés sont souvent, comme le disait Jean, sire de Beaumont, tels que le coq placé au faîte du clocher qui tourne son bec au vent. Aussi mesurait-il son appui au mieux de ses intérêts personnels, et en 1341 Montfort n'était pas encore ce qu'il fut en 1345, lui un vassal français, l'homme lige du roi d'Angleterre. Le comté de Richmond joue un rôle capital dans les rapports de la Bretagne et de l'Angleterre au XIVe siècle. La royauté anglaise sut en tirer un parti fort habile; avec cet appât, elle pouvait être sûre d'attirer à elle les ducs régnants, a fortiori un prétendant besogneux dont les ressources étaient restreintes) et qui avait bien du mal à assurer « sa nourriture ». Il fallait vivre, et une rente annuelle de 10.000 livres" tournois -c'est ainsi qu'avait été estimé l'Honneur de Richmond en 1325 -comptait pour quelque chose dans le budget d'un réfugié. Jean de Montfort, brisant ses chaînes et quittant le royaume de France, ne pouvait aller ailleurs qu'en Angleterre. En se réfugiant en Angleterre, où l'appelaient ses intérêts immédiats, Montfort avait aussi l'excuse d'y retrouver sa femme et ses enfants. Ceux-ci y vivaient depuis le mois de mars 1343. Lorsqu'Edouard III était revenu à Londres après avoir dirigé en personne pendant cinq mois l'expédition de Bretagne, d'octobre 1342 à mars 1343, il avait ramené avec lui la comtesse de Montfort et ses enfants. Jeanne de Flandre demeura d'abord à Exeter pendant tout le carême, puis à Londres. Mais, le 22 octobre de la même année, on lui assigne comme résidence le château de Tykhill, dans le comté d'York. Un chevalier, Guillaume Frank, qui en est le connétable, pourvoit aux dépenses de sa maison et de sa suite A vrai dire elle est gardée à vue et elle le sera jusqu'à sa mort. Pourquoi ? C'est un mystère difficile à éclaircir. On a supposé M que Jeanne était folle. Mais c'est là une pure supposition. Il est curieux de constater que dans la lettre missive que nous publions, Montfort ne fait aucune allusion à sa femme, mais qu'en revanche il parle de ses enfants, dont le sort semble lui causer quelques soucis. Séparés de leur mère, les enfants étaient alors depuis octobre 1343 à la Tour de Londres, l'une des résidences royales, pourvue de beaux jardins, dotée d'une ménagerie où des lions fraternisaient avec un léopard, et d'une riche collection d'armes et engins de guerre. Les enfants de Bretagne y avaient un hôtel spécial, un gardien, William de Wakefield, et des dames de compagnie, notamment une certaine demoiselle (domicella) Jeanne. C'est sans doute à cette gouvernante de ses enfants que Montfort envoie ses salutations par la voie de son correspondant. Jean de Montfort prie également son correspondant de faire le nécessaire pour que Jean Coupegorge vienne le retrouver au plus tôt. Il n'est pas inutile de donner quelques renseignements sur ce personnage. Coupegorge est d'origine bretonne M. C'est un chapelain que nous trouvons dès 1334 employé en Angleterre comme « attorné », c'est-à-dire procureur du duc de Bretagne Jean III. A ce titre, il avait la gestion des biens du duc en Angleterre, biens dont l'ensemble constituait l'Honneur de Richmond. Le Richmondshire avait en effet été légué en héritage en 1334 au duc de Bretagne Jean III par suite de la mort de Jean de Bretagne, comte de Richmond. Coupegorge, procureur de Jean III, était, avec Jean Malechat, l'exécuteur testamentaire du comte de Richmond défunt. Il demeura jusqu'en 1341, c'est-à-dire jusqu'à la mort du duc, l'attorney de Jean III. Ce devait être un bon agent. Car, en 1335, Edouard III le chargea de négocier avec le duc de Bretagne une alliance, et notamment le mariage de Jean de Cornwall, frère du Roi, avec la fille de Guy de Bretagne, nièce du duc régnant. Les pourparlers matrimoniaux entre le prince anglais et Jeanne de Penthièvre échouèrent, puisque Jeanne épousa par la suite Charles de Blois. Mais il faut noter qu'à cette époque, en 1335, et cela dans une lettre patente officielle, le roi d'Angleterre tenait la fille de Guy de Bretagne, nièce du duc régnant Jean III, comme héritière du duché. Il fondait alors, il est vrai, de grandes espérances sur ce mariage anglo-breton qui eût rattaché plus étroitement encore que par l'Honneur de Richmond la Bretagne à l'Angleterre; six ans après, en 1341, il tenait pour nuls les droits de Jeanne, qu'il avait auparavant reconnus, et soutenait ceux de Montfort par nécessité et par intérêt politique. Les bons services de Jean Goupegorge lui valurent d'être appelé en 1339 aux fonctions de clerc du Roi, d'être pourvu de bénéfices en 1341 et même d'être inscrit le troisième sur la liste des quémandeurs susceptibles d'être promus. Jean III mourut et Goupegorge vint en Bretagne sans doute pour apurer les comptes de la succession du duc défunt en ce qui concernait f'Honneur de Richmond. Mais il était en même temps chargé d'une mission. Car une lettre patente d'Edouard III du A juin 1341 autorise Goupegorge, qui part en Bretagne « au service,, du Roi », à confier ses affaires à deux attorneys. Jean de Montfort, mis conditionnellement en possession du comté de Richmond par lettre patente royale du 24 septembre 1341, demanda à Goupegorge de continuer à gérer ses possessions anglaises. Ce clerc du roi, agent d'affaires, termina sa carrière dans son pays d'origine, en Bretagne. Il était en 1343 receveur général de Bretagne, c'est-à-dire fonctionnaire anglais, et relevait des lieutenants qu'Edouard III constitua en Bretagne, pour administrer en son nom, et qui furent successivement, en 1342 le comte de Northampton, en 1343 Jean de Hardeshull et le Sire de Lohéac, en 1345 de nouveau le comte de Northampton. William de Bohun, comte de Northampton, connétable d'Angleterre, cousin du roi, comme Jean de Montfort, avait en effet commandé en 1342 le premier corps expéditionnaire qu'Edouard III avait envoyé en Bretagne. En 1345, le 24 avril, il fut à nouveau désigné par le roi comme son lieutenant et capitaine général en Bretagne, commandant en chef les forces anglaises en France. C'est le comte de Northampton dont Jean de Montfort parle dans sa lettre missive et qu'il a hâte de rejoindre. Il est même tellement pressé qu'il s'excuse auprès de son correspondant de n'avoir pu faire, au moment de son départ, toutes ses visites d'adieu. En effet, par lettre du 3 juin 1345, Edouard avait prié le comte de Northampton d'accompagner lui-même Montfort, de l'aider à recouvrer ses droits, de lui prêter tous les secours possibles, de lui donner tous les conseils. L'armée anglaise était concentrée à Portsmouth et la flotte qui transportail; les contingents en Bretagne mit à la voile avant le 11 juin. Jean de Montfort avait dû s'attarder en Angleterre. Il avait séjourné à Waltham et était encore à Plymouth le 24 juin. C'est là qu'à la veille de s'embarquer à destination de la Bretagne il écrivit à son très cher et spécial ami, sans doute le chancelier d'Angleterre, pour lui recommander ses enfants et ses affaires. Quand on lit cette lettre intime du prétendant breton, on devine entre les lignes que ces derniers jours, passés en Angleterre avant la traversée, ont été assombris par des pressentiments. La chevauchée de Montfort en Bretagne, dans cette Bretagne alors occupée par des garnisons anglaises de Brest à Vannes, ne devait pas être de longue durée. Car, après avoir mis le siège devant Quimper, Montfort mourait subitement le 26 septembre 1345 devant Hennebont

 

 

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Published by poudouvre
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