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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 13:23

 

 

Quelquefois la terre était évaluée en raison de son rendement moyen : à Beauport, au commencement du XIIIe siècle, nous voyons affermer deux gerbes de terre. La mesure établie sur le prix des terres n'était guère plus certaine : qui pourrait prétendre fixer la livrée, librata, la soudée, solidata, le denier, deroes terre ? Au reste, cette façon d'apprécier un objet par sa valeur était assez commune anciennement, et s'appliquait aux denrées : ainsi Ste-Croix de Guingamp recevait chaque jour, en 1190,  duas nummatas panis. Le vague dans les mesures agraires ne s'en tint pas là : comme on avait cru pouvoir calculer la terre arable par la quantité qu'un attelage de deux boeufs en labourait dans un jour, on avait mesuré les prés par hommée, suivant ce qui pouvait en être fauché, par charretée de foin, carrouni. Terra ad unam carrecam, ad duos boves, était celle qui entretenait une charrue ; le boisseau ou boisselet, bucellum, bocellum ; le rauid ou le coustellon, modius ; la emblée ou eriblée ; le minot ; la ruchée, rusca, rmcata, russelata ; le bassin et demi-bassin ; le jesreau ; le demetz ou domal , dimidium ; le godet ou godelée ; la sixte, demi-sixte, sixte-quart ; le pot ; le renot ; la hanapée ; la jallenée ; la poignée. Cherchons leurs contenances dans les principaux fiefs :


 

Goëllo : L'unité de mesure des grains était pour le Goëllo, comme pour le reste de la Bretagne, le boisseau. Dans ce fief, il était comble, marchand ou racle : le premier contenait 1 6 godets (4 décalitres 393) ; le second ; le troisième, (2 déc. 661). Le boisseau marchand pesait 70 liv. La différence entre le comble et le marchand était de 1 /8e ; entre le marchand et le racle, de 1 /7e ; entre le racle et le comble, de 1/4. -Douze boisseaux valaient 1 raye ; 3 rayes ou 36 boisseaux représentaient 1 tonneau. On comptait aussi par seillée et par juste ; la seillée était grande et petite ou ferrée. Deux boisseaux racles ou 1 1/2 comble donnaient la petite seillée ; la grande seillée augmentait de 1/4. La différence entre la petite seillée et la juste était de 1/7e; entre la juste et la grande seillée, de 1/8. Dans ce comté existait encore ce qu'on nommait la « mesure de grenier » : elle consistait, quand la redevance passait 12 boisseaux, à les payer racles et le 13e comble ; au-dessous de 12 à payer, moitié comble, moitié racle.


 

St-Brieuc avait deux boisseaux : l'un ras, pour froment, seigle et pois verts, valait 2 décal. 620 ; l'autre comble, pour blé noir, avoine, orge, pois roux et fèves, donnait 3 décal. 386. Deux ras de S'-Brieuc faisaient le comble de Goëllo ; la mesure de St-Brieuc était donc les deux tiers de celle de Goëllo, dit une enquête de 1550. Le boisseau de St-Brieuc contenait 15 pots ou 322 poignées. Le poids du boisseau de froment était de 40 liv. 4 onces ; celui du pot, de 3 liv. 6 onces ; de la poignée, 2 onces. Quatre boisseaux donnaient la juste, et 12 justes le tonneau, soit donc 48 boisseaux au tonneau de froment. Mais un compte du chapitre de la cathédrale montre les dîmes de St-Donan affermées 8 tonneaux de seigle, valant 416 boisseaux, ou 52 au tonneau. Le quarteron de grosse avoine valait 6 boisseaux ; 7 boisseaux 1/2 de seigle équivalaient à 5, de Goëllo. La Commission intermédiaire des Etats disait, en 1734, que deux de nos boisseaux d'avoine en valaient cinq de Paris.


 

Plouha : La crublée de grain y représentait 2 boisseaux 1/2, d'après un aveu de 1708 ; et, d'après un autre de 1613, 5 crublées de froment faisaient 12 boisseaux. Le raye était le tiers du tonneau.


 

Paimpol : Bien que comprise dans le Goëllo, cette localité avait un boisseau plus fort, 5 décal. 54. Comme dans l'Arranchin, on comptait beaucoup ici par ruchée, qui était la moitié du boisseau. Douze boisseaux formaient le raye et 6 rayes le tonneau. La mesure de Paimpol devint, croyons-nous , celle de l'abbaye de Beauport, lorsque la principale foire eut été donnée aux moines par Conan, frère du comte de Goëllo. C'est ce qui explique comment la « mesure de grenier », originairement réservée aux redevances qui se payaient au comte et à sa famille, s'employait quelquefois dans les rentes payées à cette abbaye. Une enquête de 1 571 le prouve : il s'agissait de retrouver la valeur réelle de la rente due à Notre-Dame de la Fontaine sur le Moulin-aux-Chiens, en Plouvara, par les Le Borgne d'abord, par les Le Cardinal ensuite ; des 1 3 bois seaux de froment à verser chaque année, 12 devaient être racles et le 13e comble.


 

Lanvollon : Il est souvent question de la mesure de cette ville dans les chartes de Beauport ; c'était sans doutecelle de l'archevêque de Dol. Le boisseau, de 14 godets, contenait 4 décal. 696, et le demi-boisseau, 2 décal. 805. Pontrieux : Le boisseau de froment pesait 84 livres ; 1 /6e de plus que celui de Goëllo. Il se composait de 12 hanapées, et contenait 5 décal. 582. La juste, de 2 boisseaux moins 1/8, contenait 9 décal. 763.


 

Lannion : Le boisseau , de 24 écuellées, était l'équivalent de la renée, ou le quart de la seillée ; huit de celles ci donnaient le tonneau. On n'a pas compté moins de trois boisseaux différents à Lannion : deux avaient leurs étalons en pierre. Leurs contenances étaient celles-ci : 6 déc 406, 5 déc. 266, 2 déc. 712.


 

Guingamp : Comme le boisseau de cette ville allait toujours grandissant, surtout depuis que le seigneur en était éloigné, des plaintes et des procès s'ensuivirent, et, après une enquête sur les anciens usages, le Parlement de Paris arrêta, au mois de septembre 1662, que Guingamp aurait deux boisseaux. L'un, destiné au froment, devait avoir 11 pouces 1/2 de roi de profondeur, 16 pouces de largeur au fond et 14 d'ouverture, pesant 64 liv., mesure racle. L'autre pour le seigle devait avoir 12 pouces de profondeur, 16 au fond et 15 à l'ouverture, pesant 63 liv. mesure racle ; la cupidité avait peu à peu amené le poids était évaluée à 60 acres. Il est probable que c'étaient là ces villa terre que signale si souvent le cartulaire de Redon, et dont ceux de Beauport et de St-Jacut vont nous entretenir. Enfin les angula, riota terre, qui apparaissent dans l'enquête de 1181 et dans une charte de Boquen de 1249, ne nous offrent plus aucun sens précis.

 

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Published by poudouvre
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