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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 08:57

 

 

 

 

Pour les surfaces de peu d'étendue, on employait le plus souvent la toise de 8 pieds carrés ; mais s'il s'agissait de mesurer les terres, les dénominations et les acceptions variaient beaucoup. Essayons toutefois de dresser de ces principales mesures un tableau simple et clair : La division qui peut être considérée comme l'unité agraire, celle qui s'est conservée jusqu'à nos jours, c'est le journal, jornales, jornalium. Le glossaire auquel Du Cange a laissé son nom admet que cette expression n'est pas essentiellement différente de juger, jugerum, jujur, arpentum, arapenis, harpenum, acra, quelquefois même campum ou junctus. Dans l'origine, par ces diverses expressions, on entendait l'étendue de terre que deux boeufs pouvaient labourer en un jour, évaluation manifestement très-arbitraire. Cependant l'arpent, que nous trouvons notamment à St-Aubin, à St- Martin, a Ste-Croix, avait une mesure très déterminée : « Ung arpent de terre ou de pré ou de vigne, dit le Livre des Coutumes, Constitutions et Etablissement de Bretaigne, contient 100 pieds de long et autant de travers » ; c'était donc l'ancien scripulum. L'arpent contenait quatre carterons. En 1323, ce pays adopta pour les vignes l'arpent de 120 pieds en en tout sens, suivant la mode d'Anjou, du Maine et du Poitou. L'ancien journal, nous dit Hévin, fut fixé à 60 cordes pour les bonnes terres, et à 120 pour les mauvaises : quelle matière à procès qu'une telle définition. La corde superficielle était alors abutée à 60 pieds en carré, ce qui donnait 34,560 pieds au journal de bonne terre, et 69,120 pour les mauvaises. On estime que la substitution du pied de roi au pied ducal diminua d'un tiers environ nos mesures de superficie. La coutume de Bretagne, à l'art. 263, fixe le journal à « 20 cordes de long sur 4 de laize, chacune corde de 24 pieds de roi ». A proprement parler, nous ne connaissons pas de multiples du journal ; nous savons seulement que 35 journaux comptaient pour un feu de fouage. Quant aux subdivisions, elles ne sont pas moins variables que l'unité elle-même. Ainsi la première, le sillon, sulcus, seillonus, seiclow, était le seizième de l'ancien journal, selon Hévin, le vingtième ou même le vingt-et-unième suivant Bélordeau ; un aveu de la terre de La Vieuville, en Quessoy, constate que, dans le Penthièvre, le journal comprenait 24 sillons. Les registres de la paroisse de Pléguien distinguent « les grands sillons des sillons de charruage » : ils ajoutent que dix-neuf des premiers, plus trois brégeons, occupent une superficie de 49 cordées 1 /4 ; que quatorze et demi des seconds occupent 47 cordées, et que douze des mêmes contiennent 34 cordées. En 1604, des experts mesuraient dans la forêt de Plounez « 1,670 seillons de 48 pas de long sur 5 pieds de leize, donnant à raison de 36 seillons au journal de mauvaise terre, soit en tout 48 journaux 1/6e ». La corde, la plus usitée des fractions du journal, multipliée par 30, reproduisait cette mesure, avons-nous dit ; multipliée par 3 3/4, elle donnait le sillon, seiclow. Au pays nantais, on ne comptait que 44 cordes au journal. « La corde contient six vingt piez ; assise par six vingt fois vaull 14,400 piez », dit la très-ancienne Coutume, et elle ajoute : « chacune corde est de seize toize, la toize de six piez ». Quelquefois, mais rarement, nous avons vu, comme aux titres de Guémadeuc, le journal évalué en toises carrées : il en contenait 128. La raie, qui se confondait peut-être avec le bregeon, était le seizième du sillon ; soit 0,405 d'ares. Puisque 50 verges valaient le seizième du journal, celui-ci se compoposait de 800 verges ou vergées, virga, virgata, virguda terre ; la perchée ou perche superficielle, perca, percata, variait de 256 à 625 pieds carrés, d'après ce que nous avons dit plus haut. « La gaulée a trois fois soixanteneuf perches de terre, chacune perche de 24 pieds, vaut en pieds 1896 », dit encore le manuscrit précédemment cité. Nous ne saurions préciser Yathomos. La terre était souvent évaluée par la quantité de grains nécessaire à son ensemencement : ainsi le modius ou modietas, terre, que Vitruve évaluait à 120 pieds, n'est pas rare dans nos chartes. On en comptait d'ordinaire trois au journal. La moitié du modius de terre était l'ouche, ochia, ocha, hocha ; c'était donc l'équivalent de la raie, ou le sixième du journal. On disait aussi dans le Goëllo, une ruchée de terre, ruscata terre : nous verrons bientôt ce que valait cette mesure comme capacité

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Published by poudouvre
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