Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 mai 2017 6 20 /05 /mai /2017 07:26

 

 

 

 

 

-Les titres du couvent des Dominicains de Dinan portaient que Allain de Lanvallay, seigneur des châteaux, terres de Lanvallay, Tressaint, etc. , près Dinan, commandant un parti de soldats croisés dans le Languedoc, fut si édifié des vertus et prédications de Dominique de Cuzman, chanoine de l'église d'Osma, qui fondait alors un ordre de religieux prédicateurs, qu'il lui proposa un terrain sur un de ses héritages dans la ville de Dinan, en Bretagne, pour y fonder un couvent de son ordre. Ce couvent fut fondé en 1218, des propres deniers de Allain de Lanvallay. Il y prit l'habit de l'ordre, du temps du saint fondateur, par conséquent avant 1221, époque de la mort de celui-ci. Ayant reçu, comme par inspiration, le don de prédication, il alla prêcher dans différentes villes de France , et mourut saintement dans le couvent de son ordre à Orléans. Son corps y fut inhumé devant l'autel du Rosaire. Le couvent des Dominicains renfermait les dépouilles mortelles d'illustres personnages, et entr'autres des seigneurs de Lanvallay, de Coetquen, de Beaumanoir, qui furent ses bienfaiteurs. Ont été inhumés dans l'église du couvent des Jacobins : Simon de Cliçon, de l'ordre de Saint-Dominique, élu évêque de Saint-Malo en 1259, mort en 1285. -Raoul de Dinan, vicomte de la Bellière. mort en 1329. -Guillaume, son fils, mort en 1322. -Le cœur de Bertrand Du Guesclin, mort en 1380, fut placé dans le sanctuaire du Rosaire, du côté gauche du chœur, dans la chapelle de ses prédécesseurs. -Les seigneurs de Beaumanoir, qui avaient leur enfeu du côté droit du sanctuaire. -Les anciens seigneurs du Chastel, dont quelques-uns furent gouverneurs de Dinan. -Rolland Dubreil de Rays, sénéchal de Dinan, et ensuite président aux parlements de Bordeaux et de Rennes, mort en 1562. -Allain de Montauban, à l'enfeu mausolée des seigneurs de Roban-Montauban, mort en 1557. -Julien Dubreil de Pontbriant, capitaine de Redon, gouverneur de Dinan, mort en 1587. -Les seigneurs de Coetquen, qui avaient un caveau fort spacieux dans le sanctuaire du grand autel, et entr'autres le marquis de Coetquen, seigneur de Combourg, gouverneur de Saint-Malo, mort en 1602. -Son fils, gendre du prince de Rohan-Guemené, mort en 1602. -Le marquis de Coetquen, père de Mme de Duras, est le dernier seigneur de cette famille qui y ait été enterré. Après l'utile établissement dont nous venons de parler, vient, selon l'ordre des temps, la communauté des Frères Prêcheurs, autrement dits Dominicains, de saint Dominique, leur fondateur, et Jacobins, de ce que leur première maison, à Paris, fut dans la rue SI-Jacques. Le couvent de Dinan fut le premier de cet ordre en Bretagne, et il dut sa naissance, 1224, à Alain de Lanvallay,au retour de son expédition en 1216, contre les Albigeois. Ce seigneur érigea ce monastère sur son propre terrain, en reconnaissance des choses miraculeuses qui lui étaient arrivées, par la protection de la sainte Vierge; peu de temps après il prit lui-même l'habit de St-Dominique, sous lequel il mourut dans la ville d'Orléans. Ces merveilleuses aventures que les naïfs historiens du moyen-âge aimaient à embellir des fleurs de leur imagination, ne seront pas sans quelque analogie avec celles que nous raconterons quand nous aurons à parler du couvent des Cordeliers. Alain de Lanvallay était croisé comme Henry d'Avaugour, non contre les infidèles maîtres du tombeau de Jésus-Christ, mais contre les Albigeois, lorsqu'il fut témoin du miracle qui le décida à fonder le couvent des Dominicains à Dinan. Voici comment le P. Dupaz raconte ce fait dans son Histoire généalogique. « Alain fut un sage chevalier, non moins pieux et religieux que vaillant, hardy et courageux. C'est lui qui fut fondateur du convent des Frères Prêcheurs de Dinan. Convent dis-je qui a toujours nourry, produit et fourny des hommes excellens et renommez, tant pour l'intégrité de leur vie, que pour leur sçavoir et doctrine. Voicy la cause de la fondation dudit convent : cet Alain de Lanvallay en 1216, se croisa avec Pierre Giraud Evesque de Sainct-Malo, et alla contre les Heretiques Albigeois avec une troupe de gendarmes et de soldats du temps que saint Dominique Patriarche, auteur et fondateur de l'Ordre des Frères Prescheurs, preschoit et combatoit avec l'espée de la prédication et glaive de la parolle de Dieu (qui est plus coupant et tranchant qui n'est l'espee matérielle qui trenche des deux costez) contre lesdits Albigeois ès parties de Languedoc et de Tolose. Et contre iceux mesmes le devot Simon comte de Mont-Fort l'Amauri combatoit avec les armes matérielles. J'use du mesme discours du pere Louys de Grenade, » continue Dupaz : « Il y auoit en son armée un certain seigneur natif du pays de Bretagne près la ville de Dinan, nommé Alain de Lanvallay, lequel ayant assisté à la predication de St Dominique, qui louoit et preschoit hautement les excellences de la confrerie du Rosaire de la bienheureuse Vierge Marie, se délibéra, comme aussi il l'executa, de se faire inscrire en icelle compagnie, pour ce que desja au precedent il disoit devotement et à genoux le chapellet. S'estant donc adjoint à ceste saincte Compasgnie, et cogneut beaucoup de chose miraculeuses lui estre advenues par la vertu de ce tressain et- Rosaire et Psautier, entre autres iceluy estât une fois à la guerre accompagné de peu de soldats catholiques, et quasi comme assiégé et environné d'une très grande multitude d'Hérétiques, il se trouva tant las et pressé, qu'il ne trouvoit plus aucune esperance de pouvoir resister. Pour ce il eut son recours à la très sacrée Vierge, laquelle comme très douce dame luy donna suffisant secours combattant pour luy avec cent cinquante pierres lesquelles furent divinement jetées contre les ennemis avec une très grande impétuosité, et icelles en ayant mis plusieurs par terre estonnerent si fort le reste, que pleins de crainte ils se mirent tous à fuyr, et luy par ce moyen se veit avec tous ses soldats estre délivré. Ceste merveille fut cause qu'estant de retour en son pays très riche et grand terrien qu'il estoit, fonda le convent de Dinan de l'Ordre des Frères Prédicateurs, autrement dit de sainct Dominique. Et peu de temps après il se rendit Religieux du mesme Ordre, receut l'habit au susdit convent, et de brave soldat temporel il fut faict un genereux gendarme spirituel et excellent prédicateur. Il voyagea par toute la France, preschant ce sainct Rosaire, et enfin il alla en la ville d'Orleans au convent dudit Ordre, où passant de ceste vie en une meilleure il fut enterré devant l'autel de la très glorieuse Vierge. La bouche et les mains duquel après son trespas estoient très clairs et lucides, non autrement que du cristal et ce pour ce que par sa bouche il avoit proféré tant souvent les sainctes oraisons de ce sacré Rosaire, et que de ses doigts il avoit ordinairement manié le chapelet et touché les grains qui facilitent le moyen de dire plus commodement ce sacré Rosaire.» Le P. Albert le Grand, dans les ries et Miracles des Saints de Bretagne, ne rapporte pas le fait de la même manière que Dupaz, et nous croirions sa narration plus véridique que celle du savant Frère Prêcheur. Il se contente de dire « qu'Alain jeta son rosaire sur ses armes, qu'alors la sainte Vierge, éblouit de son éclat la troupe d'Albigeois, et qu'alors le jeune guerrier desserra sur eux cinquante pierrades dont ils furent tellement martelés, que plusieurs restèrent morts sur la place.» Le même Albert le Grand nous apprend qu'Alain fut encore, dans une autre circonstance, préservé d'un naufrage imminent. Il revenait d'un voyage de la Terre-Sainte, qu'il avait fait avec l'autorisation de ses supérieurs, lorsque le vaisseau sur lequel il était se brisa contre un rocher en haute mer ; mais la sainte Vierge le sauva ainsi que tous les passagers qui étaient sur son navire, en faisant miraculeusement paraître cent cinquante petites îles, contiguës les unes aux autres, sur lesquelles ils passèrent en terre fermé comme sur un pont. Dupaz de son côté se tait sur ce dernier fait, qui est probablement sorti tout entier de la féconde imagination d'Albert le Grand. Si aujourd'hui l'on voulait écrire la fondation des Dominicains de Dinan, on dépouillerait ces différents récits de l'exagération à laquelle étaient naturellement porté les anciens historiens, et l'on rentrerait dans la vérité en se bornant à dire que le sire de Lanvallay, préservé par l'intercession de la Mère de Dieu d'une mort qui paraissait inévitable, voulut témoigner une juste reconnaissance à sa bienfaitrice en établissant le couvent des Frères Prêcheurs. Mais il y a dans la naïveté de nos pères quelque chose qui nous intéresse et nous charme malgré les révoltes d'une ombrageuse raison. L'église de ce couvent, qui était assez belle, fut dédiée à saint Jacques en 1273, par Yves II, de Saint-Pol-de-Léon. Elle renfermait les tombeaux d'Alain de Montauban, mort en 1357 : la chapelle dans laquelle il était inhumé s'appelait la chapelle de Montauban; des Coëtquen : ces seigneurs avaient un enfeu prohibitif de toute prééminence; des Angoulvent; de plusieurs personnages illustres, entre autres, eaux de Symoll de Cliçon, évêque de Saint-Malo, mort le 3 février 1280; de Raoul de Dinan, vicomte de la Bellière, mort en décembre 1329 ; de Guillaume, son fils, mort en 1337, et comme nous l'avons dit ci-dessus, celui de Bertrand Du Guesclin. Cette église renfermait beaucoup d'autres tombeaux, entre autres ceux de Philippe de Dinan, et de la Vtesse de la Bellière, fille ainée de Guillaume, femme de Jehan Botherel, seigneur de Quintin, décédée en 1362. Nous avoas vu le testament de cette Dame. daté de 1318, confirmé en 1362. Il contient plusieurs dispositions qui paraissent bizarres, notamment celle par laquelle elle ordonne de l'inhumer dans l'église des Frères Prêcheurs de Dinan « jeuxte son defunct père, Monsieur Guillaume de Dinan, au lieu où gist Jehan du Chastelier, son cousin-germain, qui sera transporté ailleurs. Cette église n'existe plus aujourd'hui, et ce qui a été épargné des autres bâtiments est habité par des particuliers. Elle a été entièrement démolie en 1851. Sur ses fondations on a élevé un vaste bâtiment qui doit servir particulièrement de salle de spectacle. Pour notre part, nous regrettons vivement qu'un emplacement aussi vénéré ait subi une si déplorable transformation. Quant aux bâtiments et à une grande partie de l'enclos, ils sont devenus la propriété des Ursulines, qui s'y sont établies L'enclos de cette communauté était immense, les points de vue admirables. L'enclos, dans son entier, allait jusqu'au jardin de l'hôpital. Il renfermait une partie du jardin des Frères La Mennais, de celui de la Victoire & du Collége communal actuel. Ces accroissements successifs furent dus aux libéralités des sires de Coëtquen, d'Angoulvent & de Beaumanoir, héritiers des seigneurs de Lanvallay. Ces familles illustres sont éteintes depuis longtemps. Nous ajouterons au nombre de ces bienfaiteurs, Alain d'Avaugour, fils & successeur d'Henry, que nous verrons mentionné ci-après. Héritier de la piété de son père, et non moins zélé que le fondateur de ce couvent, il signa, en 1260, l'acte que nous traduisons du latin, à cause de sa brièveté, et qui prouve que déjà plusieurs dons considérables avaient été faits aux Jacobins. « A tous les fidèles chrétiens qui liront ces lettres, salut éternel dans le Seineur.-Sachent tous que nous Alain de Dinan, seigneur du Mayne et de Dinan, concédons, approuvons & confirmons toutes les donations qui ont eu & auront lieu dorénavant, tant ce qui a été et sera vendu par la suite dans notre lief, aux Frères Prêcheurs de Dinan, pour l'augmentation de leur couvent, de leur église & de leur cimetière. Et si, dans les susdites donations & ventes, il se trouvait que nous eussions droit à quelques revenus, nous en affranchissons pour toujours les Frères pour le salut de notre âme, de celle de notre épouse, & de celles de nos ancêtres. De plus, nous obligeons nos héritiers à se conformer à notre volonté : et pour que la chose soit stable à jamais, nous avons scellé les présentes lettres de notre sceau. Donné à Dinan, l'an du Seigneur MCCLX. C'est dans cet enclos que l'on a pris plusieurs des emplacements voisins, et, notamment celui du Chemin-Neuf. De cette maison célèbre sortirent les religieux qui, le 2 février 1369 (le frère Mende à leur tête), allèrent peupler le couvent de Bonnenouvelle, à Rennes, et ceux à qui fut donné le couvent de Notre-Dame de Nazareth, en Corseul, près Plancoët, fondé le 27 août 1647. Elle a aussi compté au nombre de ses membres beaucoup d'hommes illustres, notamment Mathieu Ory, élu en 1542 vicaire-général de sa congrégation en France ; Jacques Gougeon, idem en 1548 ; Maurice Jarnigon, idem en 1593, etc., etc. (Vie des Saints de l'ordre de saint Dominique, Paris, 1616, in-4°). Deux Chapitres généraux de l'ordre ont été tenus dans cette maison. Les hommes distingués qui se succédèrent dans l'administration de ce monastère, y formèrent une bibliothèque nombreuse, qui passait pour l'une des plus belles de ce pays. Elle était riche surtout en manuscrits et en belles éditions incunables. Cette précieuse collection fut en grande partie détruite, et le reste fut dispersé pendant les troubles révolutionnaires. Nous avons lu sur la première feuille de l'un de ces volumes, intitulé la Chronique de Nuremberg, par H. Séhedel, gd in.fo, et imprimée dans cette ville, en 1493, par Koberger, une inscription que nous reproduisons afin de faire connaîtrequel prix on attachait alors à la possession d'un livre : Anno domni millesimo quingentesimo quarto decimo dit vero maij XXIIa vir venerabilis amicus et benefactor singularis hujus convenlus dynanensis ordinis Fratrum predicatorum set Laurentius Hamon apolhecarius et Burgensis huius villa proprio motu libere et sponte dedit et concessit Fratri Vincentio Du lay tune Priori hujus conuentus predicti ad reponendum in librario comuni eiusdem hune librum qui CRONICA CRONICARCM nuncupatur. Et ne immemores tanti benefteii sint (ratres, sed ut pro eo deprecenlur altissimum, idem Prior, hanc notulam inscribi hoc in loco fecit die et anno quibus supra. Par suite du schisme qui désolait l'Église depuis cinquante ans, Martin V réunit tout l'ordre pour l'élection des généraux de provinces. Jean di Poggio fut reconnu pour celles de France. A la demande du duc Jean V, ce général eut pour coadjuteur dans la province de Bretagne, (l'illustre Vincent Ferrier. Ce saint évangélisa, en 1418, la ville de Dinan pendant une neuveine, dit Michel Pio, historien de l'ordre. Cet édifice, comme tant d'autres, fut aliéné en 1797 par le Domaine national, après avoir été le théàtre d'iniquités révoltantes, sous le règne si déraisonnable de la déesse de la raison. Peu de temps après, ce local fut affecté au petit commerce et servit jusqu'en 1832 : la catastrophe du 24 février 1848 étant arrivée, il fut rouvert par le club démocratique, dont l'objet était d'éclairer et de diriger l'opinion des niais

Partager cet article

Repost 0
Published by poudouvre
commenter cet article

commentaires

Présentation

Recherche

Liens