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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 11:10

En observant les inscriptions gravées sur les linteaux, on peut parfois obtenir quelques renseignements sur les possesseurs d'un lieu. Manifestement, la famille Henry, issue de la noblesse de robe était déjà présente au hameau de Cangué où elle disposait de son manoir (voir un manoir à Dolo : Cangué), une autre branche était présente à Trémeur aux lieux-dits Fontaine Glé (voir histoire de Trémeur, page n° 3) mais aussi à Gautrel (voir histoire de Trémeur, page n° 4) ; enfin on retrouve cette famille présente au sein de la juridiction de Lanrelas (voir histoire de Lanrelas, page n° 12). Outre Cangué à Dolo, elle était établie  en ce hameau du Chêne es Choux en la même paroisse ; toutefois dans les actes il est dit que Maître Jan Henry, Procureur du Lou demeurait la Ville Nouée -sans doute que l'endroit devenu Chêne-es-Choux résulte-t-il du démantèlement de la Ville NouéeUne longère à maintes reprises remaniée conserve des linteaux sur lesquels on peut lire ces inscriptions :

 

Sur le premier linteau cette inscription portant une formule latine avec nom du premier possesseur :

 


F.HENRY ÆDI

FICAT(E) AN 1640

 

François Henry m'a bâtie en 1640


 

Le second linteau incorporé en cette même longère mentionne le couple qui disposa de l'endroit :

 

 

M.I.HENRY ET IACVEMINE

SAIHIER ÆDIFICATE 1730


 

Maître Jean Henry et Jacquemine Saihier m'ont bâtie en 1730

Une alliance entre la famille Henry et la famille Saihier va se produire dans le courant de la première moitié du XVIIIe. Cette dernière famille Saihier alias Sehier était également présente à Dolo, mais aussi dans la paroisse voisine de Sévignac. S'agissant de la jeune mariée, prénommée Jacquemine, elle avait vu le jour à Dolo, de l'union de Jean Saihier et Peronnelle Mégret. Ainsi, à la première page des registres paroissiaux de Dolo, lit-on pour l'année 1689 : Jacquemine Sehier, fille h(onorable) Jan Sehier et Peronnelle Megret sa femme laboureurs demeurant au village du Bogay Jallu a esté baptisée par moy sous signé Recteur dans l'église de Dollo le cinquiesme jour de janvier mil six cent quatre vingt neuf et a esté par(r)ain h(onorable) homme Jacques Gesbert et mar(r)aine h(onorable) femme Jeanne Rouxel qui ne signe. Deux signatures figurent en bas de l'acte, à gauche, celle du parrain à droite celle du desservant F. Guérin. Importante fratrie que celle de la famille Saihier, un membre de cette maison retient l'attention, il s'agit de Pierre Saihier. Ce dernier avait vu le jour au début du mois de janvier 1682 au Bogay Jallu, il fut porté sur les fonts baptismaux par Missire Louis Rouxel et Peronnelle Harel. Manifestement c'est probablement le parrain qui enseigna audit Pierre la lecture et l'écriture et le dirigea vers l'une des études qui lui permit d'émerger socialement. Ainsi, quand Pierre Saihier épouse ce 11 mai 1707 en l'église de Trégomar Ursule Radegonde Quinot. Le jeune époux âgé de 22 ans y est qualifié de maître, et titré sieur de Champ Hay de la paroisse de Dolo, sa promise est pour sa part titrée demoiselle de la Viléon. Elle était fille de Jacques Quinot, sieur du Frêne, Fermier Général de la Terre de Trégomar (voir Baronnie de Trégomar) et de Dame Jacquette-Françoise de la Villestienne. Messire Guillaume Jean de Calloët (voir Quelques notes sur la famille de Callouêt), Chevalier, seigneur dudit lieu, mes(sire) le Baron de Tregommar (- et du Lou à Dolo voir Histoire de Dolo : le manoir du Lou), de Amaury Gaultier, sieur de la Pôchais et de plusieurs autres personnes qui ne signent, avec le consentement d'honorable homme Jan Saihier, père dudit sieur du Champ Hay. Missire J. Gicquel célébra ce mariage qui fut couronné par la naissance de neuf enfants. Maître Pierre Saihier exerça la charge de Procureur et de notaire à la juridiction du Lou à Dolo, toutefois, il devait sans nul doute vaquer de Dolo à Trégomar, les seigneuries des deux lieux étant entre les mains du même possesseur, ce qui explique qu'il rencontra sa promise à Trégomar. Il s'éteignit le 31 janvier 1734 après s'être confessé à missire Guy Pringault et reçut l'extrême onction de missire Galot recteur ; il fut inhumé le lendemain dans l'église de céans, en présence de Maître François-René Saihier son fils et de Maître Jean Henry. Manifestement l'un des fils du défunt avait repris les charges laissées vacantes par son père.

 

Acte de décès de Me Jean Henry -L'an de grâce Mil sept cent quarante le Cinquiesme Mars a esté inhumé par moy soussigné R(ecteu)r de Cette église le corps de h(onorable) : h(omme) m(aîtr)e Jean Henry p(rocureu)r et not(air)e de Cette J(uridicti)on -du Lou, décédé d'hyer agé d'environ cinquante ans après avoir receu les Sacrements ont assisté au convoi(s)...Jacquemine Saygier son espouse Laurent Henry son fils et autres qui ont déclarez ne sçavoir signer. Signature : C. Raoullais R(ecteu)r .


 

Comme nous le voyons, Maître Pierre Henry, beau-frère de Maître Pierre Saihier, sieur du Champ Hay et Procureur et notaire à la juridiction du Lou à Dolo, exerçait lui même pareille charge en cette juridiction qui ressortait alors du siège de la Sénéchaussée de Jugon ; il était probablement fils de Jean Henry et de Françoise Colin, et petit-fils ou neveu de François Henry auquel on doit en 1640 la construction de la première partie de la longère du Chêne es Choux. Honorable femme Jacquemine « Saihyer » fut inhumée en l'église de Dolo en l'an de grâce mil sept cent cinquante le vingt neuf d'Aoust par le desservant C. Raoullais. Elle s'était éteinte la veille, âgée de soixante ans, après avoir reçu les sacrements. Assistèrent au convoi : Jacques Lehardy, Pierre et Laurent Henry, et Jeanne Henry ses enfan(t)s, tous avec les autres soussignan(t)s. Outre la signature du recteur, figurent celles de Pierre Henry et Laurent Henry, ainsi que celle d'un certain Jan Le Collinet. Ces émargements sont les preuves que les enfants Henry avaient eux mêmes reçu une certaine éducation, preuve de leur statut social, car à cette époque nombre de jeunes gens ne savaient ni lire ni écrire.


 

 du

 

En rouge la seigneurie du Lou, en jaune et rouge emplacement approximatif du Chêne-es-Choux.

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Published by poudouvre
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commentaires

POURCEL Christine 22/08/2017 16:31

Comme toujours très intéressant. Merci Michel.
Christine

poudouvre 22/08/2017 21:45

bonsoir Christine, ça va ? hier matin suis allé au jardin botanique et revu l'arbre au pied duquel est apposée la plaque des cousamis, une date, 2002....Quinze ans déjà.