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13 août 2017 7 13 /08 /août /2017 15:42

Nous donnerons aussi l'extrait d'un Mémoire présenté au commencement du siècle dernier, au nom du comte Du Breil de Rays, au sujet de ses prééminences dans l'église de Goudelin (canton de Plouagat, arrondissement de Guingamp, Côtes-du-Nord), contre les protestations du sieur Plancher, qui plaidait pour le duc de Penthièvre. « Dit que la dame de Gytonnière a été déboutée par sentence rendue au Présidial de tous ses droits et prétentions aux prééminences de l'église paroissialle de Goudelin, icelle sentence confirmée par arrêt de la Cour de l'an 1634, en exécution d'icelluy, M. le duc de Brissac fit par M. le commissaire faire mettre son banc hors de ladite église sur le cimetière, nonobstant l'opposition du procureur d'office de M. le duc de Vandosme, ainsi la dame de la Gitonnière, n'y ses conséquants n'y ont plus aucun intérêt, et par la même sentence et arrêt. M. le duc de Brissac a esté maintenu dans ses droits en ladite église.

 

 

L'église de Goudelin

Quant à ce que M. Plancher dit qu'il y a cette différance qu'en l'instance pendante il (ne) s'agit de décider qui doit estre reconneu pour seigneur fondateur de l'église paroissialle de Goudelin, mais (que dans) le procès qui meut en 1632, il ne s'agissoit proprement que de scavoir si le recteur de la paroisse avoit le droit de se faire inhumer au coeur de ladite église et si les prebtres pouvoient avoir un coffre à mettre leurs ornements. A quoy M. le comte de Rays dit qu'il s'agisoit aussi des prééminences et droits prohibitifs, tant de fondation que de supériorité de ladite esglise paroissialle de Goudelin, par l'intervention dudit sieur de Brissac, à cause de sa terre, seigneurie de Coatmen, formée dans l'instance pendente au Présidial de Rennes,entre les sieurs recteurs dudit Goudelin et le sieur de Rosmar, et pour le justifier, il ne faut que la seulle lecture des moyens de ladite intervention. Par lesquels il conclut à ce que faisant droit en ses dits moyens, ledit sieur de Rosmar soit condamné de réparer les inovations par luy et ses auteurs faites en ladite église de Goudelin, particulièrement d'un banc à queue du costé de l'Evangille proche le sacraire avec défanse de prendre le nom et qualité de fondateur et premier prééminencier de ladite église et chapelle de Notre-Dame-de-l'Isle, et de s'attribuer privatiff le chanseau de ladite paroisse, et pierre tomballe estante au marchepied du grand autel, et pour lesdites entreprises estre condamné aux amandes portées par la coustume.

Et respondant encore ledit sieurde Brissac à l'intervention fournie à la leur par le sieur duc de Vendosme, dit ne pas contester qu'il n'est un fieff dépendant de la Rochesuart appellé le Petit Montafilan, lequel a cour dans la paroisse de Goudelin, mais il luy dit qu'à raison de ce fieff, il ne peut prétendre ni la mouvance de la maison de Kercadiou, ni les droits de fondation ni supériorité dans ladite église de Goudelin : ce qui fait voir à clair qu'il s'agissoit de prééminances et droits honorifiques, fondation et supériorité de ladite église de Goudelin. Et par le même escrit, ledit sieur de Brissac soutient que l'arrest produit par le sieur duc de Vandosme n'est que du mois de janvier 1652, depuis l'action et le procès intanté entre les sieurs recteurs de Goudelin et ledit sieur de Rosmar, lequel ne peut faire aucun préjudice au filtre de l'an 1549 produit au procès par ledit sieur duc de Brissac. En ce que le sieur duc de Penthieuvre, à cause de sa seigneurie de la Rochesuart prétend estre premier seigneur haut justicier dans la paroisse de Goudelin : -On soustient que la Rochesuart n'avoit aucun fieff en la paroisse de Goudelin, mais bien le Petit Montafilan, qui a esté exercé dans la chappelle de Saint-Laurent, audit Goudelin, par un Cherpantier, sieur de Kergongar, sénéchal dudit Montafilan.

Au regard de ce que M. Plancher maintient que toutes les maisons, terres, et héritages, qui sont au bourg de Goudelin, et aux environs de ladite esglise et cimitière relèvent de la Rochesuart en proche et arrière-fieff, ce qui n'est pas sauff correction véritable : -car en premier lieu, l'ancienne maison presbitéralle du recteur blanc dudit Goudelin, sittuée proche le grand pignon de laditte église à l'orrient, est dans le plain fieff de la juridiction de Goudelin, relevant en arrière fieff de Goëlo, de sur laquelle maison il est deue une chefrente à ladite seigneurie de Goudelin. La maison de Laindellec ou maitairie de Goudelin, adjaçante à la maison presbitéralle, en laquelle demeurent les Morice, et les terres en dépendanttes estant en pareil plain fieff de Goudelin, suivant les aveus et services faits par les autheurs de ladite dame de la Gitonnière et de Quercadiou. -La maison des enffants de Claude Harscouët et courtils en dépendants, proche ladite maison presbitéralle, estant en pareil audit fieff dudit Goudelin, et proche ladite esglise. -L'auditoire et le patibulaire, situez audit bourg et proche ledit cimitière de ladite esglise, de vers le midy. Du costé du mort de ladite esglise et cimitière sont les convenants de Kerillis et des Floch, séparés de ladite esglise et cimitière par le chemin qui conduit de Lanvollon à Guingamp estant dans le plain fieff de Coatmen,et ainsy toutes les maisons et terres situez au bourg de Goudelin ne sont pas dans le fieff de la Rochesuart. Quant à ce que M. Plancher dit que les matières concernant la police audit bourg dudit Goudelin et affaires de ladite esglise ont estes traictées par la juridiction de Goudelin la Rochesuart, cella ne se trouvera pas que pourles affaires des domiciliaires des maisons qui sont dans un endroit dudit bourg et non pas en ce qui relleve des fieffs dudit Coatmen et Goudelin. -Et M. le comte de Rays a droit de faire par ses officiers de ladite juridiction de Goudelin rompre les quintaines de tout temps imémorial dans ledit bourg, au devant de l'entrée principalle du cimitière de ladite esglise, et de condamner les deffaillants à une livre de cire d'amende au proffit de ladite esglise, et aussi dans ledit bourg, et ce, le jour du Sacre après les vespres dites en ladite esglise ; et a aussi dans ledit bourg le droit de soulle à chaque jour de M. saint Estienne, le lendemain de Noël ; et qu'on est obligé de luy rendre la nuict de Noël un cocq blanc rendu dans ladite esglise, posé sur les ballustres, entre le coeur et sa chapelle estant du costé de l'espitre.


 

Quant aux armes du seigneur de Painthieuvre prétendus estre dans le lieu le plus esminant de la principalle vitre de ladite esglise de Goudelin ; -l'on soutient que ce sont les armes du duc de Bretagne comme souverain, qui sont d'hermines en plain, au lieu que celles du duc de Penthieuvre sont d'hermines à la bordure de gueulle formant l'escu. Celles de Montafillan par où la Rochesuart a fieff et juridiction d'une partie de ladite paroisse de Goudelin, sont de gueulle à quatre fussées d'hermine placées en face, accompaignées de six bessons ou tourteaux de mesme, trois en cheff et trois en pointe. Celles de Chateaubriant sont de gueulle aux fleurs de lys sans nombre. Les armes de Rochesuart sont de gueulle à trois faces nebullées. que d'autres disent entées d'argent, celles du cheff brisées d'une billette de sable : lesquelles armes ne sont en aucune façon dans la grande vitre de ladite esglise dudit Goudelin. Pour cest effect l'on prie M. Plancher d'examiner le plan que M. le comte de Rays luy a mis en main, lequel fut produit à la Cour lors de l'arrest de l'an 1634, et il voira qu'il n'y avoit pas d'autres escussons que ceux qui sont a présent.

 

les armes du duc de Bretagne comme souverain, qui sont d'hermines en plain

 

 

celles du duc de Penthieuvre sont d'hermines à la bordure de gueulle formant l'escu.

 

 

Celles de Montafillan par où la Rochesuart a fieff et juridiction d'une partie de ladite paroisse de Goudelin, sont de gueulle à quatre fussées d'hermine placées en face, accompaignées de six bessons ou tourteaux de mesme, trois en cheff et trois en pointe

 

 

Celles de Chateaubriant sont de gueulle aux fleurs de lys sans nombre.

 

 

les armes de Rochesuart sont de gueulle à trois faces nebullées. que d'autres disent entées d'argent

Sçavoir celles du duc de Bretagne comme on dit estantes au millieu, qui sont d'hermine en plain : aux deux costés d'icelles sont celles de Coatmen encien et nouveau, sçavoir de gueulle à sept annelets d'argent 3, 3 et 1, qui est l'ancien sceau de Coatmen et de Tonquedec ; l'autre de gueulle à neuf annelets ou besons d'argent placés en face, 3, 3 et 3, qui est le nouveau. - Ensuite et au dessous sont les armes de Portz-Trevennou ou Porte-de-Goudelin, qui est d'argent au lyon passant armé et lampassé ; et après sont les armes de La Grandville d'argent à 5 fusses de gueulle placées en bande ; et le troisième escusson est d'aliance de la maison de Porte-Goudelin. Quant aux fleurs de lys qui sont dans ladite vitre dudit Goudelin ne sert que pour l'ornement, estant dans les coings de ladite vitre, et au dessus des armes dudit duc de Bretagne et autres endroits de ladite vitre de fleurs de lys d'assur, tantost deux, trois, quatre, suivant que le terrain le permet sans former aucun escusson, mais seullement pour servir d'ornement : aussy M. le duc de Vandosme intervenant au procès au Parlement en ladite année 1634, ne dit rien sur ledit plan produit au procès le reconnaissant véritable, et ne dit rien de tout ce que l'on veut suposer le jour d'aujourd'huy.

 

 

 

de gueulle à sept annelets d'argent 3, 3 et 1, qui est l'ancien sceau de Coatmen et de Tonquedec

 

d'argent au lyon passant armé et lampassé

 

d'argent à 5 fusses de gueulle placées en bande

De plus, M. le comte de Rays fera voir que ses autheurs sont seigneurs de Goudelin depuis plus de 500 ans et que en l'an 1232 il s'appeloit sires de Goudelin en surnom, ainsy qu'il est porté par l'acte de donnaison fait par Mre Guillaume de Goudelin fils Hamon, seigneur de Goudelin en l'an 1232 des dixmes de la parroisse de Goudelin à l'abbaye de Sainte-Marie de Beauport, depuis lequel temps les ditz de Goudelin ont possédé la terre et seigneurie de Gondelin jusques à la mort de messire Guillaume de Goudelin, aussy seigneur dudit lieu, arrivée environ l'an 1422, lequel mourut sans hoirs de corps, et sa succession fut recueillie par messire Eon de Querimel qui hérita de tous ses biens de la ligne paternelle, et Janne de Quermoisan, femme de messire Jan de Trogoff hérita des biens dudit Guillaume de Goudelin en la ligne maternelle du costé de dame Catherine Poullart, depuis lequel temps ladite terre et seigneurie de Goudelin ou Porte-Trevenou a esté tousjours jouys et possédé par les seigneurs de Querimel jusques à l'an 1522. Que messire Claude de Boiséon espousademoiselle de Querimel, fille aisnée de N. et P. sire Jehan de Querimel, chevallier seigneur dudit Goudelin et de Coatnizan, et de demoiselle Marie de Kerouzeré. -La succession duquel fut recueillie par messire Pierre de Boiséon, fils aisné principal et noble desdits Claude de Boiséon et de ladite Querimel. -Lequel Pierre de Boiséon donna en partage à Guillaume de Boiséon son frère, en l'an 1568, la terre et seigneurie dudit Goudelin ou Porte-Trevennou, avecq tous droits honnorifficques, prééminances, privilleges, fieffs et juridictions en dépandans, lequel Guillaume de Boiséon espousa dame Anne de La Rocq, la succession duquel fut recueilly par autre Pierre de Boiséon, son fils aisné, lors aagé d'environ cinq ans.

Ledit Pierre de Boiséon espousa aux dame Margueritte Guegan, et eurent de leur mariage dame Claude de Boiséon, leur fille unicque, laquelle espousa messire Guy du Breil, seigneur de Rays, auxquels succéda messire Jean du Breil, seigneur de Rays, père de M. le comte de Rays d'a présant. En conséquence de tout ce que desur et de l'acte de transaction fait et passé par l'avis du duc de Bretagne entre le sieur de Coatmen, d'une part, et Jehan de Querimel, chevalier seigneur de Goudelin et de Coatnizan, lequel M. le comte de Bays représante aujourd'huy, au sujet des prééminances de ladite esglise de Goudelin, par lequel acte icelluy de Kerimel est reconnu vray fondateur de ladite esglise, et que sa lizière estoit en ce temps là, tant dedans que dehors et dans la chapelle dudit Kerimel, et en l'année 1572, elle paroissoit encorre, et que les armes des seigneurs de Goudelin estoient en bosse dans le portail de ladite esglise, ce qui sera prouvé par bons actes qui sont des marques incontestables de vray fondateur avec la possession.

Aussy M. Plancher demeure d'accord que ledit Jan de Querimel avoit prééminance en ladite esglise, on voit doncque que se sont celles de M. le comte de Rays, en représentation dudit Jan de Kerymel, et pour preuve constante que ledit acte de transaction a eu son entière exécution, il a esté produit par le sieur duc de Brissac et de Coatmen, au Présidial de Rennes, dans le procès entre les sieurs recteurs de Goudelin et de Rosmar, en l'an 1632, et inséré dans le veu de la sentence rendue au proffit dudit sieur de Brissac contre le dit sieur de Rosmar ; et il esté ausi produit à la Cour dans l'appel interjecté de la part dudit sieur de Rosmar de ladite sentence où estoit ausy intervenu ledit sieur de Vandosme. Et par l'arrest qui a esté rendu entre touttes les parties intéressez, M. de Brissac a esté maintenu dans ses droits dans ladite esglise de Goudelin, et ainsy que M. le comte de Rays a esté aussi maintenu, estant subrogé aux droits de M. de Brissac et de Coatmen, en vertu dudit acte de 1473.

De tous lesquels droits ledit sieur duc de Brissac, à cause de sa terre et seigneurie de Coatmen, a esté maintenu par sentence du 22 janvier 1683, rendue sur l'aveu que M. le duc de Villeroy, a présent seigneur de Coatmen, présenta aux commissaires députtés pour la refformation des domaines de Sa Majesté à Saint-Brieuc, conformément aux aveus et minutes des années de 1471,1497,1521, 1539, lesquels avoient esté produits lors de l'arrest de la Cour. De plus M. le comte de Rays a son banc prohibitiff dans le sacraire de ladite esglise de Goudelin sous le marchepied du grand authel sur lequel est gravé une figure de femme armoyée des armes des seigneurs de Goudelin, sous laquelle tombe est la sépulture ordinaire des seigneurs de Goudelin ou de Porte-Goudelin.»

Nous avons signalé aujourd'hui des documents constatant l'existence de blasons qui ont été détruits. Dans notre prochain article nous en ferons connaître qui existent encore en place. Notre travail sera accompagné de planches dessinées par notre confrère, M. Paul Chardin, de la Société des antiquaires de France

 

 

Chapelle Notre Dame de l'Isle à Goudelin

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Published by poudouvre
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