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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 05:30

Gilles Martin-Chauffier dans le Roman de Bretagne évoque Alain Barbetorte duc de Bretagne. Mais pourquoi n'avoir pas repris le titre de ses illustres prédécesseurs, celui de roi. Notre héros breton aurait-il renoncé à ce titre par amitié à l'égard du nouveau souverain franc Louis IV d'Outre-Mer, son compagnon d'enfance et d'exil, peut-être parce que la nuance entre les titres de rex et dux n'avait guère d'importance à cette époque ou par crainte que ce titre flatteur de rex ne fasse exploser la coalition qui l'avait mené au pouvoir. Et notre auteur de poursuivre son analyse en concluant que contrairement à Nominoë ou Salomon, Barbetorte ne pouvait appuyer pareilles prétentions en s'appuyant sur les villes, la petite noblesse ou le peuple. C'est à quatre lieues à peine, au sud-est de la Métropole de Dol, à Trans,  au camp du Vieux M'na qu'eut lieu le combat décisif que mena la coalition contre l'indésirable Viking. Jean-Christophe Cassard nous décrit l'endroit du Vieux Manoir : un plan trapézoïdal de quatre vingt mètres sur quatre-vingt dix mètres de côtés ; l'ensemble est défendu par des fossés inondables -un étang est proche du lieu, larges et profonds, bordés de talus de terre à l'intérieur comme à l'extérieur, l'enceinte contient une séparation interne : un talus empierré en assez gros appareil de granite. C'est à travers une publication du Centre archéologique du Pays de Rennes que nous poursuivrons notre visite du lieu, ce lieu est chargé d’histoire puisque c’est ici que Alain de Barbetorte aurait écrasé une grosse bande viking le 1er août 939. Alain aurait occupé à 500 m de là le camp des Haies, un retranchement du siège de son armée. Des fouilles archéologiques en 1979 confirmeraient les données historiques. Il nous fallait retrouver ce camp difficile d’accès ! Après quelques hésitations bien normales chez les prospecteurs, nous avons découvert, à flanc de colline, dans la végétation, cette enceinte circulaire d’une quarantaine de mètres de diamètre, entourée d’un fossé d’un mètre de profondeur environ.

 

 

 

 

Rollon, fort d'un droit que personne n'était en état de lui disputer, pénétra en Bretagne pour exiger l'hommage. Ce pays malheureux, sans souverain et sans défense, devint la proie de ce nouveau brigand : il étendit ses ravages sur les villes, les châteaux, les églises, les monastères, et jusque sur les chaumières : tout fut détruit et incendié. Berenger, comte de Rennes, fit de vains efforts pour arrêter tant de dévastations. Guillaume-Longue-Epée, en succédant à Rollon son père, voulut aussi suivre ses traces sanglantes ; mais Berenger réussit enfin à vaincre ces barbares : quinze mille furent exterminés avec Fléscan leur général. Cette bataille se livra dans la paroisse de Trans, en 831. Cette victoire fut utile à la Bretagne : si elle ne la délivra pas de ses ennemis , elle releva le courage des Bretons, et apprit à leurs ennemis qu'on pouvait les vaincre. C'était enfin un premier pas vers une meilleure fortune. Incon, autre chef barbare, s'était fait un établissement sur les bords de la Loire, d'où il partait pour étendre ses ravages dans toute la contrée. Mais l'heure de la vengeance approchait...939. Alain-Barbe-Torte, fils du comte de Poher et petit-fils d'Alain-le-Grand, réfugié avec tous ses parents en Angleterre, attendait avec impatience que l'âge lui permît de délivrer sa patrie et d'en punir les odieux spoliateurs. Après la mort de son père, ce prince, à peine âgé de vingt ans, entreprit de reconquérir l'héritage de ses aïeux. Une première expédition heureuse l'enhardit et lui fit entrevoir des succès plus décisifs. Il retourna en Angleterre en préparer une seconde. Il réunit au tour de lui tout ce qu'il put trouver de Bretons échappés au fer de l'ennemi, et disposés à la vengeance. Avec ces faibles moyens, mais fort de son courage, il débarque à Cancale, attaque les Normands à Dol, les défait, les poursuit, et remporte une nouvelle victoire près de Saint-Brieuc. Au bruit de ses succès, tous les Bretons fugitifs se réunissent sous ces drapeaux. Après trois ans de travaux, et bien des combats, dont il sortit toujours vainqueur, il ne lui restait plus qu'à détruire les Normands commandés par le farouche Incon, et cantonnés sur les bords de la Loire : c'est là qu'ils avaient concentré les forces qui leur restaient. Alain résolut de les forcer dans leur dernier repaire. Il marche sur Nantes, et rencontre l'ennemi près de cette ville, dans la prairie de l'Aniane, ou de Saint- Aignan (aujourd'hui quartier de Sainte-Catherine et environs). Une première attaque est infructueuse : Alain, forcé de céder, se retire jusqu'à la Hautière pour laisser respirer ses troupes accablées de chaleur, de fatigue et de soif. Une fontaine, miraculeusement découverte, appelée de puis fontaine Sainte-Marie, redonne de la force et de l'énergie à ses soldats. Alain revient à la charge avec une ardeur nouvelle, et réussit enfin à enfoncer les barbares ; le carnage fut extrême, la plus grande partie fut exterminée ; le peu qui s'échappa, quitta enfin cette terre si long-temps désolée par ses brigandages. Après cette mémorable victoire, Alain entra dans Nantes, où il ne trouva que ruines et décombres ; déserte depuis trente ans, cette ville infortunée n'offrait plus d'asile à ses nouveaux citoyens. Pour pénétrer jusqu'à la cathédrale, il fut obligé de se frayer un chemin avec son épée à travers les ronces. En voyant la désolation de ce temple si révéré, Alain ne put retenir ses larmes.

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Published by poudouvre
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