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26 août 2017 6 26 /08 /août /2017 07:14

 

Parmi les seigneuries avoisinant la ville de Rennes, la châtellenie de Laillé occupait au siècle dernier (XVIIIe) un rang considérable. Elle n'était pourtant pas bien vieille, n'étant née qu'en 1678 de l'union de plusieurs fiefs faite par Louis XIV en faveur de Guillaume de Marbœuf, propriétaire du manoir de Guinemenière, qui prit alors le nom de Laillé. De ces fiefs, le plus important était alors celui de Désert-à-Laillé, membre de la vaste châtellenie du Désert ; il fut acquis en 1640 par Jacques Busnel, seigneur de Guinemenière. Un autre fief fort ancien à Laillé et relevant de celui du Désert était le bailliage de l'Alleu, vulgairement appelé fief de Laillé. Il est vraisemblable qu'il fut au XIVe siècle, la propriété de la famille d'une famille qui prenait le nom de Laillé. L'un de ses membres, Guillaume de Laillé, jura en 1379 l'Association de la noblesse de Bretagne, pour empêcher l'invasion du duché par l'étranger.

Dom Morice nous a conservé le sceau de ce seigneur ou d'un autre seigneur du même nom vivant en 1404. Ce sceau de forme ronde, renferme un écusson portant d'argent à trois pots ou orceaux de sable ; l'écu très penché est tenu par un lion et un griffon et surmonté d'un casque cimé d'une tête de lion. Raoul de Laillé était le doyen de Châteaubriant en 1462, pendant que Jean se trouvait chanoine de l'église d'Angers. Enfin un autre Guillaume de Laillé possédait vers la fin du XVe siècle le manoir de la Houssaye en Guer. Mais ce seigneur avait alors quitté la paroisse de Laillé, et ce dut être un de ses ancêtres, nommé comme lui Guillaume de Laillé, mais décédé avant 1436, qui aliéna le fief de l'Alleu ou de Laillé. Il le vendit à la famille de Châteaugiron, possédant le manoir de Saint-Jean. Situé à l'extrémité de la paroisse de Bruz et sur la limite de celle de Laillé, Saint-Jean occupait une position très pittoresque à côté de grands rochers couverts de bois, dont la Vilaine baignait le pied.

C'était l'apanage d'un cadet de Châteaugiron (voir Chateaugiron, extrait par François-Alexandre Aubert de La Chesnay). En 1423 il appartenait, aussi bien que le fief de l'Alleu, à Alain de Châteaugiron qualifié seigneur de Saint-Jean-de-Laillé. Celui-ci possédait aussi deux autres terres nobles en Laillé, nommées le Breil-Durand et le Rachapt ; ce furent ces trois terres jointes au fief de L'Alleu ou de Laillé, formèrent pendant les XVe et XVIe siècles de Laillé. Guillaume de Châteaugiron, fils et successeur d'Alain, épousa vers 1470 Françoise de La Lande, fille du seigneur de Guignen. Décédé vers 1497, il fut inhumé au chanceau de l'église de Laillé. Son fils, Jean de Châteaugiron lui succéda à Laillé et obtint en 1518 d'être réintégré dans la possession de ses droits honorifiques en l'église de Laillé que lui disputaient certains paroissiens. Il mourut peu de temps après, vers 1522, ne laissant qu'une fille nommée Claude, de son mariage avec Françoise de Brie. Claude de Châteaugiron, dame de Saint-Jean de Laillé, contracta deux alliances : elle épousa d'abord le seigneur de Sonnay, panetier ordinaire du roi, puis en 1538 Bernard de Vanssay, seigneur de la Barre, près Conflans. Dix ans plus tard, ce seigneur mourait et sa veuve ne tardait pas à le suivr dans la tombe : leur fils unique François de Vanssay fut placé sous la tutelle de son aïeule, Françoise de Brie, et cette dame rendit aveu en son nom, en 1549, au seigneur du Désert pour la seigneurie de Laillé.

Par contrat du 23 juin 1571, François de Vanssay vendit à Jean Le Bouteiller, seigneur des Landes, les terres de Saint-Jean, du Breil-Durant, et du Rachapt, le fief de l'Alleu et plusieurs autres bailli constituant alors la seigneurie de Lallié. Jean Le Bouteiller épousa d'abord Jeanne Marquer, inhumée le 18 août 1574 dans le chanceau de l'église de Lallié, - puis Claude du Hallay ; il mourut lui-même en 1595. Son fils issu du premier lit, Jean Le Bouteiller, hérita de la seigneurie de Laillé, mais il décéda dès l'âge de trente-trois ans, au château de l'Argentaye, en 1599. Comme il ne laissait point de postérité, sa succession passa à sa tante, Louise Marquer, veuve alors de René de Bourgneuf, seigneur de Cucé. Jean de Bourgneuf, seigneur de Cucéet président du Parlement de Bretagne, reçut de sa mère la seigneurie de Laillé. Il épousa successivement Jeanne Thierry de la Prévalaye, et Reine de Thou ; de ce second mariage naquirent deux garçons, Henri et Nicolas. Henri de Bourgneuf, marquis de Cucé, s'unit à Calliope d'Argentré, dont il n'eut point d'enfant. Henri de Bourgneuf, marquis de Cucé, s'unit à Calliope d'Argentré, dont il n'eut point d'enfant. Niolas de Bourgneuf son frère, s'unit à Anne de Sévigné, qui lui donna une fille, Renée, mariée à Eugène Rogier, comte de Villeneuve. En 1640, Henri de Bourgneuf, laissa pour sa part de la succession de ses père et mère à sa nièce, Mme de Villeneuve, la terre du Breil-Durant, et ses dépendances, sauf le fief de l'Alleu ou de Laillé, qu'il vendit à Jacques Busnel, seigneur de Guinemenière. Quoique destiné à devenir le siège d'une grande seigneurie sous le nom de château de Laillé, le manoir de la Guillemenière n'eut longtemps que peu d'importance. Bâtie à quelque distance du bourg de Laillé et non loin d'un beau bois de futaie appelé la Grande-Forêt, la Guinemenière appartenait en 1467 à Jean de la Villethébaud et Jeanne Coupegorge, sa femme ; mais leur fils aîné Pierre de la Villethébaud vendit cette terre en 1494 à Pierre Chouart. Le successeur de ce dernier, Gilles Chouart, rendit aveu en 1538 au seigneur du Désert pour la Guiemenière ; il mourut en 1560 laissant cette terre à sa fille Perrine Chouart, femme de Jean de Trelan, seigneur de la Rivière en Bourg-des-Comptes.

Notes laissées par l'Abbé Guillotin de Corson, au sujet des grandes seigneuries de Haute-Bretagne, comprises dans le territoire actuel du département d'Ile et Vilaine).

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Published by poudouvre
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