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23 août 2017 3 23 /08 /août /2017 16:07

Jean Oger, nous situe l'endroit qui va faire l'objet de notre description  le Lou du Lac : Située à 9 lieues et demie au Sud-Sud/Ouest de Dol auquel évêché est rattachée cette paroisse, à 5 lieues et demie de Rennes, son ressort, et à une lieue de Montauban, sa subdélégation. La Cure de cette paroisse est à l'Ordinaire (alternative). Elle comprend une superficie de 318 hectares. Poursuivons notre étude à travers les notes de M. Guillotin de Corson au sujet de la paroisse du Lou : Les Bretons appelaient louch un étang creusé de main d'homme ; il est donc vraisemblable que la paroisse du Lou doit son nom aux étangs qui entourent son château. On ignore l'origine de cette paroisse ; mais si l'on considère qu'elle était une enclave de Dol sise au milieu du diocèse de Saint-Malo, on doit lui attribuer une grande antiquité. D'après ce que nous avons dit précédemment (tome I, 383), a l'érection de la métropole de Dol, en 848. Or, l'existence de ces localités à cette époque reculée implique nécessairement la coexistence de paroisses de mêmes noms ainsi, Le Lou, se trouvant au IXe siècle isolé au milieu des paroisses d'un diocèse étranger, était indubitablement érigé lui-même en paroisse dès cette époque. Ce que nous disons ici du Lou doit être exact pour toutes les enclaves du diocèse de Dol dont nous aurons à parler dans la suite. L'antiquité du Lou est donc prouvée par sa situation même ; par ailleurs, il n'y a que des traditions très-vagues sur les origines de cette paroisse.

 

 

 

 

Les légendes parlent de vieilles églises ensevelies dans le lac du Lou, du creusement de l'étang de la Rive à une époque très-reculée (voir La légende de l'étang du Lou du Lac), des donations faites en ce lieu par les seigneurs de Montauban, etc.; mais rien de précis dans tout cela. Nos chartes mentionnent seulement en 1314 le « Lou Lieuc, faisant partie, ainsi que la «  Chapelle dou Lou. » de la donation faite à cette époque par Olivier,sire de Montauban, à Julienne Tournemine, sa femme. Le recteur du Lou était seul décimateur dans sa paroisse ; il levait tes grosses dîmes à la douzième et les dîmes vertes seulement à la treizième. En 1790, M. Gaultier déclara que son bénéfice lui rapportait 900 liv. de revenu brut. Toutefois, ses charges montaient à 104 liv., de sorte qu'il ne lui restait que 796 liv.; mais il jouissait, en outre, des fondations de dom Guil. Coussar, faites en 1597, de dom Olivier Aubry (de 1691) et de Guillemette Collet (de 1591), lui rapportant ensemble 203 liv. de rente. A la restauration du culte, vers 1802, une école ecclésiastique assez nombreuse fut établie au presbytère du Lou par les soins du recteur, M. Bédel ; nous avons dit qu'en 1810 elle se fondit dans la maison de Saint-Méen. (Voy., tome III, 852.)

 

 

 

 

Eglise -Saint Loup, évêque de Troyes, est le patron de l'église du Lou, édifice en partie roman qui n'est point dépourvu d'intérêt. Elle se compose d'une nef remontant aux XIe siècle, remarquable par son appareil en feuilles de fougère, son arc triomphal et ses étroites baies aujourd'hui bouchées. Le chevet de l'édifice, ainsi que la façade occidentale, ont été reconstruits au XVIe siècle. Cette église est presqu'accolée au vieux château du Lou. Elle est regardée comme la chapelle domestique du lieu. Cette thèse est aujourd'hui remise en cause. Les seigneurs du Lou y jouissaient des droits honorifiques et des prééminences, mais les sires de Montauban prétendaient y avoir droit à la supériorité Il y avait entre autres fondations, dans ce sanctuaire, celle d'une messe matinale tous les dimanches et fêtes faite en 1727 par Mme de Pontcallec, née Geneviève de la Lande

A présent ces quelques notes laissées par Philippe Guigon : La seigneurie du Lou relevait de celle de Montauban depuis au moins septembre 1314, mais ce n’est qu’en avril 1329, selon un acte retranscrit en 1779, qu’apparaît pour la première fois le nom du tenant de ce lieu, Éon de Méel. Ce personnage possédait alors, apparemment à faible distance de l’église, un hotel, terme désignant plus un manoir qu’une motte, alors probablement tombée en désuétude. Plusieurs éminences de terre étaient relativement proches de l’actuel château. Il faut éliminer celle située en La Chapelle-du-Lou à 1 100 m au nord-est de l’église du Lou, détruite en 1987, dite Butte du Château-Gaillard en 1756, mais également, par la carte de Cassini, La Motte Boutier : selon Michel Brand’honneur, il s’agissait là d’une possession, de la famille de ce nom installée dès le début du XIIe siècle en bordure de la foresta de Tanouarn, en Tinténiac. Une autre motte subsistante, bien qu’entamée par les travaux de la carrière liée au lac, se voit à 200 mètres au sud-ouest de l’église du Lou, entourée d’un petit fossé qui la sépare de sa basse-cour. Une vue aérienne prise à haute altitude par l’IGN le 28 mars 1991 y montre une structure rectangulaire délimitée par des fossés (19 mètres sur 16 mètres) : s’agirait-il d’une maison-forte du bas Moyen Âge, succédant à la motte des Méel ?

La famille de Méel possédait au XVe siècle le manoir du Lou, dont Jean de Méel était seigneur en 1444 et 1459. A cette famille appartint Eon de Méel, qui accompagna du-Guesclin en Normandie et lui donna en 1378 une quittance de ses gages, scellée de son sceau, portant huit merlettes posées 4,3,1. Olivier de Méel fut aussi capitaine d'une compagnie envoyée en 1421 au secours du Dauphin, mais convaincu d'avoir trempé dans l'assassinat de Gilles de Bretagne, il fut décapité à Vannes en 1451 (voir Gilles de Bretagne, page n° 1 - Gilles de Bretagne, page n° 2 - Le château de la Hardouinaye en Saint Launeuc - les villages de Langourla, page n° 7 - l'abbaye de Boquen, page n° 8).La dernier seigneur du Lou du nom de Méel fut Eon de Méel, mort avant 1513, laissant deux filles, vivant à cette époque. Jeanne de Méel, femme d'Arthur de La Lande, et Michelle de Méel épouse Arthur de La Chèze (voir Les possesseurs de la châtellenie de La Chèze). Jeanne étant l'aînée apporta la seigneurie du Lou à son mari, ses enfants et leurs descendants qui la conservèrent pendant deux siècles.  Cet Arthur de La Lande était fils de Macé de La Lande, gouverneur de la Gravelle en 1450. Arthur de La Lande, homme d'armes de l'ordonnance de la duchesse Anne en 1489, se fixa en Bretagne à la suite de son mariage avec Jeanne de Méel. Il en eut Jean de La Lande, seigneur du Lou qui partagea ses sœurs en 1547 et épousa Anne de La Moussaye  (voir Le passé de Plénée Jugon : le château de la Moussaye et ses possesseurs) 

Le fils de ces derniers, Jacques de La Lande, seigneur du Lou en 1575, fut d'abord page du roi, puis écuyer de la reine Catherine de Médicis, enfin chevalier de l'Ordre de Saint-Michel en 1580. Il épousa Geneviève de la Chapelle, fille du seigneur de Trégomain, qui lui apporta cette terre, demeurée ensuite unie à celle du Lou (voir armoiries ci-dessus).Roland de La Lande, fils des précédents, seigneur du Lou et de Trégomain, qui lui apporta cette terre, fut comme son père chevalier de l'Ordre de Saint-Michel ; il épousa par contrat du 5 novembre 1609 Marie-Magdelaine de Coëtlogon, fille de François, seigneur de Coëtlogon (voir La seigneurie de Coëtlogon). En 1627, il fit une fondation en l'église conventuelle des Grands Carmes de Rennes et y choisit sa sépulture, y ayant vraisemblablement fait inhumer son père. Quant à lui-même, il obtint en 1637 l'érection du Lou en châtellenie, et vivait encore en 1646. Son fils Florent de La Lande, seigneur du Lou, épousa par contrat du 15 juin 1640, Jacquemine du Breil de Pontbriant, fille du seigneur de Pontbriant (voir Généalogie de la Maison du Breil, par Ludovic de Magny, page n° 1). Ce seigneur décéda vers 1675. Sa veuve lui survécut jusqu'au 11 avril 1696 ; elle mourut alors à Rennes, âgée de soixante et six ans ; mais son corps fut apporté au Lou et inhumé sous le chanceau de l'église paroissiale du Lou du Lac.

Le nouveau seigneur du Lou, Guy de La Lande, capitaine des mousquetaires, épousa Mathurine de Saint-Pern, fille du seigneur de Ligouyer. De cette union sortit Gabriel de La Lande, reçut en 1711 conseiller au parlement de Bretagne et seigneur du Lou dès 1710 ; il épousa à Questembert le 6 février de cette dernière année, Marie-Thérèse de La Guibourgère fille du seigneur de La Guibourgère. Gabriel de La Lande mourut en 1713, à la fleur de l'âge et sans laisser d'enfants ; sa châtellenie du Lou passa à sa sœur Renée-Geneviève de La Lande, veuve du Marquis de Pontcallec. Cette dame vint habiter le Lou et fit plusieurs fondations pieuses dans l'église paroissiale, mais elle mourut sans postérité. La châtellenie du Lou vint alors vers 1733, probablement par acquêt, aux mains de Guy-Pierre Aubert, seigneur de Sauvé, reçut secrétaire du roi en 1690 et mari de Thérèse-Patrice Bourdais. Celui-ci donna semble-t-il, cette seigneurie du Lou à son fils Guy-Jean Aubert, lorsqu'il épousa le 2 février 1733, à Saint-Etienne de Rennes, Renée-Catherine Cormier, fille du seigneur de la Courneuve. En ce moment, Guy-Jean Aubert était conseiller au Présidial de Rennes, et son père Guy-Pierre se trouvait être le doyen des conseillers de la même Cour.

 

 

Armoiries  Aubert : « d'azur à une houssette d'argent »

 

Plus tard Guy-Jean Aubert, seigneur du Lou, fut alloué lieutenant-général civil et criminel au Présidial, et vendit 38,000 liv. cet office en 1745. Devenu veuf, ce seigneur du Lou se remaria, par contrat du 11 octobre 1743, à Marie-Judith Picquet, fille du seigneur de la Motte ; celle-ci mourut veuve le 17 août 1777. De cette union naquit, le 14 avril 1749, Guy-Marie-Joseph Aubert, qui fut mousquetaire du roi puis seigneur du Lou, et épousé Marie-Marthe de Boishamon. Il en eut au manoir de la Heuzelaye en Quédillac, un garçon nommé Guy-Marie, le 12 juin 1772. Ayant perdu sa femme, le seigneur du Lou contracta une nouvelle alliance avec Renée-Thérèse Le Clavier, qui lui donna deux enfants, Louis et Marie ; cette dame devenue veuve, s'en trouvait tutrice en 1792.

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Published by poudouvre
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