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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 06:18

 

En 1435, François épousa Marguerite fille de François Ier, que son père avait, comme nous l'avons dit, exclue du trône; mais que son mariage avec son cousin François II allait y ramener. Dans les conventions matrimoniales approuvées par les États, il n'est pas question de douaire. Peut-être à ce moment François n'aurait-il pu, sans quelque témérité, promettre un douaire digne d'une future duchesse de Bretagne ?Au contraire, dans le traité de son second mariage, en 1471, François désormais duc assigne à Marguerite de Foix un douaire de 6.000 livres (de 180.000 à 240.000 francs), assis sur une seule châtellenie ou sur plusieurs voisines l'une de l'autre ; il lui donne la moitié de ses meubles et acquêts, plus une maison forte à la campagne. Cette convention restera sans effet, la duchesse étant décédée, le 15 mai 1486. Il nous reste à dire en finissant comment furent exécutés par François II les douaires des veuves de ses trois prédécesseurs. A la mort d'Arthur IIl, il y avait trois duchesses douairières en Bretagne: Isabeau d’Écosse dont la fille aînée Marguerite était femme de François II, Françoise d'Amboise et Catherine de Luxembourg. Ces trois douaires étaient une lourde charge pour le trésor ducal. Le duc François n'hésita pas à accepter cette charge. Au mois de juillet 1459, il ratifia le douaire de Catherine ; et, le 2 septembre, en ratifiant le douaire de la duchesse Françoise, il le porta de 6.000 à 7.000 livres, à raison de la part de la duchesse dans les acquêts de sa communauté avec Pierre II. Il augmentait ainsi de 30.000, 35.000 ou 40,000 la rente annuelle de Françoise, Remarquons que, dans l'acte du 20 septembre, le duc modifie la liste des seigneuries sur lesquelles Pierre II avait assis la rente de 6.000 livres. Preuve nouvelle que la constitution de douaire fait par un duc de Bretagne n'avait rien de définitif. Françoise d'Amboise allait vivre jusqu'au 4 novembre 1485, Catherine de Luxembourg jusqu'en 1492, Isabeau d’Écosse survivait, nous l'avons vu, en 1494. L'acquittement des deux derniers douaires loyalement ratifiés par François II ne subit-il jamais de retard dans les dernières années de son règne ? Ici il n'est plus question du douaire de Françoise d'Amboise éteint en 1485 : le douaire d’Isabeau d’Écosse semble avoir été régulièrement payé ; nous pouvons croire qu'il en a été de même de celui de Catherine, et que le reliquat acquitté dix ans plus tard, comme nous allons voir, n'est que le terme non encore échu à la mort de la duchesse en mars 1492, Un peu avant septembre 1502, la reine Anne payait à Marie de Luxembourg, comtesse de Vendôme, petite nièce de Catherine et son héritière, la somme de 2383 livres (environ 80,000 francs). C'était presque la moitié de la dernière année du douaire. Ce retard à s'acquitter nous étonne plus qu'il n'étonnait aux temps où nous reporte cette étude. Le paiement du douaire avait d'autant plus d'intérêt pour Catherine que, au moins pendant plusieurs années, son frère ne payait pas sa pension dotale. Nous avons vu que le connétable et Catherine avaient été contraints (en 1458) de prendre arrêt contre le comte de Saint-Pol. Celui-ci profita-t-il de la leçon pendant la vie du connétable devenu duc de Bretagne ? On peut le présumer. Mais, après la mort du duc en 1458, il semble bien que la dot fut très irrégulièrement payée.

Le comte avait succédé au duc Arthur III comme connétable en 1458; depuis dix années, il recevait les émoluments de cette charge, lorsque, en 1468, le roi Louis XI brouillé avec François II prétendit punir Catherine de Luxembourg de sa résidence en Bretagne « à cause de la rébellion du duc ». Il déclara tous ses biens confisqués. Il ne pouvait atteindre ce qu'elle possédait en Bretagne; mais il confisqua sa dot de 3.000 livres, et il en fit don au comte de Saint-Pol, qui l'accepta. Il crut apparemment avoir une juste cause de ne plus rien payer par obéissance au roi. L'obéissance au roi, le connétable l'avait plus d'une fois oubliée en de plus graves circonstances. Sept ans après la confiscation dont nous venons de parler, les Anglais entraient en France, à l'appel du duc de Bourgogne Charles-le-Téméraire. Louis XI s'humiliant devant le roi d'Angleterre achetait de lui à Pecquigny, une trêve de neuf ans, c'est-à-dire la paix; et le roi Édouard lui remettait des lettres compromettantes du comte de Saint-Pol. Huit jours après, Louis XI et le duc de Bourgogne concluaient une trêve de neuf ans; et une des conditions de cet accord c'était la mort du connétable. Le duc le livra traîtreusement au roi qui le fit juger pour crime de haute trahison. Il fut décapité à Paris le 19 décembre 1475. Son fils Pierre hérita le comté de Saint-Pol et les seigneuries de son père; et à sa mort, en 1482, sa fille Marie, femme de Jacques de Savoie, fut son unique héritière. En 1492,devenue femme de François de Bourbon ; comte de Vendôme, elle hérita de sa grande tante Catherine, duchesse douairière de Bretagne. Dans cette succession, elle recueillit un reliquat du douaire de Catherine, et des meubles parmi lesquels une tapisserie dite de Formigny qu'Anne de Bretagne acheta.. La reine s'empressa d'en orner « la salle du château de Blois où se tenait le roi Louis XII ». Le compte du trésorier de Bretagne de l'année 1502 nous apprend que la tapisserie fut payée la somme de 1.400 écus, 2.310 livres, environ 62.000 a 69.000 francs. La duchesse Catherine possédait des meubles d'une valeur considérable. Le 28 juin 1457, son mari, encore comte de Richemont, et Catherine s'étaient donné réciproquement, au survivant d'eux, leurs meubles évalues 60.000 écus, 81.000 livres, soit 2.430.000, 2.835.000, 3.240.000 francs. Parmi tous ces meubles, un des plus précieux aux yeux de Catherine devait être la tapisserie de Formigny : c'était une suite de neuf ou dix tableaux représentant divers épisodes de la bataille. Cette tapisserie, commandée selon toute apparence par la duchesse Catherine, était pour elle, ce qu'elle devint pour la reine Anne, un monument à la gloire du vainqueur de Formigny. Pour finir, nous donnerons quelques renseignements sur les douaires de nos deux duchesses Anne et Claude, en même temps reines de France.

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Published by poudouvre
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