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22 septembre 2017 5 22 /09 /septembre /2017 09:19

 

 

HOC SIGNUM SANCTI PERPENDAS ESSE GEORGII

Sceau de l'Abbaye Saint-Georges de Rennes (XIe siècle) 

 

La date exacte de la fondation de Saint,Georges m'est pas indiquée dans l'acte qui contient les donations primitives du duc Alain III. Aussi l'époque précise de cet événement a-telle été diversement assignée par nos historiens bretons. Des documents inédits conservés dans les archives du monastère donnent les dates de 1018, 1028, 1030. Le Baud et d'Argentré semblent adopter approximativement la date de 1028 ; dom Lobineau et dom Morice se sont cru autorisés à fixer l'an 1032, comme concordant mieux avec les noms des témoins figurant dans la charte de fondation. Le P. du Paz et le P. Albert-le-Grand font remonter l'établissement de Saint-Georges à l'an 1006, en l'attribuant au duc Geoffroi. Cette dernière hypothèse est en contradiction avec les termes mêmes de l'acte qui est dressé au nom d'Alain, et qui, par conséquent, me peut être antérieur à l'an 1008, puisque ce prince me porta le titre de duc qu'après la mort de son père. Il y aurait peut-être moyen de concilier les assertions divergentes et de trancher la difficulté, en disant que le projet de fondation était dans la pensée du duc Geoffroi, qui n'eut pas le temps de l'exécuter. Son fils Alain, plus heureux, aurait accompli le voeu paternel. Les termes de la charte se prêteraient à une pareille interprétation. Ils supposent, en effet, que la princesse Adèle, première abbesse de Saint-Georges, vivait depuis plusieurs années déjà dans les exercices de la vie religieuse quand fut libellé l'acte de fondation dressé en sa faveur et à sa sollicitation. En lisant les formules de cette charte importante et vrai ment intéressante par son contexte, on est frappé, presque étonné du langage empreint de sentiments élevés et délicats, traduisant la pensée du fondateur et révélant une émotion qu'on s'attendrait peu à rencontrer chez ces fiers et rudes seigneurs féodaux : -Ma sœur, dit, le duc Alain, voilà le plus précieux trésor que je possède sous le soleil; je l'ai offerte à Dieu; et pour combler le spirituel désir de son âme, j'ai consenti qu'elle se consacrât à lui par un vœu de perpétuelle virginité. Puis, la voyant possédée de l'amour divin, embrasser avec ardeur les saints exercices de la vie religieuse, et, par l'étude de la règle et de la science monastique, marcher dans la voie de la perfection, je lui ai fait don d'un lieu où se trouve réuni tout ce qui convient au régime de la vie régulière. Un stade, à peine, le sépare de ma cité de Rennes. Là, elle pourra, avec les saintes filles ses compagnes, servir sous la règle de saint Benoît le Seigneur Dieu et son précieux martyr saint Georges. Le duc détaille ensuite les dons qu'il fait au nouveau monastère : c'est un domaine de médiocre étendue, mais d'un produit avantageux. Il renferme des vignes d'abondant rap port, des champs fertiles, de fraiches prairies, une rivière poissonneuse avec deux moulins. Les limites de ce domaine sont, au Septentrion, la voie publique, « via publica ; » c'est l'ancienne voie romaine se dirigeant vers Subdinum (Le Mans); au Midi, la rive gauche de la Vilaine ; à l'Orient, les possessions de l'abbaye de Saint-Melaine; enfin, à l'Occident, le faubourg même de la ville, « suburbium. » Sous cette dénomination étaient alors compris tous les quartiers en dehors et à l'Est de la ville close, de la vieille cité; les agglomérations de maisons et l'ensemble des rues au milieu desquelles s'élevaient dès lors l'église de Saint-Germain, l'hôpital Saint-Jacques, qui devint, au XIIIe siècle, le couvent des Franciscains ou Cordeliers ; -en un mot, tout l'espace désigné plus tard sous le nom de « ville neuve, » lorsqu'on l'entoura de douves et d'une enceinte de défense, de 1424 à 1448; -espace que représente aujourd'hui la portion de territoire délimitée par la Vilaine au Sud, les rues de Rohan, de l'Horloge, Châteaurenault, Champ-Jacquet à l'0uest; la place Sainte-Anne, la rue de la Visitation et celle des Fossés, au Nord; le contour de la Motte et la rue des Violiers, à l'Est. On peut donc se représenter l'ancien pourpris de l'abbaye tel que le décrit la charte, circonscrit par le cours de la Vilaine avant sa modification par l'établissement des quais, le chemin de Viarmes, les rues actuelles de Paris et de Belair, enfin la rue qui borde la promenade de la Motte à l'Ouest, la place Saint-Georges et la petite rue des Violiers. Outre ce petit mais fructueux domaine destiné à asseoir l'habitation principale des nouvelles épouses du Christ et l'église du monastère, le duc Alain conféra à sa sœur et à la communauté qu'elle gouvernait, soit dans l'acte de fondation, soit par des largesses successives, des immunités considérables. Ainsi, il leur accorda l'exemption générale de toutes coutumes ou redevances féodales que lui attribuaient l'usage et la loi des fiefs ; --le privilège de la liberté commerciale la plus étendue; -la jouissance et l'entière propriété de quatre moulins établis sur les deux rives du fleuve qui baignait, au Midi, les murailles de la cité. Ce sont ceux qu'on appela, au XVe siècle, les moulins de la Porte, et de nos jours moulins de la Poissonnerie. Ce qui en subsistait a complètement disparu lors des travaux pour la construction du canal et des quais de la Vilaine, dans la traverse de la ville, de 1841 a 1845. Là ne se bornaient pas les dons du duc Alain : il concédait encore à l'abbaye la seigneurie et le plein domaine d'un bourg considérable de Bretagne, nommé Tinténiac, -« Vicum non exiguum, » -sans compter la propriété de plusieurs riches métairies et villages, dans la paroisse d'Acigné et dans celle de Mordelles. L'acte de fondation de Saint-Georges fut entouré des formalités solennelles qui garantissaient alors la stabilité des concessions de cette importance et rendaient sacrés les engagements pris en pareilles conjonctures. La tendresse maternelle de la duchesse Havoise était ici d'accord avec la vive affection que portaient à leur sœur Adèle le duc Alain et son frère, le comte Eudon; aussi rien ne fut négligé de ce qui devait rendre la cérémonie plus imposante et les promesses plus irrévocables.

De puissants barons, grands feudataires du duché, étaient présents; ils ratifièrent comme témoins les largesses ducales et y donnèrent leur assentiment. On comptait dans cette noble assemblée le comte de Cornouailles, Alain Canhiart, -le baron de Vitré, -les sires de Porhoët et de La Guerche, etc. Plusieurs d'entre eux offrirent à l'envi leurs mères, leurs soeurs ou leurs filles, les consacrant à Dieu sous le gouvernement de la princesse Adèle. Ainsi, parmi les premières compagnes de l'illustre abbesse, figurent la mère et la sœur de Warin (ou Guérin), évêque de Rennes; la fille du vicomte Godsellin, ou Josselin, fils du premier comte de Porhoët; la fille de Riwallon, dit « Le Wicaire, » premier baron de Vitré. Les neuf évêques de Bretagne, l'archevêque de Dol en téte, furent aussi appelés à prêter leur concours et leur confirma tion à l'acte de fondation de Saint-Georges; ils prononcèrent, comme c'était l'usage, les plus redoutables anathèmes contre les infracteurs ou violateurs des immunités et les déprédateurs des possessions de l'abbaye. Aux donations primitives ne tardèrent pas à venir s'en joindre de nouvelles. Pendant que s'exécutaient les travaux de construction du monastère et de ses dépendances, le duc Alain et sa famille, puis les hauts barons, rivalisèrent de générosité et de zèle pieux pour assurer aux servantes de Dieu d'amples ressources. -Pour aider à l'édification de l'église abbatiale et des bâtiments conventuels, comme pour assurer la subsistance de sa communauté, Alain III abandonna à sa soeur les droits d'usage et de disposition les plus larges dans toutes ses forêts, notamment dans celles de Rennes et de Tanouarn ; il lui donna également la propriété exclusive du cours de la rivière et le droit de pêche sur la Vilaine, depuis les moulins de Rennes en remontant jusqu'à ceux de Cesson. Avant la mort de sa mère Havoise, qui mourut en 1034, et de concert avec elle et son frère Eudon, Alain fit encore divers dons à l'abbesse de Saint-Georges. Il faut rapporter à cette époque la donation du monastère de Saint-Pierre-du Marché, celle de l'île d'Artz, dans le Morbihan, celle de Chavagne, celle de la vallée du Linon, celle de Saint-Georges-de Grehaigne, celle de Pleubihan, ratifiée et confirmée, après la mort de la duchesse, par ses deux fils. Parmi les bienfaiteurs du monastère, les chartes de notre curieux Cartulaire et les documents recueillis et conservés dans les archives de l'abbaye de Saint-Georges nomment, pendant les XIe et XIIe siècles, à la suite des princes de la famille ducale, fondateurs originaires, le comte Geoffroi, frère naturel d'Alain III; Conan II, fils d'Alain, avec sa mère, Berthe de Chartres; le duc Alain Fergent, Conan III. Viennent ensuite les grands vassaux : les sires de Vitré, de Fougères, de Craon, de La Guerche, de Châteaugiron, d'Acigné; les seigneurs de de La Guerche, de Châteaugiron, d'Acigné; les seigneurs de Tinténiac, d'Apigné, de Bruz, de Lancé, de Saint-Gilles, de Mordelles, de Monbourcher, de Champeaux, etc., etc. Mais n'anticipons pas. Il y aura lieu de revenir, avec quelque détail, sur certains de ces bienfaiteurs. Pour le moment, il s'agit des origines de l'abbaye.

C'était en 1032 que se passait l'incident dont le récit va suivre. On travaillait à la construction de l'église et du monastère sur le terrain donné par le duc Alain à sa sœur bien-aimée. Adèle de Bretagne avait dit adieu à toutes les pompes mon daines; revétue du sévère costume bénédictin, elle venait avec ses saintes compagnes prendre possession des bâtiments non encore achevés. Devant elle se présente une noble dame, la vicomtesse Roiantelina. Cédant à une inspiration d'en haut, analogue à celle qui dirigeait la fille de nos ducs bretons, Roiantelina avait essayé de réunir à quelque distance de Rennes, sur le territoire de Chavagne, une congrégation de femmes, pour y vivre dans les exercices de la vie cénobitique. Mais le lieu et les ressources pour consolider un pareil établissement étaient reconnus insuffisants par la fondatrice. Elle venait donc prier l'abbesse Adèle, qui avait pris le titre de a servante des servantes du Christ, -ancillarum Christi ancilla, -d'accueillir dans son monastère et d'admettre comme ses filles les neuf religieuses qu'elle lui amenait. A cette occasion, Roiantelina fit don à l'abbesse de Saint Georges de la seigneurie de la Chapelle-Janson, de plusieurs métairies dans le pays de Combourg et de Pleine-Fougères, de la paroisse de Saint-Séglin avec tout ce qu'elle y possédait; enfin, la vicomtesse offrit encore vingt boeufs, douze vaches et dix-huit cavales. Elle voulait même s'engager à entretenir d'habits ses neuf religieuses, pendant toute leur vie. Mais 1'abbesse Adèle n'y put consentir : c'eut été, contrairement à la règle de l'Ordre, laisser « la contagion de l'esprit de propriété infecter sa famille religieuse. » Car c'est du supérieur seul que les cénobites qui suivent la règle de saint Benoît doivent attendre tout ce qui concerne l'alimentation et l'entretien de la vie de l'âme et du corps. Le bourg avec la paroisse de Chavagne, dont il vient d'être question, ne tarda guère à devenir une des dépendances de Saint-Georges : il était la propriété de la duchesse Havoise, mère d'Adèle, qui le tenait de la libéralité de son époux, le duc Geoffroi, comme « présent de noces » (enepgwerch). Havoise s'empressa d'investir l'abbaye que gouvernait sa fille de tous ses droits sur Chavagne. Elle y ajouta bientôt d'autres largesses. . C'est ainsi qu'en 1034, elle augmenta les revenus du monastère par le don de la paroisse et des fiefs de Pleubihan, sur le rivage de la mer, dans le diocèse de Tréguier. Ce don, ratifié par ses fils Alain et Eudon, la même année, comprenait une foule de redevances productives dont on verra le détail dans le Cartulaire : elles se levaient sur les chevaliers comme sur les vassaux non nobles, « cum equitibus et villanis. » Il nous suffira d'indiquer ici que, pour la perception des coutumes et des rentes seigneuriales, soumise à la surveillance d'un prévôt féodé qui était en même temps juge temporel pour l'exercice de la juridiction abbatiale, le fief de Pleubihan était divisé en trèves

 

Le duc Alain III venait de mourir en Normandie; il fut, d'après les chroniqueurs contemporains, victime d'un empoisonnement. C'était en 1040, au retour d'une expédition contre les seigneurs normands rebelles à son pupille, le jeune duc Guillaume-le-Bâtard, fils du fameux Robert-le-Diable, mort à Nice en 1036, au retour de son pèlerinage de Jérusalem, comme il a été raconté ci-dessus. La duchesse Berthe, veuve d'Alain, avait la tutelle et la garde de son fils Conan, âgé de trois mois. La nouvelle du décès de son époux lui arrive. Dans les premiers moments de sa douleur, la princesse exhale ses regrets, et pour obtenir des religieuses de Saint-Georges de plus ferventes prières pour l'âme de l'illustre défunt, elle leur fait don de la paroisse de Plogasmou, dans le pays de Léon, avec tous les droits seigneuriaux et domaniaux, les privilèges, rentes et revenus appartenant au comte suzerain. A vingt-deux ans de là, en 1061, Conan ratifiait solennellement cette donation de sa mère Berthe, d'accord avec ses grands vassaux. Après la mort de Conan, son beau-frère Hoël, époux de Havoise de Bretagne, et déjà comte de Cornouailles et de Nantes, avait ceint la couronne ducale ; il la transmit à son fils Alain IV, dit Alain Fergent. Ici reparaît avec lui une autre Adèle de Bretagne, sa sœur, qui fut aussi abbesse de Saint Georges. Elle fut la quatrième dans la série des abbesses, et commença en 1085 son gouvernement, qui dura soixante-huit ans, car elle ne mourut qu'en 1152. L'administration de l'abbesse Adèle, deuxième du nom, sœur d'Alain Fergent, semble avoir été active, prévoyante et pleine de prudence pour sauvegarder les intérêts temporels de sa maison conventuelle. C'est à l'époque de som gouvernement que remonte la rédaction des róles censiers, des mémoires ou notices des rentes et des redevances dues au monastère par les vassaux des fiefs et des domaines relevant de Saint Georges, en Tinténiac, en Acigné, aux environs de Rennes, à la Chapelle-Janson, à Pleubihan et à Plougasnou. Les droits et les possessions de l'abbaye. de Saint-Georges souffrirent plus d'une atteinte au temps où Pierre de Dreux, donnant carrière à son humeur égoïste, inquiète et impérieuse, exerçait son despotisme tracassier aux dépens des biens et privilèges des évêques, des moines et des clercs de son duché, après avoir bataillé contre les seigneurs et les barons. Plusieurs églises furent détruites, à Rennes et aux alentours, par suite des démêlés violents suscités contre le clergé par le duc Pierre ; aussi toute la Bretagne l'appelait-elle à juste titre Mauclerc, surnom qui lui est resté dans l'histoire. Un acte curieux des archives du Chapitre de Saint-Pierre de Rennes constate qu'en 1231 le duc paya à l'évêque et au chapitre une somme de 2,200 livres pour contribuer au rétablissement des églises détruites par son fait, et de l'aumônerie ou hôpital de Rennes : « Ad opus ecclesiarum dirutarum et elemosinarie Redonensis.

 

 

 

 

Croix reliquaire de l'abbaye de Saint-Georges de Rennes, fin XVIIe

Droit de Coutumes.

Concession faite par la duchesse Constance à l'abbaye de Saint-Georges de dix livres de rente à prendre sur les entrées de Rennes.

 

 

Constantia, comitis Conani filia, ducissa Britanniæ comitissa Richemontis, universis sanctæ matris Ecclesiæ filiis, tam prælatis quam subditis, presentibus et futuris, ad quorum audientiam istæ litteræ pervenerint, salutem. Quoniam in humanis rebus moverca (sic) solet esse oblivio, solent quæ gesta sunt litterarum memoriæ commendari. Noverit itaque universitas vestra me divinæ pietatis intuitu et animæ boni viri mei Gaufridi, ducis Britanniæ, necnon antecessorum et successorum, meorum delictorum venia, et etiam pro filii mei prosperitate, dedisse et concessisse, et hac mea carta confirmasse Deo et abbatiæ Sancti Georgii Redonensis et sanctimo nialibus ibidem Deo servientibus decem libras redditus in passagio meo de Redonis, et in perpetuum possidendas in perpetuam elemosinam. Volo etiam et statuo quod supradictæ sanctimoniales de eadem donatione, die scilicet Sanctæ Agnetis, communem pitanciam inter se habeant annuatim. Quare volo et præcipio quod supradictæ sanctimoniales illas decem libras redditus annuatimi, sicut superius dictum est, bene et in pace, integre et libere, et honorifice habeant et teneant, et in perpetuum possideant. His testibus : Hamet (sic) Redonense et Eudone Leonense tesaurario; Guillelmo senescallo Redonense; Roberto de Apigneio ; Stephano presbitero Goionis ; Gaufredo Torneminense ; Guillelmo de Orgeriis; Joscelino de Cenomanis; Gaufredo filio Burg.....; Pagano de Becherel; Petro scriptore, et aliis quam pluribus; apud Redonas. -Cum sigillo.

 

Liste des Abbesses ayant gouverné la dite abbaye :

 

 

La princesse Adèle fut établie abbesse de la communauté, qu'elle gouverna jusqu'à sa mort, arrivée le 5 mars 1062.

 

 

Hodierne succéda à la princesse Adèle en 1068, et fut bénite par Alain, évêque de Rennes. On ignore l'année de sa mort; le jour en est marqué au 13 janvier dans le nécrologe de Roncerai.

 

 

Adèle de Bretagne, soeur du duc Alain Fergent, fut bénite par Silvestre de La Guerche, évêque de Rennes, vers l'an 1085. Le duc à sa considération confirma tontes les donations faites au monastère, et lui en lit de nouvelles.

 

 

Tiephaine fut la quatrième abbesse de Saint-Georges, et vivait comme les deux précédentes du temps de Gervais, élu abbé de Saint - Melaine en 1081, et mort en 1109.

 

 

Adélaïde obtint une bulle du pape Alexandre III, qui prend le monastère de Suint-Georges sous sa protection avec tous les biens qui lui ont été donnés. Ce pape monta sur le saint Siège en 1159.

 

 

Etiennette deTinteniac, suivant un acte, fut bénite vers l'an 1184, transigea en 1200 avec quelques laïques qui lui disputaient les oblations de l'église de Mordelles, et mourut le 23 septembre 1209, suivant les Mémoires de Du Paz.

 

 

Mathilde vivait en 1223 et 1231, suivant quelques actes de son abbaye.

 

 

Jamette transigea en 1274, avec les chanoines de Dol, pour les dîmes de la paroisse de Sainl-Georges-de-Gubaingné au même diocèse.

 

 

Guiotte, par la grâcè de Dieu abbesse de Saint-Georges, transigea en 1275, avec Olivier de Tinteniac, chevalier, sur un vivier qui était en contestation.

 

 

Catherine de Matefelon reçut en 1295 une obligation qui lui fut faite pour une certaine somme d'argent, et acquit quelques terres en janvier 1304.

 

 

Philippe de Matefelon gouvernait l'abbaye en 1321 et 1322, suivant quelques actes de son monastère.

 

 

Alix de Matefelon afféagea, en 1360, un emplacement situé devant son monastère.

 

 

Julienne Du Guesclin permit au duc, le 5 août 1399, de lever vingt sous par feu sur les hommes de Tinteniac.

 

 

Philippotte de Saint-Pern obtint un mandement de la chancellerie le 30 juin 1406. Elle plaida contre IsabeauTurpin, qui fut maintenue par lettres du 17 septembre 1406.

 

 

IsabeauTurpin était abbesse au mois de juillet 1420, suivant un acte de Saint-Pierre de Rennes.

 

 

Perrine Du Feu ou Du Fou disputa le pas aux abbés de Saint-Melaine dans les processions et cérémonies publiques. Leur différend fut terminé par une transaction passée à Chateaubriand le 28 mars 1454, dans laquelle il fut réglé que l'abbé de Saint- Melaine, à cause de sa dignité sacerdotale et autres raisons, aurait toutes les prééminences et prérogatives sur l'abbesse de Saint-Georges. Elle vivait encore le 25 avril 1460.

 

 

Isabeau Piedeloup fut élue en 1461, mais son élection ne fut pas unanime, une partie de la communauté s'étant déclarée pour Olive de Quelen. La première réclama la protection du duc et l'obtint ; la seconde eut recours au pape, qui lui fit expédier ses bulles : mais Isabeau fut maintenue par lettres du duc, enregistrées à la chancellerie au mois de juin 1462. Fondée sur cet arrêt, elle jouit de l'abbaye, sans bulles et sans bénédiction jusqu'à sa mort, arrivée en 1472, suivant M. de Langan, auteur du catalogue des abbesses de Saint-Georges 

 

Olive de Quelen entra en possession de l'abbaye après la mort de sa concurrente, et s'en démit en 1485 en faveur de Françoise d'Espinai, sa religieuse.

 

Marguerite Du Guini, religieuse de Saint-Sulpice, fit quelques démarches auprès du duc pour se procurer cette place : mais la faveur de la maison d'Espinai l'emporta.

 

 

Françoise d'Espinai succéda à madame de Quelen en 1485, et mourut en 1520. Pour prévenir les troubles qui pouvaient naître après sa mort dans la communauté, elle s'était donné une coadjutrice qui lui succéda.

 

 

Roberte Busson présenta son placet au conseil de Bretagne en 1520, pour avoir permission d'exécuter ses bulles sur l'abbaye de Saint-Georges, et en obtint mainlevée. Elle parait être morte vers l'an 1523.

 

 

Isabeau Hamon, soeur des évêques de Nantes et de Vannes, prit possession de l'abbaye en 1523. Les religieuses menaient alors une vie si licencieuse, qu'elle fut obligée d'avoir recours au bras séculier pour les contraindre à vivre régulièrement..

 

 

Christine Tocstain ou Toetain succéda à Isabeau Hamon, et ne réussit pas mieux que celle qui l'avait précédée à soumettre les religieuses à la vie régulière.

 

 

Jeanne de La Prihaudaie, religieuse de Fontevrault, était abbesse en 1534; mais les lettres de maintenue et de sauvegarde , qu'elle obtint du conseil de Bretagne le 2 mars 1536, marquent que sa possession n'était pas paisible.

 

 

Marie de Kermeno fut maintenue en possession de l'abbaye en 1536, et en jouissait encore en 1540. Cela suppose qu'elle supplanta Jeanne de La Prihaudaie

 

 

 

Jeanne de Kermeno fit en 1556,serment de fidélité au roi dans la chambre des comptes de Nantes pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle mourut le 27 avril 1572.

 

 

Philippe d'Espinai obtint mainlevée de l'abbaye de Saint-Georges le 26 janvier 1573, et mourut sur la fin de l'an 1583.

 

 

Gabrielle de Maure paraît avoir succédé à madame d'Espinai. Elle fit serment de fidélité au roi en 1598, et mourut la même année.

 

 

Maiguise de Beauquerre fit serment de fidélité au roi, et obtint mainlevée de l'abbaye de Saint-Georges en 1599.

 

 

Françoise de La Fayette fit serment de fidélité au roi en 1617 pour l'abbaye de Saint-Georges. Elle choisit pour sa coadjutrice Madeleine de La Fayette, sa nièce, et mourut le 30 juin 1633. (Ci-dessous)

 

 

Madeleine de La Fayette fut bénite en 1663, et mourut en 1693, après avoir rebâti une partie de sa maison.

 

 

Marguerite De Halgoet fut pourvue en 1693, à la recommandation de Madeleine Du Halgoet, duchesse de Coislin, sa parente, et du cardinal de Coislin, évêque d'Orléans et grand aumônier de France.

 

 

Elisabeth d'Alègre prit possession de l'abbaye le 2 mai 1715. Elle mourut le 18 avril 1741.

 

 

 

Judith de Chamont de Guitry, prit possession le 1 7 octobre 1742, et mourut en 1779.

 

 

Julie Bareau de Girac, soeur de M. de Girac, évêque de Rennes, fut nommée à l'abbaye de Saint-Georges en 1779, et survécut à la destruction de son monastère. Elle était la quarante-sixième abbesse ; ce qui prouve que le catalogue ci-dessus est loin d'être complet.

 

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Published by poudouvre
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